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samedi 7 mars 2026

12.10 - MON AVIS SUR LE FILM 3 SUR UN SOFA DE JERRY LEWIS (1966)

 


Vu le Film 3 sur un Sofa de Jerry Lewis (1966) acec Jerry Lewis Janet Leigh Kathleen Freeman James Best Leslie Parrish Mary Ann Mobley Gila Golan 

Christopher Pride (Jerry Lewis), artiste plasticien, a l'occasion de partir travailler à Paris, doté d'une bourse financière importante. Il veut que sa fiancée, le docteur Elizabeth Accord (Janet Leighl'accompagne, et qu'ils saisissent l'occasion pour se marier. Mais Elizabeth est psychiatre, et s'occupe de trois femmes terrassées par une déception amoureuse, qui n'accordent plus aucune confiance aux hommes ; elle ne peut en aucun cas les abandonner du jour au lendemain. Pour les guérir au plus vite et faire en sorte que sa fiancée l'accompagne, Christopher se déguise en trois hommes différents et tente de redonner confiance à chacune. 

Avis sur le film Three on a Couch (Trois sur un sofa) de Jerry Lewis 

« Nul n’est prophète en son pays ». Cette maxime semble presque avoir été écrite pour Jerry Lewis. Aux États-Unis, on a parfois regardé son humour avec distance, alors qu’en France il fut longtemps accueilli comme un véritable génie comique. Chez nous, on pouvait même le comparer à Jacques Tati : même goût du mime, même science du geste simple qui raconte tout sans dire un mot. 

Avec Trois sur un sofa, Jerry Lewis pousse encore plus loin son terrain de jeu favori : le dédoublement comique. Ici, il ne se contente pas d’incarner un personnage… il en joue trois. Trois identités, trois attitudes, trois caricatures d’hommes différents qu’il invente pour manipuler — ou plutôt séduire — les patientes de sa fiancée psychiatre. Non pas des personnages complémentairesmais presque trois reflets déformés de lui-mêmecomme si Lewis dialoguait avec ses propres facettes. 

L’histoire est simple et typiquement lewisienne. Christopher Pride, artiste un peu fantasque, doit prouver à sa fiancée qu’il peut être sérieuxProblème : trois patientes névrosées dépendent de leur relation avec la psychiatre. Pour éviter que ces femmes sombrent après le départ de celle qu’il aime, Pride imagine une solution absurde : se déguiser en trois hommes différents et séduire chacune d’elles pour les détourner de leur obsession. 

On est  dans la mécanique classique du burlesque : le mensonge devient moteur de situations impossibles. Jerry Lewis se multiplie, change de voix, de posture, de démarche. C’est dans ces moments que le film brille : Lewis retrouve sa virtuosité corporellecette capacité à transformer un simple mouvement en gag. 

On pense souvent à Jacques Tati justement : un corps qui raconte l’histoire avant même que le scénario ne parle. 

Face à lui, la présence de Janet Leigh apporte une élégance et un charme indéniablesL’actriceque beaucoup associent immédiatement à Psycho d’Alfred Hitchcock, joue ici un contrepoint beaucoup plus léger. Elle incarne la fiancée avec une douceur et une crédibilité qui stabilisent l’univers délirant de Lewis. 

En revanche, la comparaison devient inévitable avec le passé du comédien. Le partenaire masculin du film, James Best, reste sympathique mais n’a pas le charisme explosif de Dean Martin. Et cela se ressentL’alchimie qui faisait étinceler les films du duo Lewis-Martin manque ici. On sent que Jerry Lewis porte presque tout le spectacle sur ses épaules. 

La mise en scènesignée par Lewis lui-mêmereste fidèle à son style : couleurs vives, décors stylisésrythme de comédie presque théâtral. On n’est pas dans une comédie réaliste mais dans un terrain de jeu  chaque gag est une petite chorégraphie. 

Le scénarioluisert surtout de prétexte. Il tient sur un fil : un mensonge, trois identités, des quiproquos. Mais ce fil suffit pour permettre à Jerry Lewis de faire son show. 

Et c’est peut-être  toute la vérité du film. 

Trois sur un sofa n’est pas son chef-d’œuvremais c’est un Jerry Lewis pur jus. 
Un film  l’acteur s’amuse avec son propre miroir. 
Un film  le corps fait rire autant que les dialogues. 
Un film imparfaitmais généreux. 

Bref : un show de Jerry pour les fans… et pour les amateurs de bonne comédie burlesque. 

NOTE : 12.10

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