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mardi 29 septembre 2026

11.20 - MON AVIS SUR LE FILM L'INVITATION DE OLIVIA WILDE (2026)


 Vu le film L'Invitation de Olivia Wilde (2026) avec Olivie Wilde Seth Rogen Pénélope Cruz Edward Norton


Avec L’Invitation, je partais plutôt attiré par Olivia Wilde que par Seth Rogen, il faut bien l’avouer. Le film est le remake de Sentimental de Cesc Gay, que je ne connaissais pas, donc j’y suis allé vierge, si l’on peut dire, sans avoir le film original en tête pour comparer. Olivia Wilde, actrice devenue réalisatrice, m’intéressait surtout après Don't Worry Darling, qui montrait de vraies qualités visuelles et quelques idées d’écriture.


Nous voilà donc dans un huis clos entre voisins, autour d’un dîner qui n’est finalement pas aussi improvisé qu’il en a l’air. D’un côté, Joe, joué par Seth Rogen, et Angela, incarnée par Olivia Wilde, un couple dont la vie sexuelle semble avoir pris quelques vacances depuis un bon moment. De l’autre, leurs voisins Pina, jouée par Penélope Cruz, et Hawk, interprété par Edward Norton, qui semblent avoir trouvé une manière beaucoup plus sportive d’occuper leurs nuits. Le problème, c’est que leurs ébats sont tellement bruyants qu’ils empêchent les voisins de dormir. Mais derrière l’agacement se cache surtout une certaine jalousie : quand les autres font du bruit, cela rappelle surtout à Joe et Angela le silence qui règne chez eux.


L’invitation à dîner va donc rapidement se transformer en duel verbal entre deux couples qui n’ont visiblement pas la même définition de la vie à deux. Les conversations deviennent de plus en plus sexuelles, les langues se délient, les reproches remontent à la surface et chacun semble vouloir pousser l’autre à aller un peu plus loin dans la provocation. On est alors à deux doigts de se demander s’ils ne vont pas finir par distribuer des numéros de vestiaire à l’entrée de l’appartement.


Le problème est que cette mécanique, qui pouvait fonctionner sur le papier, devient rapidement très bavarde. Le film veut nous faire croire que derrière les plaisanteries sexuelles et les provocations se cachent des blessures, des frustrations et des problèmes de couple beaucoup plus profonds. Pourquoi pas, mais encore faudrait-il que le cinéma accompagne les dialogues au lieu de leur laisser occuper presque tout l’espace.


Seth Rogen confirme malheureusement ce que je pense souvent de lui : il peut être drôle dans certains rôles, mais ici son personnage finit surtout par m'agacer. Lui qui s’était fait une spécialité du film lourdingue très sexuel semble s’être métamorphosé en acteur indépendant un peu chiant, et encore je suis gentil. Edward Norton est quant à lui assez transparent, comme s’il était venu dîner mais avait oublié pourquoi.


Heureusement, Olivia Wilde tient beaucoup mieux son personnage et surtout Penélope Cruz, qui mène véritablement les débats avec une présence et une énergie qui donnent un peu de vie à ce huis clos. Dès qu’elle entre dans la conversation, il se passe enfin quelque chose, comme si quelqu’un venait remettre un peu de courant dans un appartement dont les plombs avaient sauté.


Je reste pourtant très déçu par Olivia Wilde réalisatrice. Après Don't Worry Darling, j’attendais justement de retrouver ce cinéma énervé, visuel, capable de créer une atmosphère et de raconter quelque chose derrière les apparences. Ici, elle semble avoir perdu le mode d’emploi et laisse trop souvent ses personnages parler à notre place.


Plus le film avance, plus l’ennui nous emporte, et ce n’est pas vraiment pour participer à leurs ébats verbaux que je suis venu au cinéma. Je voulais du cinéma, des images, une mise en scène, quelque chose qui dépasse quatre personnes enfermées dans un appartement à se raconter leur vie sexuelle. L’Invitation reste donc pour moi une comédie bavarde qui tourne beaucoup autour du sexe sans parvenir à être véritablement excitante, avec deux actrices qui sauvent ce qu’elles peuvent d’un scénario qui finit par tourner en rond.


Et dire que le film faisait partie des favoris des Oscars… On ne doit décidément pas vivre dans les mêmes salles de cinéma.

NOTE : 11.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


MON TOP 30 DU REALISATEUR JULIEN DUVIVIER (1896-1967)

 


Mon TOP30 du réalisateur Julien Duvivier (1896-1967)


1 La Belle Equipe
2 Marie-Octobre
3 Poil de Carotte (1932)
4 Pépé le Moko
5 Voici le Temps des Assassins
6 Un Carnet de Bal
7 La Fin de Jour
8 Pot Bouille
9 Poil de Carotte (1925)
10 La Bandera
11 Le Petit Monde de Camillo
12 La Fête à Henriette
13 Le Diable et les 10 Commandements
14 L’Affaire Maurizius
15 Le Retour de Don Camillo
16 Panique
17 Sous le Ciel de Paris
18 Anna Karénine 19 La Charrette Fantôme
20 L’Homme à l’Imperméable
21 Le Golem
22 Maria Chapdelaine
23 Diaboliquement Vôtre
24 Golgotha
25 Chair de Poule
26 La Femme et le Pantin
27 Panique
28 Untel Père et Fils
29 La Tête d’un Homme
30 Au Bonheur des Dames

16.10 - MON AVIS SUR LE FILM LE PRISONNIER D'AlCATRAZ DE JOHN FRANKENHEIMER (1962)

 


Vu le film Le Prisonnier d'Alcatraz de John Frankenheimer (1962) avec Burt Lancaster, Telly Savalas , Karl Malden Thelma Ritter Edmond O'Brien Betty Field Hugh Marlowe Whit Bissel Crahan Denton James Westerfield Léo Penn Raymond Greenleaf George Mitchell


Avec Le Prisonnier d’Alcatraz, John Frankenheimer raconte l’histoire vraie de Robert Stroud, un homme violent qui va passer sa vie derrière les barreaux, au gré des pénitenciers, des règlements et des changements de directeurs, sans jamais retrouver la liberté. Stroud n’est pourtant pas un innocent : condamné une première fois pour meurtre, il tuera ensuite un gardien de prison en 1916 et sera condamné à mort avant que sa peine ne soit commuée en prison à vie. Autant dire que son séjour derrière les barreaux n’est pas totalement injustifié.

Et pourtant, le film va réussir l’impossible : nous faire prendre fait et cause pour cet homme, sans que l’on sache toujours très bien pourquoi. On pourrait presque parler d’un syndrome de Stockholm à l’envers, puisque c’est nous, spectateurs, qui finissons par nous attacher à celui qui devrait plutôt nous inspirer la méfiance. Tout commence lorsqu’un petit oiseau blessé entre dans sa vie et dans sa cellule pourtant étroite et miséreuse. Stroud va le nourrir, le réchauffer, le soigner et surtout découvrir qu’il peut encore être utile à quelqu’un.

Mais l’oiseau, lui, en a décidé autrement et ne semble pas particulièrement pressé de reprendre sa liberté. C’est alors que commence une véritable histoire de résilience : lorsque Stroud découvre que son canari est malade, il cherche à comprendre le pourquoi du comment, se renseigne, expérimente et finit par devenir un véritable spécialiste des oiseaux et de leurs maladies. À Leavenworth, et non à Alcatraz, il élèvera des centaines de canaris et publiera même des ouvrages sur leurs maladies.

Le paradoxe est magnifique : plus Stroud devient savant, plus sa vie se retrouve enfermée dans quelques mètres carrés. Il peut soigner les oiseaux, mais il ne peut pas se soigner lui-même de sa propre prison. Et lorsque l’administration lui interdit finalement ses oiseaux, puis le transfère à Alcatraz en 1942, il perd ce qui avait donné un sens à son existence. Le véritable Stroud ne possédera d’ailleurs jamais d’oiseaux à Alcatraz, contrairement à ce que le titre du film pourrait laisser croire.

Burt Lancaster porte littéralement le film sur ses épaules. Lui qui était une immense star joue ici un homme qui commence comme une brute et que l’on voit peu à peu découvrir une autre partie de lui-même. Son Stroud reste un personnage fort en gueule, parfois inquiétant, mais il nous fera fondre dans ses moments les plus touchants. Lancaster avait déjà travaillé avec Frankenheimer sur Le Temps du châtiment, et l’acteur-producteur fera appel à lui après le départ de Charles Crichton, qui s’était brouillé avec Lancaster pendant le tournage.

Frankenheimer sait alors parfaitement mettre son acteur en valeur et raconter cette étrange métamorphose sans transformer Stroud en saint homme. Karl Malden, dans le rôle de Harvey Shoemaker, apporte également beaucoup au film, face à Lancaster dans un rapport de force qui évolue avec le temps, tandis que Telly Savalas et Thelma Ritter complètent un casting particulièrement solide.

Le film sera nommé quatre fois aux Oscars, pour Burt Lancaster, Telly Savalas, Thelma Ritter et la photographie en noir et blanc de Burnett Guffey. Lancaster obtiendra également le prix d’interprétation à Venise pour ce rôle.

Et comme si l’histoire ne suffisait pas, le film sort aux États-Unis en juillet 1962, quelques semaines seulement après la célèbre évasion d’Alcatraz de juin 1962, celle qui inspirera beaucoup plus tard L’Évadé d’Alcatraz avec Clint Eastwood. Comme quoi, même quand on s’intéresse aux oiseaux, Alcatraz finit toujours par nous ramener aux barreaux.

Le Prisonnier d’Alcatraz est donc pour moi un très grand film sur la rédemption, mais une rédemption qui ne gomme jamais complètement les fautes du personnage. C’est surtout l’histoire d’un homme qui, derrière ses barreaux, va découvrir une liberté intellectuelle qu’il ne pourra jamais transformer en liberté physique. Et Burt Lancaster, enfermé dans ses quelques mètres carrés, réussit le tour de force de nous faire croire qu’il possède parfois plus de liberté intérieure que ceux qui viennent lui fermer la porte.

NOTE : 16.10

FICHE TECHNIQUE

Producteur délégués : Harold Hecht

DISTRIBUTION


lundi 28 septembre 2026

13.90 - MON AVIS SUR LE FILM UNABOMBER DE JANUS METZ PEDERSEN (2026)

 


Vu le Film Unabomber de Janus Metz Pedersen (2026) avec Jacob Tremblay Russel Crowe Shailene Woodley Annabelle Wallis Steven Ogg Alexander Ludwig Alexander Ludwig Matthew Kevin Anderson


Unabomber est un film qui raconte la jeunesse et la traque de Theodore Kaczynski, l’un des hommes les plus recherchés des États-Unis pendant près de deux décennies. Entre 1978 et 1995, ses attentats à la bombe feront trois morts et vingt-trois blessés avant son arrestation en 1996.

Pedersen ne cherche pas vraiment à expliquer le comment du pourquoi de la transformation de Kaczynski en Unabomber, et certains le regretteront certainement. Pour cela, il aurait sans doute fallu une série plutôt qu’un film de 97 minutes. Il choisit de raconter deux périodes de sa vie qui vont progressivement se rejoindre : le jeune prodige de Harvard et, des années plus tard, l’homme traqué par le FBI.

Le jeune Theodore Kaczynski est un adolescent d’une intelligence remarquable, entré à Harvard à seulement 16 ans, mais totalement introverti et peu à l’aise avec les autres. Il va participer à une étude menée par le professeur Henry Murray, interprété par Russell Crowe, autour de la personnalité et du stress. Les expériences auxquelles il est soumis, notamment les débats et interrogatoires répétés destinés à mettre ses convictions à rude épreuve, vont profondément le marquer. Le film montre alors la naissance d’une révolte chez ce jeune homme qui commence à voir derrière le progrès scientifique une forme de manipulation de l’individu.

Dans cette partie de sa jeunesse, Theodore est joué par le génial Jacob Tremblay, que j’avais déjà remarqué dans Room et Ma vie avec John F. Donovan. J’attendais de voir comment un acteur aussi jeune allait faire progresser un personnage aussi complexe et la réponse est plutôt convaincante. À une vingtaine d’années, Tremblay montre une véritable capacité d’explosivité tout en gardant cette introversion indispensable au personnage. Il ne joue pas simplement un génie asocial, il montre progressivement un garçon qui se referme sur lui-même et dont les certitudes vont devenir de plus en plus radicales.

Après avoir obtenu son doctorat et enseigné les mathématiques à Berkeley, Kaczynski abandonne finalement cette vie et part vivre dans une cabane au Montana, où il mène une existence solitaire. Il ne s’installe pourtant pas dans les bois pour contempler les écureuils : il commence à fabriquer des bombes et à les envoyer à travers les États-Unis à des cibles qu’il choisit en fonction de ce qu’elles représentent pour lui. Pendant dix-sept ans, le FBI va chercher à identifier cet homme qui semble ne laisser presque aucune trace.

Et c’est là que le film passe de la jeunesse de Kaczynski à la gigantesque traque policière menée pour retrouver l’Unabomber. Une enquête qui va durer près de deux décennies et mobiliser des centaines d’enquêteurs avant que ses propres écrits ne finissent par conduire les autorités jusqu’à lui. Son frère David reconnaîtra certains éléments de son écriture dans le manifeste publié en 1995 et transmettra des documents au FBI, permettant finalement de faire le rapprochement. Kaczynski sera arrêté dans sa cabane du Montana le 3 avril 1996.

Le film entretient donc un parallèle intéressant entre le jeune homme qui commence à rejeter une société qu’il considère comme manipulatrice et l’ermite qui finira par transformer cette révolte en une véritable croisade personnelle contre le monde moderne. Et forcément, avec le progrès de l’intelligence artificielle aujourd’hui, on peut se demander ce que notre pauvre Theodore penserait de notre époque. Avec l’IA partout, il serait probablement déjà sur les barricades de la révolution numérique, avec sa machine à écrire sous le bras !

Janus Metz Pedersen choisit cependant de ne pas entrer dans tous les détails de la justice, de la psychologie de Kaczynski ou des innombrables étapes de l’enquête. C’est à la fois la force et la limite du film. Il évite de transformer l’Unabomber en sujet de documentaire encyclopédique, mais il laisse forcément le spectateur avec l’envie d’en savoir davantage sur certains aspects de cette histoire hors normes.

Russell Crowe, dans le rôle du professeur Henry Murray, apporte une présence solide à la partie consacrée à Harvard, même si le personnage reste davantage un élément de la trajectoire de Kaczynski qu’un véritable protagoniste. Shailene Woodley, dans le rôle de l’agente du FBI Joanne Miller, sert quant à elle de point d’entrée dans la traque et dans les interrogations autour de l’identité de l’Unabomber.

J’ai bien aimé ce film, même si j’aurais certainement voulu en savoir davantage, que ce soit sur la justice, sur la traque ou sur la psychologie de Ted Kaczynski. Mais il faut aussi accepter le choix du réalisateur : il ne prétend pas raconter toute l’affaire, il en sélectionne les moments qui lui permettent de montrer comment un jeune prodige de Harvard a progressivement basculé vers une existence d’ermite puis vers une violence meurtrière.

Unabomber reste donc un film intéressant parce qu’il raconte moins la folie d’un homme qu’une trajectoire de radicalisation, sans chercher à tout justifier ni à tout expliquer. Et finalement, on en ressort avec l’envie d’en savoir plus, ce qui est peut-être le principal défaut du film mais aussi la preuve que son sujet avait largement de quoi remplir une série entière. Ici, en 97 minutes, Pedersen nous donne le parcours, la traque et l’arrestation ; pour le reste, il faudra aller fouiller ailleurs.

NOTE : 13.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Janus Metz Pedersen
  • Scénario : Sam Chalsen et Nelson Greaves
  • Musique : Marco Beltrami
  • Direction artistique : Mathieu Giguère
  • Décors : Suzanne Cloutier
  • Costumes : Véronique Marchessault
  • Photographie : N/A
  • Montage : Zach Staenberg
  • Production : Sophie Cassidy
Producteurs délégués : Sam Chalsen, Nelson Greaves et Donald J. Lee Jr.
  • Sociétés de production : 2.0 Entertainment et MRC
  • Société de distribution : Netflix

DISTRIBUTION