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dimanche 14 juin 2026

MON AVIS SUR LA PIECE DAINAS DE JONATHAN CAPDEVIELLE ET DIMITRI DORE

 


Vu le Spectacle au Théâtre de la Maison des Métallos , la pièce Dainas de Jonathan Capdevielle et Dimitri Doré joué seul en scène par Dimitri Doré


Le titre du spectacle n'est pas anodin. Les « Dainas », ces chants populaires lettons transmis de génération en génération, deviennent ici le symbole d'une mémoire invisible qui survit au temps, aux frontières et aux silences. À travers elles, Dimitri Doré cherche autant un pays que lui-même.

Rarement un seul-en-scène aura donné une telle impression de richesse. Tour à tour conteur, danseur, chanteur, et artiste de cirque (wouah quand il nous fait un numéro sur un anneau à deux mètres du sol) enfant en quête de réponses, adulte en construction, Dimitri Doré déploie une palette artistique impressionnante. Son corps parle autant que ses mots, son regard raconte autant que ses silences.

Il y a dans son jeu quelque chose de profondément vrai. Une fragilité assumée qui devient une force. Une pudeur qui finit par nous atteindre en plein cœur. On sourit souvent, on rit parfois, mais surtout on est ému par cette humanité qui affleure à chaque instant.

La scène devient alors un territoire sans frontières. Une terre où se rencontrent la France et la Lettonie, l'enfance et l'âge adulte, les absents et les présents. Chaque souvenir convoqué semble faire renaître un fragment de vie.

Le public ne reste jamais spectateur. Il accompagne ce voyage. Il avance aux côtés de Dimitri Doré comme un compagnon de route, partageant ses doutes, ses découvertes, ses émerveillements. Une émotion collective naît peu à peu dans la salle. On rythme au son du spectacle

Ce qui frappe également, c'est la beauté de la simplicité. Aucun artifice inutile. Tout repose sur la présence magnétique du comédien et sur la puissance du récit. Et cela suffit largement à créer la magie. Seul comme des draps sur scène servent à la dramaturgie du spectacle.

À mesure que le spectacle progresse, on comprend que cette recherche des origines dépasse le simple cadre autobiographique. Elle nous parle à tous. Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Quelles histoires nous habitent sans que nous les connaissions vraiment ?

Dainas apporte peu de réponses définitives, mais il pose les bonnes questions avec une délicatesse infinie. C'est un spectacle sur la transmission, sur l'appartenance, sur les liens invisibles qui nous façonnent.

Dimitri Doré y déploie un talent multiple et éclatant. Son énergie, sa sensibilité et son engagement impressionnent autant qu'ils touchent. Il captive, il charme, il bouleverse.

On y entend des poèmes lettons (dont j'ai un magnifique recueil offert par Dimitri) , des chants , des moments téléphoniques )

A Travers le personnage fictif de Oleg on remonte dans les lointaines origines Lettones avant de revenir dans l'enfance de Dimitri le petit Lutin du Cinéma Français , qui comme le petit Poucet de Perrault ne sème pas des petits cailloux pour pas se perdre , lui plutôt ramasse ces cailloux pour monter le plus loin possible dans ses origines

De sa nouvelle famille , Dimitri ayant été adopté par une famille rémoise encore bébé , il a conservé la douceur la gentilesse dans son visage et son regard , on y voit à la fin du spectacle qui nous fait couler une larme un film de son enfance où déjà Dimitri avait le spectacle dans la peau utilisant un balai pour chanter et être la rock star , son papa m'a dit que Dimitri petit organisait des spectacles où il se mettait en vedette


Lorsque les lumières se rallument, quelque chose demeure. Comme l'écho d'un chant ancien porté par le vent des plaines baltes. Comme une émotion douce que l'on emporte avec soi.

Dainas est de ces spectacles rares qui ne se contentent pas d'être vus : ils se ressentent. Une œuvre profondément humaine, lumineuse et généreuse, portée par un artiste habité qui transforme son histoire personnelle en un moment de partage universel.

Un voyage au cœur des racines, de la mémoire et de l'identité, dont on ressort enrichi, ému et profondément reconnaissant.

Dimitri est un artiste complet dans tous les domaines et en plus il est très sympatique

« Dimitri voulait devenir artiste pour pouvoir faire son numéro. Le rêve de l'enfant s'est réalisé : il est devenu un artiste, et même un grand artiste. »

vendredi 12 juin 2026

11.10 - MON AVIS SUR LE FILM SECRETS D'Etat DE MAREK KANIEVSKA (2004)


 Vu le Film Secrets d'Etat de Marek Kanievska (2004) avec Sharon Stone Rupert Everett Jim Piddock Tamara Hope Mark Randall Julien Whadam


Leo Cauffield, reporter de guerre, ex-espion britannique et époux de Sally Tyler, une Américaine, disparaît un jour sans explications. Sally effectue toutes les recherches possibles pour le retrouver et découvre que son mari est en fait un agent double travaillant pour le KGB...

Ce film s'inspire de l'histoire réelle d'Eleanor Brewer qui épousa, en 1959, Kim Philby, un agent double, voire triple, britannique, et qui infiltra les services secrets britanniques pour le compte du KGB, l’agence de renseignements soviétique.

Marek Kanievska restera pour beaucoup l’homme d’Another Country, ce petit chef-d’œuvre où un jeune Rupert Everett incarnait déjà un futur maître du mensonge et de la manipulation dans l’Angleterre des espions. Amusant d’ailleurs de retrouver ici Everett dans une autre histoire liée à l’univers de Kim Philby : comme si la boucle était enfin bouclée.

Malheureusement, Secrets d’État est très loin de la puissance de son illustre prédécesseur.

Le film s’intéresse à Eleanor Philby (Sharon Stone), l’épouse du célèbre agent double Kim Philby (Rupert Everett), réfugié à Moscou après sa trahison. Tandis que Philby rêve de retrouver sa femme, celle-ci doit choisir entre deux destins : rester en Angleterre, libre mais seule, ou rejoindre l’homme qu’elle aime derrière le Rideau de fer, avec toutes les restrictions et les désillusions que cela implique. Tout l’enjeu du film repose donc sur cette tentative de convaincre Eleanor de franchir le pas.

Sur le papier, le sujet possède pourtant un vrai potentiel. Derrière l’espionnage, il y a une histoire d’amour, de fidélité, de sacrifice et de renoncement. Mais à l’écran, tout cela peine à décoller. Le film ressemble davantage à un téléfilm de luxe qu’à une véritable œuvre de cinéma. Les moyens paraissent limités, les décors souvent étriqués et la mise en scène manque singulièrement d’ampleur. On comprend vite pourquoi le film n’a jamais connu de sortie en salles.

Dès lors, on regarde surtout pour son contexte historique et pour son casting. Sharon Stone apporte sa présence habituelle à un personnage qui méritait davantage d’épaisseur, tandis que Rupert Everett compose un Philby séduisant, manipulateur et insaisissable. Mais même eux ne parviennent pas à insuffler la tension nécessaire à un récit qui avance trop souvent au ralenti.

Le plus étonnant reste peut-être cette séquence d’interrogatoire autour du mont Ararat. Impossible de ne pas penser au Serpent de Verneuil tant la situation rappelle celle du classique français. Pendant quelques minutes, le film semble enfin trouver une véritable personnalité avant de retomber dans sa routine narrative.

C’est finalement le principal problème de Secrets d’État : il possède tous les ingrédients d’un grand film d’espionnage — Kim Philby, la Guerre froide, les trahisons, les dilemmes amoureux, un casting prestigieux — mais n’en fait jamais grand-chose. Là où Another Country brillait par son intelligence, sa finesse psychologique et sa mise en scène inspirée, celui-ci donne constamment l’impression de regarder une reconstitution correcte mais sans souffle.

Reste donc un témoignage intéressant sur une page fascinante de l’histoire de l’espionnage britannique, quelques bons acteurs, et cette étrange sensation de voir une occasion manquée. Dommage d’un tel raté avec un sujet pareil et un casting capable de beaucoup mieux.

NOTE : 11.10

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