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mardi 30 juin 2026

9.80 - MON AVIS SUR LE FILM LE DIABLE D'HABILLE EN PRADA 2 DE DAVID FRANKEL (2026)


 Vu le Film Le Diable s'Habille en Prada 2 de David Frankel (2026) avec Anne Hattaway Meryl Streep Emily Blunt Stanley Tucci Simone Ashley Patrick Brammal Pauline Chalamet Caleb hearon


Andy Sachs, désormais rédactrice en chef, voit son ancienne patronne, une femme de caractère, évoluer dans un paysage médiatique en constante mutation qui menace son empire de la presse.

Il y a des suites qui prolongent une œuvre, d'autres qui la réinventent… et puis il y a celles qui semblent n'avoir été conçues que pour faire sonner le tiroir-caisse. Le Diable s'habille en Prada 2 appartient malheureusement à cette dernière catégorie. Vingt ans après le succès du premier film de David Frankel, cette suite donne davantage l'impression de répondre à un impératif commercial qu'à une véritable envie de raconter une nouvelle histoire.

Pourtant, le premier épisode avait trouvé un équilibre presque parfait entre satire du monde de la mode, chronique sociale et comédie élégante. On pouvait espérer, à défaut de retrouver la fraîcheur de l'original, un minimum d'inventivité. Hélas, le scénario est pratiquement inexistant et ressemble à un vulgaire copié-collé du premier film. On reprend les mêmes personnages, les mêmes mécanismes, les mêmes confrontations et l'on mélange le tout dans un méli-mélo particulièrement fouilli. Le résultat est une impression persistante de déjà-vu.

À plusieurs reprises, on a même le sentiment d'assister à un montage de scènes coupées du précédent film, recyclées puis incorporées tant bien que mal dans cette nouvelle intrigue. Rien ne surprend, rien ne captive réellement. On déroule la même trame narrative, mais alors en beaucoup, beaucoup moins bien.

Cette déception ne vient pas d'une attente démesurée. Elle vient simplement de la qualité du premier opus, qui nous faisait espérer un minimum d'inspiration. Ici, les personnages semblent tourner en rond, comme prisonniers de leur propre succès.

Même Miranda Priestly, pourtant devenue un personnage iconique grâce à l'immense Meryl Streep, paraît moins concernée. L'actrice reste élégante, impose toujours sa présence et son regard assassin fait encore mouche, mais il manque cette étincelle qui faisait de chacune de ses apparitions un véritable événement. Le personnage semble fonctionner en pilote automatique.

Il est d'ailleurs assez amusant – même si ce n'est peut-être pas le mot – de constater qu'en deux décennies nos héroïnes n'ont pratiquement pas vieilli d'une ride. Les produits de beauté doivent être d'une qualité exceptionnelle… à moins que le numérique, ou pire encore, l'IA, ne soit passé par là. Le miracle est presque plus spectaculaire que le scénario.

Le film tente bien d'esquisser une critique du milieu impitoyable de la mode et de la bourgeoisie new-yorkaise. Mais cette satire reste terriblement superficielle. Elle n'est jamais développée et finit complètement annihilée par la platitude d'une intrigue qui ne prend jamais son envol.

Heureusement, il reste quelques plaisirs pour les yeux. Les décors sont toujours aussi luxueux et les costumes somptueux. C'est sans doute ce que le film réussit le mieux. Encore faut-il se contenter de les admirer de loin, car on ne peut ni se les offrir… ni même les regarder trop longtemps, tellement ils respirent le luxe inaccessible.

Le casting fait ce qu'il peut avec un matériau bien pauvre, mais aucun comédien ne peut sauver un scénario qui recycle sans imagination ce qui fonctionnait autrefois.

Le Diable s'habille en Prada 2 ressemble davantage à une opération nostalgie qu'à une véritable suite. Une copie pâle de son prestigieux modèle, sans mordant, sans surprise et surtout sans nécessité.

Bref… vraiment pas terrible. Un film inutile. Et c'est bien dommage, car le premier nous avait habillés avec élégance ; celui-ci nous laisse simplement sur le carreau.

Une robe Prada vous attend à l'accueil... Pardon, une robe Tati. Il n'y a pas marqué Versailles ici ! »

NOTE : 9.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


12.80 - MON AVIS SUR LE FILM LA DANSE DES RENARDS DE VALERY CARNOY (2025)


 Vu le Film La Danse des Renards de Valery Carnoy (2025) avec Samuel Kircher Jean Baptiste Durand Faycal Anaflous Anna Heckel Jef Jacobs Yoann Blanc Raphael Thiery


Dans un internat sportif, Camille, un jeune boxeur virtuose, est sauvé in extremis d’un accident mortel par son meilleur ami Matteo. Alors que les médecins le pensent guéri, une douleur inexpliquée l’envahit peu à peu, jusqu’à remettre en question ses rêves de grandeur.

La Danse des Renards de Valery Carnoy est une très belle surprise. Je ne m'attendais pas à être autant embarqué par cette fable de résilience qui parle autant de boxe que de la difficulté de grandir. Et c'est justement là sa plus belle réussite : ne jamais tomber dans les clichés du film sportif.

L'histoire nous plonge au cœur d'un internat où de jeunes boxeurs s'entraînent avec l'espoir d'atteindre le plus haut niveau. Parmi eux, Camille, jeune espoir talentueux mais fragile, doit composer avec une discipline de fer, les sacrifices du quotidien, la concurrence permanente et les attentes d'un encadrement qui ne laisse rien passer. Ici, chaque décision des entraîneurs peut devenir une récompense... ou une blessure d'ego.

Ce qui m'a plu, c'est que l'on ne suit pas des adolescents délinquants ou à problèmes. Certes, leur route est pavée d'échecs et de succès, de doutes et de remises en question, mais ce sont avant tout des jeunes qui cherchent leur place et tentent de construire leur avenir. Le film évite les raccourcis psychologiques et préfère observer ses personnages avec beaucoup de justesse.

On pourrait croire que la boxe occupe tout l'écran, mais en réalité il y en a relativement peu. Les combats comptent, bien sûr, mais ce sont surtout les instants de vie en internat qui donnent toute sa force au récit : les amitiés, les rivalités, la jalousie face aux choix de la direction ou de l'entraîneur, les frustrations qui peuvent faire disjoncter certains lorsque les efforts ne sont pas récompensés. La victoire est une obsession permanente. Pas question de juste participer.

Cette pression constante finit par devenir le véritable adversaire des jeunes pensionnaires. Chacun encaisse les coups à sa manière, parfois sur le ring, souvent en dehors.

Valery Carnoy filme tout cela avec beaucoup d'énergie, sans jamais forcer le trait. Sa mise en scène est tonique, nerveuse, mais laisse aussi respirer les personnages. On sent les corps souffrir, les regards se croiser, les ambitions se fracasser avant de renaître.

Chez les adultes, Jean-Baptiste Durand, que l'on avait adoré derrière et devant la caméra avec Chien de la casse, est excellent. Il apporte une autorité naturelle, sans caricature, et représente parfaitement ces éducateurs qui doivent constamment jongler entre exigence sportive et accompagnement humain.

Du côté des jeunes, beaucoup de visages inconnus apportent une vraie authenticité. Le seul réellement identifiable est Samuel Kircher. Comme son frangin, il n'est pas le plus expressif des comédiens, mais il possède une aura magnétique incroyable. Sa simple présence capte souvent le regard et suffit à transmettre bien des émotions.

Le film parle finalement moins de boxe que de transmission, de confiance et de dépassement de soi. Il rappelle que les plus grands combats ne se déroulent pas toujours entre quatre cordes.

Sans chercher le spectaculaire, La Danse des Renards touche juste. Une belle chronique sur l'adolescence, l'effort, les rêves parfois cabossés et cette envie de continuer malgré les coups reçus.

Un film tonique, humain et sincère où, effectivement, seule la victoire semble importante... et où il n'est jamais question de juste participer.

NOTE : 12.80

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisateur Valéry Carnoy
  • Scénario : Valéry Carnoy, en collaboration avec Jacques Akchoti
  • Musique Pierre Desprats
  • Photographie : Arnaud Guez
  • Décors : Yasmina Chavanne
  • Montage : Suzana Pedro
  • Son : Charlie Cabocel, François Aubinet, Thibaud Rie, Mathieu Cox
  • Production : Julie Esparbes, Inès Daïen Dasi
  • Sociétés de production : Hélicotronc et Les Films du poisson
  • Sociétés de distribution : Jour2Fête (France), Lumière (Belgique), Conic Films (Royaume-Uni)
  • Pays de production Drapeau de la Belgique BelgiqueDrapeau de la France France

DESTINATION