Vu le Film Honey Don't de Ethan Coen (2025) avec Margaret Qualley Aubrey Plaza Chris Evans Charllie Day Kristin Connolly Billy Eichner Gabby Beans Talia Ryder
Margaret Qualley y incarne Honey O'Donahue, une détective privée de Californie, qui enquête sur la mort de Mia Novotny. Sa mort a été maquillée en accident de voiture. Ses investigations la mènent au Temple des Quatre Chemins, dirigé par le révérend Drew Devlin (Chris Evans) qui est impliqué dans un vaste trafic de drogue.
Il y a des colères qui sont parfaitement justifiées. La première concerne la frilosité – ou le manque de courage – des exploitants français qui ont préféré laisser Honey Don't! inédit dans nos salles. Quand on voit certaines daubes qui bénéficient pourtant d'une sortie nationale, il y a franchement de quoi s'arracher les cheveux. Ce genre de film mérite bien plus qu'une diffusion confidentielle tant il possède une vraie personnalité.
Ethan Coen, cette fois sans son frère Joel, prouve qu'il n'a rien perdu de ce qui a fait la grandeur de leur filmographie commune. On retrouve immédiatement cette folie douce, cet humour noir, cette galerie de personnages complètement barrés et cette façon si particulière de transformer une simple enquête criminelle en gigantesque bazar sanglant. Impossible de ne pas penser à Burn After Reading tant l'esprit est similaire : tout le monde ment, tout le monde manipule tout le monde, et plus personne ne contrôle rien.
L'histoire débute avec le meurtre de Mia, retrouvée morte dans une voiture. L'affaire est confiée à l'enquêtrice privée Honey O'Donahue, délicieusement interprétée par Margaret Qualley, dont le charme et la présence illuminent chaque scène. Ses investigations vont rapidement la conduire sur la piste du très respectable pasteur Drew Devlin... respectable uniquement le dimanche. Car le bonhomme passe surtout son temps libre à faire prospérer un trafic de drogue particulièrement lucratif.
Et quel bonheur de retrouver Chris Evans dans un registre aussi déjanté. Oubliez Captain America et son bouclier : ici, il tombe l'armure, au sens propre comme au figuré. Le voir monter à cheval... et sur bien d'autres dames (sic), est un pur plaisir coupable. C'est toute la puissance du cinéma des Coen : c'est pervers, irrévérencieux, totalement interdit... mais tellement jouissif.
Au fil de son enquête, Honey croise la route de MG Falcone, campée par l'excellente Aubrey Plaza. Après des débuts plutôt électriques, leur relation évolue vers une complicité bien plus intime. Leur duo fonctionne à merveille et apporte encore davantage de piquant à une intrigue qui n'en manquait déjà pas.
Pendant ce temps-là, les cadavres s'empilent plus vite que les bouteilles dans une cave. Pas une minute de répit, pas le temps pour les tueurs de faire mumuse avec le pasteur : tout le monde court après tout le monde, les coups de feu fusent, les trahisons pleuvent et chaque scène semble repousser un peu plus les limites du politiquement correct.
Les Coen ont toujours osé là où les autres hésitent. Leur cinéma n'a jamais cherché à rassurer le spectateur, encore moins à lui servir un produit formaté. Ici encore, Ethan Coen démontre qu'il préfère provoquer, déranger, faire rire jaune et surprendre plutôt que de suivre les recettes hollywoodiennes.
Oui, le film est trash. Oui, il est violent. Oui, il est sexy. Mais jamais gratuitement. Tout participe à cette ambiance délicieusement déviante qui rend cette comédie policière aussi irrésistible qu'imprévisible.
Margaret Qualley confirme qu'elle est l'une des actrices les plus fascinantes de sa génération, Aubrey Plaza apporte son ironie légendaire, tandis que Chris Evans s'amuse visiblement comme un petit fou dans ce rôle d'escroc lubrique, aussi charismatique que totalement immoral.
Alors oui, ce n'est sans doute pas un film pour la ménagère de 50 ans qui pourrait être choquée. Mais de temps en temps, sortons des facilités, laissons de côté les productions aseptisées et profitons de réalisateurs capables de prendre des risques.
Le cinéma des Coen ose tout... et c'est à cela qu'on le reconnaît. C'est jouissif, carrément bandant, curieux, exotique... et moi, j'adorrrrrre !
"À Honey Don't! : un film qui débouche comme un grand cru. Plus il avance, plus les cadavres remplacent les bouchons, les secrets coulent à flots et Ethan Coen nous sert un millésime délicieusement immoral. Santé... mais évitez de trinquer avec le pasteur !"
NOTE : 16.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Ethan Coen
- Scénario : Ethan Coen et Tricia Cooke
- Direction artistique : Julien Pougnier
- Costumes : Peggy Schnitzer
- Musique : Carter Burwell
- Photographie : Ari Wegner
- Production : Tim Bevan, Ethan Coen, Tricia Cooke, Eric Fellner et Robert Graf
- Sociétés de production : Focus Features et Working Title Films
- Distribution : Focus Features (États-Unis, Canada), Universal Pictures International France (France)
- Pays de production :
États-Unis
DISTRIBUTION
- Margaret Qualley (VF : Barbara Probst) : Honey O'Donahue
- Aubrey Plaza (VF : Alice Taurand) : Mary Grace « M. G. » Falcone
- Chris Evans (VF : Alexandre Gillet) : Drew Devlin
- Charlie Day (VF : Benoît Du Pac) : Marty Metakawitch
- Kristen Connolly (VF : Angèle Humeau) : Heidi O'Donahue
- Billy Eichner (VF : Tanguy Goasdoué) : M. Siegfried
- Gabby Beans (VF : Amélia Ewu) : Spider
- Talia Ryder (VF : Rebecca Benhamour) : Corinne
- Lera Abova (VF : Caroline Mozzone) : Chère
- Lena Hall (VF : Marine Reed) : Elle
- Don Swayze (VF : Bernard Métraux) : Gary
- Josh Pafchek (VF : Florent Pochet) : Shuggie
- Kale Browne (VF : Philippe Catoire) : le père de Honey
- Alexander Carstoiu (VF : Kévin Goffette) : Mickie
- Gregg Binkley : le gérant du bar
- Christian Antidormi (VF : Gauthier Battoue) : Colligan


