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mercredi 17 juin 2026

10.90 - MON AVIS SUR LE FILM LES ENNEMIS DE EDOUARD MOLINARO (1962)

 


Vu le Film Les Ennemis de Edouard Molinaro (1962) avec Roger Hanin Dany Carrel Claude Brasseur Jean Lefbevre Pascale Audret Claude Chabrol Jacques Monod Billy Kearns Michel Vitold Daniel Cauchy


Un vol de documents secrets vient d'être commis au sein de l'ambassade soviétique de Paris, plus précisément dans le bureau d'André Smoloff, attaché commercial. Pendant ce temps, une équipe comprenant le capitaine Jean de Lursac et Vigo Curruci, prend l'affaire en mains. Alors que Smoloff est convoqué par Borgnine, un agent des Services secrets soviétiques, il n'arrive pas à lui prouver sa propre innocence.

Il faut bien commencer par quelque chose. Avant de devenir le spécialiste des grandes comédies à la française (Oscar, Hibernatus, La Cage aux folles), Édouard Molinaro s'est essayé à la comédie d'espionnage avec Les Ennemis, adapté du roman Un certain code de Fred Noro. Enfin, « adapté » est un grand mot puisque, selon l'auteur lui-même, le film n'a plus grand-chose à voir avec ce qu'il avait écrit.

On trouve dans ce scénario une sorte de film à la Lautner, mais sans les dialogues d'Audiard, et cela se ressent. Le casting réunit toute une galerie d'acteurs qui cachetonnaient alors aussi bien dans les polars que dans les comédies. Comme ici le film navigue entre les deux genres, cela tombait plutôt bien et permettait à tout le monde de mettre un peu de beurre dans les épinards : Roger Hanin, Dany Carrel, Claude Brasseur fils ou encore Jean Lefebvre.

On y croise des services secrets soviétiques à fort accent, des Français sans accent, et des morts à la pelle, dans une ambiance où certains suicides ressemblent étrangement à des balles dans le dos. Le ton se veut cynique, mais manque de mordant, de rythme et surtout de références plus lisibles pour emporter totalement l'adhésion.

Roger Hanin, qui n'a jamais été un immense acteur, cabotine avec un plaisir évident et, après tout, il aime ça. Quant à Dany Carrel, son charme et son joli minois apportent une touche de légèreté bienvenue. Au final, Les Ennemis est un film qui se laisse regarder sans déplaisir, entre deux parts de pizza, sans trop solliciter les neurones.

NOTE : 10.90

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mardi 16 juin 2026

17.40 - MON AVIS SUR LE FILM ALL ABOUT EVE DE JOSEPH L.MANKIEWICZ (1950)


 Vu le Film All About Eve (Eve) de Joseph L.Mankiewicz (1950) avec Bette Davis Anne Baxter Celeste Holm George Sanders Marilyn Monroe Gary Merril Hugh Marlowe Barbara Bates Thelma Ritter


La « légende » de la scène théâtrale new-yorkaise, Margo Channing, reçoit dans sa loge une admiratrice, Ève, qui est venue à chaque représentation de la pièce en cours. Le compagnon de Margo, Bill Sampson, metteur en scène de la pièce, de huit ans plus jeune qu'elle, part le soir même travailler à Hollywood pour plusieurs semaines. Apitoyée par le destin tragique d'Ève, Margo la prend sous son aile comme secrétaire particulière. De fil en aiguille, Ève prend de plus en plus d'importance en devenant à la fois la sœur, la mère, l'amie, l'avocate et la gardienne de Margo. Au retour de Bill, éclate la première scène de jalousie de Margo car celui-là l'a négligée et s'est d'abord occupé d'Ève.


C’est un des chefs-d’œuvre absolus du cinéma, et sans doute le plus grand film jamais tourné sur le théâtre, Broadway, les planches et cette jungle où tout le monde se bouffe entre soi avec le sourire. 


L’histoire ? Une star, Margo Channing (Bette Davis, monumentale), au sommet mais déjà en train de sentir le vent tourner. Pas encore la vieillissante Norma Desmond de Boulevard du Crépuscule, non, Margo est encore dans la lumière, encore féroce, encore vivante. 


Mais elle commet l’erreur fatale : elle laisse entrer chez elle une jeune admiratrice un peu trop parfaite, Eve Harrington (Anne Baxter).Eve raconte son parcours tragique, ses galères, sa passion pure pour le théâtre… Mensonges. 


Tout est calculé. Elle a appris la pièce par cœur, elle sait exactement où frapper. Et quand le producteur de Margo (George Sanders, cynique royal) s’absente, la petite vipère s’installe, pouponne la star, devient indispensable… avant de commencer à lui piquer ses rôles, ses répliques, sa place. 


Commence alors un vrai film d’ego, un combat de coqs en jupons où tous les coups sont permis : trahisons, rumeurs, coups de poignard dans le dos déguisés en sourires. Le film tourne autour de Margo comme un cyclone. 


Tout le monde gravite autour d’elle : les actrices rivales, les producteurs, les courtisans, les amants. Mankiewicz ne nous balance pas un conte manichéen où la méchante Eve gagne tout et la vieille star finit à la poubelle. 


Non. Il est plus vicieux que ça. Il montre l’ambition brute, la manipulation, l’égocentrisme qui ronge tout, mais aussi, en creux, ce qu’est vraiment l’amour entre êtres humains : l’acceptation de soi, des autres, et surtout le fait que personne n’est irremplaçable. Le public et les producteurs décident. Une star, c’est jamais pour la vie. 


Et quel casting de folie ! Bette Davis mange littéralement l’écran dès qu’elle apparaît. Chaque réplique est un uppercut, chaque regard une déclaration de guerre. Face à elle, Anne Baxter en ingénue pas si conne, calculatrice glacée. Celeste Holm en meilleure copine lucide, Thelma Ritter en assistante cash qui balance les vérités comme des claques. 


On voit passer une toute jeune Marilyn Monroe dans un de ses tout premiers rôles, déjà magnétique. Les costumes d’Edith Head sont une tuerie, la mise en scène de Mankiewicz est d’une précision chirurgicale, le scénario est une horlogerie suisse : dialogues qui claquent, rebondissements qui font mal, et cette fin cynique où Margo, lors d’une réception de prix, regarde sa propre déchéance avec un sourire amer. 


Elle n’écrase plus personne sous son pouvoir, elle assiste, spectatrice, à la relève. Un jeu de dupes brillant, cruel et terriblement humain.Franchement, comment Bette Davis n’a pas raflé l’Oscar pour ça ? Après ses six (ou deux, peu importe, elle en avait déjà un paquet) on se dit qu’elle méritait celui-là aussi. 


C’est du grand cinéma, du cinéma qui te reste dans les tripes. All About Eve, c’est beau, c’est grand, c’est méchant, c’est drôle, c’est vrai. Un film d’actrices, un film sur le théâtre qui devient une métaphore de la vie elle-même. Si vous ne l’avez pas vu, courez. Et si vous l’avez vu, revoyez-le. On en sort toujours un peu plus lucide… et un peu plus cynique. 


Chef-d’œuvre, point final.

NOTE : 17.40

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9.80 - MON AVIS SUR LE FILM LES ENFANTS DE LA RESISTANCE DE CHRISTOPHE BARRATIER (2026)

 


Vu le film Les Enfants de la Résistance de Christophe Barratier (2026) avec Artus Gérard Jugnot Pierre Deladonchamps Nina Filbrandt Spalony Octave Gerbi Leslie Medina Julien Pestel Vanessa Guide


En 1940, durant la Seconde Guerre mondiale, trois enfants — François, Eusèbe et Lisa — vivent dans un petit village français fictif nommé Pontain l’Écluse situé près de la ligne de démarcation. Ils commencent par vandaliser les affiches de propagande nazie. Peu après, ils vont s'inspirer de leurs ainés résistants et se lancer courageusement dans une aventure secrète : résister aux forces du Troisième Reich, dans une France occupée. Via leur réseau « le lynx », le trio va commettre de nombreux sabotages et missions clandestines.

Barratier, Jugnot, des enfants… on attend toujours que ces derniers chantent. C’est un peu le problème avec le cinéma de Christophe Barratier : film après film, il rejoue la même partition. Les mêmes violons, les mêmes regards humides, les mêmes recettes destinées à faire monter les larmes. Une mécanique bien huilée qui a donné un chef-d’œuvre avec Les Choristes, mais qui ici tourne un peu à vide. Car n’est pas Les Choristes qui veut.

Adapté de la bande dessinée de Vincent Dugomier et Benoît Ers, Les Enfants de la Résistance nous transporte dans le petit village fictif de Pontain-l’Éclus durant l’Occupation. Les hommes, souvent jeunes, sont arrêtés par la Gestapo ou envoyés vers un destin incertain. Face à cette absence, les enfants décident de prendre les choses en main. Sabotages, messages clandestins, coups de main aux résistants : ils deviennent les héros d’une aventure où ils tentent de sauver leurs aînés et de tenir tête à l’occupant.

Sur le papier, l’idée est séduisante. Après tout, raconter la Résistance à hauteur d’enfant permet d’aborder une période sombre avec un regard différent. Mais à l’écran, la mayonnaise ne prend jamais vraiment. Le principal défaut du film est son rythme. Barratier étire certaines scènes, accélère d’autres, et l’ensemble manque de souffle. On regarde défiler les événements sans jamais ressentir l’urgence ou le danger qui devraient pourtant habiter cette histoire.

Le scénario suit consciencieusement les étapes attendues, mais sans surprise. Tout paraît balisé à l’avance. Les gentils sont très gentils, les méchants très méchants. Cette vision caricaturale finit par enlever toute complexité à une période qui en regorgeait pourtant. Le film préfère souvent la démonstration à l’émotion.

Côté casting, c’est malheureusement l’une des grandes déceptions. Trouver des enfants capables de porter un film est un exercice difficile. Certains réalisateurs dénichent des pépites ; ici, la pioche semble être restée vide. Les jeunes interprètes peinent à donner chair à leurs personnages et l’on ressent rarement cette spontanéité qui fait les grandes réussites du genre.

Chez les adultes, le constat n’est guère plus enthousiasmant. Certains surjouent, d’autres semblent ne pas jouer du tout. Je ne citerai personne, mais il y en a un qui a un petit truc en plus… malheureusement pas celui de la comédie. Le résultat donne parfois l’impression d’assister à une succession de numéros qui ne trouvent jamais le ton juste.

Visuellement, Barratier reste fidèle à lui-même. L’image est soignée, les décors reconstitués avec application, la musique souligne consciencieusement chaque émotion. Mais cette élégance formelle ne suffit pas à masquer le manque d’âme qui se dégage de l’ensemble. On sent davantage la volonté de cocher toutes les cases du film patrimonial familial que celle de raconter une histoire réellement incarnée.

Le plus frustrant est que le sujet avait du potentiel. La Résistance vue par des enfants pouvait offrir un récit à la fois aventureux et émouvant. Au lieu de cela, le film reste prisonnier de ses intentions pédagogiques et de ses facilités narratives.

Peut-être que le public y trouvera son compte. Barratier possède un savoir-faire qui parle à beaucoup de spectateurs. Mais cette fois, je n’ai pas marché. Loin de la grâce des Choristes, Les Enfants de la Résistance m’a laissé l’impression d’un film convenu, manichéen et sans véritable relief. Une œuvre qui veut émouvoir à tout prix mais qui, à force d’appliquer sa recette, finit surtout par réciter sa leçon. Et quand la leçon remplace l’émotion, même les plus beaux violons ne suffisent plus à faire chanter le film.

"Barratier continue de suivre son chemin, celui qu'il emprunte depuis des années, avec ses enfants courageux, ses bons sentiments et ses violons toujours prêts à entrer en scène. Le problème, c'est qu'à force de parcourir la même route, il finit par tourner en rond. Et cette fois, malgré toute la bonne volonté du monde, je ne l'ai pas suivi jusqu'au bout du chemin. Alors en cadeau, je lui laisse la chanson : « Va sur ce chemin ». Moi, je vais en prendre un autre."

NOTE : 9.80

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11.80 - MON AVIS SUR LE FOLM LE SAINT DE PHILIP NOYCE (1997)

 


Vu Le Film Le Saint de Philip Noyce (1997) avec Val Kilmer Elizabeth Shue Rade Serbesija Valery Nikolaev Henry Goodman Alun Armstrong Michael Byrne


Le Saint, voleur international élevé en orphelinat, dont les largesses aux bonnes œuvres lui vaudront une excellente réputation. Il cible Ivan Tretiak, riche homme d'affaires russe qui envisage de prendre le pouvoir. Pour huit millions de dollars, il lui propose de lui céder la formule de la fusion à froid mise au point par la physicienne Emma Russell. Tretiak lui verse la somme convenue mais Le Saint tombé sous le charme de la scientifique lui fait faux bond…

Adapter Simon Templar, ce n'est pas adapter n'importe quel héros. Créé par Leslie Charteris, Le Saint est une véritable institution de la littérature policière. Pour toute une génération, son visage reste surtout celui de Roger Moore, incarnation parfaite de l'élégance britannique : charme, ironie, distinction et cette classe naturelle qui faisait de lui le plus hype des Britanniques bien avant qu'il ne devienne James Bond. Autant dire que la barre était placée très haut.

Le problème du film de Phillip Noyce est justement là. Dès les premières minutes, on comprend que ce Simon Templar n'a plus grand-chose à voir avec celui qui a marqué les mémoires. Ici, le Saint devient une sorte de baroudeur international évoluant dans un film d'action typiquement années 90, davantage préoccupé par les poursuites, les explosions et les gadgets que par le raffinement du personnage original.

Pourtant, difficile de nier les qualités de Val Kilmer. L'acteur est magnifique à l'écran, possède un charisme certain et s'investit pleinement dans son rôle. Mais justement, il y a pour moi une erreur de casting fondamentale : Simon Templar est anglais jusqu'au bout des ongles. Le voir incarné par un Américain retire une partie essentielle de son identité. Kilmer fait ce qu'il peut, mais il ne dégage jamais cette élégance britannique naturelle qui faisait tout le sel du personnage.

L'histoire nous entraîne dans la Russie post-soviétique où Templar est engagé pour dérober la formule révolutionnaire de la scientifique Emma Russell, incarnée par Elisabeth Shue. Entre les manœuvres politiques d'un magnat du pétrole ambitieux et les enjeux économiques colossaux, le voleur de génie se retrouve partagé entre sa mission et ses sentiments naissants pour la jeune femme.

Sur le papier, cela pourrait fonctionner. Dans les faits, la romance sonne faux du début à la fin. On nous dit que les personnages tombent amoureux, mais on ne le ressent jamais réellement. Leur relation semble davantage dictée par le scénario que par une véritable alchimie. Résultat : difficile de s'attacher à leurs états d'âme ou de croire à leur passion.

Le film tente également de jouer la carte des multiples identités. Simon Templar change constamment de visage, de nom et de personnalité afin d'échapper à ses poursuivants. L'idée rappelle évidemment les futurs Mission Impossible. Sauf qu'ici, même avec tout le maquillage du monde, un chien aveugle le reconnaîtrait. Le procédé finit davantage par faire sourire que par convaincre.

Autour d'eux, les personnages restent désespérément stéréotypés. Les méchants sont méchants parce qu'il faut des méchants, les gentils sont gentils parce qu'il faut des gentils, et personne ne dépasse réellement sa fonction dans le récit. Dès lors, les péripéties s'enchaînent sans véritable enjeu émotionnel.

Phillip Noyce met son savoir-faire habituel au service de l'ensemble. La réalisation est efficace, le rythme ne faiblit jamais, les décors internationaux apportent une certaine ampleur et l'action remplit correctement son cahier des charges. Mais tout cela ressemble davantage à un thriller d'aventure générique qu'à une véritable aventure du Saint.

Le Saint est un divertissement regardable, parfois sympathique, mais qui trahit selon moi l'essence même de son héros. Là où Roger Moore incarnait la classe british à l'état pur, Val Kilmer se retrouve transformé en aventurier passe-partout. Il reste un peu d'action, un peu de romance, quelques changements de visage et beaucoup de bonne volonté, mais l'âme du personnage semble s'être évaporée en cours de route.

Bref, un Saint qui a perdu son auréole... et qui n'est finalement pas très catholique.

NOTE : 11.80

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