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jeudi 20 août 2026

11.80 - MON AVIS SUR LE FILM LACENAIRE DE FRANCIS GIROD (1990)


 Vu le film Lacenaire de Francis Girod (1990) avec Daniel Auteuil Jacques Weber Maiwen Jean Poiret Jean Michel Ribes François Périer Geneviève Casile Jean Davy Jacques Duby Paul le Person Jacques Sereys Rufus


Je suis complètement passé à côté de ce film, et ce n’est pourtant pas faute d’avoir devant moi une matière en or. Mais je ne suis déjà pas un grand fan du cinéma de Francis Girod, qui possède souvent de beaux sujets entre les mains sans vraiment savoir quoi en faire. Avec Lacenaire, il avait pourtant un personnage de roman tout trouvé, mais il préfère le survoler plutôt que de nous plonger dans son âme noire comme le charbon.

Librement inspiré des mémoires de Pierre-François Lacenaire, le film nous promène à coups d’allers-retours dans la vie de ce brigand que les foules de l’époque adoraient autant qu’elles le redoutaient. Mais à force de vouloir raconter celui qui en avait mille, Girod finit surtout par rester en surface et par nous ennuyer.

Et surtout, il manque des morceaux essentiels du personnage. Son homosexualité, intimement liée à sa personnalité et à son parcours, est pratiquement réduite à une scène de couche. Rien ou presque sur ses écrits, ses poèmes et ses chansons qui avaient pourtant participé à fabriquer sa légende. On sent aussi que l’époque du tournage n’a probablement pas aidé à aller fouiller dans certains recoins du personnage.

Le choix de Daniel Auteuil pour incarner Lacenaire m’a également laissé perplexe. Auteuil est un excellent comédien, mais ici il n’est pas à sa place, notamment avec cet accent très méditerranéen, alors que Lacenaire était Lyonnais. Pour moi, il ne parvient jamais à donner à son personnage cette ambiguïté fascinante entre le bourgeois cultivé, le poète raté et le criminel glacial.

Car Lacenaire, c’était cela : un homme vaniteux, orgueilleux, intelligent et cultivé, voleur, faussaire et assassin froid, qui revendiquait ses crimes comme une véritable « guerre » contre une société qu’il jugeait injuste. En prison, il écrivait des vers ; devant la justice, il affichait un cynisme théâtral sans le moindre remords ; et lorsqu’arriva la guillotine, il monta à l’échafaud en dandy, transformant encore son procès en spectacle.

Voilà le personnage que j’aurais aimé voir : l’intelligence et la culture mélangées à des appétits sanguinaires, le monstre moral qui fascine autant qu’il horrifie. Un personnage pareil ne demandait pas un film sage, mais une plongée dans sa tête.

Par contre, les seconds rôles sont excellents, avec François Périer, Jacques Weber et Jean Poiret, qui apportent tous les trois leur talent et leur présence à un film qui, malheureusement, ne leur donne pas toujours la place qu’ils méritent.

Mais pour découvrir véritablement Lacenaire, mieux vaut finalement lire ses mémoires. On y trouvera davantage de son esprit, de sa vanité, de son cynisme et de cette fameuse âme noire que le film ne parvient jamais vraiment à faire apparaître.

Lacenaire était un personnage de roman. Girod avait le roman entre les mains et nous en a fait le résumé. Dommage : avec un pareil criminel, il y avait largement de quoi faire un grand film.

NOTE : 11.80

FICHE TECHNIQUE


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7.10 - MON AVIS SUR LE FLM C'EST PAS MOI C'EST L'AUTRE DE JEAN BOYER (1962)


 Vu le Film C'est pas moi c'est l'autre de Jean Boyer (1962) avec Fernand Raynaud Jean Poiret Micheline Dax Robert Rollis Max Montavon Geneviève Kervine Michel Seldow Fred Pasquali Henri Virlojeux


Jean Boyer, le réalisateur fétiche de Bourvil, s’aventure ici dans la pochade, enfin dans ce qui porte le nom de film sur le registre national, parce que pour le reste on suit surtout une petite troupe de branquignols du spectacle qui sillonnent les routes de France avec leurs illusions, leurs combines et un patron aussi dynamique qu’astucieux, Jean Duroc, joué par Jean Poiret.

Et justement, Jean Poiret, lui, sait ce qu’est une comédie. Au hasard d’une tournée, sa troupe tombe sur le sosie de Fernand Raynaud, comique alors très en vogue dans les années 60, dont je n’ai personnellement jamais été un grand fan, ses fameux sketches à tiroirs ne m’ayant jamais vraiment fait rire.

Mais le sosie est une aubaine pour Duroc : filou comme pas deux, il décide de faire passer ce pauvre lampin pour le véritable Fernand Raynaud. Le problème, c’est que le garçon n’a aucun talent ! Enfin… c’est ce que tout le monde croit.

il va en profiter pour faire passer ce lampin pour le vrai Raynaud, mais ce lampin n’a aucun talent. Sauf que ce lampin était le vrai Fernand Raynaud… qui a voulu se foutre de la poire (et des Scoubidous) de ces rêveurs un peu naïfs. Et voilà notre petite troupe embarquée dans une succession de quiproquos, de mensonges et de situations qui pourraient être franchement amusantes si la sauce prenait réellement.

Du côté de la troupe, Jean Poiret apporte son talent d’auteur et parvient à donner un certain rythme à l’ensemble. Les habitués de ce genre de comédies, Rollis, Dax, Pasquali, Virlojeux ou Montavon, font leur travail avec application. Mais il y a un ingrédient essentiel qui ne prend pas : Fernand Raynaud lui-même.

Déjà, je ne le trouve pas drôle comme comique, mais alors comme acteur, c’est encore pire ! Il joue avec une raideur qui plombe les scènes et semble surtout là pour être Fernand Raynaud plutôt que pour interpréter véritablement un personnage. Et quand le personnage principal d’une comédie vous laisse froid, forcément, les plaisanteries commencent à avoir le goût de l’eau tiède.

À force, une question finit même par se poser : est-on vraiment devant un film ou devant un reportage publicitaire destiné à faire la promotion du futur spectacle du véritable Fernand Raynaud ? Parce qu’entre le nom, le personnage et les situations, on a parfois davantage l’impression d’assister à une longue réclame qu’à une véritable comédie.

Alors oui, Jean Boyer connaît son métier, Jean Poiret apporte ce qu’il peut et la petite bande de comédiens fait honnêtement le boulot. Mais une comédie, c’est comme une recette : si l’ingrédient principal n’a aucun goût, les autres ont beau s’agiter autour de la casserole, ça ne prend pas.

Et ici, malheureusement, la sauce reste désespérément fade.

Quant aux prix prestigieux, ne cherchez pas : le film n’en a pas obtenu. Et pour une fois, le palmarès peut dormir tranquille, il n’a pas laissé passer un chef-d’œuvre.

NOTE : 7.10

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation Jean Boyer
  • Scénario original : Jean Boyer
  • Adaptation Jacques Vilfrid et Jean Boyer
  • Dialogue : Jacques Vilfrid
  • Assistant réalisateur : Alain Roux et J. Bakouche - stagiaire : C. Pierre Bloch
  • Images Jacques Robin
  • Opérateur : G. Pastier, assisté de E. Machuel et H. Champion
  • Son Antoine Archimbaud, assisté de R. Delouvrier (perchman) et C. Jauvert (recorder)
  • Décors Robert Giordanni, assisté de Jean d'Ovidio
  • Couplets et complicité musicale Georges Garvarentz et Charles Aznavour
  • Arrangements : Jack Elison (éditions : French Music)
  • Montage Jacqueline Brachet, assistée de Madeleine Bagiau
  • Script-girl : Cécile Malbois
  • Régisseur général : P. Pastier, assisté de A. Delarue
  • Accessoiriste : L. Charpeau
  • Ensemblier : P. Vouillon
  • Maquillage : Anatole Paris
  • Photographe de plateau : J.L Castelli
  • Production Les Films MarceauCocinor
  • Directeur de production : Léopold Schlosberg
  • Secrétaire de production : M.T Trottain
  • Distribution Cocinor
  • Année 1962

DISTRIBUTION