Avis sur le Film Niagara de Henry Hattaway (1953) avec Marilyn Monroe Jean Peters Joseph Cotten Casey Adams Max Showalter Denis O'Dea Richard Allan Don Wilson Lurene Tuttle Russel Collins Will Wright Harrty Carey jr
Ray et Polly Cutler, jeune couple paisible, arrivent aux chutes du Niagara côté canadien pour une semaine de vacances. Le logement où ils doivent résider est encore occupé par un couple, Rose Loomis, sensuelle et provocante, et George Loomis, tourmenté et jaloux. Lors d’une promenade au pied des chutes, Polly voit Rose dans les bras d’un inconnu.
Niagara, de Henry Hathaway, ce film de 1953 qui explose en Technicolor comme un feu d’artifice au bord des chutes. À l’occasion du centenaire de la sublissime Marilyn Monroe, je me suis replongé dedans et bon sang, quelle claque. On y voit enfin que Marilyn n’était pas que la nunuche blonde qu’on lui a collée sur le dos toute sa carrière. Ici, elle est Rose Loomis, une femme fatale au sourire carnassier, une ingénue qui manipule les hommes avec une précision de chirurgien. Derrière elle, les chutes du Niagara rugissent, immenses, indifférentes, prêtes à tout engloutir.L’histoire ? Un couple en voyage de noces, George et Polly Loomis (Joseph Cotten et Jean Peters). Lui, sombre, blessé, obsédé par une vengeance qu’il rumine comme un vieux cigare. Elle, sensuelle à en crever l’écran, avec ce corps qui bouge comme une promesse dangereuse. Autour d’eux, un autre couple plus ordinaire, Ray et Helen Cutler (Casey Adams et une Jean Peters lumineuse, vraiment), qui se retrouvent pris dans la tourmente sans rien demander. Hathaway tisse tout ça avec une maîtrise hitchcockienne parfaite : suspense qui monte, regards qui tuent, et ces plans larges sur les chutes qui donnent le vertige. C’est Sueurs Froides en version cascades, le même plaisir physique, la même tension qui te prend aux tripes.
Joseph Cotten est magistral, comme toujours. Ce type a une gravité naturelle, un visage taillé dans la nuit. Son George est un homme brisé qui ne veut plus qu’une chose : régler ses comptes. Pas de pathos inutile, juste une noirceur qui suinte. Jean Peters, elle, crève l’écran par sa sensualité brute, naturelle, sans chichis. Et Marilyn… ah Marilyn. Chaque plan sur elle est capital. Elle joue avec la lumière, avec les hommes, avec nous. Cette scène où elle chante « Kiss » en robe rouge moulante, devant les chutes… on en oublie de respirer. Elle n’est plus la pin-up rigolote, elle est danger pur, désir pur, manipulation pure. Hathaway l’a filmée comme une déesse païenne.
Le Technicolor est somptueux, presque violent. Les bleus des chutes, les rouges des lèvres de Monroe, les verts des forêts : tout claque, tout vit. C’est un polar noir en couleur, chose rare à l’époque, et ça marche du tonnerre. Pas une seconde de répit. La mise en scène est millimétrée, les travellings sur les rambardes, les ombres qui glissent, le bruit incessant de l’eau qui te rappelle que tout peut basculer en une seconde.
Moi qui adore les thrillers psychologiques, Niagara me donne exactement ce que je cherche : du plaisir brut, du vertige, de l’émotion à chaque plan. On sent le poids du destin, la fatalité qui rôde comme dans les meilleurs Hitchcock. Cotten vengeur, Peters magnétique, Monroe incendiaire… le casting est un sans-faute. Hathaway dirige tout ça comme un chef d’orchestre qui connaît sa partition par cœur.
Chut, ne dites pas la fin. Laissez-la vous surprendre, vous gifler comme une vague des chutes. Niagara n’est pas qu’un film, c’est une expérience. Un grand moment de cinéma qui prouve, une fois de plus, que Marilyn était bien plus qu’une bombe sexuelle : une actrice capable de porter un thriller sur ses épaules nues. Cent ans après sa naissance, elle brille toujours, plus forte que jamais. Et ce film reste un bijou. Allez le revoir, vous ne le regretterez pas. Vertige garanti.
De biens belles chutes de reins et d'eau
NOTE : 16.50
FICHE TECHNIQUE
Joseph Cotten est magistral, comme toujours. Ce type a une gravité naturelle, un visage taillé dans la nuit. Son George est un homme brisé qui ne veut plus qu’une chose : régler ses comptes. Pas de pathos inutile, juste une noirceur qui suinte. Jean Peters, elle, crève l’écran par sa sensualité brute, naturelle, sans chichis. Et Marilyn… ah Marilyn. Chaque plan sur elle est capital. Elle joue avec la lumière, avec les hommes, avec nous. Cette scène où elle chante « Kiss » en robe rouge moulante, devant les chutes… on en oublie de respirer. Elle n’est plus la pin-up rigolote, elle est danger pur, désir pur, manipulation pure. Hathaway l’a filmée comme une déesse païenne.
Le Technicolor est somptueux, presque violent. Les bleus des chutes, les rouges des lèvres de Monroe, les verts des forêts : tout claque, tout vit. C’est un polar noir en couleur, chose rare à l’époque, et ça marche du tonnerre. Pas une seconde de répit. La mise en scène est millimétrée, les travellings sur les rambardes, les ombres qui glissent, le bruit incessant de l’eau qui te rappelle que tout peut basculer en une seconde.
Moi qui adore les thrillers psychologiques, Niagara me donne exactement ce que je cherche : du plaisir brut, du vertige, de l’émotion à chaque plan. On sent le poids du destin, la fatalité qui rôde comme dans les meilleurs Hitchcock. Cotten vengeur, Peters magnétique, Monroe incendiaire… le casting est un sans-faute. Hathaway dirige tout ça comme un chef d’orchestre qui connaît sa partition par cœur.
Chut, ne dites pas la fin. Laissez-la vous surprendre, vous gifler comme une vague des chutes. Niagara n’est pas qu’un film, c’est une expérience. Un grand moment de cinéma qui prouve, une fois de plus, que Marilyn était bien plus qu’une bombe sexuelle : une actrice capable de porter un thriller sur ses épaules nues. Cent ans après sa naissance, elle brille toujours, plus forte que jamais. Et ce film reste un bijou. Allez le revoir, vous ne le regretterez pas. Vertige garanti.
De biens belles chutes de reins et d'eau
NOTE : 16.50
FICHE TECHNIQUE
- éalisation : Henry Hathaway, assisté de Gerd Oswald
- Scénario : Charles Brackett, Richard Breen et Walter Reisch
- Production : Charles Brackett
- Société de production et de distribution : Twentieth Century Fox
- Photographie : Joseph MacDonald
- Montage : Barbara McLean
- Musique : Sol Kaplan
- Direction artistique : Maurice Ransford et Lyle R. Wheeler
- Décorateur de plateau : Stuart A. Reiss
- Costumes : Dorothy Jeakins et Charles Le Maire
- Pays de production :
États-Unis
DISTRIBUTION
- Marilyn Monroe (VF : Claire Guibert) : Rose Loomis
- Joseph Cotten (VF : Claude Bertrand) : George Loomis
- Jean Peters (VF : Sylvie Deniau) : Polly Cutler
- Casey Adams (VF : Michel André) : Ray Cutler
- Denis O'Dea : l’inspecteur Starkey
- Richard Allan : Ted Patrick
- Don Wilson (VF : Pierre Morin) : M. Kettering
- Lurene Tuttle (VF : Henriette Marion) : Mme Kettering
- Russell Collins : M. Qua
- Will Wright : marin
Et, parmi les acteurs non crédités :
- Arch Johnson : chauffeur de taxi
- Sean McClory (VF : Lucien Bryonne) : Sam
- Patrick O'Moore : un détective
- Marjorie Rambeau : petit rôle indéterminé
- Harry Carey Jr. : le chauffeur de taxi
