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dimanche 8 mars 2026

17.30 - MON AVIS SUR LE FILM PRISONERS DE DENIS VILLENEUVE (2013)


  Vu le Film Prisonners de Denis Villeneuve (2013) avec Jake Gyllenhall Hugh Jackman Paul Dano Mélissa Léo Marie Bello Terrence Howard Viola Davis Dennis Christopher Dylan Mynette 

Dans le nord-est de la Pennsylvanie, Anna Dover et Joy Birch, deux petites filles de six ans, disparaissent. L'inspecteur Loki est chargé de l'enquête. De son propre côté, Keller Dover, le père dévasté d'Anna, qui est aveuglé par sa douleur, se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les fillettes disparues. 

Il y a treize ans, beaucoup de spectateurs ont compris qu’un très grand cinéaste était en train d’émerger : Denis Villeneuve. Bien avant de conquérir la science-fiction avec des fresques monumentales, il signait avec Prisoners un thriller paranoïaque d’une puissance rare, un de ces films qui vous serrent la gorge pendant plus de deux heures et ne vous lâchent jamais. Le thriller parano est un genre casse-gueule : trop de mystère et on perd le spectateur, trop d’explications et le suspense disparaîtIci Villeneuve marche sur un fil et ne tombe jamais. Dès la disparition de deux petites filles dans une banlieue américaine tranquille, la mécanique infernale se met en route et chacun, spectateur compris, commence à douter de tout le monde. Et c’est précisément  que le film devient fascinant : la parano n’est pas seulement dans l’enquêteelle s’insinue dans les familles, dans les regards, dans les silences. 

L’histoire suit deux familles brisées par la disparition de leurs enfants. D’un côté la famille Dover avec un père prêt à tout pour retrouver sa fille, incarné par un immense Hugh Jackman, entouré de Maria Bello et du jeune Dylan Minnette. De l’autre la famille Birch, bouleversante, avec Viola Davis et Terrence Howard. Face à eux, un suspect étrange, fragile et inquiétant à la fois, Alex Jones, joué par l’incroyable Paul Dano, protégé par une mère mystérieuse interprétée par Melissa Leo. Et au milieu de ce chaos moral, un policier obstinéfatiguéhanté par l’affaire : le détective Loki, incarné par Jake Gyllenhaal. Rien que cette galerie d’acteurs pourrait suffire à porter le film, mais Villeneuve les pousse tous dans leurs retranchementsjusqu’à la rupture. 

Je ne dirai évidemment rien du ou de la coupable — garder le mystère fait partie du plaisir — mais ce qui frappe, c’est la manière dont l’enquête ronge ceux qui la mènent. Comme dans Zodiac, ceux qui cherchent la vérité font face à une pression mentale qui dépasse les limites humaines. Les policiers sont obsédés, les parents deviennent prêts à franchir des frontières morales terrifiantes. On pourrait dire que ce n’est que du cinéma… mais l’actualité nous rappelle hélas que la réalité dépasse souvent la fiction dans l’horreur. Villeneuve comprend parfaitement cela et ne cherche jamais à rassurer le spectateur. Au contraire, il maintient le suspense jusqu’au bout, ne laissant quasiment aucune échappatoireaucun mince espoir auquel se raccrocher. 

La mise en scène est d’une maîtrise impressionnante. Les plans sont lourdsfroidspresque étouffantscomme si la ville entière était enfermée dans un cauchemar hivernalChaque regard, chaque silence, chaque porte qui grince semble annoncer un drame. Villeneuve sait que le vrai suspense naît de l’attente et de l’angoisse, pas seulement des révélations. Et il joue aussi sur un ressort imparable : toucher aux enfants provoque immédiatement chez le spectateur un sentiment de détresse viscérale. Oui, Villeneuve en joue… mais il en joue avec intelligence et cruauté. 

Le scénario est véritablement diaboliqueparce que les personnages le sont parfois eux aussiCertains sont monstrueuxd’autres simplement humains mais poussés au bord de l’abîme. Et c’est  que le film devient encore plus troublant : jusqu’où irions-nous pour sauver ceux que nous aimons ? Avec un tel casting, une mise en scène d’orfèvre et un scénario aussi machiavélique, Prisoners devient un thriller d’une intensité presque insoutenable. Un film qui vous accroche littéralement à votre fauteuil… et qui, une fois terminé, continue de vous hanter longtemps. Villeneuve n’y signe pas seulement un grand polar : il prouve qu’il est déjà un immense cinéaste. 

NOTE : 17.30

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