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jeudi 4 juin 2026

7.90 - MON AVIS SUR LE FILM MARSUPILAMI DE PHILIPPE LACHEAU (2026)


 Vu le film Marsupilami de Philippe Lacheau (2026) avec Philippe Lacheau Tarek Boudali Jamel Debbouze Gérard Jugnot Elodie Fontan Julien Arruti Corentin Guillot Jean Reno Didier Bourdon Alban Ivanov Booder


Pour sauver son emploi, David Ticoule accepte de ramener un mystérieux colis d'Amérique du Sud pour son patron Jeffrey Malone. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex-petite amie Tess, leur fils Léo (qui a souffert de la rupture de ses parents), et son collègue Stéphane Buisson, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Entre la récupération du colis et le début de la croisière, l'équipe rencontre Ricky Salsa, ex-membre d'un duo de boys band devenu un chanteur solo has-been, et se retrouve suivie par Pablito Camaron, qui semble vouloir s'approprier le colis. Tout dérape lorsque Stéphane l’ouvre accidentellement : un bébé marsupilami apparaît. David cherchera à tout faire pour préserver le secret du colis, mais cela est-il seulement possible lorsque le voyage vire au chaos ?


Marsupilami de Philippe Lacheau, enfin « d’après » la BD de Franquin, c’est un gros mot. De l’univers de Franquin, il reste à peine quelques « Houba Houba » et un marsupial jaune qui saute partout. Le reste ? Du vent, du pastiche cheap et une bande de potes qui s’amusent entre eux.


Adapter Gaston Lagaffe au cinéma est compliqué, adapter Spirou aussi, mais adapter le Marsupilami sans Spirou, pour moi, c'est déjà partir avec une roue crevée. Alors oui, officiellement il s'agit du Marsupilami créé par Franquin, mais "d'après la BD" est un bien grand mot. De l'univers du maître belge, il ne reste finalement pas grand-chose, à part quelques « Houba Houba » lancés ici et là comme un rappel nostalgique destiné aux lecteurs de la première heure.


Je dois reconnaître que je ne suis pas un grand client du cinéma de Philippe Lacheau et de sa bande à Fifi, découverte à l'époque sur Canal+. Plus les films avancent, plus l'humour me paraît appuyé, bruyant, parfois vulgaire, et surtout terriblement répétitif. J'ai souvent l'impression de voir le même film avec les mêmes vannes, simplement déplacées dans un décor différent.


L'histoire nous emmène dans la jungle de Palombie où David Ticoule (Lacheau) , journaliste en panne de scoop, part à la recherche du mythique Marsupilami. 


Sur sa route, il croise Pablito Camaron (Debouze) , guide local aussi enthousiaste qu'improbable. Ensemble, ils vont découvrir que le célèbre animal jaune à pois noirs existe bel et bien et qu'il attire bien des convoitises.


Sur le papier, le mélange aventure, comédie et exotisme pouvait fonctionner. Dans les faits, j'ai davantage eu l'impression d'assister à un immense pastiche qui ne sait jamais vraiment s'il veut séduire les enfants ou les nostalgiques de Franquin. Les situations sont à peine drôles et reposent beaucoup sur l'énergie de la troupe. Il faut dire que ce ne sont quand même pas les comiques du siècle au cinéma. Sur scène, Jamel Debbouze, Booder ou encore Tarek Boudali peuvent faire mouche. Devant une caméra, je reste souvent sur ma faim.Même la présence de Gérard Jugnot et Didier Bourdon, deux valeurs sûres de la comédie française, ne suffit pas à relever l'ensemble. On sent parfois une forme de camaraderie générale, comme si tout le monde s'amusait beaucoup sur le tournage. Le problème, c'est que le spectateur n'est pas toujours invité à la fête. C'est peut-être là que le film pêche : un film de potes qui amuse surtout les potes.Bien sûr, les enfants ont adoré. Le succès en salles a été considérable et je comprends parfaitement pourquoi. Ça bouge beaucoup, ça crie souvent, ça court dans tous les sens et le Marsupilami reste une créature attachante. Mais pour les adultes amateurs de bons mots, d'aventures un peu plus inspirées ou simplement de l'esprit de Franquin, la frustration n'est jamais très loin.


Le film multiplie les références cinématographiques, parfois avec une certaine affection. Mais je me suis souvent demandé si le jeune public les comprenait réellement. 


Quant aux effets visuels, ils m'ont laissé perplexe. Pour un budget aussi conséquent, le résultat paraît souvent daté et manque singulièrement de magie. Au final, je n'ai jamais réussi à embarquer dans cette expédition tropicale. 


Trop éloigné de la bande dessinée, trop proche des habitudes de la bande à Fifi, ce Marsupilami ressemble davantage à une récréation entre copains qu'à une véritable adaptation. 


Et puis, je le répète : Marsupilami sans Spirou, c'est compliqué pour moi. Houba Houba peut-être... mais sans grande conviction.


NOTE : 7.90

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation : Philippe Lacheau
  • Scénario : Philippe Lacheau, Pierre Lacheau, Julien Arruti et Pierre Dudan, d'après les personnages créés par André Franquin (Marsupilami).
  • Musique : Michaël Tordjman et Maxime Desprez
  • Décors : Samuel Teisseire
  • Costumes : Claire Lacaze
  • Repérage : Alexandra Maugrion
  • Photographie : Pierric Gantelmi d'Ille
  • Son : Arnaud Lavaleix, Frédéric Le Louêt et Julien Perez
  • Montage : Antoine Vareille
  • Production : Patrice Ledoux et Jérôme Seydoux
    • Production déléguée : Camille Courau et Fanny Besson
  • Sociétés de production : Pathé FilmsBAF Prod[]
  • Société de distribution : Pathé Films (France)
  • Budget : 28,68 millions d'euros[

DISTRIBUTION

15.30 - MON AVIS SUR LE FILM LES PRODUCTEURS DE MEL BROOKS (1968)

 


Vu le Film Les Producteurs de Mel Brooks (1968) avec Gene Wilder Zero Mostel Dick Shawn Kenneth Mars Estelle Winwood Christopher Hewett Lee Meredith Andréa Voustinas


Le film suit un producteur véreux qui manipule un comptable et tous deux cherchent à monter une comédie musicale désastreuse à Broadway pour échapper au fisc. Le titre du spectacle : Le Printemps d'Hitler.

Dès les premières minutes on sent que Mel Brooks est en transe totale. C’est son premier long-métrage réalisé et il balance déjà tout ce qu’il a dans le ventre : un humour noir, méchant, politique, sexuel, absurde, qui tape là où ça fait mal… mais qui fait hurler de rire.

L’idée de base ? Un producteur de Broadway véreux, Max Bialystock (l’immense Zero Mostel qui bouffe littéralement l’écran), complètement fauché et prêt à tout. Il embobine un petit comptable névrosé, Leo Bloom (Gene Wilder dans un état de grâce comique permanent), pour monter la pire comédie musicale de l’histoire : Le Printemps d’Hitler.

L’objectif ? Faire un bide monumental, ramasser l’argent des investisseurs et se barrer aux îles avec le pactole. Sauf que… tout va foirer dans le sens le plus génial possible.

Le film est inspiré de l’intrigue d’Un Américain à Rome, mais Brooks en fait un truc complètement déjanté, unique. On est en 1967, il ose un spectacle nazi chantant et dansant, avec des chorégraphies ridicules, des uniformes SS pailletés et un Hitler qui se la joue star de music-hall.

C’est culotté, borderline, et pourtant tellement juste dans son absurdité. Et cette scène mythique du soir de première… Bordel. Le rideau se lève, les premiers numéros passent, c’est un suicide artistique. Les spectateurs, outrés, commencent à quitter la salle. Max et Leo, dans leur loge, sont au paradis : leur plan marche à la perfection ! Ils trinquent, ils dansent presque. Puis d’un coup… un rire fuse. Puis un autre. Puis toute la salle explose. Le Printemps d’Hitler devient un triomphe involontaire. Les deux producteurs passent du rire aux larmes en trente secondes. C’est du génie pur de timing comique.


Zero Mostel est monstrueux. Il hurle, il transpire, il séduit des vieilles dames riches avec un mélange de charme crade et de désespoir hilarant. Gene Wilder, lui, est le parfait contrepoint : fragile, paniqué, avec cette voix qui monte dans les aigus quand il pète un câble. Leur duo est électrique.

Et Dick Shawn en Hitler cabot, avec sa gestuelle de rocker nazi… inoubliable. Chaque seconde il en fait trop, et c’est exactement ce qu’il faut.Mel Brooks distille ses références folles partout : le shérif de Blazing Saddles qui finit en taule ici aussi, les dialogues qui claquent comme des gifles (“Je veux tout faire avant de devenir vieux et impuissant… non, je veux tout faire pendant que je suis encore jeune et impuissant !”), l’humour juif qui se moque de tout, même (surtout) des pires horreurs de l’Histoire pour mieux les ridiculiser.

Le film a connu un destin dingue : d’abord un succès modéré au cinéma, puis un triomphe absolu à Broadway avec la comédie musicale, et même à Paris on l’a vu revenir plusieurs fois en version française ou anglaise depuis 60 ans.

Preuve que l’humour de Brooks traverse les époques sans jamais vieillir.Les Producteurs, c’est du pur Mel Brooks à son sommet : méchant, vulgaire, intelligent, barré, et finalement profondément humain. On rit jaune, on rit noir, on rit aux larmes.

Et on ressort avec une seule envie : le revoir tout de suite.

Chef-d’œuvre. Point.

NOTE : 15.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


7.40 - MON AVIS SUR LE FILM LE MOINE DE DOMINIK MOLL (2011)


 Vu le Film Le Moine de Dominik Moll (2011) avec Vincent Cassel Deborah François Joséphine Japy Sergi Lopez Catherine Mouchet Jordi Dauder


Avant les grands thrillers puissants qui ont cartonné, Dominik Moll s’est bien embourbé avec Le Moine. Ce thriller mystico-paranoïaque planté dans l’Espagne catholique du XVIIe siècle, c’est l’adaptation du roman éponyme de Matthew G. Lewis, écrit en 1796, un classique gothique qui manque plus que la Technonik pour être complet. Ombrageux, tordu, peu compréhensible si on n’est pas sensible aux arcanes religieux, et une réflexion sur la spiritualité de mauvaise aloi.

Dire que c’est chiant est un euphémisme. Madrid, XVIIe siècle. Ambrosio (Vincent Cassel), abandonné bébé aux portes d’un monastère capucin, grandit entre ces murs austères. Devenu moine, il devient le prédicateur star, admiré pour sa rigueur implacable et sa vertu inoxydable. Ses sermons font salle comble, les foules se pressent. Antonia (Joséphine Japy), jeune fille pure, en est fanatique.

Mais Satan ne dort jamais : un novice mystérieux, Valerio (Déborah François), arrive avec un masque qui cache un visage défiguré. Derrière, une femme, tentatrice envoyée par le Malin. Le moine, si sûr de lui, commence à craquer. Tentations de la chair, secrets enfouis, crimes, sorcellerie, tout le bazar gothique y passe.

Il y a aussi Elvire (Catherine Mouchet), la mère d’Antonia, et d’autres figures comme le débauché incarné par Sergi López. L’histoire suit la chute inexorable d’Ambrosio, de la sainteté à la damnation, avec des touches de surnaturel et de paranoïa religieuse. Moll essaie d’imiter le surréalisme et l’atmosphère gothique à souhait : couvents sombres, lumière crue du désert espagnol, ombres qui s’allongent. C’est visuellement soigné, la musique d’Alberto Iglesias est prenante, elle colle parfaitement à l’ambiance oppressante. Mais le reste... Le film se prend trop au sérieux, manque cruellement de suspense et de mise en scène inspirée. On peut le comparer au Nom de la Rose, mais du tout avec le même talent. Là où Umberto Eco et Annaud faisaient vibrer l’énigme et l’intelligence, ici c’est plat, lent, prévisible malgré les twists. Vincent Cassel en tête de pont ? Insupportable comme souvent avec son cabotinisme. Il en fait des tonnes, yeux exorbités, gesticulations, on sent le cabot qui force. Le reste du casting est tout aussi plat : Déborah François correcte en tentatrice mais sans étincelle, Joséphine Japy gentille mais fade, les seconds rôles (López, Mouchet, Geraldine Chaplin) font le job sans jamais enflammer.

Aucun charisme collectif, on suit des marionnettes dans un décor magnifique mais vide. Franchement, malgré la prod soignée et l’ambition, c’est un film raté. Moll, avant ses vrais succès, s’est noyé dans ce gothique trop littéral, trop lourd, qui veut être profond sur la foi et la chute mais finit par ennuyer ferme.

On sort en se disant que le roman devait être plus sauvage, plus scandaleux. Ici, c’est une version polie, chiadée mais sans tripes. La musique d’Iglesias sauve un peu l’atmosphère, sinon on aurait zappé depuis longtemps.

Un ratage ambitieux, quoi. Dommage, le potentiel était là. Bref, passez votre chemin si vous cherchez du thrill ou du vrai gothique qui claque. Le Moine, c’est beau à regarder mais chiant à mourir

Plus proche d’une messe interminable que d’un cauchemar éveillé.

NOTE : 7.40

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION