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jeudi 17 septembre 2026

17.00 - MON AVIS SUR LE FILM OKLAOMA HONEY DE ANDREW PATTERSON (2025)

 


Vu le Film Oklahoma Honey de Andrew Patterson (2025) avec Matthew McConaughey Angela LookingGlass Kurt Russel Jake Horowitz Scott Sheperd Rob Morgan Tony Revolori Cole Prouse Owen Teague

Pour son deuxième film, Andrew Patterson nous offre avec Oklahoma Honey une œuvre puissante et un thriller tendu qui nous emmène dans un univers assez inhabituel au cinéma, celui de l’apiculture, avec en prime une BO dantesque, exactement dans ce que j’aime. Le film se découpe presque en deux parties, la première nous présentant Amziah King, interprété par Matthew McConaughey, un apiculteur installé dans une zone rurale de l’Oklahoma où la chaleur ambiante semble peser sur les personnages et sur tout ce qui les entoure.

Ici, on parle de terre, d’abeilles, de ruches et de miel, et forcément cela finit par rendre jaloux certains confrères et amis. Amziah fait beaucoup pour que sa terre puisse continuer à exister et Patterson filme cet univers avec une vraie attention, notamment lors des impressionnants plans consacrés aux abeilles. Il y a notamment cette scène du car avec les enfants, particulièrement réussie, mais aussi celle où Coleman vient donner un coup de main et utilise mal une machine qui finit par le scalper, sans même la présence d’un Indien autour. Il fallait oser !

Mais Amziah n’est pas seulement apiculteur, il est également musicien, notamment de bluegrass, de folk américain et de country, et là, mes papilles ont explosé de bonheur : on est en plein dans la musique que j’aime, comme dirait Johnny. Et ce qui ajoute encore au plaisir, c’est que Matthew McConaughey joue lui-même de la musique dans le film. Ce n’est donc pas simplement une BO que l’on colle sur les images, elle fait véritablement partie du personnage et de son univers. Tout le film est teinté de cette formidable ambiance musicale qui m’a fait penser à l’un de mes albums préférés de Mark Knopfler et des Notting Hillbillies. Et forcément, voir McConaughey jouer lui-même cette musique que j’aime, cela ne pouvait que faire exploser mes papilles !

Cette ambiance musicale et cette chaleur permanente entourent le film d’un mystère qui va progressivement s’épaissir avec l’arrivée de Kateri, formidablement interprétée par Angela LookingGlass, une jeune fille adoptive arrivée quasiment de nulle part. Lorsque Amziah meurt brutalement d’une attaque au moment où ses ruches sont volées, Kateri va alors entreprendre sa propre vengeance, notamment contre ceux qui ont profité de la situation.

Elle va devenir une sorte de comtesse de Monte-Cristo des grands espaces américains, avançant patiemment vers sa vengeance personnelle et notamment vers Dob McCoy, interprété par Kurt Russell, qui n’est plus vraiment un perdreau de l’année mais plutôt le bourdon qui tourne autour des ruches. Et ce vieux bourdon-là va rapidement comprendre que Kateri n’est pas venue simplement pour regarder pousser les abeilles.

Après l’aspect dramatique du début, le film bascule progressivement vers un thriller beaucoup plus poisseux, où la vengeance devient presque la main de Dieu et où les paysages, la chaleur, les ruches et cette musique participent tous à une tension qui ne cesse de monter. Patterson ne se contente donc pas de raconter une histoire de vengeance, il construit tout un univers autour de ses personnages et donne au film une atmosphère qui lui appartient véritablement.

La photographie est particulièrement soignée, le travail sur le son est remarquable et cette BO est pour moi l’un des grands plaisirs du film. Et puis il y a Matthew McConaughey, qui semble avoir enfin changé d’agent et retrouvé un rôle à sa démesure, dans la lignée du formidable Mud. Il possède ici cette présence tranquille, cette gueule burinée et cette capacité à faire exister un personnage sans avoir besoin d’en faire des tonnes.

Mais la véritable découverte reste Angela LookingGlass, qui apporte à Kateri une fragilité et une détermination parfaitement complémentaires. Son personnage traverse le film comme une énigme avant de devenir le moteur de cette vengeance qui va transformer le drame initial en thriller.

Oklahoma Honey est donc pour moi une magnifique découverte sur plusieurs aspects, aussi bien pour sa photographie que pour son ambiance, son histoire, ses acteurs et surtout cette musique qui m’a complètement embarqué. Une œuvre puissante, poisseuse, mystérieuse et profondément américaine, qui confirme le talent d’Andrew Patterson. Et avec cette BO, mes oreilles ont elles aussi trouvé leur miel. La grosse découverte de cette fin de saison.

NOTE : 17.00

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation et scénario Andrew Patterson
  • Musique : Erick Alexander et Jared Bulmer
  • Direction artistique : John Lavin
  • Décors : Katie Hickman
  • Costumes : Jen Kennedy
  • Photographie : M.I. Littin-Menz
  • Montage : Patrick J. Smith
  • Production : Jeffrey Clifford, Will Greenfield, Michael Heimler, David Heyman, Andrew Patterson et Teddy Schwarzman
    • Production exécutive : Christopher Casanova, John Friedberg et Rob Silva
  • Sociétés de production Black Bear Pictures et Heyday Films
  • Société de distribution Metropolitan (France)

DISTRIBUTION

16.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE SIXIEME SENS DE MICHAEL MAN (1986)

 


Vu le Film Le Sixième Sens de Michael Mann (1986) avec William Petersen Brian Cox Tom Noonan Kim Greist Joan Allen Dennis Farina Stephen Lang Elizabeth Ryal Chris Elliott


À quoi tient le succès d’un film ? Voilà une question que l’on peut se poser devant Le Sixième Sens de Michael Mann, l’un des meilleurs réalisateurs lorsqu’il s’agit de mettre en scène ce type d’univers. Adapté du roman Dragon Rouge de Thomas Harris, le film ne rapportera pourtant qu’environ 8 millions de dollars pour un budget de 14 millions, alors qu’il possède déjà un personnage qui va devenir l’un des plus célèbres du cinéma : Hannibal Lecter.

Michael Mann, bien avant Heat, nous plonge dans une ambiance poisseuse, froide et anxiogène qui correspond parfaitement au cinéma des années 80 et à sa manière de filmer les hommes confrontés à leurs propres démons. Et pourtant, quelques années plus tard, le même Hannibal Lecter donnera naissance à un film mythique, Le Silence des Agneaux, avec Anthony Hopkins dans un rôle qui, comme celui de Brian Cox ici, n’occupe finalement pas énormément de temps à l’écran, mais dont la présence marque profondément le récit. Le film deviendra un carton mondial, donnera des suites et même des séries, tandis que Dragon Rouge sera ensuite adapté une nouvelle fois au cinéma.

J’adore Le Sixième Sens justement pour cette atmosphère particulièrement poisseuse, où l’on sent que le danger peut surgir à chaque instant. Les scènes avec Lecter sont malheureusement trop courtes à mon goût, mais elles sont essentielles pour comprendre le personnage et son incroyable pouvoir de manipulation, que les films suivants développeront beaucoup plus largement. Brian Cox est formidable de froideur et, franchement, il ne donne pas vraiment envie de partager son déjeuner avec lui. Moins spectaculaire que Hopkins, certes, mais absolument pas moins efficace.

Du côté du tueur en série, Francis Dollarhyde, surnommé le Dragon Rouge, est forcément moins impressionnant que son maître Lecter, et j’ai trouvé certaines de ses scènes un peu trop longues. Elles sont anxiogènes, parfois franchement malsaines, mais cette tension finit par s’étirer un peu trop.

Mais le véritable cœur du film reste pour moi Jack Crawford, interprété par William Petersen, un personnage qui possède, comme souvent chez Michael Mann, de nombreuses failles. Crawford doit affronter un tueur qu’il poursuit tout en étant rattrapé par son passé avec Lecter, et cette relation compliquée laisse des traces qui ne sont jamais vraiment effacées. Petersen nous offre une prestation formidable et donne à son personnage une puissance rare, avec cette fragilité intérieure qui rend Crawford beaucoup plus humain qu’un simple policier lancé à la poursuite d’un monstre.

Petersen était déjà impressionnant dans Police fédérale Los Angeles, autre grand film de Michael Mann, avant de devenir une star mondiale grâce à Les Experts. On retrouve ici ce qui faisait déjà sa force : un personnage qui semble solide en apparence mais dont on comprend rapidement que quelque chose se fissure à l’intérieur.

Et c’est peut-être là que Michael Mann est le plus intéressant, lorsqu’il ne se contente pas de raconter une chasse au tueur mais s’intéresse à ceux qui s’approchent tellement du mal qu’ils finissent forcément par se demander où se trouve la frontière entre eux et leur adversaire. Quand on affronte le mal de si près, est-ce qu’on est encore vraiment différent de lui ?

Le Sixième Sens reste donc pour moi un très bon polar, d’une rare virtuosité, avec une ambiance qui lui donne une identité particulière et un Brian Cox qui mériterait presque que l’on parle davantage de lui que de son futur successeur. Un film finalement peu connu du grand public mais qui mérite largement d’être redécouvert. Bon, il faudra quand même penser à lâcher la main griffée de votre compagne ou compagnon pendant certaines scènes, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut sortir de l’écran.

NOTE : 16.90

FICHE TEHCNIQUE


DISTRIBUTION

14.00 - MON AVIS SUR LE FILM HENRY PORTRAIT OF A SERIAL KILLER DE JAMES MCNAUGHTON (1986)


 Vu le Film Henry Portrait Of a Sérial Killer de James McNaughton (1986) avec Michael Rooker Tracy Arnold Mary Demas Tom Towles Anne Bartoletti Ted Kaden David Katz

(interdit au moins de 18 ans)

Henry, Portrait of a Serial Killer, réalisé par James McNaughton, est forcément un film qui pouvait m’intéresser puisque je suis fan de l’univers des serial killers. Qu’il déguste votre foie au chianti ou mange votre cadavre, ce type de personnage me passionne, non pas pour ses crimes, mais parce que j’aimerais entrer dans leur tête, un peu comme dans Mindhunter, pour essayer de comprendre le pourquoi et le comment de ces monstres humains.

C’est le premier film de James McNaughton, bien avant Mad Dog and Glory et surtout SexCrimes, qui arrivera douze ans plus tard et aurait finalement été parfaitement adapté au projet initial de son réalisateur, puisqu’il devait à l’origine faire avec l’argent d’un producteur un film contenant du sang et du sexe. McNaughton va finalement s’intéresser à Henry Lee Lucas, l’un des serial killers les plus célèbres des États-Unis, dont le parcours reste encore aujourd’hui entouré de zones d’ombre.

Lucas revendiquait pas moins de 360 meurtres, alors que, des décennies plus tard, la justice ne lui en reconnaîtra que trois, tout en le condamnant pour dix-neuf meurtres. Le seul crime dont on soit réellement certain reste celui de sa mère, qu’il tua à l’âge de 24 ans. Pour le reste, entre mythomanie, manipulations et éventuels crimes réellement commis, difficile de savoir où s’arrête la réalité et où commence le délire de cet homme, notamment concernant son complice Otis.

Et c’est justement cette incertitude qui rend le film encore plus dérangeant, car même lorsqu’Henry raconte à Otis et Becky son enfance et sa relation avec sa mère, on ne sait jamais s’il dit la vérité ou s’il invente une histoire destinée à expliquer ses actes. McNaughton ne cherche d’ailleurs pas à réaliser une biographie fidèle de Lucas, mais s’approprie cette histoire pour en faire une plongée poisseuse dans l’esprit de ces deux types.

Présenté au Festival de Chicago en 1986, le film devra attendre quatre ans avant de sortir en salles, notamment à cause de la censure. Et comme souvent avec les films qui ont été interdits ou retardés parce qu’ils dérangent, il finira par acquérir une réputation de film culte.

Car Henry, Portrait of a Serial Killer est plus que dérangeant : il nous installe quasiment au beau milieu du duo formé par Henry et Otis, sans véritable distance avec eux. La vidéo, et oui, la VHS, si si cela a existé, devient même un élément important du film, notamment lors de cette séquence où les meurtres apparaissent sur l’écran dans un flou granuleux et presque documentaire, tandis que nous sommes assis devant la télévision avec eux, voire entre les deux. On ne regarde plus seulement des assassins à l’écran, on a presque l’impression de partager leur salon.

McNaughton a donc mis son grain de sel dans cette histoire en poussant encore plus loin l’hémoglobine, le visuel crade et le côté hard, sans chercher à rendre ses personnages sympathiques ni à expliquer leurs actes par de grandes théories psychologiques. Il veut déranger le spectateur et il y arrive, parfois au point de nous broyer les intestins avec une cuvette à côté de nous.

La réalité est d’ailleurs souvent bien pire que le cinéma, même si le cinéma s’approprie régulièrement ces personnages pour les transformer en figures de fiction. Même Chucky, la célèbre poupée tueuse, doit une partie de son inspiration à cette fascination pour les serial killers, avec certaines références liées à Henry Lee Lucas.

Et puis il y a Michael Rooker, qui tient ici son premier grand rôle à 31 ans et dont la gueule annonce déjà qu’elle va donner quelques sueurs froides aux spectateurs. Il deviendra ensuite une figure incontournable du genre avec Mississippi Burning, Mélodie pour un meurtre ou JFK. Face à lui, Tom Towles compose un Otis particulièrement inquiétant et poursuivra lui aussi une carrière largement marquée par le cinéma de genre, de La Nuit des morts-vivants à Fortress et Halloween. Les étiquettes…

Alors, si vous avez le cœur bien accroché, ou ce qu’il vous en reste, vous pourrez vous aventurer dans ce film étonnant, très dérangeant mais surtout intriguant, parce qu’au-delà du sang et de la crasse, il laisse cette question en permanence dans notre tête : qu’est-ce qui peut bien se passer dans celle d’un type capable de faire ça ?

NOTE : 14.00

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation John McNaughton
  • Scénario : Richard Fire et John McNaughton
  • Musique : Ken Hale, Steven A. Jones, Robert McNaughton
  • Photographie : Charlie Lieberman
  • Montage : Elena Maganini
  • Production : Malik B. Ali, Waleed B. Ali, Lisa Dedmond, Steven A. Jones et John McNaughton
  • Société de production : Maljack Productions
  • Distribution : Greycat Films (États-Unis)
  • Budget 111 000 $

DISTRIBUTION