Vu le Film Le Diable s'Habille en Prada 2 de David Frankel (2026) avec Anne Hattaway Meryl Streep Emily Blunt Stanley Tucci Simone Ashley Patrick Brammal Pauline Chalamet Caleb hearon
Andy Sachs, désormais rédactrice en chef, voit son ancienne patronne, une femme de caractère, évoluer dans un paysage médiatique en constante mutation qui menace son empire de la presse.
Il y a des suites qui prolongent une œuvre, d'autres qui la réinventent… et puis il y a celles qui semblent n'avoir été conçues que pour faire sonner le tiroir-caisse. Le Diable s'habille en Prada 2 appartient malheureusement à cette dernière catégorie. Vingt ans après le succès du premier film de David Frankel, cette suite donne davantage l'impression de répondre à un impératif commercial qu'à une véritable envie de raconter une nouvelle histoire.
Pourtant, le premier épisode avait trouvé un équilibre presque parfait entre satire du monde de la mode, chronique sociale et comédie élégante. On pouvait espérer, à défaut de retrouver la fraîcheur de l'original, un minimum d'inventivité. Hélas, le scénario est pratiquement inexistant et ressemble à un vulgaire copié-collé du premier film. On reprend les mêmes personnages, les mêmes mécanismes, les mêmes confrontations et l'on mélange le tout dans un méli-mélo particulièrement fouilli. Le résultat est une impression persistante de déjà-vu.
À plusieurs reprises, on a même le sentiment d'assister à un montage de scènes coupées du précédent film, recyclées puis incorporées tant bien que mal dans cette nouvelle intrigue. Rien ne surprend, rien ne captive réellement. On déroule la même trame narrative, mais alors en beaucoup, beaucoup moins bien.
Cette déception ne vient pas d'une attente démesurée. Elle vient simplement de la qualité du premier opus, qui nous faisait espérer un minimum d'inspiration. Ici, les personnages semblent tourner en rond, comme prisonniers de leur propre succès.
Même Miranda Priestly, pourtant devenue un personnage iconique grâce à l'immense Meryl Streep, paraît moins concernée. L'actrice reste élégante, impose toujours sa présence et son regard assassin fait encore mouche, mais il manque cette étincelle qui faisait de chacune de ses apparitions un véritable événement. Le personnage semble fonctionner en pilote automatique.
Il est d'ailleurs assez amusant – même si ce n'est peut-être pas le mot – de constater qu'en deux décennies nos héroïnes n'ont pratiquement pas vieilli d'une ride. Les produits de beauté doivent être d'une qualité exceptionnelle… à moins que le numérique, ou pire encore, l'IA, ne soit passé par là. Le miracle est presque plus spectaculaire que le scénario.
Le film tente bien d'esquisser une critique du milieu impitoyable de la mode et de la bourgeoisie new-yorkaise. Mais cette satire reste terriblement superficielle. Elle n'est jamais développée et finit complètement annihilée par la platitude d'une intrigue qui ne prend jamais son envol.
Heureusement, il reste quelques plaisirs pour les yeux. Les décors sont toujours aussi luxueux et les costumes somptueux. C'est sans doute ce que le film réussit le mieux. Encore faut-il se contenter de les admirer de loin, car on ne peut ni se les offrir… ni même les regarder trop longtemps, tellement ils respirent le luxe inaccessible.
Le casting fait ce qu'il peut avec un matériau bien pauvre, mais aucun comédien ne peut sauver un scénario qui recycle sans imagination ce qui fonctionnait autrefois.
Le Diable s'habille en Prada 2 ressemble davantage à une opération nostalgie qu'à une véritable suite. Une copie pâle de son prestigieux modèle, sans mordant, sans surprise et surtout sans nécessité.
Bref… vraiment pas terrible. Un film inutile. Et c'est bien dommage, car le premier nous avait habillés avec élégance ; celui-ci nous laisse simplement sur le carreau.
Une robe Prada vous attend à l'accueil... Pardon, une robe Tati. Il n'y a pas marqué Versailles ici ! »
NOTE : 9.80
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : David Frankel
- Scénario : Aline Brosh McKenna, d'après le roman Vengeance en Prada : Le retour du diable de Lauren Weisberger
- Musique : Theodore Shapiro
- Photographie : Florian Ballhaus
- Montage : Andrew Marcus
- Décors : Jess Gonchor
- Costumes : Molly Rogers
- Production : Wendy Finerman
- Société de production : 20th Century Studios, Wendy Finerman Production
- Société de distribution : 20th Century Studios
- Budget : 100 000 000 USD
- Pays de production :
États-Unis
DISTRIBUTION
- Meryl Streep (VF : Frédérique Tirmont) : Miranda Priestly
- Anne Hathaway (VF : Caroline Victoria) : Andrea « Andy » Sachs
- Emily Blunt (VF : Juliette Degenne) : Emily Charlton
- Stanley Tucci (VF : Bernard Alane) : Nigel Kipling
- Justin Theroux (VF : Jérôme Pauwels) : Benjamin « Benji » Barnes, le compagnon d'Emily
- Kenneth Branagh (VF : Christian Gonon) : Stuart Simmons, le nouveau mari de Miranda
- Tracie Thoms (VF : Annie Milon) : Lily
- Tibor Feldman (it) (VF : François Dunoyer) : Irv Ravitz
- Simone Ashley (VF : Sara Martins) : Amari Mari, l'assistante de Miranda
- Lucy Liu (VF : Laëtitia Godès) : Sasha Barnes
- B. J. Novak (VF : Sébastien Desjours) : Jay Ravitz
- Patrick Brammall (VF : Guillaume Lebon) : Peter, le prétendant d'Andy
- Caleb Hearon (en) (VF : Alan Aubert-Carlin) : Charlie, le second assistant de Miranda
- Helen J. Shen (en) (VF : Sarah Brannens) : Jin Chao
- Rachel Bloom : Talia, une amie d'Andy
- Larry Mitchell (VF : Bruno Magne) : Mack, un journaliste
- Pauline Chalamet (VF : Emma Santini) : Ilana
- George C. Wolfe : Paul, éditeur de Runaway
- Donatella Versace : elle-même
- Lady Gaga (VF : Audrey Sourdive) : elle-même
- Marc Jacobs (VF : Vincent Bac-Ninh Pierrard) : lui-même
- Ciara : elle-même
- Calum Harper (en) : lui-même
- Ashley Graham : elle-même
- Amelia Dimoldenberg : elle-même
- Heidi Klum : elle-même
- Winnie Harlow : elle-même
- Karl-Anthony Towns : lui-même
- Jon Batiste : lui-même
- Naomi Campbell : elle-même
- Brigitte Lacombe : elle-même
- Doyoung : lui-même
- Moon Ga-young : elle-même
- Sydney Sweeney : elle-même (scène coupée au montage).

