Vu le Film Oklahoma Honey de Andrew Patterson (2025) avec Matthew McConaughey Angela LookingGlass Kurt Russel Jake Horowitz Scott Sheperd Rob Morgan Tony Revolori Cole Prouse Owen Teague
Pour son deuxième film, Andrew Patterson nous offre avec Oklahoma Honey une œuvre puissante et un thriller tendu qui nous emmène dans un univers assez inhabituel au cinéma, celui de l’apiculture, avec en prime une BO dantesque, exactement dans ce que j’aime. Le film se découpe presque en deux parties, la première nous présentant Amziah King, interprété par Matthew McConaughey, un apiculteur installé dans une zone rurale de l’Oklahoma où la chaleur ambiante semble peser sur les personnages et sur tout ce qui les entoure.
Ici, on parle de terre, d’abeilles, de ruches et de miel, et forcément cela finit par rendre jaloux certains confrères et amis. Amziah fait beaucoup pour que sa terre puisse continuer à exister et Patterson filme cet univers avec une vraie attention, notamment lors des impressionnants plans consacrés aux abeilles. Il y a notamment cette scène du car avec les enfants, particulièrement réussie, mais aussi celle où Coleman vient donner un coup de main et utilise mal une machine qui finit par le scalper, sans même la présence d’un Indien autour. Il fallait oser !
Mais Amziah n’est pas seulement apiculteur, il est également musicien, notamment de bluegrass, de folk américain et de country, et là, mes papilles ont explosé de bonheur : on est en plein dans la musique que j’aime, comme dirait Johnny. Et ce qui ajoute encore au plaisir, c’est que Matthew McConaughey joue lui-même de la musique dans le film. Ce n’est donc pas simplement une BO que l’on colle sur les images, elle fait véritablement partie du personnage et de son univers. Tout le film est teinté de cette formidable ambiance musicale qui m’a fait penser à l’un de mes albums préférés de Mark Knopfler et des Notting Hillbillies. Et forcément, voir McConaughey jouer lui-même cette musique que j’aime, cela ne pouvait que faire exploser mes papilles !
Cette ambiance musicale et cette chaleur permanente entourent le film d’un mystère qui va progressivement s’épaissir avec l’arrivée de Kateri, formidablement interprétée par Angela LookingGlass, une jeune fille adoptive arrivée quasiment de nulle part. Lorsque Amziah meurt brutalement d’une attaque au moment où ses ruches sont volées, Kateri va alors entreprendre sa propre vengeance, notamment contre ceux qui ont profité de la situation.
Elle va devenir une sorte de comtesse de Monte-Cristo des grands espaces américains, avançant patiemment vers sa vengeance personnelle et notamment vers Dob McCoy, interprété par Kurt Russell, qui n’est plus vraiment un perdreau de l’année mais plutôt le bourdon qui tourne autour des ruches. Et ce vieux bourdon-là va rapidement comprendre que Kateri n’est pas venue simplement pour regarder pousser les abeilles.
Après l’aspect dramatique du début, le film bascule progressivement vers un thriller beaucoup plus poisseux, où la vengeance devient presque la main de Dieu et où les paysages, la chaleur, les ruches et cette musique participent tous à une tension qui ne cesse de monter. Patterson ne se contente donc pas de raconter une histoire de vengeance, il construit tout un univers autour de ses personnages et donne au film une atmosphère qui lui appartient véritablement.
La photographie est particulièrement soignée, le travail sur le son est remarquable et cette BO est pour moi l’un des grands plaisirs du film. Et puis il y a Matthew McConaughey, qui semble avoir enfin changé d’agent et retrouvé un rôle à sa démesure, dans la lignée du formidable Mud. Il possède ici cette présence tranquille, cette gueule burinée et cette capacité à faire exister un personnage sans avoir besoin d’en faire des tonnes.
Mais la véritable découverte reste Angela LookingGlass, qui apporte à Kateri une fragilité et une détermination parfaitement complémentaires. Son personnage traverse le film comme une énigme avant de devenir le moteur de cette vengeance qui va transformer le drame initial en thriller.
Oklahoma Honey est donc pour moi une magnifique découverte sur plusieurs aspects, aussi bien pour sa photographie que pour son ambiance, son histoire, ses acteurs et surtout cette musique qui m’a complètement embarqué. Une œuvre puissante, poisseuse, mystérieuse et profondément américaine, qui confirme le talent d’Andrew Patterson. Et avec cette BO, mes oreilles ont elles aussi trouvé leur miel. La grosse découverte de cette fin de saison.
NOTE : 17.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation et scénario : Andrew Patterson
- Musique : Erick Alexander et Jared Bulmer
- Direction artistique : John Lavin
- Décors : Katie Hickman
- Costumes : Jen Kennedy
- Photographie : M.I. Littin-Menz
- Montage : Patrick J. Smith
- Production : Jeffrey Clifford, Will Greenfield, Michael Heimler, David Heyman, Andrew Patterson et Teddy Schwarzman
- Production exécutive : Christopher Casanova, John Friedberg et Rob Silva
- Sociétés de production : Black Bear Pictures et Heyday Films
- Société de distribution : Metropolitan (France)
- Matthew McConaughey (VF : Bruno Choël) : Amziah King
- Angela LookingGlass : Kateri
- Kurt Russell (VF : Philippe Vincent) : Dob McCoy
- Jake Horowitz (VF : Laurent Maurel) : Remmick
- Scott Shepherd : Chimmy
- Rob Morgan : Rippy
- Tony Revolori : Colemar
- Owen Teague : Pirate
- Bruce Davis : Sunderland
- Cole Sprouse : Oat
- Catherine Dyer (en) : Mme McCurdy
- Sandra Ellis Lafferty : Brenda
- Sharon Blackwood : Juanita
- Harrison Stone : Ross Crown
- Chip Carriere : Wenyon Amos Stone


