Pages

mardi 16 juin 2026

9.80 - MON AVIS SUR LE FILM LES ENFANTS DE LA RESISTANCE DE CHRISTOPHE BARRATIER (2026)

 


Vu le film Les Enfants de la Résistance de Christophe Barratier (2026) avec Artus Gérard Jugnot Pierre Deladonchamps Nina Filbrandt Spalony Octave Gerbi Leslie Medina Julien Pestel Vanessa Guide


En 1940, durant la Seconde Guerre mondiale, trois enfants — François, Eusèbe et Lisa — vivent dans un petit village français fictif nommé Pontain l’Écluse situé près de la ligne de démarcation. Ils commencent par vandaliser les affiches de propagande nazie. Peu après, ils vont s'inspirer de leurs ainés résistants et se lancer courageusement dans une aventure secrète : résister aux forces du Troisième Reich, dans une France occupée. Via leur réseau « le lynx », le trio va commettre de nombreux sabotages et missions clandestines.

Barratier, Jugnot, des enfants… on attend toujours que ces derniers chantent. C’est un peu le problème avec le cinéma de Christophe Barratier : film après film, il rejoue la même partition. Les mêmes violons, les mêmes regards humides, les mêmes recettes destinées à faire monter les larmes. Une mécanique bien huilée qui a donné un chef-d’œuvre avec Les Choristes, mais qui ici tourne un peu à vide. Car n’est pas Les Choristes qui veut.

Adapté de la bande dessinée de Vincent Dugomier et Benoît Ers, Les Enfants de la Résistance nous transporte dans le petit village fictif de Pontain-l’Éclus durant l’Occupation. Les hommes, souvent jeunes, sont arrêtés par la Gestapo ou envoyés vers un destin incertain. Face à cette absence, les enfants décident de prendre les choses en main. Sabotages, messages clandestins, coups de main aux résistants : ils deviennent les héros d’une aventure où ils tentent de sauver leurs aînés et de tenir tête à l’occupant.

Sur le papier, l’idée est séduisante. Après tout, raconter la Résistance à hauteur d’enfant permet d’aborder une période sombre avec un regard différent. Mais à l’écran, la mayonnaise ne prend jamais vraiment. Le principal défaut du film est son rythme. Barratier étire certaines scènes, accélère d’autres, et l’ensemble manque de souffle. On regarde défiler les événements sans jamais ressentir l’urgence ou le danger qui devraient pourtant habiter cette histoire.

Le scénario suit consciencieusement les étapes attendues, mais sans surprise. Tout paraît balisé à l’avance. Les gentils sont très gentils, les méchants très méchants. Cette vision caricaturale finit par enlever toute complexité à une période qui en regorgeait pourtant. Le film préfère souvent la démonstration à l’émotion.

Côté casting, c’est malheureusement l’une des grandes déceptions. Trouver des enfants capables de porter un film est un exercice difficile. Certains réalisateurs dénichent des pépites ; ici, la pioche semble être restée vide. Les jeunes interprètes peinent à donner chair à leurs personnages et l’on ressent rarement cette spontanéité qui fait les grandes réussites du genre.

Chez les adultes, le constat n’est guère plus enthousiasmant. Certains surjouent, d’autres semblent ne pas jouer du tout. Je ne citerai personne, mais il y en a un qui a un petit truc en plus… malheureusement pas celui de la comédie. Le résultat donne parfois l’impression d’assister à une succession de numéros qui ne trouvent jamais le ton juste.

Visuellement, Barratier reste fidèle à lui-même. L’image est soignée, les décors reconstitués avec application, la musique souligne consciencieusement chaque émotion. Mais cette élégance formelle ne suffit pas à masquer le manque d’âme qui se dégage de l’ensemble. On sent davantage la volonté de cocher toutes les cases du film patrimonial familial que celle de raconter une histoire réellement incarnée.

Le plus frustrant est que le sujet avait du potentiel. La Résistance vue par des enfants pouvait offrir un récit à la fois aventureux et émouvant. Au lieu de cela, le film reste prisonnier de ses intentions pédagogiques et de ses facilités narratives.

Peut-être que le public y trouvera son compte. Barratier possède un savoir-faire qui parle à beaucoup de spectateurs. Mais cette fois, je n’ai pas marché. Loin de la grâce des Choristes, Les Enfants de la Résistance m’a laissé l’impression d’un film convenu, manichéen et sans véritable relief. Une œuvre qui veut émouvoir à tout prix mais qui, à force d’appliquer sa recette, finit surtout par réciter sa leçon. Et quand la leçon remplace l’émotion, même les plus beaux violons ne suffisent plus à faire chanter le film.

"Barratier continue de suivre son chemin, celui qu'il emprunte depuis des années, avec ses enfants courageux, ses bons sentiments et ses violons toujours prêts à entrer en scène. Le problème, c'est qu'à force de parcourir la même route, il finit par tourner en rond. Et cette fois, malgré toute la bonne volonté du monde, je ne l'ai pas suivi jusqu'au bout du chemin. Alors en cadeau, je lui laisse la chanson : « Va sur ce chemin ». Moi, je vais en prendre un autre."

NOTE : 9.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

11.80 - MON AVIS SUR LE FOLM LE SAINT DE PHILIP NOYCE (1997)

 


Vu Le Film Le Saint de Philip Noyce (1997) avec Val Kilmer Elizabeth Shue Rade Serbesija Valery Nikolaev Henry Goodman Alun Armstrong Michael Byrne


Le Saint, voleur international élevé en orphelinat, dont les largesses aux bonnes œuvres lui vaudront une excellente réputation. Il cible Ivan Tretiak, riche homme d'affaires russe qui envisage de prendre le pouvoir. Pour huit millions de dollars, il lui propose de lui céder la formule de la fusion à froid mise au point par la physicienne Emma Russell. Tretiak lui verse la somme convenue mais Le Saint tombé sous le charme de la scientifique lui fait faux bond…

Adapter Simon Templar, ce n'est pas adapter n'importe quel héros. Créé par Leslie Charteris, Le Saint est une véritable institution de la littérature policière. Pour toute une génération, son visage reste surtout celui de Roger Moore, incarnation parfaite de l'élégance britannique : charme, ironie, distinction et cette classe naturelle qui faisait de lui le plus hype des Britanniques bien avant qu'il ne devienne James Bond. Autant dire que la barre était placée très haut.

Le problème du film de Phillip Noyce est justement là. Dès les premières minutes, on comprend que ce Simon Templar n'a plus grand-chose à voir avec celui qui a marqué les mémoires. Ici, le Saint devient une sorte de baroudeur international évoluant dans un film d'action typiquement années 90, davantage préoccupé par les poursuites, les explosions et les gadgets que par le raffinement du personnage original.

Pourtant, difficile de nier les qualités de Val Kilmer. L'acteur est magnifique à l'écran, possède un charisme certain et s'investit pleinement dans son rôle. Mais justement, il y a pour moi une erreur de casting fondamentale : Simon Templar est anglais jusqu'au bout des ongles. Le voir incarné par un Américain retire une partie essentielle de son identité. Kilmer fait ce qu'il peut, mais il ne dégage jamais cette élégance britannique naturelle qui faisait tout le sel du personnage.

L'histoire nous entraîne dans la Russie post-soviétique où Templar est engagé pour dérober la formule révolutionnaire de la scientifique Emma Russell, incarnée par Elisabeth Shue. Entre les manœuvres politiques d'un magnat du pétrole ambitieux et les enjeux économiques colossaux, le voleur de génie se retrouve partagé entre sa mission et ses sentiments naissants pour la jeune femme.

Sur le papier, cela pourrait fonctionner. Dans les faits, la romance sonne faux du début à la fin. On nous dit que les personnages tombent amoureux, mais on ne le ressent jamais réellement. Leur relation semble davantage dictée par le scénario que par une véritable alchimie. Résultat : difficile de s'attacher à leurs états d'âme ou de croire à leur passion.

Le film tente également de jouer la carte des multiples identités. Simon Templar change constamment de visage, de nom et de personnalité afin d'échapper à ses poursuivants. L'idée rappelle évidemment les futurs Mission Impossible. Sauf qu'ici, même avec tout le maquillage du monde, un chien aveugle le reconnaîtrait. Le procédé finit davantage par faire sourire que par convaincre.

Autour d'eux, les personnages restent désespérément stéréotypés. Les méchants sont méchants parce qu'il faut des méchants, les gentils sont gentils parce qu'il faut des gentils, et personne ne dépasse réellement sa fonction dans le récit. Dès lors, les péripéties s'enchaînent sans véritable enjeu émotionnel.

Phillip Noyce met son savoir-faire habituel au service de l'ensemble. La réalisation est efficace, le rythme ne faiblit jamais, les décors internationaux apportent une certaine ampleur et l'action remplit correctement son cahier des charges. Mais tout cela ressemble davantage à un thriller d'aventure générique qu'à une véritable aventure du Saint.

Le Saint est un divertissement regardable, parfois sympathique, mais qui trahit selon moi l'essence même de son héros. Là où Roger Moore incarnait la classe british à l'état pur, Val Kilmer se retrouve transformé en aventurier passe-partout. Il reste un peu d'action, un peu de romance, quelques changements de visage et beaucoup de bonne volonté, mais l'âme du personnage semble s'être évaporée en cours de route.

Bref, un Saint qui a perdu son auréole... et qui n'est finalement pas très catholique.

NOTE : 11.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

14.10 - MON AVIS SUR LE FILM SPU GAME DE TONY SCOTT (2002)

 


Vu Le Film Spy Game (Jeux d'Espions) de Tony Scott (2002) avec Robert Redford Brad Pitt Catherine McCormack Charlotte Champling Stephen Dilane Larry Brigman Benedict Wong


À l'heure de quitter la CIA, Nathan Muir apprend que son ex-partenaire, le jeune Tom Bishop, vient d'être capturé en Chine lors d'une opération audacieuse. Accusé d'espionnage, il sera exécuté dans les 24 heures. La CIA, craignant un incident international, refuse de le sauver.

Retrouvailles de deux des plus beaux blonds du cinéma : Robert Redford, l'ancien, et son clone version jeunot, Brad Pitt. Sur le papier, voir ces deux-là réunis dans un film d'espionnage signé Tony Scott avait de quoi faire saliver. Dans les faits, Jeux d'espions est un divertissement efficace mais qui souffre aussi des défauts de son réalisateur.

Nathan Muir (Robert Redford), vétéran de la CIA à la veille de la retraite, apprend que son ancien protégé Tom Bishop (Brad Pitt) a été capturé en Chine après s'être embarqué dans une mission aussi risquée que peu recommandable dans un pays où il n'est pas bon de jouer au con. Tandis que les pontes de l'Agence n'ont absolument pas l'intention d'aller le récupérer, Muir va utiliser tout son savoir-faire, ses souvenirs et quelques tours de passe-passe pour tenter de sortir son élève de ce mauvais pas.

Tony Scott construit son récit sur deux histoires parallèles qui finissent par se rejoindre. D'un côté, le présent avec Redford qui bataille contre sa propre hiérarchie. De l'autre, les différentes missions passées de Bishop à travers le monde. On voyage ainsi de pays en pays, rarement les plus accueillants de la planète, dans une succession de flashbacks qui donnent du rythme mais rendent parfois le scénario inutilement compliqué.

Le problème, c'est que cette construction finit par devenir un peu fouillie. À force de multiplier les allers-retours temporels et géographiques, le film se perd parfois dans ses propres méandres. C'est souvent le reproche que l'on peut adresser au cinéma de Tony Scott : beaucoup de style, beaucoup d'effets, une mise en scène parfois ampoulée, mais une narration qui manque parfois de clarté.

Pourtant, plus le film avance, plus Tom Bishop apparaît comme un miroir déformé de Nathan Muir. Il possède les mêmes qualités d'agent, la même efficacité sur le terrain, mais conserve une humanité que son mentor semble avoir sacrifiée depuis longtemps. La ressemblance physique entre Brad Pitt et Robert Redford renforce encore davantage cette idée de filiation, comme si l'un représentait ce que l'autre avait été avant que le métier ne le transforme.

Reste que certains aspects du récit peinent à convaincre. On ne comprend pas toujours pourquoi Bishop s'amourache à ce point d'une activiste au point de compromettre sa carrière et sa sécurité. Le film demande d'accepter cette motivation comme une évidence alors qu'elle apparaît parfois un peu forcée.

En revanche, lorsqu'il s'agit d'action et de tension, Tony Scott sait faire. Les opérations clandestines, les filatures, les infiltrations et les manœuvres de la CIA fonctionnent très bien. Le réalisateur conserve un vrai sens du spectacle et de l'efficacité, même lorsque le scénario s'égare.

Jeux d'espions est un bon film d'espionnage, parfois passionnant, parfois frustrant. Un film qui se complique peut-être un peu trop la vie mais qui bénéficie d'un atout majeur : son duo principal. Redford apporte toute sa classe et son expérience, Pitt son charisme et son énergie. Et quand on a Robert Redford et Brad Pitt à l'écran, c'est déjà pas mal.

Au fond, Jeux d'espions, c'est peut-être l'histoire de James Blond : Robert Redford, l'original, et Brad Pitt, la photocopie de luxe. Et même quand le scénario se perd un peu dans ses dossiers classés secret-défense, voir ces deux-là jouer aux espions reste un plaisir coupable. »

NOTE : 14.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION