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mercredi 15 avril 2026

9.90 - MON AVIS SUR LE FILM KNOX DE MICHAEL KEATON (2023)

 


Vu le Film Knox de Michael Keaton (2023) avec Michael Keaton Michael Madsen Al Pacino Suzy Nakamura Joanna Kulig Ray McKinnon Lela Loren Marcia Gay Harden 

John Knox est un tueur à gages expérimenté travaillant pour le compte d'un certain Jericho. Cependant, il voit ses capacités peu à peu diminuer. Il passe alors des examens médicaux. Le docteur lui diagnostique une forme de démence à évolution rapide : la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Le docteur Burns le prévient qu'il ne lui reste que quelques semaines et lui conseille de se rapprocher de sa famille. 

On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et Keaton l’a bien compris. Quinze ans après The Merry Gentleman, il repasse derrière la caméra… mais surtout devant. Et pas pour faire de la figuration. Non. Il s’offre un rôle à contre-emploi : un tueur à gages. Lui, l’ancien sauveur de Gotham dans Batman, qui troque la cape pour une conscience qui s’effriteForcément, il y a un petit goût de revanche -dedans, ou au moins une frustration assumée de ne pas avoir assez joué dans ce registre. 

John « Aristotle » Knox, c’est un professionnel. Méthodique, froid, précis. Mais voilà, le corps lâche. Le cerveau surtout. Diagnostic brutal : la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Et pour un homme dont le métier repose sur la mémoire, les détails, la rigueur… c’est comme demander à un pianiste d’oublier ses notes. 

Alors Knox s’organise. Il met de l’ordre dans sa vie, comme on nettoie une scène de crime. Il s’appuie sur Xavier Crane, escroc élégant joué par Al Pacino. Mentor, amipeut-être un peu les deux. Et puis cette idée qui surgit : un dernier contrat. Mais pas un contrat comme les autres. Un contrat personnel. Trop personnel. Celui qui ne laisse pas de place au retour en arrière. 

Le film avance alors comme une mécanique connue. Très connue. Un thriller classique, presque scolaire par moments. On pense à des figures comme Mr. Wolf dans Pulp Fiction, ce genre de personnages qui règlent les problèmes avec efficacité et détachement. Sauf qu’ici, la machine grippe. La mémoire flanche. Et c’est là que le film trouve son petit supplément d’âme. 

La mise en scène de Keaton est sobre. Trop peut-êtreIl ne cherche jamais à en faire trop, mais du coup, il ne marque pas vraiment non plusC’est propre, appliqué, mais sans éclat. On sent un réalisateur qui contrôlemais qui n’ose pas déborder. Pas de vraie prise de risque visuelle, pas de tension qui exploseÇa reste contenupresque trop sage pour un sujet aussi brutal. 

 
Keaton suit une ligne droite, avec ses étapes attendues. La maladie comme compte à rebours, le dernier acte comme rédemption, et cette sensation permanente d’avoir déjà vu ça ailleurs. Mais il tient grâce à son idée centrale : la perte de mémoire comme ennemi intérieur. Et ça, ça fonctionne. 

Mais soyons honnêtes : le cœur du film, ce sont les acteurs. Keaton est fatiguéusépresque déjà ailleurs. Et c’est exactement ce qu’il faut. Il joue sur la retenue, sur les silences, sur les trous. Il ne surjoue jamais la maladie, il la laisse s’installer doucementcomme une ombre. 

Face à lui, Pacino… c’est Pacino. Moins flamboyant qu’avant, plus posépresque crépusculaire. On sent la légendemais aussi le poids des années. Et quelque part, ça colle parfaitement au film. Deux icônes, un peu loin de leur gloire d’antan, qui se retrouvent dans une histoire de fin de parcours. Presque un miroir. 

Et puis il y a ce final. Celui qui relève le tout. Celui qui donne du sens à ce voyage un peu trop balisé. Sans lui, le film serait resté un thriller efficace mais anecdotique. Avec lui, il gagne une dimension plus humaine, plus amère. 

Knox Goes Away est un thriller efficaceoui. Mais qui manque de jus. De folie. De cette étincelle qui fait passer d’un bon film à quelque chose de mémorable. 

Reste un Keaton solideun Pacino fidèle, et cette idée simple : 
quand la mémoire s’efface, il ne reste plus que les choix. Et parfois, un dernier. 

NOTE : 9.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Michael Keaton
  • Scénario : Gregory Poirier
  • Musique : Alex Heffes
  • Directeur artistique : Glen Hall
  • Décors : William Arnold
  • Costumes : Debra Hanson
  • Photographie : Marshall Adams
  • Montage : Jessica Hernández
  • Production : Nick Gordon, Trevor Matthews, Michael Sugar et Ashley Zalta
  • Sociétés de production : Brookstreet Pictures et Sugar 23
  • Sociétés de distribution : Elevation Pictures (Canada), Saban Films (États-Unis)


DISTRIBUTION