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dimanche 20 septembre 2026

7.10 - MON AVIS SUR LE FILM KING KONG 2 DE JOHN GUILLERMIN (1986)

 


Vu le Film King Kong 2 de John Guillermin (1986) avec Linda Hamilton Brian Kerwin John Ashton Frank Maraden Peter Michael Goetz Alan Sander Mike Star Peter Elliot (Kong)


Pour faire une suite après un succès, il faut avoir des idées et pas simplement un carnet de chèques. Avec King Kong 2, on a malheureusement surtout l’impression que les producteurs avaient trouvé le carnet, mais qu’ils avaient oublié les idées au vestiaire. Pourtant, sur le papier, reprendre John Guillermin à la réalisation pouvait laisser espérer une certaine continuité avec le King Kong de 1976. Mais Guillermin revient ici comme un clone mal programmé, incapable de retrouver le souffle du premier film.


Et comme si cela ne suffisait pas, changement de casting total. Peut-être que Jeff Bridges et Jessica Lange avaient vu le temps tourner et senti la daube qui se préparait, préférant laisser leur place à d'autres aventuriers de la jungle. Nous retrouvons donc Linda Hamilton, Sarah Connor avant l'heure, mais ici beaucoup plus à l'aise avec les robots qu'avec les gorilles, accompagnée de Brian Kerwin dans le rôle de Hank Mitchell, un chirurgien qui participe à la tentative de sauver Kong.


Car notre gorille géant n'est pas mort comme on aurait pu le croire. Après sa chute du World Trade Center, Kong est maintenu artificiellement en vie dans une sorte de coma, mais son cœur est tellement abîmé qu'il lui faut une greffe. Et puisqu'à Hollywood tout problème médical peut évidemment être réglé avec un autre gorille, les scientifiques partent à la recherche d'une femelle de la même espèce afin de lui offrir un cœur tout neuf. C'est ainsi qu'apparaît Lady Kong, capturée dans la jungle de Bornéo avant d'être ramenée aux États-Unis.


Évidemment, entre Kong et Lady Kong, ce n'est pas seulement une affaire de transplantation cardiaque. Le grand singe retrouve des instincts amoureux et les deux bestiaux vont rapidement connaître les joies de la vie de couple, avec en prime un petit Kong à venir. Mais les hommes d'affaires qui ont remis la main sur notre vedette n'ont pas prévu de lui offrir une paisible retraite familiale au milieu des cocotiers. Kong reste une attraction, une source de profit et surtout une énorme machine à billets.


Le problème, c'est que tout cela ressemble davantage à un scénario pour écolier en CM1 de cinéma qu'à une véritable suite au film de 1976. Même le changement de casting n'arrange rien. Linda Hamilton fait ce qu'elle peut avec un personnage qui semble avoir été écrit entre deux cafés, Brian Kerwin traverse l'aventure sans laisser une grande trace et les autres acteurs donnent parfois l'impression d'attendre tranquillement leur chèque en regardant passer le gorille.


Quant aux effets spéciaux, ils semblent eux aussi avoir attendu leur chèque. Le film accuse sérieusement son âge et certaines scènes donnent davantage l'impression d'assister à une attraction de fête foraine qu'à une grande aventure hollywoodienne. Le pauvre Kong se retrouve parfois prisonnier d'effets visuels qui n'ont manifestement pas été livrés en temps et en heure, ce qui transforme rapidement la jungle en terrain de jeu pour un nanar en puissance.


Le plus amusant reste finalement le générique de fin, qui nous rappelle que l'épreuve est terminée et que nous sommes enfin sauvés. Et ça, c'est déjà une belle qualité pour un film : savoir quand il faut nous libérer.


Heureusement, quelques années plus tard, Peter Jackson remettra le gorille dans la jungle et rendra enfin à King Kong une partie de la grandeur qu'il mérite. En attendant, cette deuxième aventure de notre grand singe ressemble surtout à une suite fabriquée parce qu'il fallait absolument exploiter le succès du premier film, avec beaucoup de dollars autour et beaucoup moins d'imagination dedans.


Comme dirait Georges Brassens : « Gare aux gorilles »… mais surtout gare aux gorilles de pacotille.

NOTE : 7.10

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13.00 - MON AVIS SUR LE FILM THOMAS L IMPOSTEUR DE GEORGES FRANJU (1965)

 


Vu le film Thomas l'Imposteur de Georges Franju (1965) avec Fabrice Rouleau Emmanuelle Riva Jean Servais Jean Marais (narrateur) Sophie Darès Michel Vitold Rosy Varte Hélène Dieudonné Edith Scott Gabrielle Dorziat Jean Roger Caussimon Charles Aznavour


Sur le papier, l’association du maître du fantastique français Georges Franju, réalisateur de Judex et des Yeux sans visage, avec l’écrivain et poète Jean Cocteau, auteur de La Belle et la Bête et d’Orphée, a de quoi surprendre. Surtout que du fantastique, dans Thomas l’Imposteur, il n’y en a guère. On est plutôt dans une histoire de cloche où un jeune adolescent de seize ans essaie d’exister à travers ses mensonges, histoire de se fabriquer une vie et surtout des histoires à raconter.

Thomas, interprété par Fabrice Rouleau, est une sorte de romantique noir, et son imposture se teinte peu à peu de rouge sang tellement ses mensonges ne peuvent finalement l’amener qu’à la mort. En pleine guerre, Thomas se fait passer pour quelqu’un qu’il n’est pas et découvre un monde où l’apparence, les mots et les récits permettent de prendre une place que la réalité ne lui aurait jamais donnée.

Le front de guerre devient pour lui, comme pour la princesse interprétée par Emmanuelle Riva, une sorte de théâtre où chacun peut exprimer ses désirs, ses peurs et ses illusions. On est finalement beaucoup plus dans l’esprit de Cocteau que dans celui de Franju, avec ce mélange d’académisme et de fulgurances poétiques qui traverse le film.

Et puis il y a les voix, magnifiques, presque irréelles, avec celle, magnétique, d’Emmanuelle Riva, mais aussi celle de Jean Servais. Le contraste entre certaines scènes, notamment celle du cheval, et les voix monocordes du jeu des acteurs nous laisse parfois pantois, comme si le film hésitait constamment entre le théâtre, le rêve et le récit de guerre.

Fabrice Rouleau, fils du réalisateur Raymond Rouleau, fait ce qu’il peut dans le rôle de Thomas. Sa présence et surtout sa beauté suffisent finalement au personnage, qui repose beaucoup sur cette jeunesse fragile et cette volonté de se donner une importance qu’il n’a pas.

Un film avec du Cocteau sans Jean Marais ? Si, si, ne vous inquiétez pas, il est bien là, puisque c’est lui qui assure la voix off du film. Comme quoi, même lorsqu’il n’apparaît pas à l’écran, Cocteau trouve encore le moyen de faire entrer Jean Marais par une petite porte !

La fin de Thomas est terrible, car derrière l’imposteur et ses mensonges, il reste surtout un gamin de seize ans qui n’aura finalement pas profité de sa jeunesse ni de sa vie. Il voulait probablement vivre une aventure, il en aura surtout fabriqué le récit avant que la réalité ne le rattrape brutalement.

Thomas l’Imposteur est donc un film étrange, parfois académique, parfois traversé par de véritables fulgurances, où Franju semble finalement laisser davantage de place à l’univers de Cocteau qu’à son propre fantastique. Et cette histoire d’un gamin qui s’invente une existence jusqu’à s’y perdre possède quelque chose de profondément romantique et tragique, exactement dans l’esprit de ses deux maîtres.

NOTE : 13.00

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samedi 19 septembre 2026

15.20 - MON AVIS SUR LE FILM QUAND VIENT LA NUIT DE MICHAEL R.ROSKAM (2014)

 


Vu le film Quand Vient la Nuit de Michael R.Roskam (2014) avec Tom Hardy Noomi Rapace Matthias Schoenaerts James Gandolfini John Ortiz Elizabeth Rodriguez Morgan Spector James Frechville


Il semble toujours difficile pour un réalisateur européen, après un premier film réussi comme Bullhead, de faire ses premiers pas dans l’univers d’Hollywood. On lui permet souvent de faire ses gammes en tant que filmmaker, mais avec cette curieuse impression qu’il doit quand même rester à sa place. Et bien Michael R. Roskam, lui, arrive avec ses habitudes européennes et surtout avec des acteurs qui le sont tout autant, Noomi Rapace, Tom Hardy et Matthias Schoenaerts, pour adapter une œuvre de Dennis Lehane, l’auteur de Mystic River. Et le résultat est un vrai thriller, qui peut rappeler le film déjà cité ou certains films réalisés par Ben Affleck.

On est pourtant davantage dans le thriller que dans le film d’action, car malgré les personnages et le milieu dans lequel ils évoluent, il ne se passe finalement pas énormément de choses. Mais ce n’est absolument pas gênant, car Quand vient la nuit est avant tout un film d’ambiance, dans lequel Roskam prend son temps pour nous permettre de découvrir petit à petit la véritable nature des personnages.

Bob Saginowski, barman solitaire interprété par Tom Hardy, travaille dans un bar de Brooklyn appartenant à son cousin Marv, joué par James Gandolfini, ancien caïd qui a perdu beaucoup de son pouvoir. Le bar sert également de « Drop Bar », ces établissements utilisés par la mafia pour blanchir son argent. Lorsque le bar est braqué, Bob se retrouve malgré lui au centre d’une histoire qui va faire remonter à la surface de vieux drames et surtout réveiller des personnages qui n’ont pas grand-chose à perdre.

Car ici, tout le monde ment et personne n’est vraiment celui qu’il prétend être. Certains se donnent plus de pouvoir qu’ils n’en ont réellement, d’autres jouent les salauds alors qu’ils sont beaucoup plus fragiles qu’ils veulent le laisser croire. Et puis il y a ceux qui sont transparents, comme le dit finalement un flic, capables de manipuler leur petit monde pour parvenir à leur propre quête.

Bob est justement de ceux-là. Un homme solitaire, presque effacé, qui semble vivre en marge des autres et dont le seul véritable lien avec l’extérieur passe par un chien battu qu’il recueille. Un chien que BB aurait probablement apprivoisé depuis longtemps, mais Tom est déjà sur le coup.

Roskam filme d’ailleurs souvent comme James Gray, en s’intéressant à l’animalité des personnages, à leurs instincts, à leur violence contenue et à cette manière qu’ils ont de se regarder avant de passer à l’acte. Et le chien devient presque le représentant de cette animalité, miroir de personnages qui essaient tant bien que mal de rester humains.

Tout est filmé au plus près des acteurs, sur leurs visages, leurs regards, leurs silences et leurs expressions. La femme est ici presque laissée pour compte, voire légèrement sacrifiée, ne servant finalement qu’à garder le chien et à créer un lien avec Bob. Le film est surtout une affaire d’hommes, de solitude, de violence et de rapports de domination.

Tom Hardy confirme ici, après treize ans de carrière et surtout depuis Bronson, qu’il est un grand acteur. Il possède cette faculté assez rare de faire passer énormément de choses sans avoir besoin d’en faire des tonnes. Même sans expression, il est parfois plus expressif que la majorité des acteurs français, n’est-ce pas Guillaume !

À l’écran, Roskam nous offre également un duo féroce entre Tom Hardy et Matthias Schoenaerts, deux hommes qui semblent constamment se mesurer, avec une violence à fleur de peau et des sous-entendus à peine voilés. L’absence presque totale de femmes dans leur cercle renforce encore cette impression de confrontation permanente, comme si chacun cherchait à savoir jusqu’où l’autre est capable d’aller.

La violence, justement, surgit de manière aussi inattendue que prévisible, parce que Roskam nous fait comprendre dès le début que tout cela finira forcément par exploser. Il ne cherche pas l’action permanente, il préfère installer une tension qui monte lentement, jusqu’au moment où les masques tombent.

Quand vient la nuit est donc un thriller sombre, froid et surtout très humain dans ce qu’il montre de ses personnages, avec un réalisateur européen qui semble avoir parfaitement compris qu’Hollywood ne l’obligeait pas forcément à abandonner sa manière de filmer. Il garde cette proximité avec les acteurs, cette attention aux silences et cette fascination pour des hommes qui cachent beaucoup plus qu’ils ne veulent bien le montrer.

Et finalement, dans ce bar où circule l’argent sale, où chacun ment et où personne ne fait vraiment confiance à personne, le plus honnête de toute l’histoire est peut-être encore le chien. Ce qui, dans ce genre de film, est déjà un sacré compliment.

NOTE : 15.20

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