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mercredi 28 octobre 2026

13.10 - MON AVIS SUR LE FILM DON JON DE JOSEPH GORDON LEVITT (2013)

 


Vu le film Don Jon de Joseph Gordon Levitt (2013) avec Joseph Gordon Levitt Tony Danza Scarlett Johanson Julianne Moore Glenne Headly Brie Larson Rob Brown


« Mes amis, mes amours, mes emmerdes, mes relations… », s'échinait à chanter Charles Aznavour, mais Joseph Gordon-Levitt, dans Don Jon, a des problèmes beaucoup plus terre à terre : son corps, son appartement, sa caisse, sa famille, son église, ses potes et ses copines, avec un loisir qui occupe une place toute particulière dans son existence, SES PORNOS !

Car Jon, malgré son physique de séducteur bodybuildé et sa collection de conquêtes, ne trouve jamais chaussure à son pied, ou plutôt talons aiguilles, qui restent rarement plus d'une nuit dans son appartement ou dans sa voiture. Son véritable amour, celui qui ne le déçoit jamais, se trouve sur Internet, où il peut engloutir entre dix et quinze pornos par jour, accompagné de sa fidèle boîte de mouchoirs. À ce niveau-là, ce n'est plus une passion, c'est un abonnement à temps plein !

Bien sûr, la famille est là pour l'aider dans son petit délire, avec un père, interprété par Tony Danza, qui pourrait presque lui demander si madame a été servie, une sœur, jouée par Brie Larson, tellement collée à son portable qu'elle semble avoir fusionné avec lui, et une mère qui s'inquiète de voir son rejeton mener une existence qui tourne un peu trop autour de ses propres plaisirs. Il y a aussi l'église, où notre homme se rend chaque semaine pour se confesser, nettoyer sa conscience et purger le bébé, histoire de repartir du bon pied jusqu'au dimanche suivant !

Enfin, Jon rencontre la femme de sa vie, Barbara, incarnée par Scarlett Johansson, une blonde incendiaire qui va rapidement emménager chez lui et découvrir que son prince charmant entretient une relation particulièrement assidue avec son ordinateur. Le problème, c'est que la belle préfère le cinéma classique, les histoires d'amour et les grandes romances, tandis que son Don Juan des temps modernes trouve davantage son bonheur devant des vidéos qui ne demandent ni dialogues ni scénario.

Et oui, la belle Scarlett va se prendre autant de vents que les précédentes, car elle a beau vouloir façonner son compagnon à son image, il y a des habitudes qui ont la vie dure, surtout lorsqu'elles sont devenues une véritable obsession. Comme elle avait commencé sa carrière dans L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, on pourrait lui conseiller : Scarlett au haras, et oublie Don Jon !

Heureusement, une certaine Esther, incarnée par Julianne Moore, va venir bouleverser les habitudes de notre étalon de salle de musculation et lui faire découvrir que les relations humaines peuvent réserver des plaisirs autrement plus compliqués, mais aussi plus profonds, que ceux qu'il trouve sur son écran. Une rencontre qui va l'obliger à regarder les femmes autrement, et peut-être même à se regarder lui-même avec un peu moins de complaisance.

Joseph Gordon-Levitt passe pour la première fois derrière la caméra avec cette comédie qui aborde la dépendance à la pornographie, les illusions amoureuses et le décalage entre les fantasmes et la réalité, le tout dans un emballage qui ne s'embarrasse guère de pudeur. Scarlett Johansson joue les femmes idéales avec son charme habituel, tandis que Julianne Moore apporte une sensibilité bienvenue à cette histoire qui, derrière ses provocations, essaie tout de même de raconter quelque chose sur l'intimité et les sentiments.

Une bonne comédie, sans plus, assez différente de ce que l'on voit habituellement, avec beaucoup de Q, et encore du Q, mais si l'on n'aime pas ça, pourquoi en dégoûter les autres ? Le film a au moins le mérite de ne pas faire semblant de parler d'autre chose, même si son propos finit par être plus intéressant que ses provocations répétées.

Par contre, vu le physique de Joseph Gordon-Levitt, je me demande s'il ne préparait pas déjà un rôle musclé… de super-héros !

NOTE : 13.10

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HISTOIRE D'UNE CHANSON - MY RIFLE MY PONY AND ME - FILM RIO BRAVO

 


Histoire Chanson De Films, aujourd'hui la chanson du film RioBravo MyRifle MyPony and Me , Il est des chansons qui restent attachées à un film au point de devenir indissociables de ses images, et « My Rifle, My Pony and Me », interprétée par Dean Martin et Ricky Nelson dans Rio Bravo, fait incontestablement partie de celles qui ont traversé les décennies sans prendre une ride.


Sorti en 1959, ce western de Howard Hawks, avec John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson, Walter Brennan et Angie Dickinson, est devenu l'un des grands classiques du genre, mais il possède aussi un charme particulier qui tient à ses personnages, à leurs relations et à ces moments de détente qui viennent interrompre une intrigue pourtant tendue.


Car dans Rio Bravo, on ne passe pas son temps à dégainer, à courir après les bandits ou à se regarder avec des mines de croque-mort. Howard Hawks aime aussi filmer les hommes lorsqu'ils vivent ensemble, se chamaillent, se jaugent et finissent par former une véritable petite communauté, avec ses habitudes et ses complicités. La musique trouve naturellement sa place dans cet univers.


Mais revenons à cette chanson dont le titre, que l'on pourrait traduire par « Mon fusil, mon cheval et moi », résume à lui seul toute une certaine idée de l'Ouest américain, celle du cavalier qui ne possède pas grand-chose, mais qui sait apprécier ce qu'il a.


Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, cette chanson n'a pas été créée de toutes pièces pour le film de Howard Hawks. Son histoire remonte à 1948, lorsque le même réalisateur tournait La Rivière rouge (Red River), autre grand western avec John Wayne, cette fois accompagné de Montgomery Clift.


La musique est signée Dimitri Tiomkin, compositeur d'origine russe devenu l'un des grands noms de la musique hollywoodienne. Il a notamment travaillé sur Le Train sifflera trois fois, Le Vieil Homme et la Mer et de nombreux westerns qui ont marqué l'histoire du cinéma américain.


Pour La Rivière rouge, Tiomkin avait composé une mélodie intitulée « Settle Down », associée à l'univers du film. Cette musique allait connaître une seconde vie onze ans plus tard, lorsque le compositeur retrouva Howard Hawks pour Rio Bravo.


Le réalisateur souhaitait en effet intégrer une chanson à une scène où ses personnages pourraient souffler un peu, loin des menaces qui pèsent sur eux. Tiomkin reprit donc cette mélodie et l'adapta à de nouvelles paroles écrites par Paul Francis Webster, parolier américain auquel on doit également les textes de nombreuses chansons célèbres du cinéma.


C'est ainsi que naquit « My Rifle, My Pony and Me », une chanson qui possédait déjà une histoire musicale avant même que Dean Martin ne lui donne sa voix.


Il faut reconnaître que cette transformation est particulièrement réussie, car la mélodie possède cette simplicité qui permet de la retenir dès la première écoute, sans jamais donner l'impression d'une chanson fabriquée pour devenir un succès à tout prix.


Dans Rio Bravo, Dean Martin incarne Dude, un ancien adjoint du shérif devenu alcoolique, qui tente de retrouver sa dignité après être tombé bien bas. Le personnage est fragile, tourmenté, mais il conserve une vraie humanité que Martin exprime avec beaucoup de finesse.


Il faut se souvenir que Dean Martin n'est pas seulement un acteur populaire, compagnon de Jerry Lewis pendant plusieurs années, mais également un crooner dont la voix chaude et veloutée a fait merveille dans la chanson américaine. Il possède cette façon de chanter sans forcer, comme si la mélodie lui appartenait depuis toujours.


À ses côtés, Ricky Nelson interprète Colorado, un jeune tireur qui se retrouve mêlé aux événements et rejoint le petit groupe réuni autour du shérif Chance. À seulement dix-huit ans au moment du tournage, il est déjà une vedette de la chanson grâce à ses succès dans le rock'n'roll, mais il est aussi devenu une idole des jeunes grâce à la télévision.


Sa voix, plus claire et plus juvénile que celle de Dean Martin, se marie admirablement avec celle du crooner, et cette différence constitue précisément l'un des charmes de leur interprétation.


La scène se déroule dans la prison où les hommes se sont retranchés, alors que la situation reste dangereuse et que la menace d'un affrontement se rapproche. Dude commence à chanter, puis Colorado le rejoint avec sa guitare, donnant progressivement à cette parenthèse musicale une douceur qui contraste avec la violence environnante.


Et pendant que les deux hommes chantent, John Wayne, dans le rôle du shérif John T. Chance, les regarde avec cette présence imposante qui semble remplir toute la pièce, même lorsqu'il ne fait rien d'autre que savourer le moment.


Le spectacle est aussi simple que magnifique : Dean Martin, assis dans son coin, laisse sa voix se déployer avec une aisance confondante, tandis que Ricky Nelson apporte une fraîcheur et une tendresse qui donnent à la chanson une autre dimension.


Walter Brennan, l'inoubliable Stumpy, fait également partie de cette parenthèse musicale. Il accompagne ensuite les hommes à l'harmonica lorsque la scène se prolonge avec la chanson traditionnelle « Get Along Home, Cindy », après le duo de Dean Martin et Ricky Nelson.


Brennan est un personnage à lui seul, avec sa silhouette reconnaissable, sa voix rocailleuse et son caractère bien trempé. Sa présence donne à ces instants une authenticité qui évite à la scène de ressembler à un numéro musical plaqué artificiellement sur le récit.


Les paroles de « My Rifle, My Pony and Me » évoquent une existence simple, faite de grands espaces, de solitude, de nature et de liberté. Le fusil, le cheval et le cavalier forment une sorte de famille réduite à l'essentiel, dans laquelle les possessions matérielles comptent moins que la possibilité de vivre en paix.


On y retrouve les images traditionnelles du western américain, avec ses plaines immenses, ses montagnes, ses troupeaux et ses nuits sous les étoiles. Pourtant, la chanson ne cherche pas à glorifier la violence ou à transformer le cow-boy en héros invincible. Elle évoque plutôt le désir de trouver un endroit où l'on pourrait enfin poser ses affaires et vivre tranquillement.


C'est précisément ce qui rend cette scène si émouvante dans le contexte de Rio Bravo. Ces hommes sont enfermés dans une prison, entourés de dangers, et ils savent que les heures à venir pourraient être difficiles. Pourtant, ils s'accordent quelques minutes de musique, comme s'ils voulaient rappeler qu'ils ne sont pas uniquement des hommes armés chargés de défendre une position.


Il y a quelque chose de profondément humain dans cette façon de résister à la peur en chantant ensemble, sans grands discours ni démonstration de bravoure. La chanson devient une respiration au milieu du danger, un petit morceau de vie ordinaire dans une situation qui ne l'est plus du tout.


Et John Wayne, qui pourrait facilement écraser la scène de sa seule présence, accepte de rester en retrait, laissant ses compagnons profiter de cet instant. Le grand Duke n'a pas besoin de chanter pour participer à la magie du moment.


La chanson a bénéficié de la popularité de Rio Bravo, mais aussi de la rencontre entre deux chanteurs aux univers différents, dont les voix se complètent à merveille. Dean Martin apporte l'expérience, le velours et cette décontraction qui le caractérise, tandis que Ricky Nelson offre la fraîcheur d'une jeune vedette au sommet de sa popularité.


Le morceau a été enregistré et commercialisé à l'époque du film, aux côtés d'autres chansons associées à la production, dont le thème « Rio Bravo », également composé par Dimitri Tiomkin sur des paroles de Paul Francis Webster.


La chanson a continué à circuler bien après la sortie du western, au point de devenir un morceau recherché par les amateurs de musique country et de cinéma classique. Elle a notamment été reprise par le chanteur country Don Williams, tandis que d'autres interprètes ont proposé leurs propres versions au fil des années.


Le groupe français Dionysos s'est lui aussi essayé à cette chanson, preuve que cette mélodie née dans l'univers du western peut voyager bien au-delà de son époque et de son décor d'origine.


Il est toujours intéressant de constater qu'une chanson peut parfois devenir l'une des images les plus durables d'un film sans avoir besoin d'en être le thème principal ou de revenir à chaque scène importante. Ici, quelques minutes suffisent pour que le spectateur garde en mémoire les voix, les regards et la complicité entre les personnages.


La chanson a également une qualité devenue assez rare dans le cinéma contemporain : elle accepte de prendre son temps, sans chercher à multiplier les effets pour retenir l'attention. Elle laisse les voix respirer et permet au spectateur de profiter de la musique sans qu'un événement spectaculaire vienne aussitôt interrompre le plaisir.


C'est aussi ce qui fait le charme de Howard Hawks, cinéaste qui savait filmer l'action, mais qui comprenait tout autant l'importance des silences, des gestes familiers et de ces moments où les personnages existent simplement devant nous.


Aujourd'hui encore, « My Rifle, My Pony and Me » demeure l'un des grands souvenirs musicaux de Rio Bravo, au même titre que certaines scènes de camaraderie qui ont fait la réputation du film. Il suffit de réentendre la voix de Dean Martin, bientôt rejointe par celle de Ricky Nelson, pour retrouver cette prison, cette guitare, la présence tranquille de John Wayne et cette bande d'hommes qui, pendant quelques minutes, oublient presque qu'ils sont assiégés.


La chanson n'a pas besoin d'en faire davantage pour nous toucher. Elle nous rappelle qu'un grand western ne se résume pas aux fusillades, aux chevaux lancés au galop et aux héros qui dégainent plus vite que leur ombre.


Parfois, il suffit d'une guitare, de deux voix merveilleuses, d'un harmonica et d'un John Wayne qui regarde ses compagnons avec satisfaction pour fabriquer un moment de cinéma inoubliable.


Et si l'on me demande ce qui fait le charme de Rio Bravo, je répondrai volontiers qu'il y a les bandits, le shérif, les coups de feu, Angie Dickinson, bien sûr, mais aussi cette chanson qui semble nous dire que, même au milieu des pires ennuis, il reste toujours un peu de place pour la musique et l'amitié.


Dean Martin et Ricky Nelson nous offrent ici bien davantage qu'une chanson de western : un instant de bonheur suspendu, une petite merveille qui continue de nous accompagner longtemps après que le générique a disparu de l'écran.


https://www.youtube.com/watch?v=1uuAjwvtxEM


The sun is sinking in the westThe cattle go down to the streamThe redwing settles in the nestIt's time for a cowboy to dreamPurple light in the canyonsThat's where I long to beWith my three good companionsJust my rifle, pony and me
Gonna hang (gonna hang) my sombrero (my sombrero)On the limb (on the limb) of a tree (of a tree)Coming home (coming home) sweetheart darling (sweetheart darling)Just my rifle, pony and meJust my rifle, my pony and me(Whippoorwill in the willowSings a sweet melodyRiding to Amarillo)Just my rifle, pony and me
No more cows (no more cows) to be roping (to be roping)No more strays will I seeRound the bend (round the bend) she'll be waiting (she'll be waiting)For my rifle, pony and meFor my rifle, my pony and me

13.20 - MON AVIS SUR LE FILM THE DOG STARS DE RIDLEY SCOTT (2026)

 


Vu le film The Dog Stars de Ridley Scott (2026) avec Jacob Elordi Jeff Bridges Margaret Qualley Allison Jeanney Guy Pearce Samù Spruell Ewen Bremmer Benedict Wrong


Voir un film de Ridley Scott était devenu, depuis quelque temps, une affaire qui ressemblait davantage à un parcours semé de déceptions qu'à une véritable fête de cinéma, mais voilà que le bonhomme semble avoir retrouvé sa patte avec The Dog Stars, adaptation du roman de Peter Heller, qui nous offre un film certes plus intimiste que ses grandes fresques habituelles, mais qui n'en demeure pas moins une belle réussite. Avec un budget annoncé de 110 millions de dollars, on reste dans le modeste chez Scott, même si beaucoup de réalisateurs se contenteraient volontiers d'une pareille somme pour financer toute leur carrière.

Après une pandémie de grippe qui a décimé une grande partie de l'humanité, Hig, ancien mécanicien et pilote de Cessna, survit dans une base militaire abandonnée du Colorado en compagnie de Bangley, un ancien Marine aussi méfiant que lourdement armé, et de son chien Jasper. Dans ce monde où les survivants se font rares et où la confiance est devenue une denrée aussi précieuse que les provisions, les deux hommes ont organisé leur existence autour de la défense de leur territoire, chacun apportant ses compétences à cette étrange communauté réduite à trois êtres vivants.

Hig, interprété par Jacob Elordi, conserve pourtant une part d'humanité et de sensibilité que son compagnon d'infortune semble avoir depuis longtemps rangée au fond d'un placard. La mort et le deuil pèsent sur lui, tandis que son goût pour le pilotage lui permet de s'évader au-dessus de cette terre dévastée, où les paysages magnifiques contrastent avec la solitude des derniers survivants. Lorsqu'une transmission radio laisse entrevoir la possibilité de retrouver d'autres êtres humains, Hig décide de partir à leur recherche, au risque de bouleverser un équilibre déjà fragile.

Ridley Scott prend le temps d'installer son univers et de nous faire partager le quotidien de ces hommes qui n'ont plus grand-chose à attendre de l'existence, si ce n'est de survivre un jour de plus. La première partie, consacrée à leur cohabitation, à leurs habitudes et à cette méfiance permanente envers le monde extérieur, fonctionne particulièrement bien, avec une tension qui naît moins des affrontements que de la difficulté à continuer de vivre lorsque toute civilisation semble avoir disparu.

Le cinéaste retrouve ici un véritable sens de l'espace, magnifié par une photographie superbe, des plans aériens impressionnants et ces grands paysages qui donnent à la nature une présence presque aussi importante que celle des personnages. Le tournage réalisé en Italie parvient à recréer les étendues du Colorado, tandis que la musique d'Harry Gregson-Williams accompagne admirablement cette histoire de solitude, de perte et d'espoir, sans chercher à nous tirer les larmes à chaque changement de plan.

Jacob Elordi se montre excellent dans le rôle de Hig, avec une sensibilité et une fragilité qui donnent de l'épaisseur à cet homme partagé entre son instinct de survie et son besoin de retrouver une raison de vivre. Bon, il faut quand même reconnaître que sa grande carcasse semble parfois avoir du mal à se déplacer, notamment lorsqu'il se met à courir, et que l'on se demande un instant si le pilote n'aurait pas été plus à l'aise dans son Cessna que sur ses deux jambes, mais cela n'enlève rien à sa prestation.

Le véritable numéro un du film reste toutefois Josh Brolin, absolument remarquable dans le rôle de Bangley, cet ancien Marine qui semble avoir trouvé son bonheur dans un monde où les règles ont disparu et où l'on peut enfin se méfier de tout le monde sans passer pour un paranoïaque. Son personnage cynique, pragmatique et parfaitement adapté à ce désordre général apporte une présence formidable au récit, avec cette manière de considérer la survie comme un travail à plein temps plutôt que comme une occasion de philosopher sur la fin du monde. Brolin donne au film une solidité et un caractère qui font merveille, et ses échanges avec Elordi constituent l'un des grands plaisirs de cette première moitié.

Quant à Jasper, le chien de Hig, il apporte une touche de douceur dans cet univers de brutes où les hommes ont parfois bien du mal à se comporter comme des êtres humains. Sa présence rappelle que l'affection et la fidélité n'ont pas complètement disparu de la planète, même si l'humanité semble avoir fait tout son possible pour mériter son extinction.

L'arrivée d'autres survivants, notamment incarnés par Margaret Qualley et Guy Pearce, élargit ensuite le récit et modifie quelque peu son équilibre, car le film perd une partie de la tension qui faisait la force de ses débuts. Cette ouverture vers d'autres personnages disperse un peu l'attention et rend l'histoire moins urgente, sans pour autant détruire les qualités d'un ensemble qui préfère s'intéresser aux relations humaines plutôt que de transformer chaque rencontre en prétexte à une nouvelle bataille.

Ridley Scott retrouve ainsi une forme de simplicité narrative que l'on avait plaisir à revoir chez lui, avec une mise en scène qui laisse respirer les images et des personnages auxquels on finit par s'attacher. Pas besoin ici d'aligner les explosions et les effets numériques pour nous tenir en haleine, car il suffit parfois d'un homme, d'un chien, d'un avion et d'un horizon immense pour raconter quelque chose de profondément humain.

The Dog Stars n'est peut-être pas le plus grand film de Ridley Scott, mais c'est une œuvre généreuse, maîtrisée et passionnante qui nous rappelle que le réalisateur de Alien, Blade Runner et Gladiator sait encore nous offrir du grand cinéma lorsqu'il prend le temps de raconter une histoire plutôt que de vouloir conquérir la planète entière. Après plusieurs rendez-vous qui m'avaient laissé sur ma faim, je retrouve enfin un Ridley Scott qui me donne envie de le suivre à nouveau, et c'est déjà une excellente nouvelle.

Un film de survie contemplatif et profondément humain, porté par un Josh Brolin au sommet et un Jacob Elordi convaincant, même si ce dernier ferait peut-être mieux de prendre son avion plutôt que de courir après les survivants

NOTE : 13.20

FICHE TECHNIQUE

Producteurs délégués : Lily Brooks-Dalton, Peter Heller et Brandon Scott Smith

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8.10 - MON AVIS SUR LE FILM VERITY DE MICHAEL SHOWALTER (2026)

 


Vu le film Vérity de Michael Showalter (2026) avec Anne Hattaway Josh Hartnett Dakota Johnson Ismael Cruz Córdova Brady Wagner Irina Dvorovenko K. K. Moggie


Adapté du roman de Colleen Hoover, Verity de Michael Showalter nous plonge dans un thriller psychologique érotique qui voudrait renouer avec les grandes heures du genre, lorsque les années 80 et 90 nous offraient des histoires sulfureuses où le désir, la manipulation et les mensonges finissaient généralement par faire des dégâts. Avec Fatal Attraction ou Basic Instinct en tête, on pouvait espérer retrouver un peu de cette folie qui faisait le charme de ces films, mais encore fallait-il avoir quelque chose à raconter.


Lowen, une jeune écrivaine en difficulté, est engagée par Jeremy pour terminer les romans de son épouse Verity, une autrice à succès devenue paralysée et incapable de parler à la suite d'un accident. Dakota Johnson incarne cette ghostwriter qui s'installe dans la luxueuse maison familiale au bord d'un lac, avec la mission de poursuivre une œuvre littéraire dont la propriétaire ne semble plus en mesure de s'occuper. En fouillant les affaires de Verity, Lowen découvre un manuscrit qui ressemble à une confession glaçante, dans lequel la jeune femme dévoile des secrets familiaux particulièrement inquiétants.


La lecture de ces pages va bouleverser son regard sur Verity, sur Jeremy et sur cette famille qui paraît cacher bien des choses derrière les apparences. Entre attirance physique, soupçons, manipulation et révélations, Lowen se retrouve prise dans une histoire où personne ne semble véritablement digne de confiance. Reste à savoir si le manuscrit raconte la vérité ou s'il constitue une nouvelle arme dans un jeu particulièrement malsain.


Sur le papier, le sujet avait de quoi séduire, d'autant que le casting réunissait Dakota Johnson, Anne Hathaway et Josh Hartnett, trois noms capables d'attirer la curiosité. Pourtant, le film peine à donner du corps à cette histoire, comme si Michael Showalter avait voulu emballer un thriller dangereux dans un joli papier cadeau avant d'oublier de mettre quelque chose à l'intérieur.


Le scénario de Nick Antosca condense le roman en une succession de révélations qui manquent souvent de force, tandis que l'ambiguïté entretenue autour des personnages finit par ressembler davantage à une manière de repousser le dénouement qu'à une véritable audace narrative. On nous promet des secrets terribles, une maternité toxique et des mensonges susceptibles de faire voler la famille en éclats, mais la mécanique fonctionne trop rarement pour provoquer le trouble attendu.


Anne Hathaway tire son épingle du jeu en jouant avec les différentes facettes de Verity, entre fragilité apparente, étrangeté et menace, avec une gourmandise qui apporte enfin un peu de relief à cet ensemble. Dakota Johnson reste correcte dans le rôle de Lowen, mais son personnage ne parvient jamais à donner toute la dimension nécessaire à cette histoire, tandis que Josh Hartnett semble se contenter du minimum syndical.


Bon, on va demander à Hartnett d'être un bon acteur, mais un brocolis reste un brocolis sans saveur. On ne lui demande pourtant pas de décrocher un Oscar, simplement de mettre un peu de vie dans un personnage qui devrait être aussi séduisant qu'inquiétant.


Michael Showalter, davantage à son aise dans la comédie ou le drame léger, soigne cependant l'emballage avec cette grande maison luxueuse, ses éclairages froids et son atmosphère élégante qui semblent tout droit sortis d'un catalogue immobilier pour milliardaires tourmentés. La musique cherche à installer une tension hitchcockienne, mais la réalisation manque de nervosité et les scènes censées faire monter la température restent étonnamment tièdes.


Le film voudrait jouer sur le désir et le malaise, mais il semble constamment retenir ses coups, comme s'il avait peur d'aller au bout de ses intentions. Les retournements de situation arrivent sans véritable impact et certaines scènes, destinées à choquer, flirtent involontairement avec le ridicule. Quant à cette conclusion qui entretient le doute, elle laisse surtout l'impression que les scénaristes n'ont pas réussi à choisir entre plusieurs explications.


On peut rapprocher Verity de La Femme de ménage (The Housemaid), qui évolue dans un univers assez voisin, entre secrets domestiques, personnages ambigus et rebondissements à répétition. Mais là où ce dernier assume davantage son côté divertissement populaire et son plaisir coupable, Verity paraît trop occupé à se donner des airs sulfureux pour nous faire réellement frissonner.


Au bout du compte, on se retrouve devant un thriller qui possède les ingrédients nécessaires, mais dont la préparation manque singulièrement de goût. Une maison luxueuse, des personnages mystérieux, quelques scènes de sexe et des secrets de famille ne suffisent pas à fabriquer un grand thriller, pas plus qu'une belle assiette ne garantit un bon repas.


Verity reste un divertissement regardable pour les admirateurs du roman ou les amateurs de thrillers domestiques bien emballés, avec Anne Hathaway comme principal motif de satisfaction. Pour les autres, le film risque surtout de laisser un souvenir aussi fugace que celui d'un plat servi avec élégance, mais auquel on aurait oublié d'ajouter les épices.


Un film qui voulait mettre le feu aux poudres, mais qui finit par nous servir des brocolis à la vapeur.

NOTE : 8.10

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