Pages

vendredi 26 juin 2026

16.30 - MON AVIS SUR LE FILM HONEY DON'T DE ETHAN COEN (2025)

 


Vu le Film Honey Don't de Ethan Coen (2025) avec Margaret Qualley Aubrey Plaza Chris Evans Charllie Day Kristin Connolly Billy Eichner Gabby Beans Talia Ryder


Margaret Qualley y incarne Honey O'Donahue, une détective privée de Californie, qui enquête sur la mort de Mia Novotny. Sa mort a été maquillée en accident de voiture. Ses investigations la mènent au Temple des Quatre Chemins, dirigé par le révérend Drew Devlin (Chris Evans) qui est impliqué dans un vaste trafic de drogue.

Il y a des colères qui sont parfaitement justifiées. La première concerne la frilosité – ou le manque de courage – des exploitants français qui ont préféré laisser Honey Don't! inédit dans nos salles. Quand on voit certaines daubes qui bénéficient pourtant d'une sortie nationale, il y a franchement de quoi s'arracher les cheveux. Ce genre de film mérite bien plus qu'une diffusion confidentielle tant il possède une vraie personnalité.

Ethan Coen, cette fois sans son frère Joel, prouve qu'il n'a rien perdu de ce qui a fait la grandeur de leur filmographie commune. On retrouve immédiatement cette folie douce, cet humour noir, cette galerie de personnages complètement barrés et cette façon si particulière de transformer une simple enquête criminelle en gigantesque bazar sanglant. Impossible de ne pas penser à Burn After Reading tant l'esprit est similaire : tout le monde ment, tout le monde manipule tout le monde, et plus personne ne contrôle rien.

L'histoire débute avec le meurtre de Mia, retrouvée morte dans une voiture. L'affaire est confiée à l'enquêtrice privée Honey O'Donahue, délicieusement interprétée par Margaret Qualley, dont le charme et la présence illuminent chaque scène. Ses investigations vont rapidement la conduire sur la piste du très respectable pasteur Drew Devlin... respectable uniquement le dimanche. Car le bonhomme passe surtout son temps libre à faire prospérer un trafic de drogue particulièrement lucratif.

Et quel bonheur de retrouver Chris Evans dans un registre aussi déjanté. Oubliez Captain America et son bouclier : ici, il tombe l'armure, au sens propre comme au figuré. Le voir monter à cheval... et sur bien d'autres dames (sic), est un pur plaisir coupable. C'est toute la puissance du cinéma des Coen : c'est pervers, irrévérencieux, totalement interdit... mais tellement jouissif.

Au fil de son enquête, Honey croise la route de MG Falcone, campée par l'excellente Aubrey Plaza. Après des débuts plutôt électriques, leur relation évolue vers une complicité bien plus intime. Leur duo fonctionne à merveille et apporte encore davantage de piquant à une intrigue qui n'en manquait déjà pas.

Pendant ce temps-là, les cadavres s'empilent plus vite que les bouteilles dans une cave. Pas une minute de répit, pas le temps pour les tueurs de faire mumuse avec le pasteur : tout le monde court après tout le monde, les coups de feu fusent, les trahisons pleuvent et chaque scène semble repousser un peu plus les limites du politiquement correct.

Les Coen ont toujours osé là où les autres hésitent. Leur cinéma n'a jamais cherché à rassurer le spectateur, encore moins à lui servir un produit formaté. Ici encore, Ethan Coen démontre qu'il préfère provoquer, déranger, faire rire jaune et surprendre plutôt que de suivre les recettes hollywoodiennes.

Oui, le film est trash. Oui, il est violent. Oui, il est sexy. Mais jamais gratuitement. Tout participe à cette ambiance délicieusement déviante qui rend cette comédie policière aussi irrésistible qu'imprévisible.

Margaret Qualley confirme qu'elle est l'une des actrices les plus fascinantes de sa génération, Aubrey Plaza apporte son ironie légendaire, tandis que Chris Evans s'amuse visiblement comme un petit fou dans ce rôle d'escroc lubrique, aussi charismatique que totalement immoral.

Alors oui, ce n'est sans doute pas un film pour la ménagère de 50 ans qui pourrait être choquée. Mais de temps en temps, sortons des facilités, laissons de côté les productions aseptisées et profitons de réalisateurs capables de prendre des risques.

Le cinéma des Coen ose tout... et c'est à cela qu'on le reconnaît. C'est jouissif, carrément bandant, curieux, exotique... et moi, j'adorrrrrre !

"À Honey Don't! : un film qui débouche comme un grand cru. Plus il avance, plus les cadavres remplacent les bouchons, les secrets coulent à flots et Ethan Coen nous sert un millésime délicieusement immoral. Santé... mais évitez de trinquer avec le pasteur !"

NOTE : 16.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

9.50 - MON AVIS SUR LE FILM BUS STOP DE JOSHUA LOGAN (1956)


 Vu le film Bus Stop de Joshua Loganb (1956) avec Marilyne Monroe Don Murray Arthur O'Connell Fay L.Hivor Hope Lange Eileen Heckart


Un jeune cowboy, participant au rodéo de Phoenix, force une vedette de cabaret à le suivre dans l'autobus qui le mène au Montana et à quitter l'homme avec qui elle doit se marier.

Bus Stop de Joshua Logan, 1956. Une gentille comédie romantique qui se veut légère mais qui patine un peu sur la glace. L’histoire suit Bo Decker, un jeune cowboy bourrin et vierge de 21 ans, qui quitte son ranch du Montana avec son pote Virgil pour aller faire un rodéo à Phoenix en Arizona. Virgil, le père de substitution calme et sage, lui a mis dans la tête qu’il était temps de trouver une femme.

Bo, ce grand gaillard qui hurle à tout-va comme un homme préhistorique, tombe raide dingue sur Chérie, une chanteuse de cabaret sexy mais un peu gauche, venue des Ozarks et qui rêve de Hollywood tout en se produisant dans un club minable de Phoenix.

Le gars la repère, décide illico que c’est son « ange », et passe en mode conquête sauvage : il la drague comme on marque un veau, la poursuit, la lasso carrément pour la ramener de force dans le bus vers le Montana. Classique des années 50 où le mec « viril » prend la femme pour un animal. Pendant le trajet, une tempête de neige bloque tout le monde dans un diner au bord de la route. Là, entre les passagers coincés, les discussions nocturnes et les engueulades, Bo va devoir comprendre que les femmes ne sont pas des trophées qu’on attache au bout d’une corde.

Il y a quelques scènes amusantes : le numéro catastrophique de Chérie qui massacre « That Old Black Magic » avec une voix de casserole, les réactions ahuries de Marilyn, ou Bo qui hurle dans le bus comme un taureau en rut. On rit par moments, surtout grâce au charme fou de Monroe qui opère assez bien.

Elle apporte une vraie vulnérabilité à cette fille paumée qui veut quitter ses rêves minables pour un amour neuf, ou rester et oublier tout. Le dilemme est là : tout plaquer pour suivre ce cowboy ou continuer à galérer dans les bars ?Mais sans plus. On ne s’attache pas vraiment aux personnages principaux. Bo reste un beauf des années 50 à la limite du supportable : il braille, il impose, il traite les femmes comme du bétail. Une parodie presque involontaire du mâle dominant qui vieillit mal aujourd’hui. Don Murray en fait des tonnes dans son premier grand rôle, et ça frise parfois le cartoon.

À côté, Marilyn sauve pas mal de séquences avec son sex-appeal fragile et ses mimiques, mais le film ne transcende jamais. C’est mignon, un peu touchant par instants sur le thème de l’amour qui transforme, mais jamais inoubliable.

Joshua Logan adapte la pièce de William Inge avec un casting solide autour : Arthur O’Connell en Virgil parfait, Betty Field et Hope Lange dans les rôles secondaires du diner qui apportent de la respiration.

Pourtant, au final, Bus Stop n’est pas indispensable. Une comédie romantique d’époque sympa pour passer une soirée, avec le plaisir de voir Monroe briller un peu, mais qui laisse un goût de « vu cent fois » et de cowboy insupportable. Pas un chef-d’œuvre, juste un bus qui passe.

NOTE : 9.50

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


15.10 - MON AVIS SUR LE FILM OSS 117 RIO NE REPOND PLUS DE MICHEL HAZAVANICIUS (2009)

 


Vu le Film OSS 117 Rio ne répond plus de Michel Hazavanicius (2009) avec Jean Dujardin Alex Lutz ReeHm Kherici Louise Monot Moon Daily Rudiger Vogler Walter Shnorkell


Lancé sur les traces d'un microfilm compromettant pour l'État français, le plus célèbre de nos agents va devoir faire équipe avec la plus séduisante des lieutenants-colonels du « Mossad » pour capturer un nazi maître chanteur. Des plages ensoleillées de Rio aux luxuriantes forêts amazoniennes, des plus profondes grottes secrètes au sommet du Christ du Corcovado, c'est une nouvelle aventure qui commence.

OSS 117 : Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius, c’est une bombe comique qui explose encore en pleine figure dix-sept ans après. Jean Dujardin y est grand, très grand, absolument parfait en Hubert Bonisseur de La Bath.

Il incarne ce balourd gominé, sûr de lui, un peu raciste, un peu homophobe, avec un naturel et un timing qui font mouche à chaque réplique. Loin du gentleman froid et professionnel des romans de Jean Bruce, ici Hubert est un abruti majestueux, persuadé d’être l’élite française, et Dujardin le joue avec un génie comique rare.

On est en 1967. Après Le Caire, Hubert profite de la vie à Gstaad quand le service l’envoie à Rio pour récupérer un microfilm compromettant : une liste de collabos français entre les mains d’un vieux nazi, Von Zimmel. Sur place, il croise Dolorès du Mossad (Louise Monot, parfaite), un fils hippie complètement perché (Alex Lutz génial), la sensuelle Carlotta (Reem Kherici), et un Américain de la CIA braillard. Le scénario part en vrille entre orgies psychédéliques, bal nazi, favellas et le Christ Rédempteur. Hazanavicius respecte tout : casting impeccable, personnages fidèles à leur folie, ton irrévérencieux assumé.Le film ose encore ce qu’on n’ose plus aujourd’hui.


Hubert balance des réflexions politiquement incorrectes avec un sourire candide, à la manière Charlie Hebdo. Pas pour choquer bêtement, mais pour rire de tout sans filtre. Dans notre époque coincée, ça fait un bien fou. On se marre des préjugés, des clichés, de l’arrogance française et de l’hypocrisie ambiante.

Références au genre ? Le film en est bourré. Il rend hommage à L’Homme de Rio (poursuites folles et gamins des favellas), Le Magnifique (scènes piscine pur Belmondo), Matt Helm (ambiance groovy et chansons), et Au service secret de Sa Majesté (costumes, élégance Bond revisitée).

Du pastiche brillant, jamais lourd, toujours malin. Ma scène préférée reste celle de l’hôpital : Hubert et le vieux nazi en chemise de nuit, cul à l’air, qui courent dans les couloirs avec leurs perfusions. Absurde, visuel, hilarant.

Deux vieux cons qui se coursent presque nus, Dujardin y est monstrueux de présence physique comique.

Hazanavicius signe une suite encore plus déjantée, plus belle, plus drôle que le premier. Les décors, la photo, la musique, tout est au top. Dujardin porte le film sur ses épaules larges et son cerveau de moineau avec une maestria rare.

On rit du début à la fin, on applaudit les chorégraphies, les clins d’œil, l’absurdité assumée.

Bref, Rio ne répond plus est un chef-d’œuvre de comédie française.

Un bijou irrévérencieux qui n’a pas pris une ride. Si tu ne l’as pas vu, fonce. Et si tu l’as vu, revois-le. Dujardin est grand. Très grand. Point final.

NOTE : 15.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION