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lundi 13 juillet 2026

7.40 - MON AVIS SUR LE FILM TOUCHE PAS A MON PERISCOPE DE DAVID S.WARD (1996)

 


Vu le Film Touche pas à mon Périscope de David S.Ward (1996) avec Kelsey Grammer Lauren Holly Rob Schneider Bruce Dern Harry Dean Stanton Duane Martin William H.Macy


À force de revoir les comédies délirantes des ZAZ (Y a-t-il un pilote dans l'avion ?, Top Secret !, Y a-t-il un flic... ?), on finit peut-être par devenir trop exigeant. En regardant Touche pas à mon périscope, je m'attendais justement à retrouver cette avalanche de gags absurdes où l'on rit toutes les trente secondes. Malheureusement, on est davantage dans le style que dans le résultat.


Les ingrédients sont pourtant là : un sous-marin brinquebalant, une mission militaire improbable, un commandant complètement atypique et une galerie de personnages hauts en couleur. Mais il manque ce petit grain de folie qui transforme une bonne idée en grande comédie.


Le lieutenant-commandant Tom Dodge, incarné par Kelsey Grammer, est un officier aussi brillant qu'indiscipliné. À cause de son comportement fantasque, la Marine lui confie le commandement de l'USS Stingray, un vieux sous-marin diesel promis à la casse, avec une mission impossible : participer à un exercice militaire et réussir à couler, symboliquement, un sous-marin nucléaire ultramoderne. Pour l'aider dans cette entreprise, il hérite d'un équipage aussi improbable que son bâtiment, sans oublier la présence de la jeune officier Emily Lake, jouée par Lauren Holly, chargée d'évaluer ce drôle de capitaine dans un univers encore très masculin.


Le point de départ est franchement sympathique. On imagine déjà les catastrophes, les gags à répétition, les situations absurdes dignes des meilleures parodies militaires.


Et pourtant...


La vessie n'éclate jamais... même avec cinq litres d'eau.


On sourit régulièrement, on esquisse quelques rires, mais les grands éclats restent au fond de la cale. Le film enchaîne les situations amusantes sans jamais pousser les curseurs suffisamment loin. Il préfère rester sage alors que son sujet appelait justement à la démesure.


Ce n'est jamais vulgaire, ce qui est déjà une qualité. Mais ce n'est pas vraiment fin non plus. On navigue entre humour potache et petites plaisanteries militaires qui font parfois mouche, parfois beaucoup moins.


Ce pastiche des films de sous-marins manque surtout d'audace. On sent que David S. Ward connaît parfaitement les codes du genre, mais il ne les dynamite jamais vraiment. Là où les ZAZ transformaient chaque plan en gag potentiel, ici on attend souvent une chute... qui ne vient pas.


Le casting, lui, fait le travail avec beaucoup de bonne volonté.


Kelsey Grammer possède le charisme nécessaire pour camper ce capitaine anticonformiste qui refuse les règles établies. Son humour pince-sans-rire fonctionne plutôt bien, même si le scénario ne lui offre pas toujours les meilleures répliques.


Lauren Holly apporte fraîcheur et énergie à son personnage, tandis que Rob Schneider assure la partie la plus exubérante de l'équipage.


Et puis il y a le plaisir de retrouver quelques sacrées gueules du cinéma américain.


Bruce Dern, toujours impeccable, prouve une fois encore qu'il peut apporter de la présence à n'importe quel rôle.


Harry Dean Stanton, lui, est de ces acteurs dont la simple apparition fait plaisir. Il a cette manière unique d'exister à l'écran, même lorsqu'il ne prononce que quelques phrases.


En regardant cette galerie d'acteurs, on finit presque par se dire qu'il y a trente ans, certains avaient peut-être besoin de payer leurs impôts... ou simplement de mettre un peu de beurre dans les épinards !


Le rythme reste agréable et le film ne s'éternise jamais. Il se regarde facilement, sans ennui, mais également sans véritable surprise.


On passe un moment sympathique, puis on l'oublie assez vite.


C'est finalement ce qui résume le mieux Touche pas à mon périscope. Pas hilarant, mais ça se regarde. Je m'attendais simplement à beaucoup mieux.


Il lui manque cette folie permanente, cette succession de gags irrésistibles qui font entrer une comédie dans le panthéon des films que l'on revoit sans jamais s'en lasser.


Ici, on sourit davantage qu'on ne rit.


Pour passer le temps, pas plus.


Et parfois, c'est déjà deux bières.

NOTE : 7.40

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

14.80 - MON AVIS SUR LE FILM LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS DE MICHAEL ANDERSON (1956)

 


Vu le Film Le Tour du Monde en 80 Jours de Michael Anderson (1956) avec David Niven Cantinflas Robert Newton Shirley MacLaine Frank Sinatra Fernandel Finlay Curie Trevor Howard Robert Morley 


S'il ne devait rester qu'une seule adaptation du roman de Jules Verne, ce serait sans hésiter celle-ci. Le Tour du monde en 80 jours de Michael Anderson demeure, à mes yeux, la meilleure version jamais portée à l'écran. Une fresque d'aventure comme Hollywood savait en fabriquer, où le spectacle ne se limite pas aux décors, mais invite véritablement le spectateur à voyager.


Cette fois, on ne part pas sur la Lune avec Jules Verne, mais aux quatre coins du globe. Et quel guide ! Le très britannique Phileas Fogg, incarné avec une élégance folle par David Niven, un gentleman dont chaque geste respire la distinction, le flegme et la classe. À ses côtés, son nouveau valet Passepartout, interprété par l'immense star mexicaine Cantinflas, apporte toute la fantaisie, l'humour et l'énergie nécessaires pour transformer cette expédition en véritable épopée.


Tout commence par un pari. Un pari aussi absurde que typique de ces riches oisifs qui passent leur temps dans leur club londonien à discuter du monde sans le voir. Convaincu qu'il peut faire le tour de la planète en quatre-vingts jours, Phileas Fogg engage sa fortune et sa réputation. Accompagné de Passepartout, il quitte Londres pour une course contre le temps qui les mènera à travers les continents, affrontant retards, catastrophes, imprévus et rencontres improbables.


Le plaisir du film réside autant dans l'aventure que dans le voyage lui-même. On traverse des paysages magnifiques, on grimpe au-dessus des montagnes en ballon — même si Jules Verne n'avait jamais imaginé cette scène dans son roman —, on découvre des monuments célèbres, des villes lointaines, des traditions, des coutumes et des cultures différentes. Le cinéma devient ici une véritable invitation au dépaysement.


Aujourd'hui, il faut reconnaître que certaines séquences ont vieilli. Non pas sur le plan de la qualité, bien au contraire, mais dans certains dialogues ou comportements. Notre cher Phileas Fogg apparaît parfois raciste, misogyne ou même homophobe. Mais il faut replacer cela dans son contexte historique. Comme on pourrait le dire avec une pointe de nostalgie : c'est un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Il serait absurde de juger un film de 1956 uniquement avec les critères de 2026.


En revanche, ce qui n'a absolument pas pris une ride, c'est le charme de cette immense production. Les décors sont somptueux, les costumes magnifiques, la photographie éclatante et la musique accompagne parfaitement cette incroyable odyssée.


Il y a aussi un détail que j'adore et qui fait tout le sel du film : cette incroyable galerie de vedettes venues faire un simple caméo. Une scène, parfois quelques secondes seulement, mais quelle idée brillante ! Elles apparaissent au détour d'une rencontre avec Phileas ou Passepartout. Souvent, on les voit d'abord de dos avant qu'elles ne se retournent pour dévoiler leur visage. D'autres n'ont même que quelques mots à prononcer.


Frank Sinatra, Martine Carol, Fernandel, Buster Keaton, Victor McLaglen, Peter Lorre, Charles Boyer, José Greco, Trevor Howard et bien d'autres viennent ainsi saluer le spectateur. C'est presque un jeu de piste où l'on s'amuse à reconnaître les stars qui surgissent à chaque étape du voyage. Cette idée donne un charme supplémentaire à cette relecture du roman de Jules Verne.


David Niven est absolument parfait. Il compose un Phileas Fogg dont le sérieux permanent contraste merveilleusement avec les facéties de Cantinflas. Ce dernier vole souvent la vedette tant son Passepartout déborde de malice, de bonne humeur et d'acrobaties. Leur duo fonctionne à merveille.


Shirley MacLaine apporte beaucoup de fraîcheur dans le rôle de la princesse Aouda, tandis que Robert Newton incarne avec son exubérance habituelle l'inspecteur Fix, persuadé que Fogg est un dangereux voleur de banque.


Michael Anderson signe ici un immense film d'aventure, un de ceux qui donnent envie de faire ses valises dès le générique terminé. À une époque où les effets numériques n'existaient pas, tout repose sur les décors, les acteurs, les paysages et le sens du spectacle. Et cela fonctionne encore admirablement.


On ressort avec l'impression d'avoir réellement fait le tour du monde, d'avoir pris le train, le bateau, l'éléphant, le ballon et tous les moyens de transport imaginables. Peu de films procurent encore aujourd'hui une telle sensation de voyage.


C'est un film d'un autre temps, dans le plus beau sens du terme. Une œuvre qui rappelle que le cinéma d'aventure savait faire rêver sans chercher à en mettre plein la vue toutes les cinq minutes. Le roman de Jules Verne reste la pierre fondatrice du film d'aventure avec un grand A, et cette adaptation en demeure l'un de ses plus beaux ambassadeurs.


Un classique absolu, élégant, drôle, spectaculaire et profondément dépaysant. Voilà le genre de cinéma qui donne envie de partir... même si le pari, lui, reste complètement stupide !


NOTE : 14.80

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

 Felix Felton (VF Raymond Rognoni) : Mr. McArish, un membre du Reform-Club


dimanche 12 juillet 2026

14.80 - MON AVIS SUR LE FILM NEW YORK 1997 DE JOHN CARPENTER (1981)

 


Vu le Film New York 1997 de John Carpenter (1981) avec Kurt Russel Donald Pleasance Isaac Hayes Ernest Borgnine Lee Van Cleef Adrienne Barbeau et Harry Dean Stanton


New York. La nuit. La pluie. Les rues noyées dans l'obscurité, la misère et la délinquance qui semblent avoir définitivement gagné la partie. Non, ce n'est pas Gotham City, et la lumière qui fend le ciel n'annonce pas l'arrivée de Batman. C'est tout simplement le New York tel que John Carpenter l'imaginait... seize ans après la sortie de son film. Une vision de cauchemar qui, à l'époque, paraissait totalement folle, et qui aujourd'hui conserve une troublante puissance.

Dans le futur imaginé par Carpenter, la criminalité a explosé à un tel point que Manhattan n'est plus une ville : c'est devenu une immense prison à ciel ouvert. Plus de gardiens à l'intérieur, plus de règles, plus d'État. Les condamnés y sont abandonnés à leur propre violence derrière d'immenses murailles. Une idée d'une simplicité géniale qui transforme l'île la plus célèbre du monde en véritable enfer urbain.

Et voilà qu'une lumière apparaît dans le ciel. Cette fois, ce n'est pas le Bat-Signal mais Air Force One qui vient d'avoir la mauvaise idée de se crasher au beau milieu de Manhattan. Une autre mauvaise idée accompagne la première : à son bord se trouve le président des États-Unis, interprété par Donald Pleasence, capturé dès son arrivée par les bandes qui règnent sur cette jungle de béton.

Les autorités n'ont alors qu'une seule solution : envoyer quelqu'un capable de survivre là où personne ne reviendrait vivant. Pas DJ Snake... Snake Plissken.

Difficile d'imaginer un héros plus badass que celui incarné par Kurt Russell. Ancien soldat devenu criminel, œil bandé, regard d'acier, humour sec, cigarette au coin des lèvres, il possède un casier judiciaire long comme un bras de Diplodocus. Ce n'est pas un chevalier blanc. C'est un survivant qui avance parce qu'il n'a pas vraiment le choix. Carpenter invente ici une figure devenue mythique du cinéma d'action.

Le marché est simple : retrouver le Président en moins de vingt-quatre heures contre une grâce présidentielle. Pour s'assurer que Snake ne tente pas de disparaître dans cette prison géante, on lui injecte deux microcharges explosives qui le condamnent s'il dépasse le délai. Une idée aussi sadique qu'efficace qui fait monter la tension dès les premières minutes.

Pendant quatre-vingt-dix minutes – beaucoup trop courtes tant on prend plaisir à suivre cette aventure – Carpenter ne relâche jamais la pression. Les poursuites s'enchaînent, les bagarres éclatent sans prévenir, les explosions secouent Manhattan, les pièges se multiplient et les retournements de situation donnent au récit un rythme exemplaire. Pas une minute de trop, pas une minute de moins.

L'univers est sale, poisseux, humide, presque irréel. Les rues désertes deviennent des terrains de chasse où chaque immeuble cache un danger. Carpenter transforme New York en décor post-apocalyptique avec une économie de moyens qui ferait rougir bien des superproductions actuelles gavées d'effets numériques.

Et quel casting ! Kurt Russell est évidemment impérial, mais il est entouré d'une sacrée bande de gueules. Donald Pleasence compose un Président dépassé par les événements, Lee Van Cleef apporte toute son autorité dans le rôle du commissaire Bob Hauk, Ernest Borgnine est irrésistible en chauffeur de taxi philosophe, Isaac Hayes impose une présence incroyable sous les traits du Duc de New York, tandis qu'Harry Dean Stanton, fidèle compagnon de Carpenter, apporte une fois de plus cette humanité bancale dont il avait le secret.

La musique électronique composée par Carpenter lui-même participe énormément à l'atmosphère. Quelques notes suffisent pour installer une tension permanente. Elle est devenue aussi culte que son héros.

Ce qui frappe encore aujourd'hui, c'est la modernité du film. Derrière son récit d'action se cache une réflexion sur la peur, la violence, le pouvoir, l'abandon des grandes villes et une société qui préfère enfermer ses problèmes plutôt que les résoudre. Carpenter ne fait jamais la leçon ; il raconte avant tout une aventure haletante, laissant au spectateur le soin d'y voir ce qu'il veut.

Et puis il y a cette fin... typiquement Carpenter. Ironique, insolente, grinçante, fidèle à son personnage principal qui n'a jamais eu beaucoup de respect pour les puissants.

New York 1997 reste, pour moi, l'un des thrillers d'action les plus efficaces jamais réalisés. Un film sec, nerveux, sans gras, porté par un héros devenu une véritable légende du cinéma. On en redemanderait presque une heure de plus tant ces quatre-vingt-dix minutes passent à une vitesse folle.

Une nouvelle preuve, s'il en fallait encore une, que John Carpenter est tout simplement un génie.

NOTE : 14.80

FICHE TECHNIQUE


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