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samedi 22 août 2026

14.90 - MON AVIS SUR LE FILM BATMAN LE DEFI DE TIM BURTON (1992)


 Vu le Film Batman le Défi de Tim Burton (1992) avec Michael Keaton Michèle Pfeiffer Dany de Vito Christopher Walken Michael Gough Cristi Conaway Pat Hingle Paul Reubens


On ne présente plus Bruce Wayne et son double volant, Batman, créé pour DC Comics par Bob Kane et devenu depuis plusieurs décennies une véritable machine à cash. Batman a inspiré des générations de cinéastes et certains grands réalisateurs se sont fait les dents sur cet homme volant sans pouvoirs : pas de rayon laser, pas de mutation bizarre, pas de marteau magique, juste des muscles, de la technologie et surtout du talent. Trois ans après un premier opus qui avait déjà marqué son époque, Tim Burton remet donc le masque et nous emmène à nouveau dans son Gotham City.

On retrouve Michael Keaton dans le costume, toujours aussi à l’aise en Batman. En revanche, pour Bruce Wayne, je reste sur ma position : ce n’est pas pour moi le meilleur, Christian Bale garde la première place. Mais ce deuxième film est surtout l’occasion de retrouver ce qui fait véritablement la différence chez Burton : son univers.

Car Batman : Le Défi, ce n’est finalement pas seulement une nouvelle aventure du justicier masqué. C’est surtout un film de Tim Burton avec Batman dedans. Et cela change tout. Gotham devient une ville sombre, gothique, inquiétante, parfois presque sortie d’un cauchemar, peuplée de personnages qui semblent tous avoir été dessinés avec un crayon qui aurait légèrement dérapé.

Et Burton trouve ici le personnage idéal de son univers avec Oswald Cobblepot, devenu le criminel que tout le monde connaît sous le nom du Pingouin. Et quel Pingouin ! Danny DeVito est tout simplement génial. Le personnage abandonné dans les égouts par ses parents, dont un certain Paul Reubens, oui, Pee-Wee lui-même, va être recueilli et élevé par des manchots. Il fallait oser !

Et non, nous ne sommes pas au Casino : ici Oswald gagne toujours, à la différence du Casino ! Cette histoire complètement folle permet à Burton de donner au Pingouin une dimension à la fois grotesque, inquiétante et finalement assez tragique. Derrière le maquillage, les dents, les costumes et les manchots, il y a un personnage rejeté, abandonné et qui revient réclamer sa place dans une société qui ne voulait pas de lui.

Danny DeVito s’en donne à cœur joie et il faut dire bravo au papa Pingouin ! Il en fait des tonnes, mais c’est justement ce qu’on attend de lui. Chez Burton, les personnages n’ont pas besoin d’être raisonnables. Ils doivent être excessifs, étranges, parfois complètement barrés. Et le Pingouin est parfaitement à sa place dans cette galerie de monstres magnifiques.

Moi qui ai été biberonné à la série Batman des années 60, avec son côté kitsch, ses couleurs, ses « POW ! », ses « BAM ! » et ses méchants hauts en couleur, j’ai toujours eu une affection particulière pour cet univers. Et plus récemment, j’ai découvert l’excellente série Gotham, où le Pingouin était incroyablement interprété par Robin Lord Taylor. Deux visions totalement différentes du personnage, mais deux interprétations qui montrent à quel point Oswald Cobblepot peut être fascinant.

Et c’est probablement là que les films de Burton se rapprochent le plus de l’esprit BD. Pas forcément parce qu’ils cherchent à reproduire une bande dessinée case par case, mais parce qu’ils assument pleinement le côté extravagant de cet univers. Les personnages sont plus grands que nature, les décors semblent dessinés, les situations peuvent partir dans tous les sens et personne ne vient nous expliquer qu’il faut absolument être réaliste.

C’est ce que j’aime chez Burton. Là où Christopher Nolan va choisir une approche beaucoup plus noire, réaliste et presque criminelle de Batman, Burton conserve quelque chose de profondément fantastique. J’adore le côté noir de Nolan, mais Burton me donne davantage l’impression de feuilleter une BD devenue soudainement vivante.

Et puis il y a Catwoman. Les sept vies de cette drôle de dame prennent ici les traits de Michelle Pfeiffer, et franchement, difficile de trouver meilleure incarnation pour cette Catwoman complètement déjantée. Sexy, inquiétante, fragile, folle et dangereuse, elle traverse le film comme si elle avait décidé de voler la vedette à tout le monde. Et elle y arrive souvent !

Face à elle, Christopher Walken campe Max Shreck, personnage aussi inquiétant que parfaitement à sa place dans cet univers. Un homme d'affaires qui n'a rien à envier aux monstres costumés qui l'entourent. Burton mélange ainsi le monde des affaires, la politique, le crime, la folie et le fantastique sans jamais chercher à rendre tout cela raisonnable.

Et heureusement !

On veut du Burton, on a du Burton. Des explosions, des effets spéciaux de grande qualité, des décors magnifiques, une atmosphère sombre, de l'humour noir, des personnages complètement décalés et surtout cette impression permanente que Gotham pourrait s'écrouler à tout moment sous le poids de ses propres habitants.

Michael Keaton reste un Batman très efficace, plus discret que ses adversaires, et c’est peut-être justement ce qui lui permet de tenir au milieu de cette ménagerie. Mais dans ce deuxième épisode, ce sont clairement les personnages secondaires qui prennent le pouvoir. Le Pingouin, Catwoman, Max Shreck… Batman finit presque par devenir le personnage raisonnable de l’histoire, ce qui est quand même un comble !

Trois ans après le premier film, Burton ne se contente donc pas de refaire la même chose. Il pousse encore plus loin son univers et livre un Gotham plus étrange, plus sombre et surtout plus personnel.

Alors oui, je préfère Christian Bale dans le rôle de Bruce Wayne, et j’assume. Mais pour l’univers, les personnages et cette folie visuelle, Burton reste difficile à remplacer.

Avec Batman : Le Défi, on retrouve un Pingouin complètement démentiel, une Catwoman aux sept vies, un Christopher Walken parfaitement inquiétant, un Michael Keaton toujours efficace et surtout un Tim Burton qui semble avoir ouvert une vieille boîte de BD et décidé de mettre le feu aux pages.

Et moi, devant cette galerie de personnages plus barges les uns que les autres, je prends mon siège, j’attache ma ceinture et je regarde Gotham s’amuser.

Du bon spectacle, du vrai Burton et un papa Pingouin qui mérite largement les applaudissements !

NOTE ; 14.90

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6.30 - MON AVIS SUR LE FILM MI AMOR DE GUILLAUME NICLOUX (2026)

 


Vu le film Mi Amor de Guillaume Nicloux (2025) avec Pom Klementieff Benoit Magimel Freja Mavor Anaes Snock Àstrid Bergès-Frisbey Elina Löwensohn Enzo Lorente


Regarder un film de Guillaume Nicloux qui se passe aux Canaries, c’est un peu comme passer la Saint-Sylvestre au pôle Nord : cela me laisse froid. Nicloux a pourtant le vice de nous offrir de belles images chaudes, de nous promener sur plusieurs terrains de jeu d’une île presque déserte, et pour ceux qui y passent leurs vacances, cela doit certainement les faire sourire. Moi, j’attends toujours que le film démarre vraiment.


Car côté scénario, Nicloux a visiblement décidé de ne surtout pas faire simple. Il complique, il embrouille, il avance à petits pas, au point que certaines séquences filmées au téléphone, qui m’agacent particulièrement, donnent surtout envie de regarder l’heure. Le rythme est tellement lent qu’entre deux scènes, on a largement le temps de préparer un pot-au-feu, de le laisser mijoter et même de mettre la table.


Et puis il y a cette BO techno qui, personnellement, m’insupporte. Elle accompagne le film comme si elle voulait absolument nous rappeler que nous sommes dans une œuvre contemporaine, alors qu’on cherche surtout une raison de s’accrocher.


Pom Klementieff semble être en RTT et doit parfois se demander ce qu’elle est venue faire ici après sa carrière hollywoodienne. Quant à Benoît Magimel, que dire de plus, sinon qu’à un moment, j’aimerais vraiment qu’on m’explique.


Les comédiens locaux sont finalement ceux qui apportent le plus de présence et de naturel à cette histoire. Pour le reste, Mi Amor ressemble à une série B qui cherche à se donner des airs de film mystérieux et profond, sans jamais vraiment m’embarquer.


Les Canaries sont belles, les paysages sont chauds, mais décidément, je n’accroche pas à ce Nicloux-là. Et quand le soleil brille à l’écran mais qu’on reste froid dans son fauteuil, c’est quand même qu’il manque quelque chose.

NOTE : 6.30

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