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jeudi 12 mars 2026

14.20 - MON AVIS SUR LE FILM CITY HALL DE HAROLD BECKER (1996)


 Vu le Film City Hall de Harold Becker (1996) avec Al Pacino John Cusack Bridget Fonda Dany Aiello David Paymer Anthony Franciosa Martin Landau 

 Le maire de New York et son jeune adjoint gèrent habilement les affaires de la ville. Ils jouissent d'une grande popularité jusqu'au jour où au cours d'un échange de coups de feu entre un policier et un trafiquant de drogue un enfant noir de six ans est tué. 

Dans les grandes villes, le pouvoir ne dort jamais. Et à New York City encore moins. Avec City Hall, Harold Becker nous plonge dans les couloirs capitonnés de la politique municipale, là où les décisions se prennent loin des regards, entre ambitions personnelles, fidélités fragiles et vérités qu’on préfère parfois ne pas entendre. Un grand film politique à l’ancienne, solide, dense, où chaque regard compte autant qu’un discours. 

Au centre de cette mécanique parfaitement huilée trône le maire de New York, John Pappas, incarné par un monumental Al Pacino. Pappas est un vieux de la vieille de la politique, un homme qui connaît les électeurs, les poignées de mains, les cérémonies et les bains de foule. Il règne sur sa ville avec l’assurance tranquille de ceux qui ont gagné mille batailles électorales. Mais voilà : régner sur une ville ne veut pas forcément dire connaître tout ce qui s’y passe. 

Car dans l’ombre du maire, celui qui gère véritablement la machine au quotidien, c’est son adjoint Kevin Calhoun, interprété par John Cusack. Jeune, brillant, ambitieux mais encore idéaliste, Calhoun est l’homme qui organise tout : les déplacements du maire, les interviews, les discours, les crises à étouffer avant qu’elles ne deviennent des scandales. Tout est cadré, millimétré, verrouillé pour qu’il n’y ait aucune faille dans le système. 

Et pourtant, comme souvent en politique, la faille finit par apparaître. 

Lors d’un échange de coups de feu entre un policier et un trafiquant de drogue, un enfant noir de six ans est tragiquement tué. Un drame qui aurait pu rester un fait divers parmi tant d’autres dans une ville immense. Mais très vite, l’affaire se complique : le trafiquant n’aurait jamais dû être là. Il avait été libéré lors d’un autre procès. 

Alors la question surgit, implacable : qui est responsable ? 
Le juge ? 
La police ? 
Le système judiciaire ? 
Ou quelqu’un de plus haut placé dans la chaîne du pouvoir ? 

La machine politique se met alors à tourner à plein régime, et Kevin Calhoun commence à tirer les fils d’une pelote qui remonte peu à peu vers les étages les plus dorés du pouvoir municipal. Et si la vérité se cachait tout simplement… dans les ors de la mairie ? 

Harold Becker filme cette enquête politique avec une maîtrise remarquable. Pas de grands effets inutiles, mais une mise en scène précise, tendue, presque clinique. Les dialogues frappent juste, le scénario avance comme une partie d’échecs où chaque révélation déplace les pièces sur l’échiquier du pouvoir. 

Et puis il y a les acteurs. Dans ce genre de film, les seconds rôles sont essentiels, et ici ils sont tous au rendez-vous. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, donnant à la ville une épaisseur humaine et politique fascinante. 

Mais au sommet de cette distribution trône évidemment Al Pacino. Et quel Pacino ! Charismatique, rusé, charmeur, inquiétant parfois. Un maire qui serre des mains avec le sourire tout en gardant mille secrets derrière le regard. Disons-le franchement : Pacino est excellent, pervers à souhait, dans un rôle de vieux lion politique qui sait parfaitement comment fonctionne la jungle. 

Face à lui, John Cusack apporte la fraîcheur et la droiture morale du jeune idéaliste qui croit encore que la vérité doit triompher. Leur face-à-face devient peu à peu le cœur du film : l’expérience contre l’idéalisme, la realpolitik contre la conscience. 

Au finalCity Hall est un grand film politique, passionnant de bout en bout. Une plongée dans les rouages du pouvoir où l’on découvre que la politique est souvent une affaire d’équilibres fragiles, de compromis et parfois de silences très bien organisés. 

Un film haletant, intelligent, superbement interprété, qui rappelle qu’en politique comme au cinéma, la vérité est rarement là où on l’attend… et qu’elle se cache souvent derrière les plus beaux bureaux de la mairie.

NOTE : 14.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION



13.80 - MON AVIS SUR LE FILM ARTISTES ET MODELES DE FRANK TASHLIN (1955)


Vu le Film Artistes et Modèles de Frank Rashlin (1955) avec Dean Martin Jerry Lewis Shirleyr McLaine Dorothy Malone Eddie Mayehoff Anita Ekberg George Foghorn Winslow Eva Gabor Jack Elam 

Rick Todd, dessinateur, et Eugene Fullstack, auteur de livres pour enfants, sont associés et habitent ensemble. Mais ils n'arrivent pas à trouver le succès. Ils font connaissance avec Abby, leur voisine du dessus, qui n'est autre qu'une célèbre illustratrice utilisant pour sa bande dessinée, très appréciée par Eugene, sa colocataire Bessie comme modèle. Une opportunité pour Rick de décrocher un contrat juteux avec l'éditeur Murdock. 

Avec Artistes et ModèlesFrank Tashlin signe l’un des films les plus représentatifs de cette période bénie où le tandem Jerry Lewis – Dean Martin faisait des étincelles à Hollywood. Une machine à rire, certes, mais aussi une comédie musicale pétillante qui ne se prend jamais au sérieux et qui assume pleinement son côté délirant. Dès les premières minutes, le ton est donné : on est ici dans un univers où la logique n’est qu’un vague souvenir et où le burlesque règne en maître. 

L’histoire suit Rick Todd (Dean Martin), dessinateur de bandes dessinées fauché mais débrouillard, et Eugene Fullstack (Jerry Lewis), son colocataire un peu lunaire, lecteur obsessionnel de comics et surtout véritable pile électrique Wonder sur pattes. Eugene fait des cauchemars délirants inspirés de ses lectures nocturnes, et Rick a la bonne idée d’exploiter ces visions pour créer de nouvelles aventures de super-héros. Le problème, c’est que ces rêves semblent étrangement proches d’une véritable organisation d’espionnage… et les ennuis commencent. 

Dans ce joyeux chaos débarque la pétillante Shirley MacLaine, irrésistible dans le rôle de la charmante Bat Lady, jongleuse, danseuse et véritable tornade de charme – et je peux dire pour l’avoir rencontrée à Deauville que la présence est la même : pétillante. Jerry, lui, devra s’assagir un minimum pour tenter de conquérir la belle, ce qui n’est pas une mince affaire quand on est Jerry Lewis et que chaque geste devient une catastrophe burlesque. Pendant ce temps, Dean Martin, fidèle à lui-même, chante, danse et fait jouer son fameux jeu de jambes tout en jetant son dévolu sur la séduisante Dorothy Malone. 

Ce qui frappe dans le film, c’est la mise en scène de Tashlin. Ancien dessinateur de cartoons, il filme comme s’il animait une bande dessinée : couleurs éclatantes, situations absurdes, rythme rapide et gags visuels qui surgissent de partout. Le scénario est complètement lunaire, mais c’est justement ce qui fait le charme du film. On passe d’une intrigue d’espionnage improbable à des numéros musicaux pleins d’énergie, avec ballets, claquettes et voix suaves. 

Et pour une fois, Dean Martin et Jerry Lewis font de vrais numéros ensemble. Leur complicité fonctionne à merveille : Dean incarne l’élégance nonchalante, le crooner charmeur qui semble tout réussir sans effort, tandis que Jerry est un feu d’artifice permanent, une mécanique burlesque incontrôlable. Les pitreries de Lewis font mouche, ses grimaces et sa gestuelle semblent fonctionner à l’électricité. 

Les numéros musicaux participent aussi au plaisir. On sent la patte d’un spécialiste du genre à la baguette, avec des séquences qui mélangent humour et spectacle. Shirley MacLaine apporte un charme irrésistible et une énergie incroyable, tandis que Dean Martin assure la partie musicale avec son style inimitable. 

Au final, ne vole peut-être pas très haut, d’accord. Mais ce n’est pas le but. C’est un film drôle et charmant, un pur divertissement où le burlesque rencontre la comédie musicale. Et quand Jerry Lewis est sous pile électrique Wonder, le spectacle est garanti. 

Probablement l’un des meilleurs films du tandem Martin-Lewis. Un joyeux mélange de gags, de chansons et de folie douce qui rappelle qu’au cinéma, parfois, le simple plaisir de rire suffit largement. Et franchement, pour oublier un moment le quotidien… et le prix du pain, c’est déjà beaucoup. 🎬 

NOTE : 13.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

Acteurs non crédités