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lundi 22 juin 2026

14.00 - MON AVIS SUR LE FILM LE CHANT DES FORETS DE VINCENT


 Vu le film Documentaire Le Chant des Fôrets de Vincent Munier (2025)


Ce documentaire montre la vie animale et végétale dans les forêts du massif des Vosges. Vincent Munier, accompagné de son père Michel et de son fils Simon, observe la forêt lors d'affûts. Ils célèbrent la beauté mais aussi la fragilité de la nature, symbolisée par le grand tétras, longtemps présent mais aujourd'hui disparu des Vosges, notamment en raison du changement climatique. Ils devront aller en Norvège pour en voir un.

(Deux César à la clef , Son et Film Documentaire)

Prenons un peu d'air frais en nous installant à l'ombre des grands arbres du massif des Vosges. Asseyons-nous et écoutons le bruit de la nature, le chant des animaux, des oiseaux bien sûr mais pas seulement. Le bruissement des feuilles, le frémissement des fleurs, le souffle du vent dans les branches composent une mélodie secrète, une valse à mille vents dont la forêt seule connaît la partition. Ici, le chant ne sort pas seulement des gorges des oiseaux, il semble naître de chaque arbre, de chaque pierre et de chaque rayon de lumière traversant les sous-bois.

Avec Le Chant des Forêts, le photographe animalier Vincent Munier nous invite à une immersion sensorielle au cœur du massif vosgien. Loin des documentaires animaliers classiques construits sur le spectaculaire, il choisit la patience, l'observation et l'écoute. Son regard accompagne cerfs, chevreuils, oiseaux et autres habitants de la forêt dans leur environnement naturel, sans jamais forcer le trait ni perturber leur existence.

Le résultat est d'une beauté saisissante. Chaque image semble avoir été gagnée au terme de longues heures d'attente. Chaque apparition animale devient un petit miracle. Munier réussit son coup grâce à une patience admirable pour capter ces instants fragiles que la nature offre au compte-gouttes. Des moments sonores et visuels qui rappellent à quel point le monde sauvage peut encore nous émerveiller lorsque nous prenons le temps de le regarder.

Le film montre aussi que la nature peut être à la fois belle et sauvage si l'on apprend à la respecter plutôt qu'à la détruire. Sans discours pesant ni leçon de morale, il nous rappelle discrètement ce que nous risquons de perdre. Profitons-en avant que la nature ne soit détruite ou brûlée et que les seuls documentaires de ce type soient fabriqués par l'IA tandis que l'esprit qui les animait aura disparu.

La grande force du film est justement de nous faire ralentir. Pendant une heure et demie, le tumulte du monde moderne disparaît derrière le chant des oiseaux, le galop furtif d'un animal ou le simple bruissement d'une feuille portée par le vent. C'est une expérience presque méditative qui nous reconnecte à quelque chose d'essentiel.

Mon seul regret concerne la musique composée par Warren Ellis. Si elle possède indéniablement ses qualités, elle se montre parfois un peu trop présente. J'aurais préféré que l'on laisse davantage de place aux véritables musiciens du film : les galops dans les sous-bois, les battements d'ailes, les craquements de branches et tous ces sons naturels qui constituent la véritable bande originale de cette aventure.

Un documentaire magnifique, contemplatif et profondément vivant, qui rappelle que le plus grand spectacle du monde se trouve parfois simplement au détour d'un sentier forestier.

NOTE : 14.00

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Vincent Munier
  • Scénario : Vincent Munier
  • Musique : Warren EllisDom La NenaRosemary Standley
  • Photographie : Vincent Munier, Antoine Lavorel, Laurent Joffrion
  • Son : Romain Cadilhac, Marc Namblard, Olivier Touche et Olivier Goinard
  • Montage : Laurent Joffrion, Vincent Schmitt
  • Production : Pierre-Emmanuel Fleurantin, Laurent Baujard, Vincent Munier
  • Sociétés de production : Paprika Films, Kobalann Productions
  • Société de distribution : Haut et Court
  • Pays de production : Drapeau de la France France


DISTRIBUTION

  • Vincent Munier
  • Michel Munier, père de Vincent
  • Simon Munier, fils de Vincent

dimanche 21 juin 2026

12.30 - MON AVIS SUR LE FILM JACK STRONG DE WLADYSLAW PASILOWSKI (2014)


 Vu le Film Jack Strong de Władysław Pasikowski (2014) avec Marcin Dorociński Maja Ostaszewska Piotr Nerlewski Józef Pawłowski Patrick Wilson Dagmara Domińczyk


Jack Strong, le film de Pasikowski sur Ryszard Kukliński. J’ai regardé longtemps et franchement, l’histoire réelle du gars est un sacré roman d’espionnage qui claque.

Le vrai Kukliński, colonel dans l’armée polonaise du temps du communisme, il bosse au cœur du Pacte de Varsovie, il voit les plans soviétiques : si y a la guerre avec l’OTAN, la Pologne se fait raser au nucléaire, point.

Il contacte les Américains en 72 pendant un voyage aux Pays-Bas, il prend le pseudo Jack Strong, et pendant neuf ans il balance des milliers de pages de docs ultra-secrets sans toucher un rond. Juste pour que son pays ne soit pas le paillasson sacrificiel des Russes.

En 81, l’étau se resserre (ils sentent le rat au contre-espionnage), il se tire de nuit avec sa femme Hanna et ses deux fils grâce à la CIA. Exfiltration propre, direction les States sous protection. Fin de l’histoire vraie.Le film raconte ça en flashback, Kukliński qui témoigne aux US.

Le côté suspens et intrigue, je te le dis: derrière le rideau de fer c’est tendu comme pas permis. Paranoïa permanente, réunions dans des coins louches, microfilms planqués, la femme qui commence à flipper (« t’as une maîtresse ou quoi ? »), les gosses qui sentent que papa est bizarre, les services polonais qui tournent autour.

Un faux pas et c’est la famille au trou ou pire. C’est ça le vrai frisson du film : vivre en double vie dans un régime où tout le monde peut te balancer. Du côté américain, les contacts avec la CIA, les drops d’infos, les réunions tendues avec les handlers, et la grosse exfiltration finale…


c’est passionnant sur le papier, le contraste entre la peur polonaise et le professionnalisme froid des pros de Langley. On sent l’enjeu énorme : un mec seul qui peut changer la donne de la Guerre froide.

Mais le film en lui-même ? Pas si bien filmé que ça. On sent le potentiel d’un thriller d’espionnage de ouf, mais ça reste un peu plat, un peu scolaire. Le rythme traîne par moments, y a des scènes d’explication qui durent trop longtemps au lieu de te mettre direct dans la sueur.

Et puis ils ont rajouté une poursuite en voiture pendant l’évasion… qui n’a jamais existé dans la réalité. Un peu trop « cinoche » pour faire joli, ça casse un peu l’authenticité. Pasikowski a voulu son truc personnel, mais on reste sur sa faim.

C’est correct, visuellement propre pour une prod polonaise, mais ça manque de ce truc qui te cloue au fauteuil. Tu sors en te disant « ouais, intéressant », pas « putain, quel film ».

Côté acteurs, parlons cash. Du côté polonais, Marcin Dorociński dans le rôle de Kukliński, c’est le gros point fort du film. Il a cette gueule d’officier stoïque, le regard qui dit tout sans en rajouter, il porte tout le poids du dilemme moral et de la pression permanente. On le croit à 100 %. Sa femme, Maja Ostaszewska, elle assure grave dans les scènes familiales : colère, peur, incompréhension, tout y passe.

Ça rend la vie de famille crédible et usante. Les deux fils (Piotr Nerlewski et Józef Pawłowski), ils font le taf pour montrer l’impact sur les gosses sans en faire trop.

Du côté communiste/armée polonaise : les généraux et Jaruzelski (Krzysztof Dracz) sont crédibles, autoritaires sans être des caricatures de méchants.

On sent la machine qui broie.Côté américain : Patrick Wilson en David Forden (le vrai handler de Kukliński), il est cool, pro, calme, et la chimie avec Dorociński marche bien. Il parle même polonais dans certaines scènes, ça fait plaisir.

Dagmara Domińczyk en Sue, c’est du soutien correct, rien de transcendant mais ça passe.Mon point de vue perso : l’histoire de Kukliński est énorme. Un type qui a risqué sa peau et celle de sa famille pendant neuf ans pour éviter que la Pologne devienne un champ de bataille nucléaire.

Le suspens derrière le rideau de fer (la peur quotidienne, la double vie) versus le côté plus « pro » des services américains… c’est ça qui rend le sujet passionnant.

Mais le film ? Il est honnête, il respecte globalement l’histoire et les personnages, Dorociński sauve les meubles, mais il ne transcende pas. C’est un bon biopic historique, pas un grand thriller d’espionnage.

Si tu veux voir un gars seul contre l’empire soviétique avec des vrais enjeux, tu peux checker. Mais attendez- pas à un chef-d’œuvre de tension. Dommage, parce que le matériau de base valait mieux que ça. Kukliński, le James Bond polonais version zéro glamour : juste un colonel avec des gamins à protéger et des plans de guerre dans la tête. Respect au vrai mec.

Le film, lui, il passe… sans plus.

NOTE : 12.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION



14.90 - MON AVIS SUR LE FILM RAISONS D'ETAT DE ROBERT DE NIRO (2006)

 


Vu le Film Raisons d'Etat de Robert de Niro (2006) avec Matt Damon Robert de Niro Joe Pesci Eddie Redmayne Alec Baldwyn Billy Crudup Alec Baldwyn William Hurt John Turturro


À la fin des années 30, Edward Wilson, un étudiant brillant, mais effacé, est amené à collaborer avec le FBI pour démasquer un de ses professeurs, soupçonné de sympathie nazie. Cette première mission pour les services secrets scelle son destin, tandis que la Seconde Guerre mondiale approche. Edward intègre le bureau des renseignements et grimpe un à un les échelons de la hiérarchie.

Bob De Niro nous sert un film d’espionnage maous costaud. Un vrai jeu de pistes parano où les secrets les mieux enfouis ne sont pas forcément les plus inavouables.

Si vous avez un minimum de culture sur le sujet, il vous suffira de coller des noms réels sur les personnages et sur les lieux ou événements qui ont secoué le monde.

On suit Edward Wilson, incarné par un Matt Damon génial, loin de son Jason Bourne. Chef du contre-espionnage américain, il va laisser pas mal de cadavres derrière lui. Ses aventures ne sont pas toujours très discrètes, surtout dans ce milieu où la paranoïa est une seconde nature. Il y a la jeune fille rencontrée « par hasard » (enfin, pas vraiment) qui n’est pas si amoureuse que ça, le fils un peu innocent (le jeune Eddie Redmayne), et sa femme qui en a clairement marre de ses absences (Angelina Jolie). Eh oui madame, il sauve le monde !

Il y a aussi un ami homosexuel, des amis qu’il devra éliminer parce qu’ils l’ont trahi… Comme je l’ai dit, ce n’est pas Jason Bourne. Le film est lent, mais il prend le temps d’expliquer. On passe presque trois heures cloué au fauteuil, à vérifier régulièrement qu’il n’y a pas un micro caché sous la table.C’est l’histoire de la naissance de la CIA vue de l’intérieur, de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 60, avec la baie des Cochons en toile de fond.

n y voit la construction d’un empire du renseignement fait d’ombres, de trahisons et de sacrifices personnels. Edward Wilson est un homme froid, méthodique, qui enterre peu à peu son humanité au nom de la raison d’État.Le casting est tout simplement parfait : De Niro lui-même, Angelina Jolie, Joe Pesci, William Hurt, Alec Baldwin, Billy Crudup, John Turturro…

Tout le monde est juste. Matt Damon porte le film sur ses épaules avec une présence incroyable. Il est droit dans ses costumes trois-pièces, un peu inspecteur Gadget version glaciale et tragique.Les salles étaient longues, le rythme posé, mais on ne s’ennuie pas. On ressort avec cette sensation étrange que, comme dans tous les bons films d’espionnage, on se dit que c’est exagéré… et qu’en réalité on est probablement encore très loin de la vérité.

Un beau film, dense, intelligent, parfois un peu froid comme son héros, mais qui reste selon moi l’un des meilleurs du genre ces dernières années. Parfait pour ceux qui aiment les ambiances feutrées, les regards qui en disent long et les silences lourds de conséquences.Un ancien temps où le cinéma d’espionnage prenait encore le temps de creuser, sans besoin d’explosions toutes les dix minutes.

NOTE: 14.90

FICHE TECHNIQUE

Producteurs délégués : Chris Brigham, Francis Ford Coppola, Howard Kaplan, Guy McElwaine et David C. Robinson

DISTRIBUTION