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dimanche 15 février 2026

18.60 - MON AVIS SUR LE FILM WILD BOYS OF THE ROAD DE WILLIAM A.WELLMAN (1933)


 Vu le film Film Wild Boys of the Road (les Enfants de la Crise) de William A.Wellman (1933) avec Frankie Darro Dorothy Coonan Edwin Philipps Rochelle Hudson Sterling Holloway Ann Hovey Grant Mitchell Arthur Holh  

 

Eddie et Tommy, deux jeunes garçons, quittent leur Californie natale en se faufilant à bord d'un train pour Chicago. Ils y font la rencontre d'autres jeunes avec qui ils se lient d'amitié. Après avoir été jetés hors du train dans l'Ohio, ils utilisent des tuyaux d'égouts et d'autres matériaux trouvés pour construire une petite ville, leur propre cité utopique où personne ne possède plus que l'autre. Mais cette utopie sera de courte durée. 

Vous connaissez pas Wild Boys of the Road ? 
Eh bien vous avez tort. 

Oui, il n’est pas d’une première jeunesse (1933), et non je ne l’ai pas vu à sa sortie (lol), mais découvert en patronage quand j’étais ado — et croyez-moi, ça marque une vie de cinéphile. Pour moi, il est en 5ᵉ position des plus grands films de l’histoire. C’est dire l’estime que je lui porte. 

Réalisé par l’immense William A. Wellman, , le film se déroule en pleine Grande Dépression. L’Amérique s’écroule. Les pères perdent leur emploi, les familles se délitent, la honte s’installe dans les foyers. Eddie (Frankie Darro) voit son père sombrer après un licenciement. Pour ne plus être un poids, pour ne plus voir la détresse dans les yeux des adultes, il décide de partir. Son ami Tommy le suit. Ils croient partir à l’aventure. Ils partent surtout vers l’enfer. 

Très vite, la route les avale. Ils sautent clandestinement dans des trains de marchandises.Ils rencontrent d’autres adolescents livrés à eux-mêmes. Ils ont faim. Vraiment faim. Ils dorment dehors. Ils sont traqués par la police comme des criminels. 

Ils croisent Sally, gamine déguisée en garçon pour survivre, elle aussi jetée sur les routes par la misère. Ensemble ils forment une petite communauté fragile, solidaire, mais toujours menacée. Les coups pleuvent, les humiliations aussi. La police les frappe, les expulse des wagons, les enferme dans des centres de détention sordides. L’un d’eux est grièvement blessé. Un autre reste coincé sur les rails alors qu’un train arrive à grande vitesse — scène insoutenable. On tremble, on retient son souffle. 

Et cette séquence sur le toit du train… Ces gamins accrochés au métal lancé à toute allure, entre ciel et rails, entre liberté et mort. C’est du cinéma pur. Brut. Moderne. Les scènes sur le toit du train sont d’une modernité folle. On sent le vent, le danger, la liberté fragile. Cette image des adolescents accrochés au métal, suspendus entre survie et chute, reste gravée. 

Ce que j’admire par-dessus tout, c’est que Wellman ne fait pas dans le mélo facile. Pas d’atermoiement pour ses personnages. Pas de concession pour les autorités. Il filme la violence sociale sans filtre. C’est tout le génie du Pré-Code : un film noir, politique, frontal, qui ose montrer une Amérique délabrée. 

Frankie Darro est formidable. Une boule d’énergie, un regard déterminé, une sincérité totale. Il avait déjà tourné pour Wellman (notamment dans The Public Enemy) et on comprend pourquoi le réalisateur lui faisait confiance. Il porte le film avec une intensité incroyable , il fera une jolie carrière jusque les années 70, jusque dans cette scène finale qui finit de vider la boîte de mouchoirs : Eddie improvise des acrobaties avec une agilité presque joyeuse, comme s’il retrouvait l’enfance l’espace d’un instant… pendant que son ami handicapé reste en retrait. Contra  

À ses côtés, Dorothy Coonan (Sally) apporte une fragilité bouleversante, et la galerie de jeunes errants compose une humanité cabossée mais solidaire. ste cruel. Humanité bouleversante. 

 

Ce film est un drame social, un film d’aventure, un brûlot politique, un cri du cœur. Image après image, il bouleverse. Il montre le courage de ces ados, leur pudeur, leur solidarité dans la misère. 

Œuvre typique de la liberté du pré-Code, Wild Boys of the Road aborde sans détour la violence sociale, l’injustice institutionnelle et la fragilité de l’ordre moral. À la fois drame d’aventure et manifeste social, le film conserve aujourd’hui une puissance intacte. Il témoigne d’un moment du cinéma américain où le réalisme, l’engagement et l’émotion pouvaient coexister avec une intensité rare. 

Le film adopte une structure quasi picaresque : chaque étape du voyage révèle une nouvelle facette de la détresse sociale. 

Un film noir social avant l’heure. 
Un brûlot politique déguisé en drame adolescent. 
Un monument du Pré-Code. 

Oui, je le recommande au plus haut point. 

NOTE : 18.60

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mardi 6 janvier 2026

15.20 - MON AVIS SUR LE FILM LE TESTAMENT DU DR MABUSE DE FRITZ MANG (1933)


 Vu le Film Le Testament du Docteur Mabuse de Fritz Lang (1933) avec Oscar Beregi Sr Rudolph Klein Rogge PauL Bernd Henry Piess Gustav Diessi Paul Henckels Georg John 

Le film raconte comment le Dr Mabuse, interné dans un asile psychiatrique, parvient à contrôler son directeur et un gang de malfaiteurs grâce à des pouvoirs hypnotiques. Le commissaire Karl Lohmann et le bandit repenti Kent tentent de leur côté de démanteler le réseau. 

Voilà un film bien noir, comme on n’en fait plus, découvert sur le nouveau site Wikiflix qui regorge décidément de pépites d’un autre temps. Le Testament du Docteur Mabuse confirme une chose : Fritz Lang, le cinéma, il ne l’a pas dans sa poche (lol), il l’a dans le sang. Et le personnage de Mabuse reste l’un des plus fascinants monstres du septième art. 

Mabuse, véritable fou pervers, violent, mégalomane, est ici interné dans un asile psychiatrique — où, reconnaissons-le, il est parfaitement à sa place. Mais l’enfermement ne l’a pas rendu inoffensif, bien au contraire. Depuis sa cellule, réduit au silence, il continue à dicter le chaos, à manipuler les esprits, médecins, directeur de l’établissement, et surtout toute une organisation criminelle prête à tuer pour satisfaire son ego dément. Le mal ne meurt jamais, il s’organise. 

Face à lui, l’inspecteur Lohmann, son éternel ennemi, devra être encore plus subtil que d’habitude. Car comment combattre un homme qui n’agit plus directement, mais par hypnose, par peur, par idées injectées dans les cerveaux des autres ? Lang transforme le film policier en véritable cauchemar mental, où le crime devient une maladie contagieuse. 

Rudolf Klein-Rogge est absolument glaçant dans le rôle du Docteur Mabuse. Son regard, son visage figé, son corps presque spectral font froid dans le dos. Il suffit d’un plan sur lui pour comprendre qu’on n’a vraiment pas envie de se faire interner dans le même établissement. Il incarne le mal pur, celui qui survit même à la perte de la parole. 

La mise en scène de Lang est d’une rigueur diabolique : cadres oppressants, jeux d’ombres, rythme tendu, atmosphère poisseuse. Le scénario est mené avec une précision d’horloger, multipliant les rebondissements sans jamais perdre le spectateur. On sent déjà le cinéma parlant s’approprier l’héritage de l’expressionnisme allemand. 

Mais au-delà du polar, le film est une allégorie évidente du nazisme naissant. Mabuse comme transposition d’Hitler, manipulateur invisible, idéologue fou qui entraîne les masses vers la destruction. Un thème que Lang abordait déjà avec M le Maudit, autre chef-d’œuvre terrifiant. D’ailleurs, le fait que Lang ait tourné simultanément une version française renforce encore la portée universelle du film. 

Terrible, terrifiant, d’une modernité folle, Le Testament du Docteur Mabuse est du grand cinéma, noir jusqu’à l’os, politique sans jamais être démonstratif, et d’une efficacité redoutable. Un film qui fascine, inquiète, bouleverse. Du très, très grand Lang.

NOTE : 15.20

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