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jeudi 18 juin 2026

14.90 - MON AVIS SUR LE FILM SILENT MOVIE (LA DERNIERE FOLIE DE MEL BROOKS (DE MEL BROOKS) (1976)


 Vu le film Silent Movie (La Dernière Folie de Mel Brooks) de Mel Brooks (1976) avec Mel Brooks Dom de Luise Marty Feldman Harry Gould Sid Caesar Anne Bancroft

Bernadette Peters Burt Reynolds Liza Minelli James Caan Marcel Marceau Paul Newman

Mel Funn (Mel Brooks), un cinéaste hollywoodien sorti d'une cure de désintoxication, tente de convaincre les responsables d'un studio de cinéma de produire le premier film muet réalisé depuis quarante ans. Pour ce faire, Funn et ses amis (Marty Feldman et Dom DeLuise) vont se mettre en contact avec plusieurs acteurs connus afin que ceux-ci jouent dans leur film.

Merde !

Non, je ne vous insulte pas et je ne suis pas atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. « Merde ! », c'est tout simplement le seul mot prononcé dans Silent Movie (La Dernière Folie de Mel Brooks), et l'ironie suprême veut qu'il soit lâché par le plus grand mime du XXe siècle : Marcel Marceau. Rien que cette trouvaille résume parfaitement l'esprit du film. Une idée absurde, géniale et totalement brooksienne.

Au milieu des années 70, alors que le cinéma parlant règne sans partage depuis près d'un demi-siècle, Mel Brooks a l'idée folle de réaliser un film muet. Pas un hommage timide ou nostalgique, non : un véritable film muet moderne, tourné comme s'il débarquait tout droit de l'âge d'or de Hollywood.

Mel Funn, réalisateur au bord du naufrage interprété par Mel Brooks lui-même, entraîne avec lui ses deux acolytes, Marty Eggs (Marty Feldman) et Dom Bell (Dom DeLuise), dans une mission impossible. Le trio parcourt Los Angeles, les collines d'Hollywood, les studios et les luxueuses propriétés des vedettes afin de convaincre les plus grandes stars de participer à leur futur film muet. Un film sans scénario, sans argent ou presque, mais avec une montagne d'enthousiasme.

Leur périple les amène à croiser une galerie de célébrités qui jouent leur propre rôle avec un plaisir communicatif : Burt Reynolds, James Caan, Liza Minnelli, Paul Newman, Anne Bancroft – Madame Mel Brooks à la ville –, sans oublier le légendaire Marcel Marceau. Tous acceptent de se moquer de leur image avec une autodérision qui fait merveille.

Impossible de ne pas évoquer la fameuse séquence avec Paul Newman. Les cinéphiles attentifs comprendront immédiatement où Michel Hazanavicius est allé puiser certaines inspirations pour Rio ne répond plus, notamment lors de la scène de l'ascenseur. Le clin d'œil saute aux yeux.

Quant au reste, c'est un feu d'artifice ininterrompu. Pendant 96 minutes, Mel Brooks envoie les gags à la cadence d'une mitrailleuse. Les dialogues sont aux petits oignons... ce qui est déjà un exploit pour un film muet. Les situations s'enchaînent avec une logique de rêve éveillé où tout devient possible. On pense souvent à Laurel et Hardy, parfois aux Marx Brothers, toujours à cette tradition du burlesque qui transforme la moindre porte ou le moindre escalier en arme de destruction massive du sérieux.

C'est souvent en dessous de la ceinture, parfois au-dessus aussi, mais personnellement cela me fait rire du début à la fin. Brooks ne cherche jamais à être subtil ; il cherche à être drôle, et il l'est.

Dom DeLuise est irrésistible. Sid Caesar et Harold Gould apportent leur talent à l'ensemble. Mais celui qui emporte tout sur son passage reste Marty Feldman. Avec ses yeux impossibles, son sens du timing et sa capacité à rendre crédible les situations les plus délirantes, il est tout simplement monstrueux de drôlerie. Chaque apparition est un gag à elle seule.

Pour moi, Silent Movie demeure le meilleur film de Mel Brooks. C'est une déclaration d'amour au cinéma muet, une satire de Hollywood, une succession de trouvailles absurdes et surtout une machine à rire quasiment parfaite. On passe 96 minutes à se vider la vessie tant les éclats de rire sont nombreux.

Et quand on pense que Mel Brooks va fêter ses 100 ans à la fin du mois, on se dit qu'il méritait bien cet hommage. Peu de cinéastes auront autant célébré le rire sous toutes ses formes. Avec Silent Movie, il a réussi l'impossible : faire un film muet moderne qui continue, cinquante ans plus tard, à provoquer le même effet. Une folie. Une merveille. Une sacrée leçon de comédie.

NOTE- 14.90

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15.80 - MON AVIS SUR LE FILM RIVIERE SANS RETOUR DE OTTO PREMINGER (1954)


 Vu le Film Rivière san Retour de Otto Preminger (1954) avec Robert Mitchum Marilyn Monroe Tommy Rettig Rory Calhoun Murvyn Vye Douglas Spencer Tex Driscoll Dick Johnstone


En 1875, Matt Calder, un ancien repris de justice veuf, vient chercher Mark, son fils âgé de neuf ans, dans un camp de chercheurs d'or. C'est Kay, une chanteuse de saloon, qui avait pris l'enfant sous son aile.

Voilà le genre de film d'aventure qu'on ne fait plus. Du vrai cinéma spectaculaire, tourné dans des décors réels, où les acteurs semblent réellement affronter les éléments et où chaque rapide paraît prêt à engloutir les héros. Ici, pas d'effets numériques pour remplacer la nature : la rivière rugit, gronde, menace et devient le véritable cœur du film.

L'histoire nous emmène dans le Grand Ouest américain. Matt Calder (Robert Mitchum), ancien chercheur d'or, retrouve son jeune fils Mark après plusieurs années d'absence. À peine réunis, ils croisent la route de Kay Weston (Marilyn Monroe), chanteuse de saloon abandonnée par son compagnon Harry Weston (Rory Calhoun), joueur professionnel aussi séduisant qu'égoïste. Lorsque ce dernier leur vole leur cheval et leur fusil pour poursuivre son rêve de fortune, Matt, son fils et Kay n'ont d'autre choix que de descendre une rivière sauvage et dangereuse afin de survivre et de le retrouver.

J'ai dû découvrir ce film adolescent dans mon patronage, et c'est exactement le genre d'œuvre qui nous faisait rêver. Des forêts immenses, des montagnes majestueuses, des chercheurs d'or, des trappeurs, des fusillades, des rapides vertigineux et des héros plus grands que nature. Le cinéma d'aventure dans ce qu'il a de plus pur.

Et puis il y a le glamour. D'un côté Robert Mitchum, solide comme une charpente, taillé dans le bois brut, incarnation parfaite du pionnier capable d'affronter n'importe quelle tempête. De l'autre, la plus belle blonde du cinéma, Marilyn Monroe, qui va complètement désorienter notre pauvre Mitchum. Mais franchement, on ne va pas le plaindre.

Ce qui frappe aujourd'hui encore, c'est l'intelligence d'Otto Preminger. Lui qui n'était pas un spécialiste du western comprend parfaitement les codes du genre. Il sait doser l'action, le suspense, l'émotion et le romanesque avec une efficacité remarquable. Le film ne connaît pratiquement aucun temps mort et avance au rythme du courant qui emporte ses personnages.

Mais si Mitchum et Monroe sont devenus des légendes, la véritable star du film reste à mes yeux la rivière elle-même. Rarement un torrent aura été filmé avec une telle puissance. Chaque rapide devient une scène d'action, chaque cascade un obstacle presque insurmontable. La nature n'est pas un décor, elle est un personnage à part entière, probablement le plus important du récit.

Et comment ne pas évoquer les chansons qui ponctuent le métrage ? "The River of No Return", "I'm Gonna File My Claim", "Down in the Meadow" et surtout l'inoubliable "One Silver Dollar" chanté par Marilyn dans le saloon font désormais partie de la légende du cinéma. Monroe y révèle une présence incroyable, aussi sublime en robe de cabaret qu'en jean moulant, aussi naturelle face à ses partenaires que lorsqu'elle prend une guitare pour interpréter ces magnifiques chansons.

Son personnage apporte une sensibilité et une douceur qui contrebalancent parfaitement la rudesse du monde qui l'entoure. Elle n'est jamais réduite à son image de star ; elle existe pleinement dans l'histoire et trouve un excellent équilibre avec Mitchum, dont la sobriété et la puissance tranquille font merveille.

Revu aujourd'hui, Rivière sans retour conserve toute sa fraîcheur. Son format Scope sublime les paysages, son rythme demeure entraînant, son casting est idéal et son souffle d'aventure reste intact. C'est un film qui rappelle une époque où le cinéma savait nous faire voyager, rêver et nous donner envie de partir vers des horizons inconnus.

Du grand spectacle, du grand romantisme, de grandes vedettes et une rivière entrée dans la légende. Bref, du grand cinéma.

NOTE : 15.80

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12.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE SHERIF EST EN PRISON DE MEL BROOKS (1974)


 Vu le Film Le Shérif est en prison de Mel Brooks (1974) avec Cleavon Little Gene Wildel Harvey Korman Madeline Kahn Slim Pickens Burton Gilliam Mel Brooks John Hillerman


Afin de s'approprier des terrains à bas prix, deux notables nomment un jeune Noir shérif d'une bourgade très raciste. Ce dernier débarque dans la petite ville de l'ouest où il sera shérif, et où des promoteurs rapaces convoitent les terres des habitants

Considéré à juste titre comme l'un des meilleurs films de Mel Brooks, Le Shérif est en prison aurait sans doute donné des boutons à John Wayne. Ici, les shérifs, les bandits, les notables, les racistes de tous bords et même les mythes fondateurs du western passent à la moulinette d'un humour aussi féroce qu'irrévérencieux.

L'histoire est simple : afin de faire fuir les habitants d'une petite ville du Far West située sur le tracé d'un futur chemin de fer, un politicien véreux décide de leur imposer un shérif noir, Bart, incarné par Cleavon Little. L'idée est qu'une population rongée par ses préjugés raciaux se débarrassera elle-même de son nouveau représentant de la loi. C'était sans compter sur l'intelligence du bonhomme, aidé par Jim, un vieux pistolero alcoolique interprété par Gene Wilder.

Alors oui, la réalité est souvent plus belle que celle du film, mais quand ce sont des légendes, Mel Brooks adore taper là où ça fait mal. Et il tape fort. Le western américain, ses héros virils, ses cow-boys invincibles, ses citoyens respectables et même Hollywood lui-même en prennent pour leur grade.

Le plus étonnant reste que Brooks ose, en 1974, placer un shérif noir au centre de son récit et faire du racisme son principal sujet de moquerie. Le film n'est jamais tendre avec ses personnages. Les habitants de Rock Ridge sont souvent plus stupides que les Dalton les plus idiots. Quant aux bandits qui menacent la ville, ils sont aussi bêtes qu'Averell et presque aussi méchants que Joe.

Comme souvent chez Brooks, toutes les vannes ne font pas mouche. Certaines tombent à plat, d'autres paraissent aujourd'hui datées. Mais celles qui atteignent leur cible vous font encore mal à la prostate cinquante ans plus tard. Son sens de l'absurde, son goût du non-sens et sa capacité à dynamiter les conventions restent impressionnants.

Le film accumule les situations délirantes : bagarres générales, dialogues absurdes, détournements des clichés du western, sans oublier ce final complètement fou où le film explose littéralement les limites de son propre décor. Brooks refuse de s'enterrer dans les sables mouvants des conventions, à la différence du fameux chemin de fer qui motive toute l'intrigue.

Cleavon Little est parfait dans le rôle de Bart. Charismatique, malin, élégant, il porte le film sur ses épaules sans jamais perdre son sang-froid face à une galerie de crétins finis. Gene Wilder lui offre un partenaire idéal avec son flegme habituel. Autour d'eux gravitent Harvey Korman, Madeline Kahn et une troupe de seconds rôles qui semblent s'amuser autant que le spectateur.

On peut toujours discuter du caractère inégal de certaines séquences, mais l'énergie du film emporte tout sur son passage. Brooks n'a jamais cherché la subtilité ; il préfère la charge de cavalerie. Quand il attaque, il ne fait pas de prisonniers.

Derrière les gags et les énormités, il y a pourtant une vraie colère contre la bêtise humaine et les préjugés. C'est peut-être ce qui permet au film de traverser les décennies sans perdre toute sa force.

Alors rions de bon cœur avec ce Lonesome Cowboy complètement déjanté. Le film a vieilli par endroits, mais son insolence demeure intacte. Et quand c'est drôle, c'est drôle. Tout simplement.

NOTE : 12.90

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