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dimanche 7 juin 2026

18.10 - MON AVIS SUR LE FILM LA MAUVAISE EDUCATION DE PEDRO ALMOROVAR (2004)


 Vu le Film La Mauvaise Education de Pedro Almodovar (2004) avec Gael Garcia Bernal Fele Martinez Agustin Almodovar Javier Camara Daniel Gimenez Cacho Lluis Homar


Deux garçons, Ignacio et Enrique, découvrent l'amour, le cinéma et la peur dans une école religieuse au début des années soixante. Le père Manolo, directeur de l'institution et professeur de littérature, est témoin et acteur de ces premières découvertes.

Deux garçons, Ignacio et Enrique (Fele Martínez), découvrent l'amour, le cinéma et la peur dans une école religieuse au début des années 1960. Le père Manolo (Daniel Giménez Cacho), directeur de l'établissement et professeur de littérature, est à la fois témoin et acteur de ces premières découvertes.

Les trois personnages se retrouveront à deux autres reprises, à la fin des années 1970 puis en 1980. Cette seconde rencontre marquera profondément leur existence et conduira même à la mort de l'un d'entre eux.

Pour moi, c'est sans doute le film le plus important et le plus beau du cinéma de Pedro Almodóvar. L'œuvre est certes moins autobiographique qu'on pourrait le croire, mais elle est nourrie de nombreux souvenirs du réalisateur, notamment de l'Espagne franquiste qu'il a connue.

Almodóvar signe ici un véritable chef-d'œuvre dont on ressort bouleversé. À travers cette histoire, il évoque une époque, mais aussi certaines pratiques de l'Église dans sa grande généralité, même si le récit concentre ses démons sur le père Manolo, figure désignée comme principale responsable.

C'est également l'histoire d'un phénomène qui a touché bien des pays : celui d'institutions religieuses qui n'ont pas respecté les enfants placés sous leur protection. La première scène entre les deux garçons m'a immédiatement fait penser à des films comme Les Amitiés particulières, où une relation innocente finit par être détournée par des adultes et bouleverse des vies entières. On pense aussi à Grâce à Dieu de François Ozon.

D'un côté, des enfants innocents ; de l'autre, des prédateurs dissimulés derrière la religion, les protections institutionnelles, les mensonges, l'injustice et des pulsions malsaines qui n'ont rien à voir avec les sentiments sincères de l'enfance. Cela s'est produit dans de nombreux internats religieux et catéchismes, souvent avec l'aveuglement involontaire des parents, persuadés qu'un homme d'Église ne pouvait pas mentir.

Le film navigue entre deux périodes : l'enfance des protagonistes sous le franquisme, puis la fin des années 1970, dans une Espagne qui commence à changer mais où les blessures du passé restent encore très présentes.

Juan, le frère d'Ignacio (Gael García Bernal), tente de démêler ce qui s'est réellement passé durant ces années d'enfance et de retrouver Enrique ainsi que le souvenir de son frère. Personnage ambigu, manipulateur et prêt à tout pour parvenir à ses fins, il évolue dans un univers où les identités se brouillent. Ignacio, de son côté, n'est plus l'enfant angélique qu'il était autrefois : devenu toxicomane, prostitué puis transgenre sous l'identité de Zahara, il transforme ses années de souffrance en matière littéraire. Enrique, lui, nourrit l'ambition de devenir cinéaste, sorte de double évident d'Almodóvar que l'on retrouvera plus tard dans Douleur et Gloire.

L'une des grandes forces du film est de brouiller constamment les pistes. Qui est réellement la victime ? Qui est le coupable ? Comment vivent les traumatismes ceux qui les ont subis, mais aussi leur entourage ? Et que devient le prédateur, cet homme à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession ? Qui est vraiment Juan ? Où commence Ángel, où finit Zahara, cette figure flamboyante qui embrase les nuits madrilènes ?

Le film m'éblouit par sa photographie, ses costumes et sa mise en scène. Pourtant, il me met profondément mal à l'aise, comme Grâce à Dieu, tant il montre l'aveuglement de certains et la pauvreté morale de ces prédateurs. Et pourtant, les alertes n'ont pas manqué, souvent depuis très longtemps.

Pedro Almodóvar est un immense réalisateur et un conteur exceptionnel. Ici, il atteint pour moi un sommet de son art.

Les jeunes Raúl García Forneiro (Enrique) et Nacho Pérez (Ignacio) sont bouleversants de justesse et de sensibilité. Les interprètes adultes, Fele Martínez et Francisco Boira, sont eux aussi remarquables. Mais c'est surtout Gael García Bernal qui impressionne par une composition hallucinante, mêlant tendresse, cruauté, désir, amour et ambiguïté. En homme comme en femme, il dégage une beauté incandescente et livre sans doute l'une des plus grandes performances de sa carrière.

Un film qui m'a profondément touché et bouleversé. Et comme souvent chez Almodóvar, la partition musicale d'Alberto Iglesias est tout simplement magnifique.

NOTE : 18.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION



12.20 - MON AVIS SUR LE FILM CANDLIGHT IN ALGERIA DE GEORGE KING (1944°


 Vu le Film Candlelight In Algeria (Opération Torch) de George King (1944) avec James Mason Carla Lehman Raymon Lovell Enid Stamp Taylor Walter Rilla


Film totalement inconnu pour moi jusqu'à aujourd'hui, Candlelight in Algeria est un film d'espionnage britannique réalisé en pleine guerre, avec un jeune James Mason qui n'a pas encore acquis le statut de vedette internationale qu'il connaîtra après-guerre. Ne vous attendez pas à un ancêtre de James Bond : nous sommes davantage dans un polar sombre et tendu que dans un récit d'espionnage spectaculaire.

L'intrigue repose sur la préparation de l'opération Torch, le débarquement allié en Afrique du Nord. Malheureusement, le scénario est bourré de facilités et multiplie les raccourcis. On sent que les scénaristes cherchent avant tout l'efficacité dramatique, quitte à tordre sérieusement la réalité historique. Message politique destiné à soutenir l'effort de guerre ou simple simplification maladroite d'événements encore récents à l'époque ? La question mérite d'être posée.

Car dans les faits, le débarquement à Alger s'est déroulé de façon beaucoup moins romanesque. Grâce à l'action de la Résistance locale et au soutien d'une partie des officiers français, l'opération s'est effectuée sans véritable affrontement majeur. Ce n'est qu'ensuite que la majorité des militaires français présents sur place s'est ralliée aux Alliés. Le film préfère quant à lui les complots, les agents secrets et les péripéties imaginaires.

La mise en scène trahit également le manque de moyens de la production. Les bagarres sont souvent expédiées hors champ, les scènes d'action manquent d'ampleur et l'ensemble paraît parfois très théâtral. George King compense comme il peut par une atmosphère assez noire et quelques moments de tension bien amenés, mais le budget limité reste visible à chaque instant.

Il n'en demeure pas moins une certaine curiosité pour les amateurs de cinéma de guerre ou d'espionnage. Voir James Mason dans l'un de ses premiers rôles importants possède un intérêt évident, tout comme découvrir la manière dont le cinéma britannique de l'époque tentait de mettre en images un conflit encore en cours. Un film mineur, historiquement discutable et techniquement modeste, mais qui conserve aujourd'hui le charme des œuvres oubliées et des témoignages de leur temps.

NOTE : 12.20

FICHE TECHNIQUE

Directed byGeorge King
Screenplay byKatherine Strueby
Brock Williams
Story byDorothy Hope
Produced byGeorge King
John Stafford
StarringJames Mason
Carla Lehmann
Raymond Lovell
Enid Stamp Taylor
CinematographyOtto Heller
Edited byWinifred Cooper
Terence Fisher
Music byRoy Douglas
James Turner
Jack Beaver
Production
company
British Aviation Pictures
Distributed byBritish Lion Film Corporation (United Kingdom)
20th Century Fox (United States)
DISTRIBUTION