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vendredi 14 août 2026

7.00 - MON AVIS SUR LE FILM LA NUIT DES CLOWNS DE ELI CRAIG (2O25)


 Vu le Film La Nuit des Clowns de Eli Craig (2025) avec Katie Douglas Aaron Abrams Carson McCormac Vincent Muller Will Sasso Kevin Durand Cassandra Potenza


Evidemment, Eli Craig n’invente rien avec Le Dernier des Clowns. Adapté du roman Un Clown dans un champ de maïs d’Adam Cesare, le film nous ressort le clown tueur, et pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que celui-là ne va pas venir distribuer des sucettes aux enfants. Son Frendo ressemble furieusement au clown de Ça, et dès qu’il apparaît avec son sourire de psychopathe, on se dit qu’on a déjà vu ça quelque part… et pas qu’une fois !

Pendant un peu plus de 90 minutes, Craig va donc nous servir du gore, du sang, des cris, des jeunes gens qui courent dans tous les sens, des jeunes gens qui hurlent, des jeunes gens qui se font massacrer et une musique qui vous amène vos propres cris tellement elle devient parfois insupportable. Bref, tout ce qu’il faut pour faire un film d’horreur contemporain, sauf peut-être l’élément essentiel : une véritable idée.

Nous suivons Quinn Maybrook, interprétée par Katie Douglas, qui arrive avec son père Glenn, joué par Aaron Abrams, dans la petite ville de Kettle Springs. Elle va rapidement faire connaissance avec Cole Hill, incarné par Carson MacCormac, et toute une bande de jeunes qui vont évidemment devenir les futures victimes du clown. Parce que dans ce genre de film, les jeunes ne sont pas là pour construire leur avenir : ils sont là pour servir de nourriture au scénario !

Et notre fameux Frendo, ancienne mascotte de la ville, va donc reprendre du service. Mais au lieu de faire rire les habitants, il va les massacrer à l’arbalète, à la tronçonneuse et avec tout ce qui peut couper, transpercer ou démembrer. Et bien entendu, nos jeunes gens vont finir écartelés, coupés en deux, en trois ou en miettes. On ne va quand même pas leur permettre de rentrer tranquillement chez eux !

Ce qui devient assez amusant, c’est cette manie des scénaristes de faire des jeunes gens aisés les proies idéales. Il faudrait presque analyser les scénaristes tellement cette tendance à tuer du riche ou du privilégié devient suggestive. Le Clown avec Ça, le champ de maïs avec Stephen King, un peu de Scream, un peu de Soudain l’été dernier… On a l’impression d’assister à une compilation de films déjà vus plutôt qu’à une véritable histoire.

Et pourtant, il y avait matière à faire quelque chose de plus intéressant. Derrière les massacres, le film parle d’une petite ville qui se meurt, d’adultes nostalgiques d’un passé disparu et d’une jeunesse qu’ils considèrent comme responsable de leur malheur. Mais Craig préfère évidemment sortir l’artillerie lourde : le clown, l’arbalète, le sang et les morceaux de viande !

Les personnages sont tellement caricaturaux qu’on devine presque leur avenir dès qu’ils apparaissent à l’écran. Celui-là va mourir, celle-là aussi, celui qui vient de dire qu’il revient dans cinq minutes ne reviendra jamais et celui qui décide d’aller voir tout seul ce qui se passe derrière la porte peut déjà préparer son testament.

Katie Douglas fait ce qu’elle peut avec Quinn, Carson MacCormac joue Cole, Kevin Durand incarne Arthur Hill, le maire, tandis que Will Sasso joue le shérif Dunne. Mais même avec des acteurs qui tiennent correctement leur rôle, difficile de sauver un scénario aussi pauvre et surtout aussi prévisible.

Car c’est bien là le problème : on devine tout ! Les révélations n’en sont plus, les victimes sont désignées à l’avance et les rebondissements arrivent avec la discrétion d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Quant au clown, il a beau avoir une bonne tête de psychopathe, il ne suffit pas de mettre un masque inquiétant à quelqu’un pour fabriquer un nouveau Pennywise.

Alors oui, il y a du gore, beaucoup de sang, quelques mises à mort bien gratinées et suffisamment de cris pour remplir plusieurs épisodes de The Voice. Mais après ? Pas grand-chose.

Le Dernier des Clowns est rempli de clichés, tellement rempli que le film finit par ressembler à une brocante du cinéma d’horreur : on prend un peu de Ça, un peu de Scream, un peu de slasher, un peu de Stephen King et on mélange le tout en espérant que personne ne remarquera que tout cela a déjà été fait.

Mais si, on le remarque !

On s’enfonce dans ce type de films et, à un moment, il faudra qu’ils arrêtent de creuser.

Parce qu’à force de creuser, ils vont finir par tomber sur quelque chose qu’ils ont complètement oublié dans ce film : un scénario !

NOTE : 7.00

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation Eli Craig
  • Scénario : Carter Blanchard et Eli Craig, d'après le Un clown dans un champ de maïs (Clown In A Cornfield) d'Adam Cesare (en)
  • Musique : Brandon Roberts et Marcus Trumpp
  • Photographie : Brian Pearson
  • Montage : Sabrina Pitre
  • Production : Marty Bowen, John Fischer et Wyck Godfrey
  • Société de production : Temple Hill Entertainment
  • Distribution SND (France), RLJE Films (États-Unis), Belga Films (Belgique), Elevation Pictures (Canada)
  • Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis


DISTRIBUTION

  • Katie Douglas (VF : Jaynélia Coadou) : Quinn Maybrook
  • Aaron Abrams (VF Jérôme Pauwels) : Dr Glenn Maybrook, le père médecin de Quinn
  • Carson MacCormac (VF : Maxym Anciaux) : Cole, le fils d'Arthur Hill
  • Vincent Muller (VF Clément Moreau) : Rust
  • Kevin Durand (VF Guillaume Orsat) : Arthur Hill, le maire de Kettle Springs
  • Will Sasso (VF : Serge Biavan) : le shérif Dunne
  • Cassandra Potenza (VF : Leslie Lipkins) : Janet
  • Daina Leitold : Trudy
  • Verity Marks (VF : Emmylou Homs) : Ronnie
  • Ayo Solanke (VF : Jhos Lican) : Tucker
  • Alexandre Martin Deakin (VF : Kévin Goffette) : Matt
  • Bradley Sawatzky (VF Jérémy Prévost) : Mr. Vern

jeudi 13 août 2026

15.90 - MON AVIS SUR LE FILM GERVAISE DE RENE CLEMENT (1956)

 


Vu le Film Gervaise de René Clément (1956) avec Maria Schell François Périer Armand Mestral Florelle Suzy Delair Christian Ferez Maria Lopez Jany Holt Paul Preboist Gérard Darrieu


Voir un film adapté de Zola, on est sûr de ne pas être dans la fantaisie d’un Fantômas ou d’un Boule et Bill ! Avec L’Assommoir, René Clément s’attaque à un monument de la littérature française et à un Zola qui ne perd pas la main.
L’auteur de J’Accuse, Nana et Germinal ne cherche certainement pas à nous raconter une jolie histoire. Il nous plonge directement dans la misère, la boue, l’alcool et la déchéance.
Gervaise (Maria Schell) est une petite blanchisseuse qui tente simplement de vivre et d’élever ses enfants. Mais son mari Lantier l’abandonne, la laissant avec ses deux enfants et une existence déjà bien compliquée. Elle finira par se retrouver avec Coupeau, ouvrier zingueur alcoolique, coléreux et violent. Et là, franchement, François Périer est formidable ! Pour moi, c’est même l’un de ses meilleurs rôles. Il compose un Coupeau à la fois inquiétant, pitoyable et profondément humain dans sa déchéance. Un homme qui s’enfonce dans l’alcool et entraîne avec lui ceux qui ont eu le malheur de l’aimer. À ses côtés, Florelle incarne sa mère, une marâtre qui ne laisse personne dire du mal de son chérubin. Même lorsque le chérubin en question se comporte comme un véritable salaud ! Gervaise aura avec Coupeau une fille : Nana. Oui, cette Nana-là, celle qui deviendra l’héroïne du célèbre roman de Zola. Et quand on connaît son destin, on se dit qu’ils auraient peut-être pu réfléchir deux minutes avant d’agrandir la famille ! Mais chez Zola, les malheurs arrivent rarement seuls. Ils se reproduisent même avec une régularité presque industrielle. Gervaise, elle, essaie pourtant de s’en sortir. Elle travaille, elle veut monter sa blanchisserie et offrir une vie meilleure aux siens. Mais autour d’elle, chacun semble davantage préoccupé par son propre intérêt que par celui du voisin. Lantier, Coupeau, Virginie Poisson et les autres ne sont pas vraiment là pour distribuer de la tendresse. Suzy Delair, en Virginie, apporte elle aussi cette dose de méchanceté et de rancœur qui finit de pourrir l’existence de Gervaise. Armand Mestral est un Lantier parfaitement à sa place dans cet univers sans pitié. Et derrière lui, il y a aussi Etienne, son fils, qui deviendra le héros de Germinal. Avec L’Assommoir commence donc l’une des grandes sagas de Zola, celle des Rougon-Macquart. Une immense fresque où les destins se croisent, se répondent et souvent se fracassent. Zola photographie une époque où la misère est à tous les coins de rue. Pas la misère joliment éclairée pour faire pleurer dans les chaumières. La vraie, celle qui sent le linge humide, la sueur, l’alcool et les lendemains qui déchantent. C’est peut-être ce qui distingue Zola de Flaubert ou de Balzac. Il est moins flamboyant, mais beaucoup plus terre à terre. Il colle à son époque, aux gens, aux corps et aux petites tragédies quotidiennes. Et surtout, il ne cherche pas à rendre ses personnages plus beaux qu’ils ne sont.
Dans Gervaise, à part Gervaise, peu de personnages attirent véritablement l’empathie. La majorité pense à elle-même et tant pis pour les dégâts !
Il y a aussi chez Zola une constante terrible : les femmes sont battues, abandonnées, humiliées. Et les enfants ne sont guère mieux lotis, condamnés à subir les fautes des adultes.
C’est une photographie sociale d’une époque où la misère n’épargnait personne.
René Clément réussit parfaitement à retranscrire cette époque et surtout l’atmosphère étouffante du roman. Il ne fait pas de L’Assommoir une simple illustration littéraire.
Il en restitue la noirceur, la violence et la lente descente aux enfers.
Et il est magnifiquement aidé par des comédiens exceptionnels de la grande époque de notre cinéma. Maria Schell est bouleversante en Gervaise, femme courageuse qui voit peu à peu ses espoirs partir en morceaux.
François Périer est impressionnant en Coupeau, véritable bombe à retardement humaine. Florelle, Suzy Delair et Armand Mestral complètent admirablement cette galerie de personnages peu recommandables.
Gervaise est donc un grand film populaire, mais surtout un film profondément humain et social. René Clément respecte Zola sans l’adoucir et sans transformer sa misère en spectacle confortable. Une œuvre dure, sombre, magnifique, qui rappelle que chez Zola, quand on ouvre la porte, il y a rarement quelqu’un qui vient apporter des fleurs !

NOTE : 15.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

mercredi 12 août 2026

10.30 - MON AVIS SUR LE FILM COMMENT REUSSIR EN AMOUR DE MICHEL BOISROND (1962)


 Vu le film Comment réussir en Amour de Michel Boisrond (1962) avec Jean Poiret Dany Saval Jacqueline Maillan Jacques Charron Roger Pierre Mihel Serrault Eddy Mitchell et les Chausettes Noires


Comment réussir en amour de Michel Boisrond, c’est tout un programme… encore faut-il avoir reçu le mode d’emploi avec le film !

Michel Boisrond est davantage un faiseur de films qu’un véritable auteur, et il s’est beaucoup spécialisé dans les histoires d’amour sous toutes leurs prérogatives, avec plus ou moins de bonheur. Il avait d’ailleurs commencé sa carrière en mettant en scène une toute jeune actrice particulièrement fraîche : Brigitte Bardot dans Une Sacrée Gamine. Cela lui a peut-être donné l’idée de surfer sur cette vague, mais pas toujours avec la même qualité.

Ici, nous sommes dans une comédie loufoque, très théâtrale, comme savait si bien en fabriquer le cinéma français comique de ces années-là. On y retrouve ce goût pour les situations abracadabrantes, les personnages qui s’agitent beaucoup et les dialogues qui sentent bon la scène de théâtre.

Et pour cela, le casting est plutôt bien fourni avec les spécialistes du genre : Jean Poiret, Michel Serrault, Jacqueline Maillan, Roger Pierre, sans oublier la blonde de service Dany Saval, qui deviendra plus tard Madame Drucker.

L'histoire nous présente Bernard, interprété par Jean Poiret, un jeune homme qui subit les contrecoups de ses désillusions sentimentales mais aussi professionnelles, puisqu'il cherche désespérément à faire éditer son manuscrit.

Et puis arrive Sophie, une jeune femme complètement fofolle qui va finir par devenir sa femme. Alors, mariage ou pas mariage, amour ou pas amour, on peut tout de même se demander si Bernard fait vraiment le bon choix !

Parce qu'entre réussir dans l'amour et réussir sa vie, il y a parfois un sacré fossé… et Bernard va rapidement découvrir qu'on peut très bien sauter dedans sans avoir demandé la permission.

Le film fonctionne donc sur cette mécanique de boulevard, avec des personnages hauts en couleur et cette façon très française de transformer les histoires sentimentales en véritable partie de ping-pong verbal.

Deux curiosités viennent surtout relever mon intérêt.

D'abord l'excellent Jacques Charron, parfait en patron des Éditions du Soleil, qui apporte cette petite touche supplémentaire à une distribution déjà bien fournie.

Et puis il y a Eddy Mitchell !

Avant de devenir le crooner rockeur de La Dernière Séance, notre Schmoll national venait pousser la chansonnette et surtout nous gratifier d'un déhanchement qui vaut son pesant de cacahuètes. Une petite apparition qui amuse forcément lorsqu'on connaît la carrière qu'il allait poursuivre ensuite.

Alors, que reste-t-il de Comment réussir en amour ?

Une comédie sympathique, un peu foutraque, très représentative d'un certain cinéma français populaire des années 1960, avec ses comédiens de théâtre, ses situations improbables et ses histoires de cœur qui partent dans tous les sens.

Ce n'est pas désagréable, loin de là.

Mais franchement…

on ne va quand même pas se lever la nuit pour regarder un coucher de lune !

Un petit Boisrond à regarder tranquillement, avec le sourire, sans attendre la révolution du septième art.

Et pour réussir en amour…

je crois qu'il faudra chercher la recette ailleurs !

NOTRE : 10.30

FICHE TECHNIQUE


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