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jeudi 16 juillet 2026

14.00 - MON AVIS SUR LE FILM INTOLERANCE DE D.W GRIFFITH (2016)


 Vu le Film Intolérance de D.W Griffith (1916) avec Lilian Gish Howard Gay Lilian Langdon Spottiswood e Aitken Ruth Handforth Constance Talmadge Frank Brownlee Robert Haron Mae Marsh


Pendant ce mois de juillet, j'aurai vu les deux films de D.W. Griffith qui ont bâti sa légende. Deux monuments, mais aussi deux destins totalement opposés. Alors que Naissance d'une nation, malgré sa vision profondément polémique et raciste, fut un triomphe phénoménal, Intolérance, qui constituait pourtant la réponse de Griffith à toutes ces critiques, fut un échec commercial. Peut-être que cela en dit finalement plus sur l'Amérique de 1916 que sur la qualité du film.

Plutôt que de se justifier par un discours, Griffith répond avec une œuvre gigantesque, une fresque universelle sur les ravages de l'intolérance à travers les siècles. Son ambition est folle : démontrer que la haine, le fanatisme, le pouvoir et les préjugés changent de visage mais traversent toutes les époques.

Le film est découpé en quatre récits qui s'entremêlent sans cesse. Une grève dans une minoterie au début du XXᵉ siècle où une jeune femme, surnommée The Dear One (Mae Marsh), et son compagnon The Boy (Robert Harron) voient leur vie basculer à cause de l'injustice sociale ; la crucifixion de Jésus-Christ, incarnation de la tolérance face au fanatisme ; le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, où les protestants sont victimes de la haine religieuse ; et enfin la chute de Babylone en 539 avant J.-C., avec le prince Balthazar défendant la cité contre les armées de Cyrus, tandis que la mystérieuse Fille des Montagnes (Constance Talmadge) tente d'empêcher la catastrophe.

Pour relier ces quatre histoires, Griffith utilise une image devenue mythique : une mère berçant inlassablement son enfant. Cette femme, incarnée par Lillian Gish, symbolise le temps qui passe, les générations qui se succèdent et cette humanité qui semble condamnée à répéter éternellement les mêmes erreurs.

Malgré son insuccès, Intolérance reste une œuvre majeure, monumentale et dantesque. Il suffit de regarder les décors de Babylone pour comprendre que Griffith ne pensait pas en cinéaste, mais en bâtisseur de cathédrales. Ces murailles gigantesques, ces escaliers interminables, ces colonnes colossales, ces milliers de figurants... tout cela a été construit il y a près de 110 ans. Rien ou presque n'est triché.

Les cinéastes de cette époque, comme Chaplin ou Eisenstein, avaient une envie permanente de grandeur. Ils étaient les plus grands VRP du cinéma. Ils voulaient prouver que cet art naissant pouvait rivaliser avec la peinture, le théâtre ou la littérature. Avec Intolérance, Griffith ne vend plus seulement un film : il vend l'idée que le cinéma peut tout raconter.

Toutes les grandes figures de son univers sont présentes, à commencer par Lillian Gish, véritable reine du cinéma muet, mais aussi Mae Marsh, Robert Harron, Constance Talmadge, Elmer Clifton, Alfred Paget ou encore Walter Long. Chacun participe à cette immense fresque où le moindre figurant semble avoir sa place.

Les reconstitutions sont gigantesques et n'ont pas grand-chose à envier à des productions modernes. J'irai même plus loin : cela paraît souvent plus vrai que bien des blockbusters actuels noyés sous les effets numériques. Ici, le gigantisme existe réellement devant la caméra. On ressent le poids des pierres, la foule, la poussière, les chevaux, les armées. Rien n'a cette impression de faux qui accompagne parfois les superproductions contemporaines.

Hormis le côté « pété de thunes » de l'entreprise, ce qui restera surtout d'Intolérance, c'est cette science du montage alterné, théorisée par Griffith lui-même et qui atteint ici un niveau proche du génie. Plus le film avance, plus les quatre histoires s'accélèrent, se répondent, se croisent jusqu'à un final d'une intensité incroyable. Aujourd'hui encore, cette construction impressionne.

On imagine souvent que le cinéma moderne a tout inventé. C'est faux. Griffith expérimentait déjà un langage cinématographique d'une audace extraordinaire alors que le septième art n'avait que quelques années d'existence.

Bien sûr, le rythme pourra surprendre un spectateur habitué aux films d'aujourd'hui. Deux heures quarante de cinéma muet demandent de l'attention. Mais lorsqu'on accepte les règles du jeu, on découvre une œuvre qui dépasse largement le simple divertissement.

Intolérance est une démonstration de ce que le cinéma pouvait accomplir lorsqu'il était porté par une ambition sans limite. C'est un spectacle, une leçon d'histoire, une révolution technique et un manifeste humaniste réunis dans un seul et même film.

À voir comme si l'on ouvrait un immense livre d'histoire du cinéma. Certaines pages ont vieilli, d'autres sont éternelles, mais toutes rappellent pourquoi D.W. Griffith demeure, malgré les controverses qui entourent son nom, l'un des pères fondateurs du langage cinématographique.

NOTE : 14.00

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    13.30 - MON AVIS SUR LE FILM MR AND MRS SMITH DE DOUG LIMAN (2005=


     Vu le Film Mr and Mrs Smith de Doug Liman (2005) avec Brad Pitt Anjelina Jolie Vince Vaugh Adam Brody Kerry Washington Keith David Chris Weiltz


    (Pays traversés Mexique, Colombie, Usa et Bolivie)

    Doug Liman, le réalisateur de La Mémoire dans la Peau, remet le couvert... et ce n'est pas une image, car dans Mr. & Mrs. Smith, le couple mange souvent. Mais derrière les repas en tête-à-tête et les apparences d'un mariage bien rangé se cache un cocktail explosif où l'espionnage fait office de thérapie conjugale.

    Liman poursuit dans le registre de l'espion moderne, celui qui court, saute, escalade, défonce des portes et réalise des exploits athlétiques à faire passer Tom Cruise pour un joggeur du dimanche. Ici, pas le temps de souffler, tout est rythmé comme une course contre la montre.

    Pour porter ce feu d'artifice, il fallait un couple qui fasse rêver. À l'époque, Brad Pitt, le blondinet sans son café, et Angelina Jolie, la brune incendiaire, formaient le duo glamour par excellence. Une autre époque où ils s'entendaient encore et ne se faisaient pas de procès. À l'écran, leur complicité saute aux yeux et l'on comprend facilement pourquoi Hollywood s'est emballé.

    John Smith et Jane Smith vivent sous le même toit, partagent le même lit, les mêmes repas... mais certainement pas les mêmes secrets. Chacun est un tueur professionnel travaillant pour une organisation rivale, sans imaginer une seconde que son conjoint exerce exactement le même métier.

    Le jour où leurs employeurs leur confient le même contrat, tout bascule. Les voilà contraints de s'éliminer mutuellement. À partir de là, le mariage tourne à la déclaration de guerre. C'est au premier qui exécutera l'autre.

    Le concept est redoutablement efficace. On prend une banale crise de couple, on y ajoute des armes automatiques, des explosifs, des fusillades, quelques poursuites, et l'on obtient un divorce particulièrement mouvementé.

    Le film assume pleinement son côté spectaculaire. Ça défouraille, ça explose dans tous les sens, les murs volent en éclats, les meubles sont pulvérisés et les décors en prennent un sérieux coup. En espérant que la première prise était la bonne, parce qu'il devait être compliqué de tout reconstruire entre deux scènes.

    Les séquences d'action s'enchaînent avec une énergie communicative. Doug Liman sait filmer le mouvement et ne laisse jamais retomber la pression.

    Brad Pitt apporte son humour décontracté, son flegme habituel et son immense capital sympathie. Même lorsqu'il vide un chargeur, il garde ce petit sourire qui fait sa marque de fabrique.

    Angelina Jolie, de son côté, dégage une présence impressionnante. Élégante, froide, redoutable, elle manipule les armes avec une aisance qui ferait réfléchir plus d'un agent secret. Et pas seulement les armes... (sic).

    Le duo fonctionne à merveille. On croit autant à leurs chamailleries qu'à leurs scènes d'action. Leur alchimie est le véritable moteur du film.

    Bien sûr, les combats conjugaux deviennent parfois franchement exagérés. On se tire dessus, on se balance à travers les murs, on détruit la maison... avant de finir au plumard. Les conseillers conjugaux n'avaient sans doute pas prévu cette méthode de réconciliation.

    Le scénario ne cherche pas la profondeur psychologique. Son objectif est clair : divertir.

    L'humour accompagne constamment l'action, ce qui évite au film de sombrer dans un sérieux pesant.

    On est vraiment dans une véritable situation d'espionnage, avec ses doubles jeux, ses organisations secrètes, ses contrats et ses manipulations.

    Impossible également de ne pas penser à La Totale !. Le remake américain non assumé est parfois évident dans son point de départ, même si Doug Liman choisit une direction beaucoup plus musclée et beaucoup plus hollywoodienne.

    Le résultat est calibré pour le grand spectacle.

    Les fusillades sont impressionnantes. Les poursuites sont nerveuses. Les cascades sont généreuses. L'humour fonctionne. Le rythme ne faiblit quasiment jamais.

    On ne demande finalement pas beaucoup plus à ce genre de production.

    Ce n'est certainement pas un film qui révolutionne le cinéma d'espionnage, mais il remplit parfaitement son contrat : offrir deux heures de pur divertissement.

    Brad Pitt et Angelina Jolie font le job avec un plaisir communicatif.

    Et au passage, ils encaissent un bon chèque... qui servira, qui sait.

    Au fond, Mr. & Mrs. Smith ne prétend jamais être autre chose qu'un blockbuster efficace, drôle et spectaculaire.

    On s'installe, on coupe son cerveau, on profite des explosions, des répliques, du charme du duo et des cascades.

    Parfois, un bon film d'aventures et d'action suffit largement au bonheur d'une soirée cinéma. Et celui-ci remplit sa mission avec panache.

    NOTE : 13.30

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