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mardi 28 avril 2026

6.10 - MON AVIS SUR LE FILM THEY WILL KIL YOU DE KIRILL SOKOLOV (2026)

 


Vu le Film They Will Kill You de Kirill Sokolov (2026) avec Zazie Betz My’ia Herold Heather Graham Tom Felton Paterson Joseph Patricia Arquette Angus Sampson James Remar 

Engagée comme femme de ménage dans un immeuble new-yorkais aussi luxueux qu’énigmatique, une jeune femme découvre peu à peu que le bâtiment est lié à une série de disparitions inexpliquées. 

They Will Kill You faisait partie de ces films attendus… et pas forcément pour de bonnes raisons. Ça sent le fond de tiroir, le truc que Warner Bros. balance avant de fermer la boutique pour cause de fusion. Et franchement, on comprend vite pourquoi celui-ci passe par la sortie de secours. 

Kirill Sokolov semble avoir regardé deux films, pris cinq minutes de Quentin Tarantino, une poignée de Gareth Edwards, et s’est dit “ça ira”. Sauf que non. L’idée est restée sur le bord de la route, crevée avant même le premier virage. 

L’histoire tente de nous embarquer dans un déchaînement de violence stylisée, avec des personnages qui devraient être larger than life… mais qui ressemblent surtout à des caricatures sous perfusion. Ça hurle, ça cogne, ça gicle dans tous les sens, mais sans jamais donner l’impression qu’il y a autre chose derrière que du vide. 

On se tape 90 minutes de dégoulinant. Et pas le bon. Là, on est entre le Nutella et la confiture étalés sur la pellicule. Un truc poisseux, écœurant, qui pense compenser son absence d’âme par des litres de faux sang. Sauf que même çails n’y arrivent pas. 

Les effets… parlons-en. On dirait un logiciel qui date de l’ère des dinosaures, ou une IA à 0.20 qui aurait rendu un devoir à la dernière minute. Rien ne tient. Rien ne pèse. Chaque impact sonne faux, chaque éclaboussure fait lever les yeux au ciel. À ce niveau-là, ce n’est plus un problème de budget, c’est un problème de regard. 

Et au milieu de ce carnage numérique, Zazie Beetz tente de survivre. Littéralement. Elle essaie d’exister, d’apporter un peu de chair, un peu d’humanité dans ce cirque très masculiniste où tout se règle à coups de testostérone mal digérée. Mais même elle finit par se noyer dans ce marécage. 

Les autres personnages ? Des silhouettes. Des archétypes fatigués. Des types qui pensent être cool parce qu’ils parlent fort et tirent beaucoup. On est plus proche de la parodie involontaire que du vrai cinéma de genre. 

Le problème, c’est que le film ne choisit jamais. Est-ce que c’est une satire ? Une blague ? Un hommage ? Un délire ? Rien n’est clair. Et du coup, tout s’effondre. Parce qu’un excès sans direction, ça devient juste… du bruit. 

Même le rythme est à côté de la plaque. Ça s’agite, mais ça n’avance pas. Ça enchaîne les scènes comme on coche des cases, sans jamais construire quoi que ce soit. Pas de montée, pas de tension, pas d’impact. Juste une succession de séquences qui crient “regardez comme on est fous” alors qu’on regarde sa montre. 

Il y avait peut-être un film quelque part là-dedans. Une idée, une envie de faire un truc sale, nerveux, radical. Mais tout est resté coincé dans l’exécution. Comme si personne n’avait vraiment pris le temps de pousser le concept jusqu’au bout. 

Alors oui, on peut se poser la question : parodie ou naufrage ? Honnêtement, même la parodie demande du talent. 

Ici, c’est juste un accident. Et pas spectaculaire. Juste gênant

NOTE : 6.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

15.20 - MON AVIS SUR LE FILM LE CLAN DES BETES DE CHRISTOPHER ANDREWS (2024)

 


Vu le Film Le Clan des Bêtes de Christopher Andrews (2024) avec Christopher Abbot Barry Keoghan Colm Meaney Paul Ready Aaron Hefferman Conor McNeil Susan Lynch Nora Jane Noone 

Michael O'Shea vit avec son père vieillissant dans une ferme de la campagne irlandaise  il élève un troupeau de brebis et de béliers. Son pâturage, à flanc de colline, est situé non loin de la maison de Gary Keeley, de sa conjointe Caroline et de leur fils Jack. Un jour, Michael reçoit un appel de Jack pour l'informer qu'il a retrouvé deux de ses bêtes mortes sur sa propriétéMéfiant, O'Shea se met à soupçonner les Keeley de lui voler son bétail pour le revendre au marché. 

Le Clan des Bêtes est de ces premiers films qui ne demandent pas la permission. Ça débarqueça impose une ambiance, et ça te laisse avec la boue sur les chaussures. Christopher Andrews signe un truc poisseuxrugueuxexactement comme il faut. 

On est en Irlande, carte postale à première vue. Collines vertes, lumière presque irréelle, nature qui apaise… sauf que non. Derrière cette beautéça crève de partout. La vie est dure, les fins de mois tirent la langue, et les rancœurs s’installent comme une humidité qui ne part jamais. 

Tout part de presque rien. Deux béliers morts. Et c’est l’étincelle. Une rivalité de voisinage qui ne demandait qu’à exploser. Dans ce coin paumé, les traditions ne sont pas  pour décorer : elles tiennent lieu de loi. Et surtout, elles doivent demeurer. Peu importe le prix. 

Michael, le jeune bergerveut faire bouger les lignesModerniserpenser autrementsortir un peu la tête de cette logique ancestrale. Mauvais timing. Mauvais endroit. Parce que face à lui, il y a plus que des hommes : il y a un système, une mentalité, une mémoire collective qui ne lâche rien. Et dans cette histoire d’enlèvement qui vient tout envenimer, il comprend vite que la réalité pèse moins lourd que les règles invisibles. 

Ce qui frappe, c’est cette tension qui ne te lâche pas. Pas besoin d’en faire des tonnesÇa serre doucementpuis ça ne desserre plus. Andrews filme ça sans chercher à enjoliver. Il capte la terre, les corps, les silences. Ça suinte la méfiance, la colère rentrée, la violence prête à sortir sans prévenir. 

L’ombre de As Bestas plane clairementMême idée que la ruralité peut être un piègeque l’isolement fabrique des monstres ordinaires. L’esprit de famille devient une arme, la vengeance un langage. Et tout ça puise dans ce que l’humain a de plus sombre, sans jamais forcer le trait. 

Christopher Abbott porte le film avec une retenue impressionnante. Berger taiseux, regard fermé, il encaisse plus qu’il ne parle. Il donne au personnage une épaisseur, une fatigue presque physique. On sent le poids du lieu sur ses épaules. 

Et puis il y a Barry Keoghan le talentuieux et sublissime. Là, c’est autre chose. Le caillou dans la botte, . Insaisissable, dérangeant, jamais là où on l’attend. Il apporte ce grain de folie qui fait basculer le film. Sublissime dans l’inconfort. Il ne joue pas, il habite. 

Ce duo donne une vraie ampleur au film. Pas besoin d’artifices quand les acteurs tiennent comme çaChaque regard devient une menace, chaque silence une déclaration de guerre. 

Ce thriller rural prend aux tripes et ne les lâche pas. Dans ce décor de carte postale, les âmes sont d’un gris profondpresque noir. Et quand ça se termine, il reste quelque chose. Un goût âpre. 

Après ça, difficile de regarder un gigot d’agneau avec le même appétit.

NOTE : 15.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION