Vu le Film Les Cowboys de Mark Rydell (1972) avec John Wayne Roscoe Lee Browne Robert Carradine Bruce Dern A.Martinez Clay O’Brien Alfred Barker Jr Sam O’Brien Sean Kelly Steve Benedic Slim Pickens Mike Pyeatt Nicolas Beauvy Stephen R.Hudis
Will Andersen, propriétaire de ranch vieillissant, est abandonné par ses hommes partis chercher fortune en ces temps de ruée vers l'or. Resté seul avec un troupeau à convoyer avant l'hiver, Andersen est contraint d'engager onze jeunes gens inexpérimentés. Ill leur offre leur chance de devenir des hommes.
Ce film fera à jamais partie de mon TOP 10 de tous les temps. J’ai un amour fou pour lui. Sans doute parce que j’étais un fan absolu de John Wayne. Parce que, moi, adolescent du même âge que ses gamins, ce film me parlait : devenir des hommes, respecter son prochain quelle que soit la couleur de sa peau, connaître ses premiers émois timides, vivre l’aventure — la vraie, avec un grand A — dans cette Amérique que je rêvais alors, faite de grands paysages et proche de la nature.
Un vrai western rare : pas d’Indiens, pas d’esclaves noirs, et le seul petit sursaut de racisme est vite remis à sa place. Et puis voir John Wayne en fermier bougon et peu sociable, acceptant de tourner pour un jeune réalisateur, Mark Rydell (The Rose), entouré d’adolescents tous inconnus, c’était déjà en soi une petite révolution. Même si, à l’époque, le jeune homme que j’étais préférait le voir faire la loi et abattre les méchants.
C’est aussi l’un des rares films où Wayne meurt — rare, et encore plus symbolique, au vu de la teneur du récit. La partition du jeune John Williams est une merveille, cinq ans avant Star Wars. Et dans ce film, il y a aussi un concerto en ré majeur pour guitare de Vivaldi, joué par Robert Carradine, sous la baguette du Maestro Williams. Ce morceau, je l’ai dans la tête depuis cinquante ans.
C’est aussi l’un des meilleurs rôles de Bruce Dern : une crapule, mélange d’abruti et de lâche, qui finira par connaître les joies du rodéo… hors du cheval (sic). Parmi les jeunes acteurs, seuls deux ont eu une petite carrière : Robert Carradine (de la célèbre famille Carradine, frère de Keith) qu’on a vu dans Mean Streets et Lizzie McGuire, et Adolfo Larrue Martinez, devenu l’une des stars de la série Santa Barbara.
Et puis, le cinéphile que je suis n’a pas oublié le contexte : j’ai été, à quinze ans, parmi les derniers spectateurs à voir ce film au Gaumont Palace, sur son écran immense, avec ses poteaux partout (les salles Gaumont ont bien changé). C’était le dernier film projeté là-bas. Un grand souvenir, un peu triste.
Mais le film, lui, même s’il est dramatique, fait de sueur et de poussière, me rend heureux à chaque vision. Moi, l’amoureux des chevaux (mon prénom n’y est pas pour rien), c’est ma Madeleine de Proust.
C’est un véritable tour de force d’équilibre narratif. La première partie, dédiée au rassemblement de l’équipe et aux préparatifs, installe les fondations de tout ce qui va suivre. Les jeunes y sont bluffants : les voir passer le ceinturon, foncer après les veaux, perchés sur leurs montures, a quelque chose de fascinant. Quand la caravane se met en marche, le récit prend des airs de comédie initiatique, traversée d’une touche morale, mais dont le véritable centre reste la transmission, le passage de témoin. La relation entre l’ancien cow-boy et son cuisinier réserve de très beaux instants, tout comme les petites frasques de ces gamins, qui apprennent un métier rude, impitoyable, mais noble.
Un western qui honore les grands mythes du genre tout en les revisitant, une magnifique chronique d’hommes et d’héritages, et sans doute l’une des visions les plus authentiques du métier de cowboy que j’aie pu voir — débarrassée des clichés et des artifices habituels. C’est beau. C’est âpre. C’est bouleversant. Et c’est précisément pour cela qu’il faut absolument le voir.
John Wayne y est bougon et impérial, Roscoe Lee Browne sûr de lui, de sa différence et de ses talents de cuisinier, Bruce Dern est une ordure comme on en fait rarement à ce point, et les gamins, eux, ont sans doute vécu là une aventure extraordinaire.
NOTE 18.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Mark Rydell
- Scénario : Irving Ravetch, Harriet Frank, Jr. et Dale Jennings (d'après un roman de ce dernier)
- Photographie : Robert Surtees
- Décors : William Kiernan
- Costumes : Anthea Sylbert
- Montage : Neil Travis et Robert Swink
- Musique : John Williams
- Producteur : Mark Rydell
- Société de production : Sanford Productions
- Société de distribution : Warner Bros.
- John Wayne (VF : Raymond Loyer) : Will Andersen
- Roscoe Lee Browne (VF : Serge Sauvion) : Jebediah Nightlinger
- Bruce Dern (VF : Marc de Georgi) : Asa « Long Hair » Watts
- Colleen Dewhurst (VF : Paule Emanuele) : Kate
- Slim Pickens (VF : Georges Hubert) : Anse Petersen
- Lonny Chapman (VF : Jacques Torrens) : le père d'Homer
- Charles Tyner : Stonemason
- Sarah Cunningham (VF : Paula Dehelly) : Annie Andersen
- Allyn Ann McLerie (VF : Monique Thierry) : Ellen Price
- Maggie Costain : Phœbe
- Matt Clark (VF : Jacques Deschamps) : Smiley
- Jerry Gattlin : Howdy
- Walter Scott : Okay
- Richard Farnsworth : Henry Williams
- Wallace Brooks : Red Tucker
- Charise Cullin : Elizabeth
- Collette Poeppel : Rosemary
- Norman Howell Sr. : le père de Jim
- Rita Hudis : la mère de Charlie
- Margaret Kelly : la mère de Bob
- Larry Randles : Ben
- Larry Finley : Jake
- Jim Burk : Pete
Et les cowboys :
- Alfred Barker Jr. : Fats
- Nicolas Beauvy : Dan
- Steve Benedict : Steve
- Robert Carradine (VF : Thierry Bourdon) : Slim Honeycutt
- Norman Howell : Weedy
- Stephen R. Hudis : Charlie Schwartz
- Sean Kelly : Stuttering Bob
- A Martinez : Cimarron
- Clay O'Brien : Hardy Fimps
- Sam O'Brien : Jimmy Philips
- Mike Pyeatt : Homer Weems

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