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samedi 1 août 2026

12.80 - MON AVIS SUR LE FILM LES LEGENDAIRES DE GUILLAUME IVERNEL (2026)


 Vu le Film d'Animation Les Légendaires de Guillaume Ivernel (2026) 

(Adapté de la série de BD de Patrick Sobral)


Quand on a mon âge, on ne va pas se mentir, on a d'autres chats à fouetter... en plastique, rassurez-vous. Je ne suis évidemment pas le public cible des Légendaires, adaptation de la célèbre bande dessinée de Patrick Sobral. Pourtant, cela ne m'empêche pas de reconnaître les qualités d'un film quand elles sont là, et il y en a quelques-unes qui méritent largement d'être saluées.


La première saute immédiatement aux yeux : l'animation. Les studios français et belges démontrent une nouvelle fois qu'ils n'ont vraiment rien à envier à beaucoup de productions internationales. C'est flamboyant, inventif, ça explose de couleurs, ça bouge dans tous les sens sans jamais devenir illisible. Chaque décor regorge de détails, chaque créature possède sa propre identité et l'univers imaginé par Patrick Sobral prend vie avec beaucoup de charme.


L'histoire nous entraîne dans le monde d'Alysia, où les cinq héros légendaires ont disparu depuis longtemps. Lorsque le jeune Danaël, doublé par la star de YouTube Romain Doduik, découvre qu'il partage le nom du plus célèbre chevalier du royaume, il va se retrouver embarqué dans une aventure bien plus grande que lui. Aux côtés de compagnons aussi différents qu'attachants, il devra affronter des forces obscures, retrouver les véritables Légendaires et empêcher qu'un ancien mal ne replonge le royaume dans le chaos.


Le scénario, en revanche, reste la partie la plus fragile du film. Il est extrêmement classique. Les rebondissements sont téléphonés, on les voit arriver de très loin et le récit préfère constamment jouer la sécurité plutôt que de surprendre. À aucun moment le film ne prend réellement de risques, comme s'il craignait de dérouter son jeune public.


Mais finalement, ce n'est peut-être pas ce qu'on lui demande. Les Légendaires assume pleinement son statut de divertissement familial. Les enfants y trouveront largement leur compte, et les lecteurs de la bande dessinée retrouveront avec plaisir un univers qui leur est familier.


L'animation rend particulièrement bien l'univers des Légendaires. Les personnages conservent leur personnalité, les pouvoirs sont spectaculaires, les affrontements sont dynamiques et les paysages donnent souvent envie de prolonger le voyage. On sent un véritable soin apporté à la transposition graphique de la bande dessinée.


L'humour reste très enfantin, parfois un peu appuyé, mais il correspond parfaitement au ton de la série. Là encore, difficile de lui reprocher d'être fidèle à son public.


L'adaptation respecte globalement très bien le matériau d'origine. Les fans devraient retrouver ce qu'ils aiment dans les albums de Patrick Sobral sans avoir l'impression d'une trahison. C'est même probablement l'une des principales qualités du film : il cherche à faire plaisir aux lecteurs avant tout.


En revanche, j'aurais aimé un peu plus d'audace. Un scénario moins balisé, quelques surprises, des personnages un peu plus développés auraient permis au film de franchir un cap. En l'état, on passe un bon moment, mais il manque cette petite étincelle qui transforme un bon film d'animation en véritable aventure mémorable.


Reste un savoir-faire technique qui mérite d'être applaudi. L'animation française et belge continue de prouver qu'elle possède un talent immense et une créativité qui n'ont rien à envier aux plus grands studios.


 Les Légendaires est une adaptation plutôt cool, respectueuse de l'œuvre de Patrick Sobral, visuellement très réussie, mais prisonnière d'un scénario beaucoup trop prudent. Je ne suis clairement pas le public visé, mais je reconnais volontiers que les plus jeunes devraient passer un excellent moment... et les plus grands pourront au moins admirer le travail remarquable des animateurs.


NOTE : 12.80

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION (VOIX)

15.10 - MON AVIS SUR LE FILM LA CAGE AUX FOLLES DE EDOUARD MOLINARO (1978)

 


Vu le Film La Cage aux Folles de Edouard Molinaro (d'après la Pièce de Jean Poiret) (1978) avec Michel Serrault Ugo Tognazzi Rémi Laurent Claire Maurier Luisa Maneri Michel Galabru Carmen Scarpitta Venantino Venantini Benny Luke


Adapter une pièce de théâtre culte au cinéma est toujours un exercice délicat. La Cage aux Folles, d'après l'immense succès de Jean Poiret, y parvient en grande partie, même si, avec le recul, le film a très mal vieilli techniquement. Visuellement, cela sent parfois la série Z, avec une mise en scène très datée et une réalisation qui manque singulièrement d'ambition. Heureusement, il reste l'essentiel : le texte de Jean Poiret, son sens du dialogue, ses répliques qui font mouche et ses situations devenues mythiques.

Et puis, impossible pour moi de ne pas revenir à la pièce originale, que l'on peut encore voir sur l'INA. Là, on atteint un niveau exceptionnel. Le duo Poiret-Serrault y est absolument irrésistible. Ils se connaissent par cœur, leur complicité saute aux yeux et chaque regard, chaque silence, chaque réplique sonne juste. Personnellement, j'ai eu la chance de voir la pièce avec Didier Bourdon et Christia Clavier , et le plaisir était toujours intact.

L'histoire est d'une simplicité redoutable. Renato Baldi dirige avec son compagnon Albin, vedette du cabaret sous le nom de Zaza Napoli, un établissement transformiste de Saint-Tropez, "La Cage aux Folles". Leur quotidien bascule lorsque Laurent, le fils de Renato, annonce son mariage avec Muriel, la fille d'un député ultra-conservateur, chef d'un mouvement de défense de la morale. Pour éviter le scandale, Laurent demande à ses deux pères de jouer le jeu de la famille traditionnelle. Évidemment, rien ne va se passer comme prévu.

On réduit souvent La Cage aux Folles à une simple comédie sur l'homosexualité. C'est beaucoup plus intelligent que cela. La pièce, comme le film, parle évidemment de tolérance envers les LGBT à travers le personnage de Zaza Napoli, mais elle s'attaque aussi avec une ironie féroce à la pudibonderie, à l'hypocrisie bourgeoise et à tous les intégrismes, notamment religieux, qui prétendent donner des leçons de morale. Et franchement, près d'un demi-siècle plus tard, difficile de ne pas y voir une résonance toujours aussi actuelle.

Ugo Tognazzi, en Renato, fait le minimum. C'est un immense acteur, mais ce n'est tout simplement pas le rôle qui lui correspond le mieux. On sent qu'il est davantage là pour assurer le service. Il ira même jusqu'à tourner les deux suites... sûrement avec un joli chèque à la clé.

À ses côtés, le regretté Rémi Laurent, que l'on avait adoré dans À nous les petites Anglaises, apporte toute sa fraîcheur et son charme au personnage de Laurent. Quant à Michel Galabru, il retrouve un de ces rôles excessifs qu'il affectionnait tant. Il en fait des tonnes, mais c'est précisément ce qui fonctionne avec son personnage.

Mais soyons honnêtes : La Cage aux Folles, c'est avant tout Michel Serrault. Quel immense acteur ! Son Zaza Napoli est tout simplement un des plus grands rôles de sa carrière, récompensé d'ailleurs par un César amplement mérité. Plus extravagante que son modèle revendiqué, Michou, beaucoup plus réservé dans la vie malgré son goût de la fête, sa Zaza oscille en permanence entre le burlesque et l'émotion. Serrault ne compose pas un simple personnage comique, il lui donne une humanité bouleversante.

Le personnage joué par Michel Serrault vaut à lui seul le détour. Ceci dit, uniquement se focaliser là-dessus serait faire injure au reste. Ce serait laisser de côté des répliques qui claquent bien comme il faut, ce serait laisser de côté bon nombre de séquences devenues cultes. Le beurrage des biscottes est un monument de comédie. Le dîner avec la famille de la future mariée reste une mécanique de précision où chaque regard, chaque mensonge et chaque catastrophe font monter le rire.

Le scénario est remarquablement construit, alternant quiproquos, satire sociale et dialogues ciselés. On rit énormément, mais jamais gratuitement. Derrière chaque gag se cache une critique d'une société qui préfère les apparences à la sincérité.

Le succès fut colossal : près de 24 millions de spectateurs à travers le monde, et, fait assez incroyable pour une comédie française de cette époque, son plus grand triomphe eut lieu... aux États-Unis !

Alors oui, le film accuse aujourd'hui le poids des années. Techniquement, il n'impressionne plus. Mais quand on possède un texte signé Jean Poiret, des répliques aussi brillantes, un personnage comme Zaza Napoli et un Michel Serrault au sommet de son art, le temps finit par devenir un détail.

Alors, pour Serrault, pour l'idée géniale de Jean Poiret, pour ses dialogues inoubliables et ses répliques cultes... entrons passer une soirée dans La Cage aux Folles.

NOTE : 15.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

vendredi 31 juillet 2026

7.80 -MON AVIS SUR LE FILM LA BOUCHE DU DIABLE DE JEFF WADLOW (2026)


 Avis sur le film La Bouche du Diable de Jeff Wadlow (2026) avec Kathryn Newton Gavin Casalegno Lana Condor Tommi Rose Nico Hiraga Tayme Tapthimthon


Il faut reconnaître une chose à Jeff Wadlow : l'idée de départ est excellente. Faire un film d'horreur dans des eaux vaseuses, au milieu de grottes interminables, de tunnels noyés et de couloirs aquatiques où l'on ne distingue jamais vraiment ce qui se cache à deux mètres devant soi, c'est un décor qui possède un vrai potentiel. Cette sensation d'étouffement, l'obscurité permanente, les parois qui se resserrent, l'impossibilité de remonter à la surface... tout cela offre naturellement de très belles images et une tension qui pourrait être permanente.

Pour compléter le tableau, on ajoute un groupe de jeunes explorateurs. Évidemment, ils sont tous beaux comme dans une publicité pour le dentifrice. De jolies filles, de beaux mecs, des corps sculptés qui passent leur temps à plonger dans une eau qui ferait hésiter un canard. Il faut reconnaître que le cinéma adore ce genre de casting : plus les jeunes sont séduisants, plus le spectateur attend de voir lequel servira de menu principal.

Et justement, voilà qu'arrive la vedette. Un requin. Dans une grotte. Pourquoi pas après tout ? Après tout, le cinéma nous a déjà vendu des serpents dans des avions, des crocodiles géants dans des lacs et des pieuvres sur des paquebots. Celui-ci semble surtout avoir raté le casting des Dents de la Mer et décide de venir se faire un déjeuner de jeunes croupes alléchantes au fond d'une caverne oubliée du monde.

Là où le film commence à prendre l'eau, c'est que le concept suffit rarement à faire un bon long métrage. Une bonne idée n'est qu'un point de départ. Encore faut-il la développer, construire une montée de tension, donner un peu d'épaisseur aux personnages et éviter de céder à la facilité.

Ici, on a surtout l'impression que le scénario fait le strict minimum. Le requin est sous amphet, il traverse les galeries à une vitesse improbable, surgit de partout, disparaît aussitôt, revient sans logique et semble avoir développé un GPS intégré capable de retrouver n'importe quel étudiant perdu dans un véritable labyrinthe souterrain. On ne sait plus très bien si l'on regarde un squale ou un missile téléguidé.

Quant aux personnages... difficile de s'y attacher. Ils passent leur temps à prendre les pires décisions possibles, comme si leur unique objectif était de faciliter le travail du prédateur. Ils ont trois lignes de dialogue chacun, incapables de les rendre plausibles, et l'on finit par attendre davantage la prochaine apparition du requin que leurs prochaines répliques. Ce ne sont plus des héros, ce sont du poisson pané en attente de cuisson.

Le film accumule alors les invraisemblances, les incohérences, les faux raccords et les raccourcis scénaristiques. Les personnages survivent quand le scénario l'exige, meurent quand il faut relancer l'action et retrouvent miraculeusement leur chemin dans un réseau de galeries où le commun des mortels tournerait en rond pendant trois semaines.

C'est dommage, parce que la photographie exploite plutôt bien cet univers oppressant. Certaines séquences sous-marines fonctionnent réellement, la lumière filtrant difficilement dans l'eau trouble crée quelques images réussies et l'idée d'être coincé sous terre avec un prédateur reste une peur très efficace.

Jeff Wadlow possédait donc un décor original, une vraie idée de cinéma et un terrain de jeu parfait pour construire un huis clos aquatique étouffant. Mais il préfère multiplier les attaques spectaculaires plutôt que le suspense, les réactions absurdes plutôt que des personnages crédibles, et les facilités plutôt qu'une véritable montée de la peur.

Au final, La Bouche du Diable ressemble à un concept prometteur abandonné en cours de route. On y trouve quelques bonnes séquences, un environnement rarement vu dans ce genre de production et un monstre qui ne manque pas d'appétit, mais tout cela reste noyé sous une avalanche de clichés.

Bref, un film bourré d'invraisemblances, d'incohérences, de faux raccords... mais qui peut parfaitement faire l'affaire un soir à minuit avec des potes, un pot de pop-corn...

NOTE : 7.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION