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mercredi 12 août 2026

10.30 - MON AVIS SUR LE FILM COMMENT REUSSIR EN AMOUR DE MICHEL BOISROND (1962)


 Vu le film Comment réussir en Amour de Michel Boisrond (1962) avec Jean Poiret Dany Saval Jacqueline Maillan Jacques Charron Roger Pierre Mihel Serrault Eddy Mitchell et les Chausettes Noires


Comment réussir en amour de Michel Boisrond, c’est tout un programme… encore faut-il avoir reçu le mode d’emploi avec le film !

Michel Boisrond est davantage un faiseur de films qu’un véritable auteur, et il s’est beaucoup spécialisé dans les histoires d’amour sous toutes leurs prérogatives, avec plus ou moins de bonheur. Il avait d’ailleurs commencé sa carrière en mettant en scène une toute jeune actrice particulièrement fraîche : Brigitte Bardot dans Une Sacrée Gamine. Cela lui a peut-être donné l’idée de surfer sur cette vague, mais pas toujours avec la même qualité.

Ici, nous sommes dans une comédie loufoque, très théâtrale, comme savait si bien en fabriquer le cinéma français comique de ces années-là. On y retrouve ce goût pour les situations abracadabrantes, les personnages qui s’agitent beaucoup et les dialogues qui sentent bon la scène de théâtre.

Et pour cela, le casting est plutôt bien fourni avec les spécialistes du genre : Jean Poiret, Michel Serrault, Jacqueline Maillan, Roger Pierre, sans oublier la blonde de service Dany Saval, qui deviendra plus tard Madame Drucker.

L'histoire nous présente Bernard, interprété par Jean Poiret, un jeune homme qui subit les contrecoups de ses désillusions sentimentales mais aussi professionnelles, puisqu'il cherche désespérément à faire éditer son manuscrit.

Et puis arrive Sophie, une jeune femme complètement fofolle qui va finir par devenir sa femme. Alors, mariage ou pas mariage, amour ou pas amour, on peut tout de même se demander si Bernard fait vraiment le bon choix !

Parce qu'entre réussir dans l'amour et réussir sa vie, il y a parfois un sacré fossé… et Bernard va rapidement découvrir qu'on peut très bien sauter dedans sans avoir demandé la permission.

Le film fonctionne donc sur cette mécanique de boulevard, avec des personnages hauts en couleur et cette façon très française de transformer les histoires sentimentales en véritable partie de ping-pong verbal.

Deux curiosités viennent surtout relever mon intérêt.

D'abord l'excellent Jacques Charron, parfait en patron des Éditions du Soleil, qui apporte cette petite touche supplémentaire à une distribution déjà bien fournie.

Et puis il y a Eddy Mitchell !

Avant de devenir le crooner rockeur de La Dernière Séance, notre Schmoll national venait pousser la chansonnette et surtout nous gratifier d'un déhanchement qui vaut son pesant de cacahuètes. Une petite apparition qui amuse forcément lorsqu'on connaît la carrière qu'il allait poursuivre ensuite.

Alors, que reste-t-il de Comment réussir en amour ?

Une comédie sympathique, un peu foutraque, très représentative d'un certain cinéma français populaire des années 1960, avec ses comédiens de théâtre, ses situations improbables et ses histoires de cœur qui partent dans tous les sens.

Ce n'est pas désagréable, loin de là.

Mais franchement…

on ne va quand même pas se lever la nuit pour regarder un coucher de lune !

Un petit Boisrond à regarder tranquillement, avec le sourire, sans attendre la révolution du septième art.

Et pour réussir en amour…

je crois qu'il faudra chercher la recette ailleurs !

NOTRE : 10.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

15.80 - MON AVIS SUR LE FILM URCHIN DE HARRIS DICKINSON (2025)

 


Vu le film Urchin de Harris Dickinson (2025) avec Frank Dillane Megan Northam Amr Waked Harris Dickinson Karyna Khymchuk Shonag Marie


Pour son premier film en tant que réalisateur, Harris Dickinson — qui est aussi, rappelons-le, un excellent acteur — nous offre une ode au courage et à l’abnégation avec Urchin, en suivant Mike, un jeune homme qui va essayer de s’en sortir après s’être lui-même enfoncé dans une véritable spirale de destruction entre violences, drogues et alcool, qui l’ont amené très jeune dans la rue et sans ressources.


Urchin, en argot anglais, peut désigner un jeune vagabond ou mendiant, mais le mot signifie aussi oursin. Et là, le titre prend tout son sens : Mike, comme l’oursin, sort ses piquants dès qu’on essaie de l’approcher et se met en boule pour se protéger.


Oh bien sûr, ce n’est pas Spider-Man, qui s’en sort toujours à la fin en sautant d’un immeuble à l’autre ! Mike, lui, fait des conneries, replonge, se saborde et semble parfois être son propre pire ennemi. Mais il possède un vrai charme et une vraie sympathie qui font que, malgré ses conneries, on a envie de l’aider, ce con !


Et ce n’est pas simple. La drogue, l’alcool, la rue, la solitude et les vieux démons n’aident pas vraiment à reconstruire une vie. Mike va pourtant tenter de reprendre les choses en main après son passage par la prison, aidé notamment par les services sociaux. Mais vouloir s’en sortir et réussir à s’en sortir, ce sont deux choses complètement différentes.


Dickinson a justement le talent de ne pas trop appuyer, juste ce qu’il faut. On va dire qu’il tape moins fort qu’un Ken Loach, mais cela n’en reste pas moins efficace. Il ne nous colle pas un grand panneau « ATTENTION FILM SOCIAL » devant les yeux. Il nous montre Mike, ses faiblesses, ses contradictions, ses rechutes et ses tentatives pour remonter la pente.


Le primo-cinéaste nous montre rapidement que son arc ne se contente pas de tirer une seule flèche, dans un récit bien écrit qui colle aux basques de son personnage principal, en lutte avec lui-même et avec ses addictions, mais sans négliger pour autant les protagonistes secondaires.


Et Dickinson se permet surtout de s’éloigner de temps à autre de son caractère réaliste pour quelques bouffées oniriques surprenantes, qui donnent au film une respiration différente.


Mais celui qui nous emporte véritablement, c’est Frank Dillane.


Frank Dillane, 35 ans, c’est un talent électrique et un charme aimantique. Pendant plus de 90 minutes, il nous éblouit par son talent polymorphe et nous fait croire à ce Mike paumé, attachant, énervant, fragile, violent parfois, mais toujours profondément humain.


Vous ne le connaissez peut-être pas encore, mais les fans de Harry Potter l’ont déjà croisé : à seulement 16 ans, Dillane incarnait Tom Jedusor adolescent, le futur Voldemort, dans Harry Potter et le Prince de sang-mêlé. Il est également le fils du grand Stephen Dillane.


Avec Urchin, il franchit encore un cap et a remporté le prix du meilleur acteur à Un Certain Regard à Cannes 2025, ce qui vient joliment confirmer cette impression : ce garçon-là, on risque fort d’en entendre parler encore longtemps. Il sera à l'affiche du prochain Justine Triet "Fonda" et sur qu'on va ententre parler de lui.


Et Harris Dickinson, pour son premier passage derrière la caméra, réussit quelque chose d’assez rare : il raconte la chute et la tentative de reconstruction sans transformer son personnage en victime parfaite. Mike est responsable d’une partie de ce qui lui arrive, mais cela ne signifie pas qu’il mérite de rester au fond du trou.


C’est beau, c’est touchant, c’est humain et ça nous fait découvrir à la fois un jeune réalisateur et un jeune acteur qui promet énormément.


Bonne route à eux, comme on dit.


Et surtout bonne route à Mike


Parce que non, la rue ce n’est pas le paradis artificiel que l’on pense être.


NOTE / 15.80

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation et scénario Harris Dickinson
  • Musique : Alan Myson
  • Direction artistique N/A
  • Décors : Anna Rhodes
  • Costumes : Cobbie Yates
  • Montage : Rafael Torres Calderón
  • Photographie Josée Deshaies
  • Production : Scott O'Donnell et Archie Pearch
    • Production exécutive : Ama Ampadu, Alexandra Tynion, Olivia Tyson et Eva Yates
  • Sociétés de production British Film Institute et BBC Film
  • Société de distribution Ad Vitam Distribution (France)[]
  • Pays de production Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni

DISTRIBUTION

mardi 11 août 2026

15.70 - MON AVIS SUR LE FILM SPIDERMAN BRAND NEW DAY DE DESTIN DANIEL CRETTON (2026)

 


Vu le Film Spiderman Brand New Day de Destin Daniel Cretton (2026) avec Tom Holland Zendaya Sadie Sink Mark Rufallo John Bernthal Jacob Batalon Florence Pugh Tramell Tillman Marisa Tomei Naomi Watts


Qui se cache derrière le costume de Spider-Man ? Je ne vais pas vous spoiler, même si depuis des dizaines d’années c’est devenu un secret de polichinelle… Mais une chose est certaine : ce n’est pas une vraie araignée !

Voici donc le quatrième opus avec Tom Holland dans le costume très serré de Spider-Man — mais juste ce qu’il faut, même si, pour boire, on ne lui a toujours pas prévu de petit trou !

Le plus étonnant est peut-être de retrouver derrière la caméra Destin Daniel Cretton, réalisateur que l’on avait découvert avec States of Grace, petit bijou du cinéma indépendant. On pouvait beaucoup miser sur lui. Le voilà maintenant plongé dans le grand brouhaha Marvel. Et là, forcément, ce n’est plus tout à fait le même métier.

Il n’est plus vraiment l’auteur indépendant : il devient le chef d’orchestre d’une énorme machine.

Et ce n’est certainement pas le scénario social qui attire l’œil en premier !

Alors comment apprécier ce nouveau Spider-Man ?

D’abord, malgré toute l’affection que je peux avoir pour Tom Holland, ce n’est pas avec ce film qu’il va démontrer l’étendue de son talent d’acteur. Il fait le job, il saute, il court, il cogne, il voltige avec une souplesse d’ancien danseur qui donne parfois l’impression qu’on veut absolument nous rappeler son passé.

Mais soyons honnêtes : le seul et unique Spider-Man, c’est Tobey Maguire. Il n’y a pas débat !

Et puis cette surexposition permanente de Tom Holland et Zendaya , même hors promotion, façon papier glacé, commence sérieusement à me donner des démangeaisons. Alors les revoir encore ici demande parfois un petit effort de patience.

Passons donc au film.

Les cascades sont efficaces, spectaculaires, parfois franchement impressionnantes. Mais lorsqu’elles sont réalisées sur fond vert, l’excitation n’est pas tout à fait la même.

Alors imaginons un instant Christopher Nolan débarquant avec Spider-Man et décidant de filmer tout cela sans fond vert, sans numérique et avec de vraies cascades !

Là, Tom Holland pourrait commencer à transpirer pour de bon !

Parce que ce Spider-Man, c’est quand même un concours permanent : explosions, sauts dans le vide, cascades impossibles, baffes visuelles et effets spéciaux à répétition.

Tout cela reste évidemment calibré pour le public adolescent, cœur de cible oblige. Des jeunes qui, pour beaucoup, n’ont même pas connu Tobey Maguire dans son costume !

Mais reconnaissons-le : les effets visuels et les effets spéciaux sont d’une efficacité redoutable.

Et finalement, les véritables réalisateurs de certaines scènes sont peut-être les équipes des effets spéciaux, des décors et des cascades !

J’ai cependant bien aimé Ned Leeds, interprété par Jacob Batalon. Son côté naïf apporte une petite fraîcheur bienvenue dans cette débauche de super-héros.

On retrouve également plusieurs figures de l’univers Marvel, avec notamment Hulk, le Punisher, Black Widow et le Scorpion, histoire de remplir encore un peu plus une toile déjà passablement chargée.

Mais la vraie réussite, pour moi, vient de Jean Grey, incarnée par Sadie Sink. Voilà enfin un personnage complexe, intéressant, qui apporte un véritable fond à l’histoire et permet au film de sortir, quelques instants, du simple défilé de méchants.

Car c’est bien là mon problème.

Le scénario est pratiquement absent.

On additionne les méchants, on les oppose à Spider-Man, on fait exploser quelques immeubles, on ajoute des cascades, quelques sauts dans le vide, des effets numériques à faire pâlir un ordinateur et hop !

Deux heures trente !

Pas vraiment le temps de réfléchir, pas vraiment le temps de respirer et surtout pas vraiment le temps de savoir où cette araignée veut nous emmener.

Dans les bandes dessinées, tout cela a peut-être existé, ou peut-être pas, mais ici les personnages semblent surtout réunis pour faire avancer la machine Marvel plutôt que pour faire avancer Peter Parker.

Et pourtant, il y a du spectacle.

Beaucoup de spectacle.

Même trop parfois.

On en prend plein les yeux pendant deux heures trente, sans presque avoir le temps de sortir le pop-corn ou de tuer l’araignée qui vient de passer sous votre fauteuil !

Tom Holland fait donc le travail, avec son agilité, son physique et cette petite touche d’humour qui aurait justement mérité d’être beaucoup plus présente.

Parce que Spider-Man sans humour et sans finesse, c’est quand même une araignée qui a oublié pourquoi elle tisse sa toile.

Alors, dernier opus avec Tom Holland ?

Je ne sais pas.

Mais j’ai comme l’impression que certaines petites choses nous font comprendre qu’on a peut-être décidé de mettre le paquet pour sa dernière sortie.

Pas le dernier Spider-Man, évidemment.

Marvel ne va quand même pas tuer sa poule aux œufs d’or !

Mais peut-être le dernier tour de piste de Tom Holland dans cette toile.

En attendant, on se fait une toile ?

Oui.

Mais avec tout le paquet de pop-corn.

Parce qu’il faudra bien tenir 2 h 30 sous les explosions !

NOTE : 15.70

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION