Pages

dimanche 5 juillet 2026

11.80 - MON AVIS SUR LE FILM LOVE ME TENDER DE ANNA CAZENAVE CAMBET (2025)

 


Avis sur le Film Love me Tender de Anna Cazenave Cambet (2025) avec Vicky Krieps Antoine Reinartz Monia Chokri Viggo Ferreira-Redier Féodor Atkine Julien de Saint Jean Aurélia Petit Park Ji-min


Clémence et Laurent, séparés depuis plusieurs années, partagent la garde de leur fils Paul. Cependant, lorsque Laurent apprend que Clémence a des relations avec des femmes, celui-ci décide de l'éloigner de son fils. Clémence va alors devoir se battre pour rester mère, femme et libre

Si vous êtes d'humeur joyeuse, ce film n'est pas pour vous. Si vous êtes dépressif, encore moins : cela risque d'accentuer votre dépression. Alors essayons de le découvrir dans un état intermédiaire.

Anna Cazenave Cambet adapte le roman de Constance Debré et nous plonge dans une séparation où il n'y a ni vainqueur ni véritable consolation. Clémence (Vicky Krieps), la quarantaine, a quitté son mari Laurent (Antoine Reinartz) pour vivre avec une femme, Sarah. Une décision assumée, mais dont les conséquences vont se révéler bien plus douloureuses qu'elle ne l'imaginait.

Le plus terrible n'est pas tant la rupture du couple que celle qui s'installe avec son fils Paul (Viggo Ferreira-Redier). La garde est confiée à Laurent et Clémence se retrouve enfermée dans un interminable parcours judiciaire. Elle utilise tous les recours légaux possibles pour retrouver une place auprès de son enfant, mais chaque décision semble la repousser un peu plus loin de lui.

Laurent, de son côté, n'a visiblement jamais digéré le départ de Clémence. On sent une rancœur permanente, une méfiance de tous les instants. Il refuse même de la recevoir seul, comme si chaque rencontre pouvait tourner au drame. Pourtant, le film évite le piège des violences physiques. Ici, les coups ne laissent pas de bleus. Ils sont psychologiques. Les humiliations, les non-dits, les procédures interminables et les petites vengeances quotidiennes font infiniment plus mal.

Et au milieu de cette guerre silencieuse, il y a Paul. Un enfant à qui l'on demande implicitement de choisir un camp, comme si un fils pouvait trancher entre son père et sa mère. C'est probablement ce qu'il y a de plus bouleversant dans le film.

Anna Cazenave Cambet filme tout cela avec une grande sobriété. Pas d'effets de manche, pas de musique qui force l'émotion, simplement des êtres humains qui s'abîment peu à peu dans une situation dont personne ne sort gagnant. Ce choix de mise en scène pourra sembler austère, mais il épouse parfaitement le sujet.

Vicky Krieps est formidable. Elle porte le film de bout en bout avec une intensité remarquable. Son regard, ses silences et sa manière d'exprimer la détresse sans jamais surjouer suffisent à nous faire comprendre ce que traverse Clémence. Une prestation tout en retenue qui confirme, une fois encore, son immense talent.

En revanche, je suis beaucoup moins convaincu par Antoine Reinartz, comme souvent. Son interprétation me laisse davantage à distance et je n'ai jamais réellement réussi à m'attacher à son personnage, même si celui-ci est volontairement difficile à aimer.

Love Me Tender n'est pas un film qui respire la joie ni le bonheur. Il ne cherche jamais à réconforter son spectateur. Il montre simplement que la vie de couple n'est pas un long fleuve tranquille et que certaines séparations continuent de faire des victimes bien après la signature des papiers.

Un film âpre, douloureux et profondément humain, qui ne laissera personne ressortir avec le sourire, mais qui rappelle avec beaucoup de justesse que les blessures les plus profondes sont souvent celles que personne ne voit.

Après Love Me Tender, nous vous conseillons une comédie. N'importe laquelle. Même une moyenne fera l'affaire.

NOTE : 11.80

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation Anna Cazenave Cambet[]
  • Scénario : Anna Cazenave Cambet
  • Photographie : Kristy Baboul
  • Montage : Joris Laquittant
  • Musique : Maxence Dussere
  • Société de production : Novoprod (en association avec 4 SOFICA)
  • Société de distribution : Tandem (France)[]
  • Durée : 134 minutes

DISTRIBUTION


samedi 4 juillet 2026

7.90 - MON AVIS SUR LE FILM OBSESSION DE CURRY BARKER (2026)

 


Vu le Film Obsession de Curry Barker (2026) avec Inde Navarette Michael Johnston Megan Lawless Cooper Tomlinson Andy Richter Haley Fitzgerald


J’ai passé une soirée en salles devant ce film d’épouvante et de frissons, et franchement, ça m’a confirmé ce que je pensais avant même d’entrer en salle.

L’histoire suit Bear, incarné par Michael Johnston, un jeune employé discret dans un magasin de musique. Il est amoureux depuis longtemps de Nikki, son amie d’enfance jouée par Inde Navarrette.

Ils bossent ensemble avec Ian (Cooper Tomlinson), le copain qui lance des blagues, Sarah (Megan Lawless), proche du groupe, et Carter (Andy Richter), le patron plutôt tranquille. Bear achète ce curieux objet, un One Wish Willow, dans une petite boutique. Il craque la branche et souhaite que Nikki l’aime plus que quiconque au monde. Le vœu se réalise immédiatement.

Au début, tout semble parfait pour lui. Nikki devient attentionnée, présente, presque trop. Mais très vite, son comportement change. Elle s’accroche, voit des rivaux partout, et les choses tournent mal. Les amis du groupe commencent à trouver ça étrange.

Les événements s’enchaînent avec des moments de tension soudains, des actes violents qui surgissent sans prévenir. La scène où une tête finit dans le volant reste particulièrement brutale, un choc visuel qui marque.

Pourtant, le film met du temps à démarrer. Les trente premières minutes s’étirent, on tourne autour des personnages sans que grand-chose n’arrive vraiment. Tout reste très prévisible : on sent les pièges arriver, les réactions des uns et des autres. Le scénario ne creuse pas beaucoup.

Il effleure la dépendance affective, l’obsession, mais sans aller loin, comme s’il avait peur de trop développer.Les acteurs font ce qu’ils peuvent. Michael Johnston donne à Bear ce côté gentil et maladroit qui colle au rôle. Inde Navarrette porte une grande partie de l’intensité, surtout quand son personnage bascule. Cooper Tomlinson et Megan Lawless apportent une touche légère entre amis, Andy Richter reste dans la discrétion.

Mais globalement, le jeu sonne souvent forcé, surtout dans les passages plus dramatiques.Ce qui me gêne le plus, c’est que le film mise tout sur des pics bien placés pour surprendre, mais ils deviennent vite évidents et presque drôles à force. On rit jaune devant tant de calcul.

Ça se veut effrayant, pourtant ça penche plus vers le comique involontaire que vers la vraie peur. Les maîtres comme Romero ou Raimi savaient construire une atmosphère solide avec un scénario qui tient debout. Ici, rien de tel.

C’est pensé pour un public jeune qui cherche des sensations rapides, sans besoin de profondeur.Le discours sur l’amour toxique reste court, superficiel. On sent le formatage pour des visions courtes, des moments qui claquent à l’écran sans laisser de trace.

Le début lent, la prévisibilité constante, l’ensemble qui joue sur l’effet de surprise plutôt que sur l’angoisse durable… tout ça fait que je ne m’y retrouve pas.Ce n’est pas mon genre de cinéma, même dans l’horreur. J’aime quand la peur repose sur une vraie construction, pas sur des artifices évidents.

Malgré tout, je ne suis pas déçu : je n’attendais rien de particulier. C’est un divertissement calibré pour teenagers, efficace pour eux, mais qui me laisse assez indifférent. Un film qui passe, sans plus. Voilà ce que j’en retiens après l’avoir vu et qui fera un cartoon sur Tik Tok

NOTE : 7.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation et scénario Curry Barker
  • Musique : Rock Burwell
  • Décors : Vivian Gray
  • Costumes : Blair James
  • Photographie : Taylor Clemons
  • Montage : Curry Barker
  • Production : James Harris, Christian Mercuri, Roman Viaris et Haley Nicole Johnson
    • Production associée : Cooper Tomlinson
    • Production exécutive Jason Blum, Leonora Darby, David Haring, Ruzanna Kegeyan et Mark Lane
  • Sociétés de production Blumhouse Productions, Capstone Pictures et Tea Shop Productions
  • Sociétés de distribution Focus Features (États-Unis), Le Pacte (France)
  • Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis

DISTRIBUTION

13.00 - MON AVIS SUR LE FILM CRIME CONTRE L'HUMANITE DE NORMAN JEWISON (2003)


 Vu le Film Crime Contre l Humanité de Norman Jewison (2003) avec Michael Caine Tilda Swinton Jeremy Northam Charlotte Rampling Ciarian Hinds Alan Bates


Il y a des films qui divertissent. Et il y a ceux qui mettent un coup de poing dans l'estomac. Crime contre l'Humanité fait partie de cette seconde catégorie. Ici, aucune place pour le sourire. Norman Jewison signe un thriller politique et judiciaire d'une noirceur absolue, inspiré notamment de l'affaire Paul Touvier, l'un des criminels de guerre français les plus tristement célèbres.

Pendant des décennies, dans le sud de la France, certains ont préféré protéger un homme plutôt que la vérité. Police, justice, mais surtout une partie de l'Église catholique ont caché, nourri, financé et menti pour permettre à cet homme d'échapper à la justice. Une réalité qui dépasse parfois la fiction et qui donne au film une puissance encore plus glaçante.

Pour incarner ce monstre, Jewison a eu une idée de génie : choisir l'un des acteurs les plus sympathiques du cinéma, Michael Caine. Celui que l'on associe si souvent à l'élégance, à la bienveillance ou à l'humour devient ici le visage du mal. Son Pierre Brossard ne crie jamais, n'en fait jamais trop. Il est calme, presque courtois. C'est justement ce qui le rend terrifiant. Chaque regard, chaque silence, chaque mot prononcé donne froid dans le dos. Michael Caine livre sans doute l'une des prestations les plus glaçantes de sa carrière.

Face à lui, Tilda Swinton incarne une juge déterminée à faire émerger la vérité, tandis que Jeremy Northam campe un gendarme dont l'enquête va peu à peu mettre au jour des complicités insoupçonnées. Tous deux avancent dans un véritable champ de mines politique et moral, où chaque révélation fait vaciller un peu plus les certitudes.

Mais le film ne s'arrête pas à la simple traque d'un ancien criminel de guerre. Il démontre que la vérité d'un instant n'est jamais aussi simple qu'elle en a l'air. Derrière la chasse menée par un groupe juif contre Pierre Brossard se cache une autre interrogation : cet homme est-il seulement poursuivi par ceux qui veulent le juger... ou également par ses anciens complices qui souhaitent le faire taire avant qu'il ne parle ?

C'est toute l'intelligence du scénario. Jewison ne livre jamais un thriller manichéen. Il construit un récit où les fantômes de la Seconde Guerre mondiale continuent d'empoisonner le présent, où les réseaux d'influence, les silences et les mensonges semblent parfois plus dangereux que les armes.

L'atmosphère est lourde du début à la fin. Chaque scène respire la peur, la culpabilité et les non-dits. On sent que le passé refuse de mourir et qu'il continue de hanter les vivants.

Le casting international est d'une remarquable justesse. Aucun acteur ne cherche à voler la vedette à l'autre. Chacun apporte sa pierre à un édifice d'une redoutable efficacité.

Ce qui glace le plus, c'est que le film rappelle une évidence souvent oubliée : les crimes contre l'humanité ne disparaissent pas avec le temps. Tant que les responsables sont protégés, ils continuent d'exister dans la mémoire des victimes.

Crime contre l'Humanité n'est pas un film rigolo. Pas une seule seconde. C'est un film passionnant, oppressant, profondément dérangeant. Un thriller qui fait froid dans le dos parce qu'il puise sa force dans une réalité historique que certains auraient préféré voir disparaître.

Et lorsqu'un acteur aussi profondément humain que Michael Caine réussit à incarner avec une telle crédibilité l'horreur absolue, on comprend que les plus grands monstres ne sont pas toujours ceux qui hurlent. Ce sont parfois ceux qui vous regardent avec le sourire

NOTE : 13.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION