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dimanche 30 août 2026

MON TOP 30 DES FILMS AVEC BOURVIL (1917-1970)


 Récapitulatif de mon TOP30 des films avec #Bourvil


1 La Grande Vadrouille
2 Les Grandes Gueules
Le Cercle Rouge
3 La Tarversée de Paris
4 Le Corniaud
5 Le Cerveau
6 Les Misérables
7 Le Bossu / Le Capitan
8 La Jument Verte
9 Les 3 Mousquetaires
10 Garou Garou le Passe Muraille
11 Le Trou Normand
12 Un Drôle de Paroissien
13 Le Miroir à Trois Faces
14 La Cité de l'Indicible Peur
15 Le Chemin des Ecoliers
16 Miquette et sa Mère
17 Les Bonnbes Causes
18 La Guerre Secrète
19 Les Arnaud
20 Les Cracks
21 Le Mur de l'Atlantique
22 L'Arbre de Noel
23 La Grande Lessive
24 Le Jour le Plus Long
25 Fortunat
26 Cadet Rouselle
27 Le Rosier de Madame Husson
28 Le Roi Pandore
29 L'Etalon
30 Tartarin de Tarascon
Les Culottes Rouges

samedi 29 août 2026

11.90 - MON AVIS SUR LE FILM THE WHISPER MAN DE JAMES ASHCROFT (2026)


Vu le Film The Whisper Man de James Ashcroft (2026 sur Netflix) avec Robert de Niro Michèle Monaghan Hamish Linklater Adam Scott Michael Keaton Owen Teague Acston Luca Porto


 Avec un film produit par Netflix, on sait déjà que l’artillerie lourde va être sortie pour attirer le public qui aime les sensations fortes : Robert De Niro, Michelle Monaghan, Adam Scott et Michael Keaton au générique, il y a quand même de quoi donner envie de pousser la porte. Ces derniers temps, Netflix a pourtant rarement réussi tous ses coups avec ses thrillers à serial killers, mais celui-ci avait au moins le mérite de réunir un casting intéressant.

Avant même de parler du tueur en série, des disparitions et des coups tordus habituels du genre, je trouve que le véritable sujet du film est Jake Kennedy, le fils de Tom Kennedy, écrivain à succès joué par Adam Scott. Jake, interprété par Acston Luca Porto, est le genre de garçon que l’on ne regarde pas vraiment. Il parle seul, il est indiscipliné à l’école et semble toujours ailleurs, mais surtout il n’a qu’une envie : partir de la maison de son père. Pourtant, Tom n’est pas un père violent et ne maltraite absolument pas son fils ; depuis la mort de sa mère, quelque chose s’est simplement cassé entre eux et Jake n’est plus le même garçon.

C’est justement cette fragilité qui va le rendre vulnérable lorsqu’un prédateur commence à s’intéresser à lui. Jake est impressionné par cet homme qui semble enfin lui parler, l’écouter et comprendre ce qu’il ressent, et il va progressivement tomber dans ses griffes avant d’être enlevé. À partir de là, The Whisper Man, adapté du roman d’Alex North, va nous entraîner dans une histoire où les coïncidences commencent tout de même à devenir sacrément nombreuses.

Tom vient en effet d’emménager dans une nouvelle maison dont l’ancien propriétaire n’est autre que Frank Carter, un ancien serial killer surnommé le « Whisper Man ». Évidemment, quelques jours après son installation, son fils disparaît à son tour. Le principal suspect semble donc tout trouvé, sauf que Frank Carter est en prison depuis des années. À moins qu’il ait trouvé le moyen de continuer ses activités depuis sa cellule, il y a forcément quelqu’un d’autre derrière cette disparition. Et c’est là que le film commence à sortir les ficelles du thriller, avec les indices qui nous emmènent dans une direction avant de nous faire prendre la suivante.

Pour aider Tom Kennedy à retrouver son fils, la police va faire appel à Pete Willis, un ancien policier spécialisé dans ce genre d’affaires, interprété par Robert De Niro. Et comme le scénario ne voulait visiblement pas s’arrêter en si bon chemin, Pete Willis est également le père de Tom. Il fallait donc ajouter à l’affaire un vieux traumatisme familial, un père et un fils qui ont leurs propres comptes à régler, tout cela pendant qu’un enfant est retenu quelque part par un prédateur.

C’est finalement cette histoire de filiation qui m’a paru la plus intéressante dans le film. Derrière le serial killer et l’enquête policière, The Whisper Man s’intéresse surtout à ce que les parents peuvent transmettre à leurs enfants, aux blessures que l’on garde après la disparition d’un proche et aux différences parfois très minces entre le bien et le mal. Le film pose ainsi une question assez intéressante : qui est réellement le prédateur et qui peut encore prétendre être du côté des gentils lorsque les traumatismes familiaux commencent à refaire surface ?

James Ashcroft plonge donc dans un monde où les prédateurs sont de toutes sortes et où les victimes ne sont pas toujours celles que l’on croit au premier abord. Jake est évidemment au centre de cette histoire parce qu’il représente justement cette fragilité que personne n’a vraiment su voir. Il ne demandait pas forcément à être sauvé, il demandait surtout qu’on l’écoute, et c’est précisément ce qui va permettre au prédateur de s’introduire dans sa vie.

L’inspectrice Amanda Beck, interprétée par Michelle Monaghan, doit pendant ce temps démêler un sacré sac de nœuds. Les indices apparaissent, les pistes s’ouvrent puis se referment presque aussitôt, un suspect semble évident avant que le scénario ne vienne nous expliquer qu’il faut peut-être regarder ailleurs. Bref, le thriller fait son travail et James Ashcroft sait suffisamment maintenir la tension pour nous faire patienter jusqu’au bout.

Mais il ne faut pas non plus demander à Ashcroft de devenir Fincher, De Palma ou Scorsese ! Là où ces réalisateurs auraient probablement transformé chaque couloir, chaque silence ou chaque regard en véritable morceau de mise en scène, Ashcroft reste dans une réalisation beaucoup plus classique. Il entretient le suspense, distille ses révélations et installe une atmosphère suffisamment inquiétante, mais il n’y a pas vraiment de folie visuelle derrière la caméra.

Et c’est peut-être là que le film perd une partie de son potentiel. Avec une histoire pareille et quatre acteurs de cette trempe, on pouvait espérer davantage qu’un thriller correctement emballé par Netflix. Robert De Niro fait le travail, Michael Keaton également, Michelle Monaghan est solide et Adam Scott se débrouille très bien dans le rôle de ce père complètement dépassé par la situation. Mais on a parfois l’impression que tout ce beau monde est surtout venu faire son travail pour payer ses impôts, ce qui n’est déjà pas si mal, mais ne suffit pas forcément à fabriquer un grand film.

Michael Keaton est sans doute celui qui s’amuse le plus avec son personnage de Frank Carter. Il suffit presque de sa présence pour installer un malaise et le film n’a pas besoin de le transformer en caricature du serial killer hystérique qui se promène avec un couteau en hurlant dans les couloirs. C’est d’ailleurs une bonne chose, car le personnage fonctionne davantage lorsqu’il reste inquiétant par ce qu’il suggère que par ce qu’il montre.

Robert De Niro, lui, retrouve un personnage d’ancien flic marqué par son passé et par une affaire qui n’est jamais vraiment terminée. Sa relation avec son fils apporte une dimension supplémentaire à l’enquête, même si l’on aurait aimé que le scénario pousse encore plus loin cette histoire familiale qui est, à mon avis, beaucoup plus intéressante que les traditionnels jeux de piste autour du serial killer.

Et puis il y a Jake, qui reste pour moi le véritable cœur du film. C’est lorsque James Ashcroft s’intéresse à ce garçon que The Whisper Man devient autre chose qu’un thriller parmi tant d’autres. Son comportement, son isolement, son besoin d’échapper à une maison devenue synonyme de tristesse et son besoin de trouver quelqu’un qui l’écoute donnent au film une dimension beaucoup plus humaine. Le gamin n’est pas seulement une victime que l’on doit retrouver avant le générique de fin, il est aussi le produit d’une famille qui n’a pas réussi à faire face à son propre drame.

Évidemment, le scénario ne va pas nous laisser tranquilles avec cette seule dimension psychologique et va multiplier les coups tordus. Une piste apparaît, on commence à la suivre, puis elle se referme ; un personnage devient suspect, puis beaucoup moins intéressant quelques minutes plus tard. Le film joue avec nos soupçons jusqu’au dénouement et, même si certaines ficelles sont visibles, il réussit suffisamment son affaire pour que l’on ait envie de connaître la fin.

Il y a donc dans The Whisper Man un thriller plutôt efficace, avec une histoire suffisamment sombre pour installer une certaine tension et quelques scènes qui donnent envie de regarder derrière soi. Le film n’est cependant pas une révolution du genre et James Ashcroft ne possède pas encore la mise en scène d’un Fincher ou d’un De Palma pour transformer cette histoire en véritable cauchemar cinématographique.

Reste que le film fonctionne suffisamment bien pour que l’on ne regarde pas sa montre toutes les cinq minutes. Et surtout, je déconseille quand même de le regarder juste avant d’aller se coucher. Entre l’enfant qui disparaît, le serial killer qui a laissé quelques souvenirs dans sa maison, les prédateurs qui rôdent et cette atmosphère qui devient de plus en plus inquiétante, il y a de fortes chances que certains vérifient deux fois si la porte est bien fermée avant d’éteindre la lumière.

Alors oui, les acteurs font le boulot et ils le font plutôt bien, mais aucun ne va probablement considérer The Whisper Man comme le film qui changera sa carrière. De Niro et Keaton ont déjà largement prouvé ce qu’ils savaient faire, Michelle Monaghan continue son chemin avec sérieux et Adam Scott trouve ici un rôle un peu plus dramatique que ses habitudes. Quant à Acston Luca Porto, il est finalement la bonne surprise du film, parce que Jake aurait très facilement pu devenir un simple prétexte scénaristique alors qu’il constitue finalement le personnage autour duquel tout le récit prend son sens.

The Whisper Man est donc un thriller Netflix qui fait ce qu’on lui demande : il installe une ambiance, entretient le suspense, distribue quelques fausses pistes et nous amène jusqu’à son dénouement sans trop de dégâts. Mais une fois le générique terminé, il ne reste malheureusement pas grand-chose, si ce n’est l’impression d’avoir passé une soirée correcte devant un film qui aurait pu être beaucoup plus ambitieux.

James Ashcroft réussit son thriller sans réussir complètement son film. Il avait pourtant de belles cartes en main avec De Niro, Keaton, Monaghan, Adam Scott, un jeune acteur convaincant et surtout une histoire qui permettait de parler de la filiation, de la culpabilité, du deuil et de ces blessures que l’on transmet parfois sans même s’en rendre compte.

Mais Netflix reste Netflix : il faut que ça attire, que ça fasse frissonner et que l’on puisse rapidement passer au film suivant. The Whisper Man remplit le contrat, sans vraiment dépasser les lignes.

Bref, ça se regarde, ça fonctionne, ça fait parfois frissonner, mais ce n’est pas le genre de film qui va hanter longtemps vos nuits.

Enfin, sauf si vous avez un enfant qui parle tout seul dans sa chambre.

Là, je vous conseille quand même de vérifier.

NOTE : 11.90

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation : James Ashcroft
  • Scénario : Ben Jacoby et Chase Palmer, d'après le roman L'homme aux murmures (The Whisper Man) d'Alex North (pseudonyme de Steve Mosby)
  • Musique Colin Stetson
  • Décors : Anastasia White
  • Costumes N/A
  • Photographie Peter Deming
  • Montage : Christopher Tellefsen
  • Production : Michael Disco, Angela Russo-Otstot, Anthony et Joe Russo
Producteurs délégués : Tim Connors, Malcolm Gray, Mike Larocca et Marcus Viscidi
  • Société de production AGBO
  • Société de distribution Netflix
  • Budget : 50 millions $

DISTRIBUTION

14.90 - MON AVIS SUR LE FILM LA CORDE AU COU DE GUS VAN SANT (2026)

 


Vu le Film La Corde au Cou de Gus Van Sant (2026) avec Bill Skarsgård Dacre Montgommery Colman Domingo Cary Elwes John Robinson Al Pacino Myha'la Herrold Kelly Lynch Todd Gable


Saura-t-on un jour ce qu’aurait donné La Corde au cou avec Werner Herzog derrière la caméra et Nicolas Cage dans le rôle de Tony Kiritsis ? La question restera malheureusement sans réponse, puisque Herzog et Cage avaient bien été associés au projet avant de le quitter à la suite de problèmes de calendrier.
Et quelque part, c’est presque dommage, parce qu’avec Herzog et Cage, on pouvait déjà imaginer un film complètement barré, avec Cage capable de partir en orbite autour de la planète Kiritsis et Herzog de filmer tout cela comme une expédition au bout de la folie humaine.

À la place, c’est Gus Van Sant qui s’y colle.

Et autant dire que le réalisateur n’est pas franchement dans son jardin habituel.

Van Sant, ce n’est pas vraiment le spécialiste du thriller poisseux façon années 70. Pas de teen movie ici, pas de Will Hunting, pas de Harvey Milk, pas de quoi retrouver ses petites habitudes. Même pas une scène de douche !

Et pourtant, le bonhomme va réussir son pari.
Le film raconte une histoire vraie survenue à Indianapolis en 1977. Tony Kiritsis, ruiné après une affaire immobilière et persuadé d’avoir été escroqué par son courtier hypothécaire, décide de régler ses comptes à sa manière. Le 8 février, il entre dans les bureaux de Richard O. Hall avec un fusil dissimulé dans un paquet et prend celui-ci en otage.
Et là, on se dit forcément : Un après-midi de chien.

Difficile de ne pas penser au film de Sidney Lumet, d’autant plus qu’Al Pacino est ici présent dans la distribution. Mais Van Sant ne cherche justement pas à refaire Lumet. Il prend cette histoire de prise d’otages et la transforme progressivement en huis clos psychologique.

Il faut cependant quelques minutes pour entrer véritablement dans le film.

La scène d'ouverture est assez incroyable : Kiritsis débarque avec son fusil dans un paquet, et on se demande immédiatement comment il a pu entrer aussi facilement.

Bon, nous sommes en 1977.

La sécurité n'était visiblement pas encore devenue une industrie nationale et la standardiste ne semble pas avoir suivi un stage au FBI !

Bill Skarsgård est formidable.

Et c'est même l'une des grandes réussites du film.

Son Tony Kiritsis n'est pas immédiatement le vieux fou furieux que l'on pourrait attendre. Il est jeune, nerveux, déterminé, presque sûr de son bon droit. Surtout, il ne semble pas vraiment chercher l'argent.

Ce qu'il veut, c'est être entendu.

Et ça change tout.

Son obsession n'est pas seulement financière : il veut raconter son histoire, faire reconnaître ce qu'il considère comme une injustice et surtout faire parler de lui.

Face à lui, Dacre Montgomery est excellent dans le rôle de Richard O. Hall, le courtier devenu prisonnier malgré lui.

Et c'est là que Van Sant devient vraiment intéressant.

Car plutôt que de transformer les deux hommes en simples victimes et bourreau, il les fait parler.

Il les observe. Il les écoute , Il les laisse exister.

Le véritable affrontement du film se déroule donc moins entre un homme armé et un otage qu'entre deux personnalités enfermées dans une situation devenue complètement folle.

Skarsgård et Montgomery forment un duo formidable.

L'un parle parce qu'il veut être entendu.

L'autre parce qu'il cherche probablement à comprendre comment il en est arrivé là.

Et plus le temps passe, plus le huis clos devient étouffant.

Pendant ce temps, dehors, c'est le grand cirque.

La police débarque. Les médias s'emparent de l'affaire. La télévision transforme la prise d'otages en spectacle. L'Amérique regarde.

Et Van Sant filme cette agitation extérieure d'une manière complètement différente de ce qui se passe dans la pièce.

À l'intérieur, c'est cadré, précis, presque clinique.

À l'extérieur, c'est flou, poussiéreux, bordélique, comme si tout le monde courait dans tous les sens sans savoir exactement ce qu'il fallait faire.

Un beau bordel organisé.

Et paradoxalement, il y a presque davantage de panique dehors que dedans.

Enfin, dedans, Hall ne passe quand même pas exactement ses meilleures vacances !

Van Sant joue beaucoup sur ce contraste entre le calme relatif du huis clos et la folie médiatique qui se développe autour.

Et entre les deux, il y a une voix.

Et quelle voix !

Celle de Fred Temple, animateur radio joué par Colman Domingo.

Dire que Domingo est formidable serait encore lui faire injure.

Il est tout simplement excellent.

Il devient la voix de cette affaire, celui qui raconte ce qui se passe sans être réellement présent au cœur de l'action.

Il transforme l'événement en feuilleton radiophonique, et Van Sant s'en sert pour montrer comment une prise d'otages peut devenir un spectacle national.

Tony n'est plus seulement un preneur d'otage.

Il devient un personnage. Une célébrité.

Presque un héros populaire pour une partie du public.

Et c'est là que le film devient beaucoup plus intéressant qu'un simple thriller.

Car Van Sant montre une Amérique fascinée par le spectacle.

Une Amérique qui regarde. Qui commente. Qui choisit son camp.

Qui transforme un homme armé en vedette médiatique.

Et tout cela résonne évidemment bien au-delà des années 70.

La scène où la police se retrouve à deux centimètres des deux hommes est d'ailleurs assez extraordinaire.

On se dit que tout pourrait basculer à chaque seconde.

Le flingue est toujours sur la tête de Hall. Le fil est toujours là. La police est là. Les médias sont là.

Et pourtant personne ne semble véritablement contrôler la situation.

C'est probablement l'image parfaite du film : tout le monde est présent et personne ne sait réellement quoi faire.

Van Sant réussit ainsi quelque chose d'assez surprenant : transformer une histoire de prise d'otages en véritable étude psychologique sans perdre la tension.

Et lorsque le film finit par nous offrir son coup de théâtre, il arrive au bon moment.

On peut enfin souffler. Un peu.

Parce que pendant une bonne partie du film, Van Sant nous enferme littéralement avec ses personnages.

Et ce qui est assez étonnant, c'est que ce réalisateur que l'on n'attendait absolument pas dans ce genre réussit finalement à imposer sa personnalité.

Il ne cherche pas à faire du Lumet.

Il ne cherche pas à faire du thriller spectaculaire.

Il fait du Gus Van Sant.

Même dans une histoire qui semble, sur le papier, très éloignée de son cinéma.

Et c'est peut-être justement là que le film fonctionne.

Il faut aussi parler d'Al Pacino.

Il joue M. L. Hall, le père de Richard, et forcément, sa présence provoque immédiatement un petit retour en arrière.

Pacino dans une prise d'otages.

Pacino dans un film qui évoque Un après-midi de chien.

Le clin d'œil est énorme.

Mais malheureusement, Pacino est ici nettement moins en forme que De Niro dans les films où ce dernier continue à venir nous rappeler qu'il sait encore faire autre chose que des seconds rôles de vieux mafieux.

Pacino n'est pas mauvais, loin de là, mais ce n'est certainement pas son rôle le plus performant.

Il est davantage une présence qu'un véritable moteur du film.

Et ce n'est finalement pas très grave, parce que le film appartient surtout à Skarsgård, Montgomery et Domingo.

Trois acteurs qui portent chacun une partie différente de cette histoire.

Skarsgård pour la folie et la détermination.

Montgomery pour la peur et l'enfermement.

Domingo pour le spectacle médiatique.

Et Van Sant au milieu pour mettre tout ce petit monde sous pression.

Alors oui, La Corde au cou demande un petit temps d'adaptation.

Mais une fois que l'on est enfermé avec Kiritsis et Hall, difficile de sortir.

Le film est tendu, électrique, parfois drôle, souvent inquiétant et surtout très humain dans sa manière de regarder ses personnages.

Reste évidemment cette question qui me trotte dans la tête :

qu'aurait donné le film de Werner Herzog avec Nicolas Cage ?

Avec ces deux-là, il y avait probablement matière à fabriquer un OVNI cinématographique.

Cage aurait pu transformer Kiritsis en bombe humaine et Herzog aurait peut-être filmé cette histoire comme une plongée dans la folie américaine, entre documentaire, cauchemar et farce métaphysique.

Mais finalement, ce n'est pas ce film-là que nous avons.

Nous avons celui de Gus Van Sant.

Et Van Sant réussit quelque chose d'assez gonflé : sortir de sa zone de confort sans perdre complètement ce qui fait son cinéma.

Il écoute ses personnages. Il les regarde. Il les laisse parler.

Et derrière le thriller, il peint une société fascinée par ses propres catastrophes.

Le plus étonnant est donc peut-être que La Corde au cou fonctionne justement parce que Van Sant n'essaie pas de devenir Herzog.

Il reste Van Sant.

Mais un Van Sant sous tension.

Et maintenant reste une autre question :

a-t-il réussi son pari au risque de perdre une partie de ses fidèles ?

Parce qu'après un film pareil, ceux qui attendaient le Van Sant qu'ils connaissaient vont peut-être se demander où est passé leur réalisateur.

Moi, je dirais simplement qu'il est là.

Il a juste changé de pièce.

Et cette fois, il a pris soin de fermer la porte derrière lui.

NOTE ; 14.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation Gus Van Sant
  • Scénario : Austin Kolodney
  • Musique Danny Elfman
  • Décors : Stefan Dechant
  • Costumes : Peggy Schnitzer
  • Montage Saar Klein
  • Photographie : Arnaud Potier
  • Production : Noor Alfallah, Remi Alfallah, Mark Amin, Andrea Bucko, Tom Culliver, Cassian Elwes (en)Joel David Moore, Matt Murphy, Paula Paizes et Sam Pressman
    • Production exécutive : Rishi Bajaj, Tiffany Boyle, Lee Broda, Lara Clear, Svetlana Dali, Jon Gosier, Matt Hartley, Alan Helene, Billy Hines, Christopher Hines, Nini Le Huynh, Kyle Kaminsky, Austin Kolodney, Vladislav Lapidus, Robert K. MacLean, Nathan Mardis, Michael Merlob, William Nobel, Julie Pacino, Veronica Radaelli, Elsa Ramo, Nick N. Raslan, Dan Reardon, Jeff Rice, Eyal Rimmon, Jordan Claire Robbins, Emily Hunter Salveson, Divya Shahani, Steven Sims, Oliver Trevena et Cami Winikoff
  • Sociétés de production : Elevated Films, Balcony 9 Productions et Pressman Films
  • Société de distribution : ARP Sélection (France)[]
  • Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis


DISTRIBUTION