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dimanche 26 juillet 2026

15.30 - %ON AVIS SUR LE FILM A SOLDIER'S STORY DE NORMAN JEWISON (1984)


 Vu le Film A Soldier's Story de Norman Jewison (1984) avec Howard E. Rollins Jr. Adolph Caesar Art Evans David Alan Grier Denzel Washington David Harris Robert Townsend


Il y a des films qui dérangent parce qu'ils montrent la violence. Et puis il y a ceux qui dérangent parce qu'ils obligent le spectateur à regarder ses propres préjugés en face. A Soldier's Story appartient clairement à cette seconde catégorie.

Voilà un film qui n'a pas dû faire plaisir au MAGA avant l'heure et à ses clones français. Norman Jewison, déjà auteur du formidable Dans la chaleur de la nuit, revient une nouvelle fois sur les fractures raciales américaines, mais avec une intelligence qui refuse les réponses faciles. Ici, personne n'est totalement innocent, personne n'est totalement coupable au premier regard.

L'histoire nous transporte en Louisiane, en 1944, dans une base militaire américaine encore profondément marquée par la ségrégation. Le sergent-chef Vernon C. Waters est retrouvé assassiné. Pour mener l'enquête, l'armée envoie le capitaine Richard Davenport, un officier noir interprété avec une immense dignité par Howard E. Rollins Jr., premier officier afro-américain chargé d'une telle mission.

Dès son arrivée, Davenport doit affronter un double mur. Celui des officiers blancs, colonels et supérieurs persuadés de connaître déjà la vérité, mais aussi celui des soldats noirs qui voient en lui un représentant de l'autorité plus qu'un frère de couleur.

Et c'est là toute la force du scénario de Charles Fuller, adapté de sa propre pièce de théâtre récompensée par le prix Pulitzer. Jewison ne raconte pas simplement une enquête criminelle. Il dissèque les rapports humains, les blessures de l'Amérique et les ravages du racisme, y compris lorsqu'il s'infiltre au sein même de ceux qui en sont victimes.

Le personnage du sergent Waters, incarné magistralement par Adolph Caesar, est d'une richesse incroyable. C'est un homme noir... mais plus blanc que noir dans son comportement. Pour lui, la discipline est une religion, le "Yes Sir" est de mise, et il méprise profondément les soldats noirs qui ne correspondent pas à son idéal de réussite. À ses yeux, il faut être irréprochable pour espérer être accepté par les Blancs.

Résultat : Waters est détesté par ses propres hommes.

Chaque flash-back ajoute une nouvelle pièce au puzzle et modifie notre regard sur les personnages. On croit comprendre... puis Jewison déplace subtilement les lignes.

Est-ce le Ku Klux Klan qui a exécuté ses basses œuvres ?

Est-ce un officier blanc ?

Ou simplement un soldat noir ?

Jewison joue avec la dualité de la culpabilité suivant la vision qu'on a de la situation. Il manipule nos certitudes avec une précision remarquable. Chaque nouvelle révélation remet en question la précédente et nous oblige à revoir notre jugement.

Jusqu'à la dernière seconde, on va être dérangé, regarder son voisin, et se poser la question : est-ce la bonne conclusion qu'il pouvait y avoir ?

C'est exactement ce que doit provoquer un grand film.

Howard E. Rollins Jr. livre une prestation tout en retenue. Son capitaine Davenport ne hausse jamais la voix inutilement. Il impose son autorité par son intelligence, son calme et sa détermination. Dans une société où tout le monde attend qu'il commette la moindre erreur, il avance avec une élégance remarquable.

Face à lui, Adolph Caesar compose un personnage fascinant, autoritaire, parfois odieux, mais jamais caricatural. Plus l'histoire avance, plus on comprend les blessures qui ont façonné cet homme. On ne l'excuse pas forcément... mais on le comprend.

Et dans les recrues, les cinéphiles auront le plaisir de remarquer un tout jeune Denzel Washington. Eh oui, ce n'est pas lui sur l'affiche, mais bien Rollins ! Pourtant, derrière son rôle secondaire de Peterson, on sent déjà poindre le futur immense acteur qu'il deviendra quelques années plus tard.

Autour d'eux, David Alan Grier, Art Evans, Robert Townsend, Larry Riley ou encore William Allen Young composent une galerie de soldats extrêmement crédibles, chacun portant sa propre vision de l'armée, de la ségrégation et de la dignité.

Jewison filme sans effets inutiles. Sa mise en scène est sobre, presque clinique. Il laisse les dialogues, les regards et les silences faire tout le travail. Cette retenue rend les confrontations encore plus puissantes.

La photographie restitue parfaitement la chaleur étouffante du Sud américain, tandis que la musique accompagne discrètement cette montée permanente de la tension.

Ce qui impressionne surtout, c'est que le film refuse le confort moral. Il aurait été tellement simple de désigner un coupable évident et de transformer l'histoire en démonstration. Jewison fait exactement l'inverse. Il oblige chacun à réfléchir à ses propres a priori, à la facilité avec laquelle on construit une vérité selon notre regard sur les événements.

Près de quarante ans après sa sortie, A Soldier's Story n'a absolument rien perdu de sa force. Les thèmes qu'il aborde restent d'une actualité troublante, et son écriture demeure un modèle d'équilibre entre polar, drame psychologique et réflexion sociale.

Norman Jewison nous offre une partition dure mais solide. Un film qui ne prend jamais le spectateur par la main, qui le bouscule sans relâche et qui prouve une nouvelle fois que le cinéma peut divertir tout en faisant réfléchir.

Une grande leçon de cinéma, de scénario et d'humanité, portée par un casting remarquable et un réalisateur qui, une fois encore, a su mettre son immense talent au service d'un sujet brûlant sans jamais tomber dans la démonstration facile.


Il y a des films qui dérangent parce qu'ils montrent la violence. Et puis il y a ceux qui dérangent parce qu'ils obligent le spectateur à regarder ses propres préjugés en face. A Soldier's Story appartient clairement à cette seconde catégorie.

Voilà un film qui n'a pas dû faire plaisir au MAGA avant l'heure et à ses clones français. Norman Jewison, déjà auteur du formidable Dans la chaleur de la nuit, revient une nouvelle fois sur les fractures raciales américaines, mais avec une intelligence qui refuse les réponses faciles. Ici, personne n'est totalement innocent, personne n'est totalement coupable au premier regard.

L'histoire nous transporte en Louisiane, en 1944, dans une base militaire américaine encore profondément marquée par la ségrégation. Le sergent-chef Vernon C. Waters est retrouvé assassiné. Pour mener l'enquête, l'armée envoie le capitaine Richard Davenport, un officier noir interprété avec une immense dignité par Howard E. Rollins Jr., premier officier afro-américain chargé d'une telle mission.

Dès son arrivée, Davenport doit affronter un double mur. Celui des officiers blancs, colonels et supérieurs persuadés de connaître déjà la vérité, mais aussi celui des soldats noirs qui voient en lui un représentant de l'autorité plus qu'un frère de couleur.

Et c'est là toute la force du scénario de Charles Fuller, adapté de sa propre pièce de théâtre récompensée par le prix Pulitzer. Jewison ne raconte pas simplement une enquête criminelle. Il dissèque les rapports humains, les blessures de l'Amérique et les ravages du racisme, y compris lorsqu'il s'infiltre au sein même de ceux qui en sont victimes.

Le personnage du sergent Waters, incarné magistralement par Adolph Caesar, est d'une richesse incroyable. C'est un homme noir... mais plus blanc que noir dans son comportement. Pour lui, la discipline est une religion, le "Yes Sir" est de mise, et il méprise profondément les soldats noirs qui ne correspondent pas à son idéal de réussite. À ses yeux, il faut être irréprochable pour espérer être accepté par les Blancs.

Résultat : Waters est détesté par ses propres hommes.

Chaque flash-back ajoute une nouvelle pièce au puzzle et modifie notre regard sur les personnages. On croit comprendre... puis Jewison déplace subtilement les lignes.

Est-ce le Ku Klux Klan qui a exécuté ses basses œuvres ?

Est-ce un officier blanc ?

Ou simplement un soldat noir ?

Jewison joue avec la dualité de la culpabilité suivant la vision qu'on a de la situation. Il manipule nos certitudes avec une précision remarquable. Chaque nouvelle révélation remet en question la précédente et nous oblige à revoir notre jugement.

Jusqu'à la dernière seconde, on va être dérangé, regarder son voisin, et se poser la question : est-ce la bonne conclusion qu'il pouvait y avoir ?

C'est exactement ce que doit provoquer un grand film.

Howard E. Rollins Jr. livre une prestation tout en retenue. Son capitaine Davenport ne hausse jamais la voix inutilement. Il impose son autorité par son intelligence, son calme et sa détermination. Dans une société où tout le monde attend qu'il commette la moindre erreur, il avance avec une élégance remarquable.

Face à lui, Adolph Caesar compose un personnage fascinant, autoritaire, parfois odieux, mais jamais caricatural. Plus l'histoire avance, plus on comprend les blessures qui ont façonné cet homme. On ne l'excuse pas forcément... mais on le comprend.

Et dans les recrues, les cinéphiles auront le plaisir de remarquer un tout jeune Denzel Washington. Eh oui, ce n'est pas lui sur l'affiche, mais bien Rollins ! Pourtant, derrière son rôle secondaire de Peterson, on sent déjà poindre le futur immense acteur qu'il deviendra quelques années plus tard.

Autour d'eux, David Alan Grier, Art Evans, Robert Townsend, Larry Riley ou encore William Allen Young composent une galerie de soldats extrêmement crédibles, chacun portant sa propre vision de l'armée, de la ségrégation et de la dignité.

Jewison filme sans effets inutiles. Sa mise en scène est sobre, presque clinique. Il laisse les dialogues, les regards et les silences faire tout le travail. Cette retenue rend les confrontations encore plus puissantes.

La photographie restitue parfaitement la chaleur étouffante du Sud américain, tandis que la musique accompagne discrètement cette montée permanente de la tension.

Ce qui impressionne surtout, c'est que le film refuse le confort moral. Il aurait été tellement simple de désigner un coupable évident et de transformer l'histoire en démonstration. Jewison fait exactement l'inverse. Il oblige chacun à réfléchir à ses propres a priori, à la facilité avec laquelle on construit une vérité selon notre regard sur les événements.

Près de quarante ans après sa sortie, A Soldier's Story n'a absolument rien perdu de sa force. Les thèmes qu'il aborde restent d'une actualité troublante, et son écriture demeure un modèle d'équilibre entre polar, drame psychologique et réflexion sociale.

Norman Jewison nous offre une partition dure mais solide. Un film qui ne prend jamais le spectateur par la main, qui le bouscule sans relâche et qui prouve une nouvelle fois que le cinéma peut divertir tout en faisant réfléchir.

Une grande leçon de cinéma, de scénario et d'humanité, portée par un casting remarquable et un réalisateur qui, une fois encore, a su mettre son immense talent au service d'un sujet brûlant sans jamais tomber dans la démonstration facile.

NOTE :15.30

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

LIEUX DE TOURNAGE : LE JARDIN DES TUILERIES A PARIS


Mes Lieux de Tournage à Paris : le Jardin des Tuileries


Aujourd'hui, je vous emmène dans l'un des lieux les plus prestigieux et chargés d'histoire de Paris : le Jardin des Tuileries, qui s'étend le long de la rue de Rivoli, entre la place de la Concorde et l'Arc du Carrousel.

Créé au XVIᵉ siècle à l'emplacement d'anciennes fabriques de tuiles qui lui ont donné son nom, ce jardin est intimement lié à l'histoire de France. Il fut le jardin des rois, le témoin de la Révolution française, de l'incendie du palais des Tuileries en 1871, avant de devenir l'un des plus beaux espaces verts de la capitale. Aujourd'hui, le domaine national du Louvre et des Tuileries est géré par le musée du Louvre.

Le jardin s'est également offert une nouvelle jeunesse lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 avec la célèbre Vasque olympique. Chaque été, celle-ci reprend son envol dans le ciel parisien, rappelant l'émotion de son allumage par Marie-José Pérec et Teddy Riner, puis de son extinction, à la fin des Jeux, par Léon Marchand. Un spectacle féerique, particulièrement magique lorsque la nuit tombe sur Paris.

Le Jardin des Tuileries possède aussi une histoire plus discrète, mais importante. Durant plusieurs décennies, notamment des années 1950 jusqu'aux années 1980, il fut l'un des principaux lieux de rencontre de la communauté homosexuelle parisienne, bien avant que Le Marais ne devienne le quartier emblématique que l'on connaît aujourd'hui. De jour comme de nuit, c'était un endroit où l'on venait se retrouver, échanger... et parfois simplement se montrer.

Le cinéma, lui aussi, est tombé amoureux des Tuileries.

🎬 Paris brûle-t-il ? (1966) – René Clément

Ce monument du cinéma de guerre reconstitue avec un réalisme impressionnant la Libération de Paris. La reddition du général von Choltitz se déroule à l'Hôtel Meurice, situé juste en face du jardin. Les combats sont recréés le long de la rue de Rivoli et des grilles des Tuileries, avec blindés, tirs d'artillerie et soldats progressant dans ce secteur historique.

🎬 Le Boulet (2002) – Alain Berbérian et Frédéric Forestier

Impossible d'oublier cette poursuite complètement délirante où la Grande Roue se décroche de son axe et traverse le Jardin des Tuileries dans une scène spectaculaire devenue culte.

🎬 Paris, je t'aime (2006) – Segment "Tuileries" des frères Coen

L'un des sketches les plus célèbres du film collectif. Steve Buscemi y incarne un touriste américain confronté, avec beaucoup d'humour, aux subtilités des relations amoureuses parisiennes. L'essentiel de l'action se déroule dans la station de métro Tuileries, mais les abords du jardin servent à installer l'ambiance de ce quartier mythique.

🎬 C'était un rendez-vous (1976) – Claude Lelouch

Un court-métrage devenu légendaire. Une caméra fixée sur le pare-chocs d'une voiture lancée à toute vitesse traverse Paris à l'aube. Après avoir franchi la place de la Concorde, elle longe le Jardin des Tuileries par le quai avant de filer vers le Louvre dans un plan-séquence devenu mythique.

🎬 Minuit à Paris (2011) – Woody Allen

Les Tuileries apparaissent à plusieurs reprises lors des promenades nocturnes du personnage interprété par Owen Wilson, renforçant le charme romantique et intemporel du Paris imaginé par Woody Allen.

🎬 La Mémoire dans la peau (The Bourne Identity, 2002) – Doug Liman

Jason Bourne traverse plusieurs lieux emblématiques de Paris. Les Tuileries figurent parmi les décors utilisés pour illustrer sa cavale dans la capitale.

🎬 Bon Voyage (2003) – Jean-Paul Rappeneau

Le Paris de l'Occupation est reconstitué autour des Tuileries, dont les abords servent de décor à plusieurs scènes du film.

🎬 Diva (1981) – Jean-Jacques Beineix

L'une des plus belles utilisations du jardin au cinéma. La rencontre entre Jules (Frédéric Andréi) et la cantatrice Cynthia Hawkins (Wilhelmenia Wiggins Fernandez) près du grand bassin offre un moment suspendu, empreint de poésie, qui participe à la magie visuelle de ce chef-d'œuvre du cinéma français.

Le Jardin des Tuileries n'a pas fini de faire rêver les cinéastes. Et j'espère qu'un réalisateur aura bientôt l'idée de faire de la Vasque olympique un véritable personnage de cinéma. Imaginez une scène où elle s'élève doucement dans le ciel de Paris au crépuscule, éclairant les statues, les allées et les bassins du jardin... La nuit, le spectacle est tout simplement magique. Je suis persuadé que ce nouveau symbole de Paris trouvera bientôt sa place sur grand écran.