Vu le Film Le Photographe de Mauthausen de Mar Targarona (2018) avec Mario Casas Richard Van Weyden Alain Hernandez Adria Salazar Eduard Buch Stefan Weinert Frank Feyst
En 1943, en fonction de leur passé républicain et de leur engagement contre le franquisme en Espagne, allié du Troisième Reich, ces Espagnols sont alors considérés comme des prisonniers politiques. Le jeune Francesc Boix, photographe de métier, est affecté au service d'identification du camp de concentration de Mauthausen sous le commandement de Franz Ziereis, et bras droit de Paul Ricken, le gardien de Mauthausen. Témoin de l’horreur, il tente au jour le jour de cacher des négatifs qui prouvent crimes et abus commis à la campagne à la fin de la guerre. Il a également réalisé de nombreuses photographies de Mauthausen après la libération en mai 1945 et a témoigné au procès de Nuremberg.
Avis sur le film Le Photographe de Mauthausen de Mar Targarona — être opposant au franquisme et finir broyé par la machine nazie, voilà une trajectoire qui ne laisse aucune place au confort du spectateur, et le film raconte le destin réel de Francesc Boix, républicain espagnol capturé puis envoyé au camp de concentration de Mauthausen, un homme qui ne devait pas survivre mais qui va devenir témoin
Boix n’est pas un héros au départ juste un survivant parmi les autres et c’est justement ça qui fait mal parce que son “privilège” si on ose appeler ça comme ça c’est son œil, son talent de photographe va le faire passer du côté des images plutôt que des pierres à porter mais attention on n’est pas dans un confort hollywoodien il photographie l’horreur il la classe il l’archive pour ses bourreaux
Mario Casas porte le film avec un visage qui encaisse plus qu’il ne joue il ne cabotine jamais il encaisse il observe il intériorise et c’est exactement ce qu’il fallait autour de lui les seconds rôles gardiens prisonniers silhouettes composent une humanité écrasée ou monstrueuse sans caricature inutile
Targarona film sèchement presque retenue pas de grandes envolées pas de lyrisme déplacé il cadre il montre il laisse respirer le silence et ce silence pèse plus lourd que n’importe quelle musique dramatique
Il suit aussi une ligne claire survivre cacher transmettre Boix et ses camarades organisent la dissimulation des négatifs chaque cliché devient une arme chaque image volée est une preuve contre l’oubli et là le film touche quelque chose de rare
on n’est plus dans le simple récit de camp on est dans la fabrication de la mémoire parce que ces photos ce ne sont pas juste des images ce sont des coups de poing différés des bombes à retardement destinées à exploser après la guerre notamment lors des procès nazis
Il y a des films où l’on juge la mise en scène il y a des films où l’on juge le jeu des acteurs et puis il y a ceux où l’histoire vous regarde droit dans les yeux et vous dit tu vas te taire et regarder celui-ci est de ceux-là, alors oui on pourrait chipoter dire que certains passages sont attendus que la narration reste classique mais franchement est-ce que c’est ça qu’on vient chercher ici
La puissance des mots le choc des photos et ici les photos gagnent parce qu’au fond Boix ne vole pas des images il vole la vérité aux bourreaux et rien que pour ça le film existe
NOTE : 13.20
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Mar Targarona
- Scénario : Roger Danès et Alfred Pérez Fargas
- Musique : Diego Navarro
- Direction artistique : Rosa Ros
- Décors : Magdolna Varga
- Costumes : Mercè Paloma
- Photographie : Aitor Mantxola
- Montage : José Luis Romeu
- Production : István Major, Joaquín Padró et Mar Targarona
- Sociétés de production : Rodar y Rodar ; FilmTeam, Institut Català de les Empreses Culturals (ICEC), Instituto de la Cinematografía y de las Artes Audiovisuales (ICAA), Radio Televisión Española (RTVE), Televisió de Catalunya (TV3) et We Produce 2017 (coproductions)
- Sociétés de distribution : Filmax ; Netflix
- Mario Casas : Francesc Boix, le photographe
- Richard van Weyden : l'adjudant-chef SS Paul Ricken (de), responsable du service photographique
- Alain Hernández : Valbuena
- Adrià Salazar : Anselmo
- Eduard Buch : Fonseca
- Stefan Weinert : Franz Ziereis, le commandant, puis le SS-Standartenführer
- Nikola Stojanovic : Hans Bonarewitz, l’évadé caché dans une caisse en bois
- Rubén Yuste : Rosales
- Frank Feys : Popeye
- Marc Rodríguez : Enfermero
- Albert Mora : le musicien
- Joan Negrié : Lejías
- Luka Peroš : SS-Hauptsturmführer Karl Schulz
- Rainer Reiners : Poschacher
- Toni Gomila : Francisco
- Macarena Gómez : Dolores
- Emilio Gavira : Alexander « A. K. » Katan, le prisonnier
- Soma Zámbori : Chmielewski
- Erik Gyarmati : Siegfried
- Marta Holler : Anna Pointner
- Dénes Ujlaky : Albert Pointner
- Miguel Ángel González : le prisonnier espagnol squelettique
- Andreu Carandell : le prisonnier du crématorium
- Patrik Petrovski : le kapo de la menuiserie
- Minnie Marx : la SS des prostituées
- Koos Vos : le SS du bureau politique
- Abel Rodríguez : le garçon parti
- Roger Vilà : le garçon mort
- Igor Szpakowski : le garçon Pérez
- Gábor Deák : le SS privé
- Ági Krasznahorkai : Mme Ziereis
- Mariann Kocsis : Mme Poschacher
- Balázs Szitás : le prisonnier buffon
- Bernat Cot : le prisonnier dessinateur
- Ralph Herbling : le médecin allemand
- Guifré Baró : l’assistant du magicien
- Roger Bosch : le musicien à la mandoline
- Guillem Gefaell : le musicien à la guitare
- Kristóf Widder : le SS chauffeur
- Norbert Kovacs : le serveur
- Péter Sokorai : le second serveur
- Balazs Lengyel : le prisonnier autrichien
- Laszlo Tamás Farkas : le second prisonnier autrichien

