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jeudi 3 septembre 2026

11.20 - MON AVIS SUR LE FILM ARSENE LUPIN CONTRE ARSENE LUPIN (1962)


 Vu le Film Arsène Lupin contre Arsène Lupin de Edouard Molinaro (1962) avec Jean Claude Brialy Jean Pierre Cassel Anne Vernon Geneviève Grad Françoise Dorléac Jean le Poulain Michel Vitold Daniel Cauchy Jean Marie Proslier


Voilà un film qui avait pourtant tout pour réussir son casse. Édouard Molinaro derrière la caméra, deux jeunes premiers à la mode avec Jean-Claude Brialy et Jean-Pierre Cassel, les jolies Lupinettes Anne Vernon, Geneviève Grad et Françoise Dorléac, enfin une jolie brochette de seconds rôles comme on les aime, il y avait de quoi fabriquer une comédie policière enlevée, avec des dialogues savoureux, des coups de théâtre et surtout cette élégance indispensable à Arsène Lupin.

L'industriel André Laroche vient de mourir et à son enterrement se trouve François de Vierne, à qui sa mère confesse : « Laroche était Arsène Lupin, et tu es son fils. » Arsène Lupin avait eu un autre fils, Gérard Dagmar, danseur, magicien et parfois cambrioleur. François de Vierne apprend chez le notaire qu'il doit rechercher le trésor royal de Poldavie. Le trésor est successivement trouvé par Gérard, repris par François, puis volé par le consul de Poldavie, le sinistre Von Krantz, qui n'hésite pas à faire enlever le petit prince de Poldavie, frère de la jolie Catherine. Finalement le trésor est récupéré et François avec la jeune journaliste Nathalie, Gérard et la princesse Catherine n'ont plus qu'à filer le parfait amour.

Deux jeunes premiers à la mode, Cassel et Brialy, les jolies Lupinettes Vernon, Grad et Dorléac et une jolie brochette de seconds rôles comme on les aime, on pouvait s'attendre à une comédie policière enlevée avec des dialogues savoureux, mais voilà le scénario n'est pas du tout l'adaptation d'un roman de Maurice Leblanc, mais ne fait que s'en inspirer et c'est là qu'il manque le sel des romans de Leblanc.

Maintenant on apprend joliment que le vrai Lupin, une photo dans un cadre signifie qu'il s'agit de Robert Lamoureux, allait fricoter à gauche à droite, cela n'était pas une nouveauté, mais laissait aussi en gage des beaux cadeaux de la vie à ses dames, mais sans s'en occuper, d'où les rejetons Cassel et Brialy qui se revendiquent d'être leurs fils.

L'enquête du film étant sans peu d'importance, on s'intéresse plus aux deux rejetons charmants certes mais qui manquent de la classe du vrai A.L. Ils sont sympathiques, élégants, débrouillards, savent manier la séduction comme le cambriolage, mais le père avait quand même une autre allure.

Et puis cette histoire de trésor de Poldavie, de consul sinistre, de petit prince enlevé et de jolies jeunes femmes donne surtout l'occasion à Molinaro de nous servir une comédie d'aventures plutôt légère, agréable à regarder, mais qui reste bien éloignée de la malice et de l'intelligence des romans de Maurice Leblanc.

On aurait aimé retrouver davantage de ce Lupin qui pouvait voler une fortune avec le sourire, ridiculiser la police et séduire les femmes tout en donnant l'impression que tout était prévu depuis le début. Ici, ses deux fils ont beau multiplier les combines, ils restent des héritiers un peu pâles de leur illustre papa.

Le film possède pourtant un joli casting et une bonne humeur communicative, mais quand on vient chercher Arsène Lupin, forcément, on compare. Et pour moi la comparaison est vite faite : Georges Descrières restera toujours et seul vrai Arsène Lupin, qu'on se le dise du côté de Netflix.

Le casse est donc sympathique, les deux fils sont charmants, les Lupinettes sont là, le trésor est récupéré et tout le monde peut filer le parfait amour, mais il manque au film ce petit supplément de classe qui transformait les aventures de Lupin en véritables bijoux

NOTE : 11.20

FICHE TECHNIQUE



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8.10 - MON AVIS SUR LE FILM THE RUNNER DE KEVIN MCDONALD -2026)


 Vu le film The Runner de Kevin McDonald (2026) avec Gal Gadot Damian Lewis Alfred Enoch Kenton Lloyd Morgan Rory Wilmot


Elle court, elle court la Gal Gadot dans The Runner, thriller de Kevin Macdonald, le réalisateur du Dernier Roi d’Écosse, et elle court tellement que l’on finit presque par se demander si elle n’a pas oublié quelque chose à la maison. Maia Marten, incarnée par Gal Gadot, est une avocate brillante qui prépare un procès important dans lequel elle doit assurer la protection d’un témoin essentiel. Jusque-là, rien de très anormal pour une avocate, sauf que pendant son jogging quotidien, son téléphone se met à sonner et un homme lui annonce tranquillement qu’il a enlevé son fils et qu’il le tuera si elle ne fait pas exactement ce qu’il lui demande.

Et que lui demande-t-il ? Tout simplement de tuer le fameux témoin qu’elle est justement chargée de protéger. Voilà donc notre Wonder Woman transformée en joggeuse londonienne, obligée de courir à travers la ville pour sauver son fils tout en essayant de comprendre qui la surveille et surtout comment cet homme peut connaître chacun de ses mouvements. Car le ravisseur a pris possession de son téléphone, ce qui lui permet de suivre Maia à la trace et de lui donner ses instructions au fur et à mesure de sa course.

Bon, pour le téléphone, pourquoi pas, on peut encore avaler la pilule, même si on se demande comment il a réussi son petit tour de magie informatique. Mais le problème devient légèrement plus gênant lorsque Maia traverse la ville, des jardins, des tunnels et différents endroits où personne ne semble pouvoir la surveiller directement, et que monsieur au téléphone continue de savoir absolument tout ce qu’elle fait. Elle est pourtant libre comme une abeille Maia , mais va-t-elle piquer le ravisseur ?

C’est là que The Runner fonctionne plutôt bien pendant une bonne partie du film, parce que Kevin Macdonald sait installer une véritable tension autour de cette course contre la montre. Maia court, cherche de l’aide, tente de comprendre qui se cache derrière cette voix et doit surtout éviter de faire tuer son témoin tout en essayant de récupérer son fils. Gal Gadot tient parfaitement son personnage d’avocate prise au piège, passant de la femme organisée et sûre d’elle à une mère complètement dépassée par une situation qui lui échappe.

Pendant environ une heure, le suspense est efficace, la mécanique fonctionne et l’on accepte même quelques invraisemblances parce que l’on veut savoir comment cette course va se terminer. On se prend au jeu, on suit Maia dans Londres, on attend le moment où elle va enfin retourner la situation et mettre la main sur celui qui tire les ficelles.

Seulement voilà, il faut bien finir le film, et c’est précisément là que ça se gâte sérieusement. Après avoir construit pendant une heure un thriller basé sur une surveillance permanente, une menace invisible et un enfant retenu en otage, il fallait trouver une conclusion à la hauteur de cette course effrénée. Et là, franchement, c’est la panne sèche.

La chute est d’un ridicule terrible, comme si les scénaristes avaient couru eux aussi mais qu’ils étaient arrivés au bout de leur souffle avant d’avoir trouvé une véritable idée pour terminer l’histoire. Tout ce suspense accumulé finit par retomber comme un soufflé, et l’on se demande presque si quelqu’un n’a pas simplement dit : « Bon, les gars, il faut finir, trouvez quelque chose ! »

Et rassurez-vous, le garçon n’est pas mort, Zorro est arrivé !

C’est dommage car The Runner avait suffisamment de matière pour faire un thriller beaucoup plus solide. Le principe est simple, efficace et parfaitement adapté à un film sous tension : une femme qui doit courir contre le temps, obéir à un ravisseur qui semble tout voir et tout savoir, sauver son enfant et protéger en même temps l’homme qu’on lui ordonne d’éliminer.

Mais un thriller, ce n’est pas seulement une bonne idée de départ et une heure de suspense, c’est aussi une arrivée. Et ici, après avoir fait courir Gal Gadot pendant tout Londres, on aurait aimé que le film franchisse la ligne d’arrivée autrement qu’en trébuchant.

Ça court, ça court… mais à l’arrivée, le film se prend les pieds dans le tapis.

NOTE ! 8.10

FICHE TECHNIQUE

Productrice déléguée : Jane Robertson

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13.00 ( MON AVIS SUR LE FILM BLEU VELVET DE DAVID LYNCH (1986)


 Vu le film Blue Velvet  de David Lynch (1986) avec Kyle MacLachlan Isabella Rosselini Dennis Hopper Laura Dern George Dickerson Jake Harvey Lope Lange Priscilla Pointer Brad Dourif Dean Stockwell


Un grand David Lynch cauchemardesque pour les habitants de Lumberton, petite ville américaine qui semble pourtant bien tranquille, loin des gratte-ciels et des grandes métropoles, avec ses jolies maisons, ses pelouses bien tondues et ses habitants qui se saluent poliment. Mais chez Lynch, il suffit de passer derrière la façade de circonstance pour découvrir les coulisses, les chambres, les caves et tout ce que l’on ne montre surtout pas au voisinage. Et là, ça devient beaucoup moins sympathique, car derrière cette Amérique bien propre se cache une violence sexuelle, sadique et complètement cauchemardesque.

Après l’échec commercial de Dune, Lynch revient ici à un univers qui lui correspond beaucoup mieux, celui du film noir, du fantastique malsain et des obsessions qui traînaient déjà dans Eraserhead, avant de donner plus tard Twin Peaks ou Sailor et Lula. Peut-être finalement un genre qui lui réussit mieux, car avec Blue Velvet, il peut laisser libre cours à toutes ses obsessions et nous emmener dans un monde où la normalité n’est qu’une mince couche de peinture prête à s’écailler.

Tout commence lorsqu’un jeune étudiant originaire de Lumberton, Jeffrey Beaumont, interprété par Kyle MacLachlan, revient dans sa ville natale après que son père a été victime d’un grave problème de santé. En se promenant, Jeffrey découvre dans un terrain vague une oreille humaine coupée et décide, au lieu de faire comme tout le monde et d’appeler immédiatement la police, de mener sa petite enquête personnelle. C’est évidemment là que les ennuis commencent, car chez Lynch, une oreille coupée dans un jardin n’annonce généralement pas une histoire de voisinage tranquille.

Son enquête va le conduire vers Dorothy Vallens, une chanteuse de cabaret interprétée par une fascinante Isabella Rossellini, qui chante notamment Blue Velvet, la chanson qui donne son titre au film. Jeffrey découvre alors un univers beaucoup plus sombre qu’il ne l’imaginait, peuplé de personnages tous plus étranges les uns que les autres, et notamment Frank Booth, gangster psychopathe absolument terrifiant incarné par un Dennis Hopper complètement déchaîné.

Jeffrey soupçonne Frank de retenir Dorothy sous son emprise et de se livrer à un véritable esclavage sexuel. Il va donc pénétrer de plus en plus profondément dans cet univers de violence, de sexe, de perversité et de folie, tout en étant partagé entre Dorothy et Sandy, interprétée par une Laura Dern intrigante, la fille du shérif dont Jeffrey est amoureux. Le jeune homme pensait sans doute découvrir les secrets d'une petite ville américaine ; il va surtout découvrir que les monstres ne vivent pas forcément dans les endroits où on les attend.

Et Lynch arrive à mettre dans un seul film suffisamment de perversions pour remplir plusieurs films, dans ce monde de malades qu’il adore psychanalyser. C’est retors, pervers, sexuel, inquiétant, parfois grotesque, souvent fascinant, et surtout profondément lynchien. On ne sait jamais très bien si l’on regarde un polar, un cauchemar, une hallucination ou simplement l’envers du décor de l’Amérique bien pensante.

J’adore également toute la partie technique, à commencer par la photographie de Frederick Elmes, qui transforme cette petite ville apparemment paisible en véritable piège à cauchemars, mais surtout la musique du maître Angelo Badalamenti, devenue indissociable de l’univers de Lynch, sans oublier les tubes de la bande originale qui participent pleinement à cette étrange atmosphère entre rêve et cauchemar.

Et puis Kyle MacLachlan, le Paul Atréides de Dune, trouve ici un personnage qui va le conduire quelques années plus tard vers la série mythique Twin Peaks, faisant de lui l’un des visages cultes de l’univers lynchien.

Alors oui, Blue Velvet, ce n’est certainement pas à mettre sous les yeux de jeunes spectateurs qui risqueraient de regarder leur voisin d’un autre œil en rentrant chez eux. Mais pour nous, adultes consentants, on peut être complètement subjugués par les images que nous propose Lynch et par cette plongée dans les dessous peu reluisants d’une Amérique de carte postale. Maintenant, si vous avez compris toute l’histoire du premier coup, chapeau ! Parce que chez Lynch, même quand on croit avoir compris, il reste toujours une oreille quelque part qui traîne dans le jardin.

NOTE ; 13.00

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