Vu le film Michael de Antoine Fuqua (2026) avec Jaafar Jackson Colman Domingo Nia Long Miles Teller James R Henderson Tre Horton Rhyan Hill Joseph David Jones Deon Come Mike Myers
En 1966, à Gary dans l'Indiana, Joseph Jackson, ouvrier dans une aciérie, forme avec ses cinq fils le groupe des Jackson Five, confiant à Michael, le benjamin, le rôle de chanteur principal. Après une période de répétitions intensives, souvent accompagnées d'une discipline stricte et de châtiments corporels réguliers, le groupe se produit sur scène avant d'être remarqués par Suzanne de Passe à Chicago en 1968. Le groupe signe avec Motown l'année suivante. Le succès est immédiat, leurs disques dominent les classements et leurs concerts attirent des foules à travers les États-Unis. Cette réussite leur permet de quitter leur petite maison pour s'installer dans une grande demeure à Encino en Californie en 1971. Berry Gordy, fondateur de Motown, voit en Michael un futur artiste solo prometteur.
Michael Jackson. Rien que le nom promettait un destin hors norme, un artiste qui a révolutionné la musique populaire, inventé des gestes devenus universels, transformé le clip en œuvre d'art et marqué plusieurs générations. Avec un tel sujet, on pouvait s'attendre à un grand biopic, à une plongée dans le génie créatif d'un homme qui a changé la culture populaire. Au lieu de cela, Antoine Fuqua livre un objet étrange : un téléfilm de luxe déguisé en sortie cinéma.
Le film suit docilement les grandes étapes de la vie de Michael Jackson, comme si quelqu'un avait ouvert sa fiche Wikipédia et décidé de la mettre en images sans jamais chercher à comprendre l'homme derrière légende. Tout y passe mécaniquement : l'enfance, la famille, l'argent, les opérations de chirurgie esthétique, les conflits, les scandales. Mais tout est survolé. Rien n'est creusé. Rien n'est incarné. Rien n'est ressenti.
Le plus étonnant est que le film répète sans cesse que Michael Jackson est un artiste hors du commun. Merci, on le savait déjà. Ce qu'on aurait aimé voir, c'est comment il l'est devenu. Où est la naissance du moonwalk ? Où sont ses influences ? Son perfectionnisme maladif ? Son travail acharné en studio ? Ses nuits passées à chercher le mouvement parfait ou la note idéale ? Le film préfère nous raconter combien il était célèbre plutôt que nous montrer pourquoi il l'était.
Les Jackson Five eux-mêmes semblent relégués au rang de figurants dans leur propre histoire. Les frères apparaissent puis disparaissent comme des silhouettes. Quant aux moments musicaux, ils ressemblent souvent à un assemblage de clips et de concerts collés bout à bout. Un morceau de clip par-ci, un morceau de concert par-là, et entre les deux quelques scènes censées faire avancer le récit.
On dirait parfois un film fabriqué par une intelligence artificielle ayant reçu pour consigne : « Faites plaisir aux fans avec les images les plus connues. »
Et puis il y a Jaafar Jackson. Certes, il est de la famille. Certes, la ressemblance est parfois troublante. Mais les gènes du talent ne se transmettent pas automatiquement. Il imite plus qu'il n'incarne. On regarde quelqu'un reproduire Michael Jackson sans jamais avoir l'impression d'être face à Michael Jackson.
Le plus ironique est sans doute que ce long métrage n'est même pas une histoire complète. Ceux qui pensaient voir un biopic en entier en sont pour leurs frais... ou plutôt pour leur portefeuille. Car ce n'était qu'un premier épisode. La suite du vide de notre porte-monnaie est déjà en préparation. En tout cas, pas avec le mien.
Antoine Fuqua, pourtant réalisateur solide lorsqu'il s'agit de filmer l'action, semble ici complètement perdu. Il fait du surplace pendant plus de deux heures, survole pratiquement tous les sujets et ne trouve jamais le moindre point de vue personnel. Aucune incarnation, aucune émotion, aucune vision. Juste un produit calibré qui coche des cases.
Michael Jackson a passé sa vie à transformer tout ce qu'il touchait en spectacle. Antoine Fuqua réussit l'exploit inverse : transformer un spectacle permanent en une longue fiche Wikipédia illustrée.
Le plus grand exploit de ce film est peut-être d'avoir réussi à rendre ennuyeuse la vie d'un des artistes les plus fascinants du XXe siècle. Et ça, il fallait quand même le faire. Du gâchis.
NOTE : 4.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Antoine Fuqua
- Scénario : John Logan
- Musique : Lior Rosner et Michael Jackson
- Décors : Barbara Ling
- Costumes : Marci Rodgers
- Photographie : Dion Beebe
- Montage : John Ottman et Harry Yoon
- Production : John Branca, John McClain et Graham King
- Producteur délégué : David B. Householter
- Sociétés de production : Lionsgate et GK Films
- Sociétés de distribution : Lionsgate (États-Unis), Universal Pictures (France)
- Budget : 155 millions de dollars[]
- Pays de production :
États-Unis
DISTRIBUTION
- Jaafar Jackson (VF : Alexandre Faitrouni ; VQ : Lyndz Dantiste) : Michael Jackson
- Juliano Krue Valdi (VF : Lenny Reignoux ; VQ : Mylan Ricar Gauthier) : Michael Jackson, enfant
- Colman Domingo (VF : Thierry Desroses ; VQ : Fayolle Jean Jr.) : Joseph « Joe » Jackson
- Nia Long (VF : Daria Levannier ; VQ : Florence Blain Mbaye) : Katherine Jackson
- Miles Teller (VF : Félicien Juttner ; VQ : Alexandre Fortin) : John Branca
- Jamal R. Henderson (VF : Jean-Michel Vaubien) : Jermaine Jackson
- Jayden Harville : Jermaine Jackson, enfant
- Tre Horton (VF : Antoine Kobi) : Marlon Jackson
- Jaylen Lyndon Hunger (VF : Tikzarc) : Marlon Jackson, enfant
- Rhyan Hill (VF : Steven Jordy Dagrou) : Tito Jackson
- Judah Edwards : Tito Jackson, enfant
- Joseph David-Jones (VF : Steven Abdel-Rahym Madi) : Jackie Jackson
- Nathaniel Logan McIntyre : Jackie Jackson, enfant
- Larenz Tate (VF : Diouc Koma ; VQ : Philippe Racine) : Berry Gordy
- Jessica Sula (VF : Kaïna Blada) : La Toya Jackson
- Laura Harrier (VF : Esthèle Dumand) : Suzanne de Passe
- Kevin Shinick : Dick Clark
- Kendrick Sampson (VF : Elias Changuel) : Quincy Jones
- KeiLyn Durrel Jones (VQ : Iannicko N'Doua): Bill Bray, garde du corps de Michael Jackson
- Lyv Simone : Gladys Knight
- Mike Myers (VQ : Alain Zouvi): Walter Yetnikoff
- Deon Cole : Don King

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