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vendredi 25 septembre 2026

12.20 - MON AVIS SUR LE FILM BASIL DETECTIVE PRIVE DE RON CLEMENTS (1986)


 Vu le Film d'Animation Basil Détective Privé de par Ron Clements, Burny Mattinson, David Michener et John Musker (1986)

d’après les romans d’Eve Titus et Paul Galdone, s’inspire bien évidemment du héros de Conan Doyle, l’intemporel Sherlock Holmes. Nous voici donc à Londres, mais dans un Londres peuplé de souris, où notre cher Basil, installé au 221B Baker Street, va devoir résoudre une affaire particulièrement difficile lorsqu’Olivia vient lui demander de retrouver son père, l’inventeur Hiram Flaversham, mystérieusement enlevé.

Basil va rapidement découvrir que derrière cette disparition se cache le professeur Ratigan, un méchant particulièrement ambitieux qui prépare un complot visant carrément la reine des souris. Notre détective, accompagné du docteur Dawson, son fidèle compagnon qui tient évidemment lieu de Watson, va donc se lancer dans une enquête qui va les conduire dans les rues de Londres, à la poursuite de Ratigan et de sa bande.

Évidemment, chez Disney, ce n’est pas aussi noir que chez Conan Doyle, même si l’univers de Sherlock Holmes est parfaitement reconnaissable avec le détective génial, son fidèle compagnon, les enquêtes, les déguisements, les mystères et le grand méchant qui semble toujours avoir plusieurs coups d’avance. Cela reste donc charmant à suivre, avec une jolie animation et tout un petit monde de personnages annexes plutôt sympathique, comme Disney sait si bien les fabriquer.

J’ai cependant été moins convaincu par les méchants, un peu trop stéréotypés à mon goût, même si le professeur Ratigan possède suffisamment de personnalité pour donner un peu de relief à l’ensemble. Basil reste évidemment le personnage le plus intéressant, cette petite souris qui se prend très au sérieux et qui possède suffisamment d’arrogance pour se croire à la hauteur de son illustre modèle humain.

Le film a également la bonne idée de ne pas nous bombarder de chansons toutes les cinq minutes, puisqu’il n’en compte que deux, ce qui est assez amusant pour un Disney de cette époque. Cela permet surtout à l’histoire de conserver son côté enquête et aventure sans transformer Baker Street en salle de spectacle.

La dernière partie autour de Big Ben apporte même une belle dose de spectacle et donne au film une conclusion beaucoup plus mouvementée, avec Basil et Ratigan qui vont finir par régler leurs comptes dans un décor particulièrement spectaculaire.

Basil, détective privé est donc un Disney sympathique, charmant et agréable à regarder, qui reprend avec malice l’univers de Sherlock Holmes en le transformant en enquête policière pour petites souris. Ce n’est certainement pas le meilleur Disney, loin de là, mais l’ensemble fonctionne suffisamment bien pour passer un bon moment avec Basil, Dawson et Olivia, même si Ratigan et ses comparses auraient peut-être mérité un peu moins de caricature.

Bref, Sherlock Holmes peut dormir tranquille : Basil ne lui vole pas la place, mais il lui emprunte quand même sacrément la casquette !

NOTE : 12.20

FICHE TECHNIQUE

6.10 - MON AVIS SUR LE TV FILM ORADOUR DE PIERRE AKNINE (2026)


 Vu le TVFilm  Oradour de Pierre Aknine (2026) avec Matt Pokora Caroline Anglade Chloé Stefani Martin Swabey Giulia Sagnier Théo Frilet Vincent Londez Clément Manuel Anne-Pascale Clairembourg


Il y a des sujets avec lesquels on peut prendre quelques libertés, et puis il y a Oradour-sur-Glane, où l’on devrait commencer par respecter l’Histoire avant de chercher à fabriquer une fiction. Et là, franchement, les producteurs, les auteurs et la chaîne devraient avoir honte de ce qu’ils ont fait de cet événement majeur de notre histoire.


Le 10 juin 1944, la division SS Das Reich massacre la population d’Oradour-sur-Glane : 642 personnes selon les sources historiques de référence, hommes, femmes et enfants, avant de piller et d’incendier le village. Le massacre est commis en quelques heures et son caractère arbitraire demeure encore aujourd’hui au cœur des interrogations historiques.


Mais pour Pierre Aknine et ses scénaristes, cela ne semble pas suffire. Il fallait donc parachuter près du village Philippe Gerbier, officier des Forces françaises libres interprété par Matt Pokora, lui faire diriger une mission secrète liée à la Résistance, puis retrouver sur place Marie, son amour de jeunesse, interprétée par Caroline Anglade, qui fuit avec sa fille un mari violent.


Et c’est là que les choses deviennent franchement gênantes, parce que cette invention scénaristique donne une tout autre couleur à l’événement. Oradour n’était pas un village engagé dans une action de Résistance qui aurait expliqué ou provoqué le massacre. Les sources historiques décrivent au contraire une population civile prise dans une opération de terreur de la Waffen-SS, alors que les raisons précises du choix d’Oradour restent discutées.


En faisant débarquer un officier de la France libre pour une mission clandestine et en reliant directement l’intrigue aux actions de la Résistance, le téléfilm donne donc au spectateur une explication romanesque qui peut laisser croire qu’Oradour n’aurait pas été choisi par hasard. Et là, on n’est plus simplement dans la licence artistique : on touche à la manière dont on transmet la mémoire d'un massacre.


Non, monsieur Pokora, ce n’est pas parce qu’on est passé par Oradour-sur-Glane qu’on devient automatiquement témoin, historien et spécialiste de l’un des plus grands massacres commis en France pendant la Seconde Guerre mondiale. On peut avoir découvert le sujet, avoir rencontré Robert Hébras, dernier survivant du massacre, et vouloir raconter cette histoire, mais encore faut-il laisser l’Histoire raconter ce qu’elle sait réellement.


Et puis il fallait évidemment ajouter une histoire d’amour. Parce qu’un massacre de 1944, manifestement, ce n’était pas assez dramatique. On ajoute donc Matt Pokora et son accent alsacien, une ancienne histoire d’amour, un mari violent, des retrouvailles, des fuites et tout un tas de rebondissements qui finissent par prendre tellement de place que le véritable drame passe presque au second plan.


Quel est le but ? Attirer la ménagère de plus de 35 ans ou les midinettes fans de Matt Pokora ? On est carrément dans le Titanic à Oradour, avec les violons en moins et les Waffen-SS en guise d’iceberg.


Le problème est justement là : à force de romancer, on dilue l’événement. Le spectateur doit attendre, suivre les personnages inventés, leurs problèmes sentimentaux et leurs aventures avant d’arriver au massacre. Or le véritable récit d’Oradour est suffisamment terrible sans avoir besoin d’un scénario de feuilleton pour lui donner du poids.


Le massacre est bien reconstitué, mais il se retrouve encadré par toute une mécanique de fiction : la mission secrète, la Résistance, le mari vichyste, la fuite, la romance et les retrouvailles. Pendant ce temps, les habitants réels d’Oradour, ceux qui vivaient là et qui furent massacrés, deviennent presque les figurants de leur propre histoire.


Et c’est peut-être ce qui me dérange le plus. Les quelques survivants du massacre, ceux dont les témoignages permettent justement de comprendre ce qui s’est passé, devraient être au centre de la mémoire. Le Centre de la mémoire rappelle que les témoignages des survivants et des témoins, confrontés aux archives et aux dépositions ultérieures, permettent de restituer le déroulement du massacre.


Ici, on préfère inventer un héros de cinéma et lui fabriquer une histoire d’amour.


Oradour n’avait pas besoin d’un héros fictif. Les victimes n’avaient pas besoin qu’on leur invente une intrigue. Et l’Histoire n’avait certainement pas besoin qu’on lui ajoute une romance pour devenir suffisamment intéressante.


On pouvait raconter la vie du village avant le 10 juin, montrer ses habitants, les réfugiés, les Alsaciens accueillis à Oradour, puis faire sentir progressivement cette journée qui allait transformer le village en lieu martyr. C’était largement suffisant, et surtout beaucoup plus respectueux de ceux qui ont disparu.


À l’arrivée, on obtient donc un téléfilm qui utilise le nom d’Oradour, ses ruines et son massacre comme décor historique d’une fiction sentimentale et résistante. Et quand une fiction finit par prendre le dessus sur la réalité historique qu’elle prétend raconter, il y a un sérieux problème.


Oradour-sur-Glane n’est pas un décor de cinéma. Ce sont des ruines conservées pour rappeler ce qui s’est passé le 10 juin 1944.


À vouloir faire du spectaculaire avec un massacre qui n’en avait absolument pas besoin, Pierre Aknine et ses scénaristes ont réussi une chose assez sidérante : transformer Oradour en Titanic à la française.


Sauf qu’à Oradour, il n’y avait ni Jack, ni Rose, ni histoire d’amour à sauver.


Il y avait des hommes, des femmes et des enfants.


Et ça, c’était l’Histoire.

NOTE : 6.10

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation : Pierre Aknine
  • Scénario : Sophie Lebarbier et Pierre Aknine[]
  • Musique : Clément Téry
  • Décors : Jennifer Chabaudie
  • Costumes : Gaelle Fierens
  • Photographie : Daniel Sauvé[]
  • Son : Philippe Vandendriessche
  • Montage : Thierry Rouden et Anne Saïac
  • Maquillage : Catherine Tilmant
  • Production : Stéphane Drouet et Thierry Saïd
  • Sociétés de production : Making Prod, M2THEP E

DISTRIBUTION

jeudi 24 septembre 2026

13.20 - MON AVIS SUR LE FILM LITTLE ASHES DE PAUL MORRISON (2009)


 Vu le film Little Ashes de Paul Morrison (2009) avec Robert Pattinson Javier Beltran Matthew McNulty Marina Gattel Bruno Oro Esther Nubiola Arly Jover Marc Pujol


Little Ashes de Paul Morrison est pour moi une véritable découverte, puisque je ne connaissais même pas l’existence de ce film avant de le voir. Comme quoi, après toutes ces années à fouiller dans le cinéma, il reste encore des bobines cachées quelque part. Et ici, ce n’est pas l’histoire qui m’a attiré puisque je ne la connaissais pas, mais justement cette rencontre assez improbable entre trois futurs artistes majeurs de l’Espagne.


Tout d’abord, on va oublier l’accent anglais et américain pour faire parler Buñuel et Dalí, deux des artistes espagnols les plus emblématiques du XXe siècle, dans une langue qui n’est évidemment pas la leur. Comme ils ne passent pas leur temps à réciter des dialogues à la chaîne, on finit par s’y faire. Le film nous emmène en 1922, à Madrid, où Salvador Dalí, Federico García Lorca et Luis Buñuel se rencontrent à la Residencia de Estudiantes, véritable foyer de jeunes esprits où vont se croiser trois talents qui ne vont pas tarder à laisser leur empreinte dans l’histoire de l’art et du cinéma.


On assiste donc, dans ces milieux aisés et universitaires, à la rencontre de deux poètes et artistes qui ont chacun leurs propres singularités, Federico García Lorca, interprété par Javier Beltrán, et Salvador Dalí, joué par Robert Pattinson, sous les yeux du futur réalisateur Luis Buñuel, interprété par Matthew McNulty. Comme on dit, drôle d’endroit pour une rencontre avec autant de talents au centimètre carré.


Une amitié va rapidement se transformer en quelque chose de plus compliqué lorsque Lorca s’amourache de Dalí, qui, lui, semble beaucoup plus angoissé par sa sexualité et finit par rejeter cette relation après avoir pourtant laissé s’installer des sentiments réciproques. Lorca cherche une proximité que Dalí n’est pas prêt à assumer, tandis que le personnage de Dalí est présenté comme quelqu’un de très particulier, partagé entre exhibitionnisme, obsession et voyeurisme. Le film s’intéresse surtout à cette relation et aux conséquences qu’elle aura sur leur trio, Buñuel finissant par prendre ses distances et partir vers Paris.


Mais au-delà des acteurs, ce sont surtout les personnages de Dalí, Buñuel et Lorca qui sont intéressants, parce que l’on connaît évidemment ce qu’ils deviendront et que le film nous permet de les regarder avant qu’ils ne deviennent les artistes que l’Histoire retiendra. Pattinson, lui, n’a pas bougé d’une ride en dix-huit ans et semble ne pas être encore complètement sorti de sa crise boutonneuse de Twilight, toujours aussi pâle, même si cela correspond finalement assez bien à un Dalí jeune et tourmenté.


Le plus intéressant reste pour moi Lorca, dont le destin sera autrement plus tragique. Le poète sera assassiné en 1936, au début de la guerre civile espagnole, et cette fin donne au film une dimension beaucoup plus sombre lorsque l’on connaît la suite de son histoire. Little Ashes suit justement cette jeunesse jusqu'à cette période où les trajectoires des trois hommes vont définitivement se séparer.


Le film est peut-être trop court pour parler avec suffisamment d’objectivité de trois personnages aussi extraordinaires. Il faudrait presque un film pour chacun, surtout lorsque l’on sait ce que Dalí, Buñuel et Lorca vont devenir. Morrison choisit surtout de raconter leur jeunesse et la relation particulière entre Dalí et Lorca, au risque de laisser Buñuel un peu en retrait.


Les extraits du Chien andalou, réalisé plus tard par Buñuel avec Dalí, apportent heureusement une autre dimension au récit et donnent une vision plus concrète de la connexion artistique qui existait entre eux. C’est d’ailleurs l’un des moments où l’on se dit que la réalité de ces trois personnages est presque plus incroyable que le scénario du film.


Alors, ce n’est certainement pas un film parfait et il aurait mérité davantage de temps pour développer ces trois destins hors normes, mais pour quelqu’un comme moi qui ne connaissait même pas son existence, la découverte est intéressante. Et si Little Ashes peut permettre à une nouvelle génération de découvrir Federico García Lorca, Salvador Dalí et Luis Buñuel avant qu’ils ne deviennent les monuments que l’on connaît, ce n’est déjà pas si mal.


Une découverte donc, avec ses qualités et ses limites, mais surtout la curiosité de voir réunis dans leur jeunesse trois artistes qui, chacun dans leur domaine, allaient faire parler d’eux bien longtemps après leur passage sur les bancs de cette université madrilène. 


Et rien que pour ça, cette petite cendre-là méritait bien qu’on souffle dessus.


NOTE : 13.20

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

  • Robert Pattinson : Salvador Dalí
  • Javier Beltrán : Federico García Lorca
  • Matthew McNulty : Luis Buñuel
  • Marina Gatell : Magdalena
  • Bruno Oro : Paco
  • Esther Nubiola : Adela
  • Marc Pujol : Carlos
  • Arly Jover : Gala
  • Simón Andreu : Fernando del Valle
  • Vicky Peña : La tante de Magdalena
  • Rubén Arroyo : Rafael
  • Diana Gómez : Ana María
  • Pep Sais : Professeur d'art
  • Joan Picó : Jeune agent de police
  • Ferran Audí : Garde 1
  • Adría Allué : Garde 2
  • Ferran Lahoz : Señor Milagro
  • Cristian Rodrigo : Jeune journaliste
  • Sue Flack : Madame
  • Adrian Devant : Marionnettiste
  • Ramón Enrich : Professeur
  • Xavi Siles : Homme 1
  • Philippa Goslett, Hannah Rũtzou : Les sœurs de Federico
  • Paco Alonso : Chanteur gitan

12.70 - MON AVIS SUR LE FILM L'AMOUR EN FUITE DE FRANCOIS TRUFFAUT (1979)


 Vu le film L'Amour en Fuite de François Truffaut (1979) Jean Pierre Leaud Dorothée Marie France Pisier Claude Jade Dani Dnaiel Mesguich Julien Bertheau Julien Dubois Richard Berry


L’Amour en fuite de François Truffaut, c’est à quoi peut tenir un échec pour un réalisateur comme lui ? Après La Chambre verte, qui n’a pas rencontré le succès espéré, Truffaut doit renflouer sa société de production et décide de reprendre pour la cinquième et dernière fois le personnage qui l’a rendu célèbre, Antoine Doinel, avec évidemment son acteur fétiche Jean-Pierre Léaud, qui n’a plus 14 ans mais qui pense toujours autant aux femmes.

Pour ce dernier opus, Truffaut ne se fait pas vraiment exploser la cervelle pour écrire un scénario. Il prend un peu à la manière de Lelouch, pour ses flashbacks, des extraits connus ou nouveaux des précédents films de la saga, afin de nous rappeler les aventures sentimentales de Doinel, dont la principale préoccupation semble avoir toujours été les filles. Il retrouve ainsi Colette, interprétée par une Marie-France Pisier lumineuse, Christine, avec laquelle il est désormais en instance de divorce, jouée par Claude Jade, mais aussi Sabine, sa nouvelle compagne interprétée par Dorothée, et quelques souvenirs de ses anciennes aventures qui viennent compléter le tableau.

Doinel, c’est un peu une chanson d’Aznavour : les amies, les amours et les emmerdes, sauf que lui arrive à cumuler les trois avec une régularité presque professionnelle. Toujours incapable de rester tranquille lorsqu’une jolie femme passe à proximité, il traverse cette dernière aventure sentimentale comme il a traversé les précédentes, en courant après l’amour tout en réussissant généralement à le faire fuir.

Pas vraiment inspiré, Truffaut exploite à fond l’image de Doinel et Jean-Pierre Léaud semble s’en amuser. Il joue, il surjoue parfois, il ne joue plus vraiment comme le garçon capricieux que nous avions découvert onze ans plus tôt, mais on reste sous le charme de ce personnage qui semble avoir grandi sans avoir complètement quitté le gamin de 14 ans qu’il était dans Les Quatre Cents Coups.

Et derrière Doinel, il est difficile de ne pas voir François Truffaut lui-même, comme si le personnage était devenu son double cinématographique, avec ses hésitations, ses obsessions amoureuses, ses maladresses et cette manière de toujours chercher ailleurs ce qu’il pourrait peut-être trouver devant lui. Jean-Pierre Léaud est une nouvelle fois charmant et agaçant à la fois, exactement comme son personnage le permet.

La présence de Marie-France Pisier apporte beaucoup au film, avec une Colette lumineuse qui donne aux retrouvailles avec Doinel une vraie saveur nostalgique. Claude Jade et Dorothée complètent cette ronde sentimentale autour d’un homme qui semble condamné à courir après l’amour sans jamais réussir à lui mettre définitivement la main dessus.

Alors, L’Amour en fuite n’est certainement pas le meilleur épisode de la saga Doinel et l’utilisation abondante des images des films précédents donne parfois l’impression que Truffaut ouvre les tiroirs de ses souvenirs pour fabriquer son dernier chapitre. Mais il y a quelque chose de touchant à retrouver ce personnage après toutes ces années et à le voir vieillir avec nous, même s’il continue à se comporter comme s’il avait encore 14 ans dès qu’une femme apparaît dans son champ de vision.

Un Léaud toujours aussi attachant, une Marie-France Pisier lumineuse, quelques retrouvailles avec des personnages que l’on avait appris à connaître et surtout cette sensation de refermer définitivement un album de souvenirs. Et le titre, qui reprend celui de la chanson d’Alain Souchon, résume finalement assez bien cette dernière escapade sentimentale de Doinel :

« On s’quitte et y a rien qu’on explique, C’est l’amour en fuite, l’amour en fuite. »

Une jolie façon de tirer le rideau sur Antoine Doinel, ce garçon devenu homme qui aura passé sa vie à courir après les femmes, l’amour et probablement lui-même

NOTE : 12.70

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

  • Richard Berry : acteur (non crédité)
  • Gilbert Dagneau : le conducteur des Wagons-Lits (non crédité)
  • André Dussollier : héros du film Une belle fille comme moi (non crédité)
  • Richard Kanayan : client du magasin de musique (non crédité)
  • Anne Kreis : héroïne de film au cinéma (non créditée)