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mercredi 30 septembre 2026

12.30 - MON AVIS SUR LE FILM KEEPER DE GUILLAUME SENEZ (2015)

 


Vu le film Keeper de Guillaume Senez, avec Kacey Mottet Klein et Galatéa Bellugi Catherine Salée Sam Louwyck Laetitia Dosch Cédric Vieira


Maxime et Mélanie ont quinze ans, ils s’aiment et découvrent ensemble leur sexualité avec cette maladresse propre à l’adolescence, quand les sentiments sont bien réels mais que l’on ne sait pas encore toujours quoi en faire. Leur vie va pourtant basculer lorsque Mélanie découvre qu’elle est enceinte. Maxime accueille très mal la nouvelle, avant de se faire peu à peu à l’idée de devenir père. À quinze ans, les voilà donc confrontés à une décision qui dépasse largement leur âge : avorter ou garder l’enfant, continuer leur vie d’adolescents ou devenir parents.

Et c’est justement là que Keeper réussit son pari, en faisant de cette décision un véritable suspense sans jamais transformer cette histoire intime en feuilleton. On se demande quelle sera la décision finale, mais le film ne cherche jamais à manipuler le spectateur avec des grosses ficelles ou des leçons de morale. Guillaume Senez raconte simplement deux adolescents confrontés brutalement au monde des adultes, avec leurs hésitations, leurs contradictions, leurs peurs et leurs envies.

Le réalisateur réussit surtout le tour de force d’assumer les codes de la fiction à l’intérieur d’un naturalisme pur et dur. On est dans une chronique d’aujourd’hui, parfois âpre, parfois tendre, qui observe ses personnages sans les juger et sans leur chercher des excuses. Cette manière de filmer l’adolescence, avec ses paradoxes et ses blessures, rappelle forcément un certain cinéma social, celui de Ken Loach, de Bruno Dumont ou encore des frères Dardenne, avec cette volonté de regarder les êtres humains tels qu’ils sont, sans leur coller une étiquette sur le front.

Et puis il y a les deux comédiens qui portent cette histoire avec une justesse remarquable. Kacey Mottet Klein est sublimement tragique, avec cette façon de faire passer le doute, la peur et cette envie presque désespérée de devenir adulte alors qu’il est encore un gamin. Galatéa Bellugi porte admirablement un rôle ô combien difficile, sans jamais tomber dans le pathos ou la caricature.

Cette âpreté du cinéma, qui regarde les adolescents autrement que comme de simples personnages de comédie ou de jolies silhouettes, est une absolue nécessité. Keeper parle de l’adolescence, mais surtout de cette période étrange où l’on vous considère encore comme un enfant alors que certaines décisions peuvent déjà engager toute une vie. Il y a chez Guillaume Senez un véritable talent, une maîtrise, une attention aux autres et surtout une confiance dans le cinéma qui donnent envie de suivre son parcours. Avec Keeper, on se disait déjà qu’on allait reparler de lui, et la suite avec Nos Batailles puis Une Part Manquante aura confirmé qu’il n’était certainement pas là par hasard.

NOTE : 12.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION



LIEUX DE TOURNAGE A PARIS : LE PONT NEUF

 


Mes Lieux de Tournage à Paris , Aujourd'hui le Pont Neuf qui enjambe la scène


Lieu emblématique de Paris, le Pont Neuf permet aux Parisiens de la Rive Gauche d’aller visiter ceux de la Rive Droite, et inversement. Construit à partir de la fin du XVIe siècle et terminé au début du XVIIe, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, ce n’est pas le plus nouveau des ponts de Paris, mais bien le plus ancien pont existant aujourd’hui. Il fut aussi le premier à ne pas avoir d’habitations sur le pont, ce qui devait quand même être plus agréable pour profiter de la Seine. Le soir, avec la pleine lune, cela devait être plutôt sympa.

Le Pont Neuf est également célèbre pour ses cadenas accrochés par les touristes amoureux, qui ont fini par dénaturer quelque peu le lieu. Paris romantique, pourquoi pas, mais Paris transformé en quincaillerie touristique, beaucoup moins. Il y a aussi les artistes Christo et JR qui ont emballé le pont, chacun à leur manière, mais pas moi !

Plusieurs films ont posé leurs caméras sur le pont, ou presque. Le plus célèbre reste évidemment Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax, sorti en 1991, avec Juliette Binoche et Denis Lavant. C’est le film que l’on associe immédiatement au lieu, avec cette histoire d’amour entre deux sans-abri qui se déroule sur le pont fermé pour travaux. Une partie du tournage a bien eu lieu sur le véritable Pont Neuf en 1988, mais la majorité des scènes a été réalisée sur une réplique grandeur nature construite à Lansargues, dans l’Hérault, un décor complètement fou qui reste l’un des plus impressionnants du cinéma français.

En 1971, Robert Bresson vient également y poser sa caméra pour Quatre nuits d’un rêveur, adaptation des Nuits blanches de Dostoïevski, dans laquelle un jeune homme rencontre une femme qui s’apprête à se jeter du pont. Benoît Jacquot y tourne également La Désenchantée, en 1990, avec Judith Godrèche, dont le pont et les environs apparaissent dans le portrait de cette adolescente parisienne.

Plus récemment, impossible de ne pas citer Mission: Impossible – Fallout de Christopher McQuarrie, avec Tom Cruise, qui nous offre une poursuite en camion blindé traversant le Pont Neuf avant de s’engager dans la rue de Nevers. Tom Cruise passe donc ici à toute vitesse, tandis que moi, j’ai largement préféré prendre mon temps pour regarder le décor !

Le Pont Neuf apparaît également dans Minuit à Paris de Woody Allen, avec le pont et les quais visibles dès le générique d’ouverture, ainsi que dans une scène où Zelda Fitzgerald se retrouve au bord de la Seine. D’autres productions, notamment des séries comme Emily in Paris ou Lupin, et des films comme Intouchables, ont également filmé les quais et les abords, même si le pont n’est pas toujours le lieu principal du tournage.

Alors installons-nous tranquillement sur le Pont Neuf et regardons Paris. D’un côté, le magasin de la Samaritaine, où j’ai travaillé une semaine, ce qui me donne forcément un petit rapport personnel avec le décor. De l’autre, le début de l’île de la Cité, avec l’accès à la place Dauphine, qui, comme dirait Dutronc, « a pas mauvaise mine ».

Et c’est peut-être cela que j’aime dans mes lieux de tournage : derrière les grands films, les grands réalisateurs et les grandes stars, il reste toujours Paris, ses ponts, ses rues, ses souvenirs et parfois même une petite semaine de boulot à la Samaritaine. Le cinéma passe, mais les décors, eux, continuent leur carrière.

8.40 - MON AVIS SUR LE FILM VAIANA LA LEGENDE DU BOUT DU MONDE DE THOMAS KALL (2026)


 Vu le Film Vaiana La Légende du Bout du Monde de Thomas Kall (2026) avec Dwayne Johnson Catherine Laga'aia Frankie Adams Rena Owen John Tui


Adaptation en prises de vues réelles du film d’animation sorti en 2016. Et rien que de prononcer les mots « adaptation en prises de vues réelles », on commence déjà à sentir le problème. Depuis quelque temps, Disney semble avoir trouvé la recette miracle pour faire du neuf avec du vieux, en ressortant ses classiques animés pour les transformer en films en chair et en os, avec exactement les mêmes personnages, la même histoire et parfois même les mêmes scènes, plan pour plan. Quand la qualité est au rendez-vous, comme avec Le Roi Lion, on peut encore se dire pourquoi pas, même si la logique reste avant tout celle du cash.


Mais avec Vaiana, difficile de retrouver la magie du dessin animé. On reprend donc l’histoire de Vaiana Waialiki, jeune fille choisie par l’océan pour partir à l’aventure et sauver son peuple, accompagnée de Maui, le demi-dieu aussi costaud que prétentieux. Catherine Laga'aia reprend le rôle de Vaiana avec une volonté évidente, mais tout ce qui fonctionnait naturellement dans l’animation paraît beaucoup plus artificiel lorsqu’on passe aux prises de vues réelles.


Et puis il y a Dwayne Johnson dans le rôle de Maui. Là, franchement, on se demande si le demi-dieu n’a pas été victime d’un mauvais passage chez le coiffeur. Entre la perruque qui semble avoir été posée à la va-vite et son absence totale d’expression, The Rock traverse le film comme s’il attendait tranquillement que le tournage se termine. Maui était pourtant un personnage plein de caractère, d’humour et de présence dans le film original. Ici, il devient presque une attraction de parc Disney avec des muscles.


Le plus étonnant reste que les scènes qui fonctionnent le mieux sont justement celles qui conservent l’esprit de l’animation, notamment avec les personnages de la mer, beaucoup plus réussis et expressifs que certaines scènes avec les véritables acteurs. C’est quand même un comble pour un film censé nous vendre la magie du réel.


Car c’est bien là que se trouve le problème de cette nouvelle mode Disney : pourquoi refaire en prises de vues réelles ce qui fonctionnait déjà parfaitement en animation ? Un enfant reste un enfant, avec ses rêves, son imagination et cette capacité à croire à un monde où l’océan peut choisir une héroïne, où un demi-dieu peut parler avec une petite fille et où une aventure peut commencer au milieu du Pacifique. À force de vouloir rendre tout cela « réel », Disney risque surtout de faire disparaître ce qui faisait justement rêver.


Vaiana est donc assez étrange, avec d’un côté des prises de vues réelles qui peinent à retrouver la magie de l’original et de l’autre des éléments animés qui rappellent pourquoi le premier film fonctionnait si bien. Disney peut continuer à transformer son catalogue en machine à remakes, mais il faudra peut-être un jour se demander si le public a vraiment envie de revoir deux fois le même film, avec les mêmes personnages, la même histoire et parfois presque les mêmes plans. À ce rythme-là, bientôt Mickey va passer en prises de vues réelles avec trois poils sur la tête et on nous expliquera que c’est une nouvelle vision artistique.

NOTE : 8.40

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation : Thomas Kail
  • Scénario : Jared Bush et Dana Ledoux Miller
  • Musique : Mark Mancina
  • Photographie : Oscar Faura
  • Casting : Tiffany Little Canfield, Katie Doyle, Bernard Telsey
  • Décors : John Myhre
  • Direction artistique : Andrew Max Cahn, Lorin Flemming, Michael Gowen, Alan Hook, Sally Ledger, Jai Pelissier, Dara Hang Zhao
  • Costume : Liz McGregor
  • Production : Dany Garcia, Dwayne Johnson, Hiram Garcia, Beau Flynn
    • Production déléguée : Auli'i Cravalho, Lin-Manuel Miranda, Charles Newirth, Scott Sheldon
  • Sociétés de production : Walt Disney Pictures, Seven Bucks Productions et Flynn Picture Productions
  • Sociétés de distribution : The Walt Disney Company France
  • Budget : 250 000 000 $

DISTRIBUTION

  • Catherine Laga'aia (VF : Hannah Vaubien ; VQ : Emma Bao Linh (dialogues) et Mia Tinayre (chant)) : Vaiana Waialiki (Moana en VO et VQ)
    • Emma Puahi-Shapazian (VF : Haïly Yssembourg Da Cunha De Oliveira ; VQ : Philomène Ladouceur) : Moana à 4 ans
    • Amaya Masoli (VF : Jaynelia Coadou-Keita ; VQ : Philomène Ladouceur) : Moana à 8 ans
  • Dwayne Johnson (VF : David Krüger ; VQ : Guillaume Cyr) : Maui
  • Rena Owen (VF : Virginie Emane ; VQ : Johanne Garneau) : grand-mère Tala Waialiki
  • John Tui (VF : Grégory Lerigab ; VQ : Normand D'Amour) : le chef Tui Waialiki
  • Frankie Adams (VF : Melissa Bérard ; VQ : Émilie Josset) : Sina Waialik

mardi 29 septembre 2026

11.20 - MON AVIS SUR LE FILM L'INVITATION DE OLIVIA WILDE (2026)


 Vu le film L'Invitation de Olivia Wilde (2026) avec Olivie Wilde Seth Rogen Pénélope Cruz Edward Norton


Avec L’Invitation, je partais plutôt attiré par Olivia Wilde que par Seth Rogen, il faut bien l’avouer. Le film est le remake de Sentimental de Cesc Gay, que je ne connaissais pas, donc j’y suis allé vierge, si l’on peut dire, sans avoir le film original en tête pour comparer. Olivia Wilde, actrice devenue réalisatrice, m’intéressait surtout après Don't Worry Darling, qui montrait de vraies qualités visuelles et quelques idées d’écriture.


Nous voilà donc dans un huis clos entre voisins, autour d’un dîner qui n’est finalement pas aussi improvisé qu’il en a l’air. D’un côté, Joe, joué par Seth Rogen, et Angela, incarnée par Olivia Wilde, un couple dont la vie sexuelle semble avoir pris quelques vacances depuis un bon moment. De l’autre, leurs voisins Pina, jouée par Penélope Cruz, et Hawk, interprété par Edward Norton, qui semblent avoir trouvé une manière beaucoup plus sportive d’occuper leurs nuits. Le problème, c’est que leurs ébats sont tellement bruyants qu’ils empêchent les voisins de dormir. Mais derrière l’agacement se cache surtout une certaine jalousie : quand les autres font du bruit, cela rappelle surtout à Joe et Angela le silence qui règne chez eux.


L’invitation à dîner va donc rapidement se transformer en duel verbal entre deux couples qui n’ont visiblement pas la même définition de la vie à deux. Les conversations deviennent de plus en plus sexuelles, les langues se délient, les reproches remontent à la surface et chacun semble vouloir pousser l’autre à aller un peu plus loin dans la provocation. On est alors à deux doigts de se demander s’ils ne vont pas finir par distribuer des numéros de vestiaire à l’entrée de l’appartement.


Le problème est que cette mécanique, qui pouvait fonctionner sur le papier, devient rapidement très bavarde. Le film veut nous faire croire que derrière les plaisanteries sexuelles et les provocations se cachent des blessures, des frustrations et des problèmes de couple beaucoup plus profonds. Pourquoi pas, mais encore faudrait-il que le cinéma accompagne les dialogues au lieu de leur laisser occuper presque tout l’espace.


Seth Rogen confirme malheureusement ce que je pense souvent de lui : il peut être drôle dans certains rôles, mais ici son personnage finit surtout par m'agacer. Lui qui s’était fait une spécialité du film lourdingue très sexuel semble s’être métamorphosé en acteur indépendant un peu chiant, et encore je suis gentil. Edward Norton est quant à lui assez transparent, comme s’il était venu dîner mais avait oublié pourquoi.


Heureusement, Olivia Wilde tient beaucoup mieux son personnage et surtout Penélope Cruz, qui mène véritablement les débats avec une présence et une énergie qui donnent un peu de vie à ce huis clos. Dès qu’elle entre dans la conversation, il se passe enfin quelque chose, comme si quelqu’un venait remettre un peu de courant dans un appartement dont les plombs avaient sauté.


Je reste pourtant très déçu par Olivia Wilde réalisatrice. Après Don't Worry Darling, j’attendais justement de retrouver ce cinéma énervé, visuel, capable de créer une atmosphère et de raconter quelque chose derrière les apparences. Ici, elle semble avoir perdu le mode d’emploi et laisse trop souvent ses personnages parler à notre place.


Plus le film avance, plus l’ennui nous emporte, et ce n’est pas vraiment pour participer à leurs ébats verbaux que je suis venu au cinéma. Je voulais du cinéma, des images, une mise en scène, quelque chose qui dépasse quatre personnes enfermées dans un appartement à se raconter leur vie sexuelle. L’Invitation reste donc pour moi une comédie bavarde qui tourne beaucoup autour du sexe sans parvenir à être véritablement excitante, avec deux actrices qui sauvent ce qu’elles peuvent d’un scénario qui finit par tourner en rond.


Et dire que le film faisait partie des favoris des Oscars… On ne doit décidément pas vivre dans les mêmes salles de cinéma.

NOTE : 11.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


MON TOP 30 DU REALISATEUR JULIEN DUVIVIER (1896-1967)

 


Mon TOP30 du réalisateur Julien Duvivier (1896-1967)


1 La Belle Equipe
2 Marie-Octobre
3 Poil de Carotte (1932)
4 Pépé le Moko
5 Voici le Temps des Assassins
6 Un Carnet de Bal
7 La Fin de Jour
8 Pot Bouille
9 Poil de Carotte (1925)
10 La Bandera
11 Le Petit Monde de Camillo
12 La Fête à Henriette
13 Le Diable et les 10 Commandements
14 L’Affaire Maurizius
15 Le Retour de Don Camillo
16 Panique
17 Sous le Ciel de Paris
18 Anna Karénine 19 La Charrette Fantôme
20 L’Homme à l’Imperméable
21 Le Golem
22 Maria Chapdelaine
23 Diaboliquement Vôtre
24 Golgotha
25 Chair de Poule
26 La Femme et le Pantin
27 Panique
28 Untel Père et Fils
29 La Tête d’un Homme
30 Au Bonheur des Dames