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mardi 2 juin 2026

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE GRAND FRISSON DE MEL BROOKS (1973)


Vu le Film Le Grand Frisson de Mel Brooks (1973) avec Mel Brooks Madeline Kahn Cloris Leachman Harvey Korman Ron Carey Howard Morris Rudy del Lukas Dick Van Patten


Le docteur Richard H. Thorndyke (Mel Brooks), célèbre prix Nobel de psychiatrie, est nommé à la direction d'un asile psychiatrique de Los Angeles dont le directeur est mort de manière mystérieuse. L'éminent psychiatre découvre peu à peu les patients et les médecins qui semblent lui cacher quelque chose.

Victime d'une machination lors d'un congrès à San Francisco, Thorndyke devra faire face à ses crises d'anxiété aiguës pour prouver son innocence.


 Avant les ZAZ il y avait le génie de Mel Brooks qui fête ses 100 ans ce mois-ci. Le bonhomme nous a toujours plongés dans l’absurde des films policiers hitchcokiens qui nous donnent des frissons. Sauf qu’ici, pas de frissons : des barres de rire. Comme il sait tellement bien le faire avec des dialogues aux petits oignons bien grillés.

Le Grand Frisson, c’est Mel Brooks qui rend hommage à sa façon au grand Alfred Hitchcock. Pour parodier le maître du suspense, il fallait forcément le roi de la parodie. 
Et le roi n’a pas fait les choses à moitié. On suit le Dr Richard H. Thorndyke, joué par Brooks lui-même, ce psy new-yorkais un peu nerveux qui débarque à l’Institut de Psychiatrie pour diriger l’établissement. Dès l’aéroport, le ton est donné : valises qui explosent, regards suspects, musique qui monte… on est déjà dans le délire hitchcockien revisité à la sauce Brooks.
Très vite, Thorndyke se retrouve au cœur d’un complot. L’ancien directeur est mort dans des circonstances louches, les infirmiers sont louches, les patients encore plus. Cloris Leachman, sublime en infirmière sadique aux allures de Mrs. Danvers dopée aux amphètes, vole la moitié des scènes. Harvey Korman en méchant calculateur et Madeline Kahn en chanteuse de cabaret à la voix de crécelle hystérique complètent un casting parfait. Chaque visage est une caricature vivante, chaque réplique un missile.
Le film balance les clins d’œil : la douche de Psychose, le vertige de Sueurs froides, les oiseaux d’Hitchcock évidemment. Et quelle scène ! Les oiseaux qui attaquent Thorndyke dans un parc, c’est du pur génie burlesque. Des centaines de mouettes en plastique qui lui foncent dessus pendant qu’il hurle comme un gamin. Peut-être que cela a un peu vieilli, mais que nenni ! Laissons les oiseaux nous donner un peu de plaisir de rire un peu. Je me marre encore à chaque visionnage.
L’histoire avance comme un train fou. Thorndyke tombe amoureux de Victoria (Madeline Kahn), tente de résoudre le meurtre, se fait piéger, s’enfuit, se déguise en vieux juif hassidique, chante des chansons ridicules, se bat contre son propre vertige sur un balcon. Tout est prétexte à l’absurde. Les dialogues fusent, les situations s’enchaînent sans temps mort. On passe du thriller psychologique au vaudeville en trois plans.
Brooks ne se moque pas seulement d’Hitchcock, il se moque de tout : des psys, des hôpitaux, des complots, de Hollywood, de lui-même. Il joue le héros anxieux avec un timing comique implacable. Chaque geste, chaque regard en coin est calibré pour faire mal au ventre de rire. Et la bande-son ! La musique qui parodie Bernard Herrmann est tellement bien faite qu’on se demande si on regarde une parodie ou un vrai film du maître.
Franchement, Le Grand Frisson reste une masterclass de burlesque. Une comédie aux multiples situations délirantes qui tient encore la route en 2026. Pas besoin d’effets spéciaux modernes quand on a du génie pur, des acteurs en feu et un scénario qui ne respire que pour la vanne. Mel Brooks ne cherche pas la subtilité, il cherche le fou rire. Et il l’obtient à chaque fois.
Si vous ne l’avez pas vu depuis longtemps, replongez-y. Si vous ne l’avez jamais vu, foncez. C’est du concentré de joie bête et intelligente à la fois. Du Brooks dans le texte, du pur plaisir hitchcockien sans le stress. Juste des barres. Des barres et des barres. Et encore des barres quand les oiseaux arrivent.
Merci Mel. Pour tout ça. Et joyeux centenaire, maître. Tu nous fais toujours le même effet : on sort du film avec mal aux joues et l’envie de tout revoir. Le Grand Frisson, c’est ça : un monument comique qui ne prend jamais la grosse tête et qui continue à nous faire hurler de rire.
NOTE : 12.90
FICHE TECHNIQUE

DISTRIBUTION

16.50 - MON AVIS SUR LE FILM NIAGARA DE HENRY HATTAWAY (1953)

 


Avis sur le Film Niagara de Henry Hattaway (1953) avec Marilyn Monroe Jean Peters Joseph Cotten Casey Adams Max Showalter Denis O'Dea Richard Allan Don Wilson Lurene Tuttle Russel Collins Will Wright Harrty Carey jr

Ray et Polly Cutler, jeune couple paisible, arrivent aux chutes du Niagara côté canadien pour une semaine de vacances. Le logement où ils doivent résider est encore occupé par un couple, Rose Loomis, sensuelle et provocante, et George Loomis, tourmenté et jaloux. Lors d’une promenade au pied des chutes, Polly voit Rose dans les bras d’un inconnu.

Niagara, de Henry Hathaway, ce film de 1953 qui explose en Technicolor comme un feu d’artifice au bord des chutes. À l’occasion du centenaire de la sublissime Marilyn Monroe, je me suis replongé dedans et bon sang, quelle claque. On y voit enfin que Marilyn n’était pas que la nunuche blonde qu’on lui a collée sur le dos toute sa carrière. Ici, elle est Rose Loomis, une femme fatale au sourire carnassier, une ingénue qui manipule les hommes avec une précision de chirurgien. Derrière elle, les chutes du Niagara rugissent, immenses, indifférentes, prêtes à tout engloutir.L’histoire ? Un couple en voyage de noces, George et Polly Loomis (Joseph Cotten et Jean Peters). Lui, sombre, blessé, obsédé par une vengeance qu’il rumine comme un vieux cigare. Elle, sensuelle à en crever l’écran, avec ce corps qui bouge comme une promesse dangereuse. Autour d’eux, un autre couple plus ordinaire, Ray et Helen Cutler (Casey Adams et une Jean Peters lumineuse, vraiment), qui se retrouvent pris dans la tourmente sans rien demander. Hathaway tisse tout ça avec une maîtrise hitchcockienne parfaite : suspense qui monte, regards qui tuent, et ces plans larges sur les chutes qui donnent le vertige. C’est Sueurs Froides en version cascades, le même plaisir physique, la même tension qui te prend aux tripes.
Joseph Cotten est magistral, comme toujours. Ce type a une gravité naturelle, un visage taillé dans la nuit. Son George est un homme brisé qui ne veut plus qu’une chose : régler ses comptes. Pas de pathos inutile, juste une noirceur qui suinte. Jean Peters, elle, crève l’écran par sa sensualité brute, naturelle, sans chichis. Et Marilyn… ah Marilyn. Chaque plan sur elle est capital. Elle joue avec la lumière, avec les hommes, avec nous. Cette scène où elle chante « Kiss » en robe rouge moulante, devant les chutes… on en oublie de respirer. Elle n’est plus la pin-up rigolote, elle est danger pur, désir pur, manipulation pure. Hathaway l’a filmée comme une déesse païenne.
Le Technicolor est somptueux, presque violent. Les bleus des chutes, les rouges des lèvres de Monroe, les verts des forêts : tout claque, tout vit. C’est un polar noir en couleur, chose rare à l’époque, et ça marche du tonnerre. Pas une seconde de répit. La mise en scène est millimétrée, les travellings sur les rambardes, les ombres qui glissent, le bruit incessant de l’eau qui te rappelle que tout peut basculer en une seconde.
Moi qui adore les thrillers psychologiques, Niagara me donne exactement ce que je cherche : du plaisir brut, du vertige, de l’émotion à chaque plan. On sent le poids du destin, la fatalité qui rôde comme dans les meilleurs Hitchcock. Cotten vengeur, Peters magnétique, Monroe incendiaire… le casting est un sans-faute. Hathaway dirige tout ça comme un chef d’orchestre qui connaît sa partition par cœur.
Chut, ne dites pas la fin. Laissez-la vous surprendre, vous gifler comme une vague des chutes. Niagara n’est pas qu’un film, c’est une expérience. Un grand moment de cinéma qui prouve, une fois de plus, que Marilyn était bien plus qu’une bombe sexuelle : une actrice capable de porter un thriller sur ses épaules nues. Cent ans après sa naissance, elle brille toujours, plus forte que jamais. Et ce film reste un bijou. Allez le revoir, vous ne le regretterez pas. Vertige garanti.
De biens belles chutes de reins et d'eau
NOTE : 16.50
FICHE TECHNIQUE

DISTRIBUTION

Et, parmi les acteurs non crédités :

samedi 30 mai 2026

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM VOL DE NUIT POUR LOS ANGELES DE JOHN TRAVOLTA (2026)

 


Vu le Film Vol de Nuit pour Los Angelès de John Travolta (2026) avec Clark Shotwell Kelly B.Eviston Olga Hoffman Ella Bleu Travolta John Travolta (narrateur)


Durant l'« âge d'or » de l'aviation commerciale américaine, un garçon de 8 ans nommé Jeff, passionné d'avions, entreprend un voyage transcontinental vers Hollywood avec sa mère. Le voyage va être une aventure inoubliable pour le jeune garçon : les repas à bord, les charmantes hôtesses de l'air, des escales imprévues, passagers originaux et excentriques ainsi que la découverte de la première classe

Y a des films qui ressemblent à un album de photos rempli de souvenirs, un peu jaunis sur les bords, avec des coins cornés et cette odeur de grenier. Vol de Nuit pour Los Angeles (ou Propeller One-Way Night Coach en VO), c’est exactement ça. John Travolta, alias Zucko pour les vieux de la vieille qui l’ont découvert dans Grease, a enfin passé derrière la caméra pour son premier long – enfin, court, il dure à peine 1h01. Il l’a écrit, réalisé, produit et même narré, d’après son propre roman pour enfants de 1997. Et franchement, ça se sent.

On suit Jeff, un gamin fan d’avions jusqu’à l’obsession (Clark Shotwell, un petit nouveau qui fait le job avec des yeux qui brillent comme des phares d’atterrissage). Sa mère (Kelly Eviston-Quinnett) l’emmène pour un vol unique de nuit vers Los Angeles, direction Hollywood. On est en plein âge d’or de l’aviation, celui des stewards classe, des repas servis avec le sourire, des hublots qui font rêver et des passagers un peu plus grands que nature.

Pas de méchant, pas d’explosion, pas de course-poursuite. Juste un voyage qui devient l’aventure d’une vie.Travolta glisse clairement du vécu là-dedans. Lui qui pilote ses propres zincs depuis des décennies, qui a toujours eu cette passion chevillée au corps, il raconte à travers ce môme ce qu’il a dû ressentir la première fois qu’il a décollé. On pense direct à lui : le gosse qui rêve de voler, qui regarde les nuages comme d’autres regardent les étoiles, et qui finit par atterrir à Hollywood pour de vrai.

C’est mignon, un peu naïf, presque trop gentil pour le cinéma d’aujourd’hui. Mais c’est pile ce qui fait son charme.Le casting est tout en douceur : la mère ancre le truc dans le réel, les hôtesses de l’air (dont sa fille Ella Bleu Travolta) apportent cette touche vintage charmante, et les passagers secondaires donnent des couleurs sans jamais voler la vedette. Travolta en voix off (Older Jeff) relie tout avec une nostalgie bien dosée, sans tomber dans le pathos. C’est comme s’il feuilletait son propre album photo en nous le montrant : « Tiens, regarde, c’est là que tout a commencé.

»Oh, y en a qui vont tomber dessus, crier au film de grand-père, dire que c’est trop lent, trop sucré, trop « feel-good » pour 2026. Moi je le trouve sympa et mignon. Un film sans violence mais bourré de rêves, entre le ciel et les projecteurs d’Hollywood. Naïf ? Oui. Mais dans un monde où tout explose à l’écran, ça fait du bien de simplement voler un peu, les yeux écarquillés comme un gamin. Travolta ne révolutionne rien, il partage juste sa passion.

Et quelque part, c’est déjà énorme. Si t’aimes les histoires simples qui sentent l’enfance et l’essence d’avion, monte à bord. C’est court, ça passe vite, et tu redescends avec un petit sourire. Pas un chef-d’œuvre, juste un joli vol de nuit. Et parfois, c’est tout ce qu’il faut.

NOTE : 12.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : John Travolta
  • Scénario : John Travolta, d'après son roman Propeller One-Way Night Coach
  • Musique : Tim Aarons, Alec Puro et Eric Meyers
  • Décors : Chelsea Turner
  • Photographie : Paul de Lumen
  • Montage : Mark J Marraccini et Adam Varney
  • Costumes : Camille Jumelle
  • Production : John Travolta, Jason Berger et Amy Laslett
  • Sociétés de production : JTP Productions et Kids at Play
  • Société de distribution : Apple TV

DISTRIBUTION

TOP REALISATEUR : MON TOP30 DU REALISATEUR BERTRAND TAVERNIER (1941-2021)


 Voici le Récapitulatif de mon #TOP30 des Films du Réalisateur et Scénariste #BertrandTavernier


1 Le Juge et l'Assassin
2 Voyage à Travers le Cinéma Français
3 Que la Fête Commence
4 Le Vie et Rien d'Autre
5 Capitaine Conan
6 L'Horloger de Saint Paul
7 Autour de Minuit
8 L627
9 Coup de Torchon
10 Une Semaine de Vacances
Un Dmande à la Campagne
11 La Mort en Direct
12 Quai d'Orsay
13 L'Appât
14 Ca Commence Aujourd'hui
15 La Princesse de Montpensier
16 Dans la Brume Electrique
18 Des Enfants Gâtés
19 La Passiobn Béatrice
20 Daddty Nostalgie
21 Laissez-Passer
22 La Guerre sans Nom
23 La Fille de D'Artagnan
24 Holy Lola
25 Les mois d'avril sont meurtriers (S)
26 Lucifer et Moi (S)
27 Coplan ouvre le Feu (S)
28 Mon Père m'a Sauvé la Vie (S)
29 Capitaine Singrid (S)
30 La Trace (S)