Vu le Film La Nuit des Clowns de Eli Craig (2025) avec Katie Douglas Aaron Abrams Carson McCormac Vincent Muller Will Sasso Kevin Durand Cassandra Potenza
Evidemment, Eli Craig n’invente rien avec Le Dernier des Clowns. Adapté du roman Un Clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare, le film nous ressort le clown tueur, et pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que celui-là ne va pas venir distribuer des sucettes aux enfants. Son Frendo ressemble furieusement au clown de Ça, et dès qu’il apparaît avec son sourire de psychopathe, on se dit qu’on a déjà vu ça quelque part… et pas qu’une fois !
Pendant un peu plus de 90 minutes, Craig va donc nous servir du gore, du sang, des cris, des jeunes gens qui courent dans tous les sens, des jeunes gens qui hurlent, des jeunes gens qui se font massacrer et une musique qui vous amène vos propres cris tellement elle devient parfois insupportable. Bref, tout ce qu’il faut pour faire un film d’horreur contemporain, sauf peut-être l’élément essentiel : une véritable idée.
Nous suivons Quinn Maybrook, interprétée par Katie Douglas, qui arrive avec son père Glenn, joué par Aaron Abrams, dans la petite ville de Kettle Springs. Elle va rapidement faire connaissance avec Cole Hill, incarné par Carson MacCormac, et toute une bande de jeunes qui vont évidemment devenir les futures victimes du clown. Parce que dans ce genre de film, les jeunes ne sont pas là pour construire leur avenir : ils sont là pour servir de nourriture au scénario !
Et notre fameux Frendo, ancienne mascotte de la ville, va donc reprendre du service. Mais au lieu de faire rire les habitants, il va les massacrer à l’arbalète, à la tronçonneuse et avec tout ce qui peut couper, transpercer ou démembrer. Et bien entendu, nos jeunes gens vont finir écartelés, coupés en deux, en trois ou en miettes. On ne va quand même pas leur permettre de rentrer tranquillement chez eux !
Ce qui devient assez amusant, c’est cette manie des scénaristes de faire des jeunes gens aisés les proies idéales. Il faudrait presque analyser les scénaristes tellement cette tendance à tuer du riche ou du privilégié devient suggestive. Le Clown avec Ça, le champ de maïs avec Stephen King, un peu de Scream, un peu de Soudain l’été dernier… On a l’impression d’assister à une compilation de films déjà vus plutôt qu’à une véritable histoire.
Et pourtant, il y avait matière à faire quelque chose de plus intéressant. Derrière les massacres, le film parle d’une petite ville qui se meurt, d’adultes nostalgiques d’un passé disparu et d’une jeunesse qu’ils considèrent comme responsable de leur malheur. Mais Craig préfère évidemment sortir l’artillerie lourde : le clown, l’arbalète, le sang et les morceaux de viande !
Les personnages sont tellement caricaturaux qu’on devine presque leur avenir dès qu’ils apparaissent à l’écran. Celui-là va mourir, celle-là aussi, celui qui vient de dire qu’il revient dans cinq minutes ne reviendra jamais et celui qui décide d’aller voir tout seul ce qui se passe derrière la porte peut déjà préparer son testament.
Katie Douglas fait ce qu’elle peut avec Quinn, Carson MacCormac joue Cole, Kevin Durand incarne Arthur Hill, le maire, tandis que Will Sasso joue le shérif Dunne. Mais même avec des acteurs qui tiennent correctement leur rôle, difficile de sauver un scénario aussi pauvre et surtout aussi prévisible.
Car c’est bien là le problème : on devine tout ! Les révélations n’en sont plus, les victimes sont désignées à l’avance et les rebondissements arrivent avec la discrétion d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Quant au clown, il a beau avoir une bonne tête de psychopathe, il ne suffit pas de mettre un masque inquiétant à quelqu’un pour fabriquer un nouveau Pennywise.
Alors oui, il y a du gore, beaucoup de sang, quelques mises à mort bien gratinées et suffisamment de cris pour remplir plusieurs épisodes de The Voice. Mais après ? Pas grand-chose.
Le Dernier des Clowns est rempli de clichés, tellement rempli que le film finit par ressembler à une brocante du cinéma d’horreur : on prend un peu de Ça, un peu de Scream, un peu de slasher, un peu de Stephen King et on mélange le tout en espérant que personne ne remarquera que tout cela a déjà été fait.
Mais si, on le remarque !
On s’enfonce dans ce type de films et, à un moment, il faudra qu’ils arrêtent de creuser.
Parce qu’à force de creuser, ils vont finir par tomber sur quelque chose qu’ils ont complètement oublié dans ce film : un scénario !
NOTE : 7.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Eli Craig
- Scénario : Carter Blanchard et Eli Craig, d'après le Un clown dans un champ de maïs (Clown In A Cornfield) d'Adam Cesare (en)
- Musique : Brandon Roberts et Marcus Trumpp
- Photographie : Brian Pearson
- Montage : Sabrina Pitre
- Production : Marty Bowen, John Fischer et Wyck Godfrey
- Société de production : Temple Hill Entertainment
- Distribution : SND (France), RLJE Films (États-Unis), Belga Films (Belgique), Elevation Pictures (Canada)
- Pays de production :
États-Unis
- Katie Douglas (VF : Jaynélia Coadou) : Quinn Maybrook
- Aaron Abrams (VF : Jérôme Pauwels) : Dr Glenn Maybrook, le père médecin de Quinn
- Carson MacCormac (VF : Maxym Anciaux) : Cole, le fils d'Arthur Hill
- Vincent Muller (VF : Clément Moreau) : Rust
- Kevin Durand (VF : Guillaume Orsat) : Arthur Hill, le maire de Kettle Springs
- Will Sasso (VF : Serge Biavan) : le shérif Dunne
- Cassandra Potenza (VF : Leslie Lipkins) : Janet
- Daina Leitold : Trudy
- Verity Marks (VF : Emmylou Homs) : Ronnie
- Ayo Solanke (VF : Jhos Lican) : Tucker
- Alexandre Martin Deakin (VF : Kévin Goffette) : Matt
- Bradley Sawatzky (VF : Jérémy Prévost) : Mr. Vern


