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lundi 28 septembre 2026

13.90 - MON AVIS SUR LE FILM UNABOMBER DE JANUS METZ PEDERSEN (2026)

 


Vu le Film Unabomber de Janus Metz Pedersen (2026) avec Jacob Tremblay Russel Crowe Shailene Woodley Annabelle Wallis Steven Ogg Alexander Ludwig Alexander Ludwig Matthew Kevin Anderson


Unabomber est un film qui raconte la jeunesse et la traque de Theodore Kaczynski, l’un des hommes les plus recherchés des États-Unis pendant près de deux décennies. Entre 1978 et 1995, ses attentats à la bombe feront trois morts et vingt-trois blessés avant son arrestation en 1996.

Pedersen ne cherche pas vraiment à expliquer le comment du pourquoi de la transformation de Kaczynski en Unabomber, et certains le regretteront certainement. Pour cela, il aurait sans doute fallu une série plutôt qu’un film de 97 minutes. Il choisit de raconter deux périodes de sa vie qui vont progressivement se rejoindre : le jeune prodige de Harvard et, des années plus tard, l’homme traqué par le FBI.

Le jeune Theodore Kaczynski est un adolescent d’une intelligence remarquable, entré à Harvard à seulement 16 ans, mais totalement introverti et peu à l’aise avec les autres. Il va participer à une étude menée par le professeur Henry Murray, interprété par Russell Crowe, autour de la personnalité et du stress. Les expériences auxquelles il est soumis, notamment les débats et interrogatoires répétés destinés à mettre ses convictions à rude épreuve, vont profondément le marquer. Le film montre alors la naissance d’une révolte chez ce jeune homme qui commence à voir derrière le progrès scientifique une forme de manipulation de l’individu.

Dans cette partie de sa jeunesse, Theodore est joué par le génial Jacob Tremblay, que j’avais déjà remarqué dans Room et Ma vie avec John F. Donovan. J’attendais de voir comment un acteur aussi jeune allait faire progresser un personnage aussi complexe et la réponse est plutôt convaincante. À une vingtaine d’années, Tremblay montre une véritable capacité d’explosivité tout en gardant cette introversion indispensable au personnage. Il ne joue pas simplement un génie asocial, il montre progressivement un garçon qui se referme sur lui-même et dont les certitudes vont devenir de plus en plus radicales.

Après avoir obtenu son doctorat et enseigné les mathématiques à Berkeley, Kaczynski abandonne finalement cette vie et part vivre dans une cabane au Montana, où il mène une existence solitaire. Il ne s’installe pourtant pas dans les bois pour contempler les écureuils : il commence à fabriquer des bombes et à les envoyer à travers les États-Unis à des cibles qu’il choisit en fonction de ce qu’elles représentent pour lui. Pendant dix-sept ans, le FBI va chercher à identifier cet homme qui semble ne laisser presque aucune trace.

Et c’est là que le film passe de la jeunesse de Kaczynski à la gigantesque traque policière menée pour retrouver l’Unabomber. Une enquête qui va durer près de deux décennies et mobiliser des centaines d’enquêteurs avant que ses propres écrits ne finissent par conduire les autorités jusqu’à lui. Son frère David reconnaîtra certains éléments de son écriture dans le manifeste publié en 1995 et transmettra des documents au FBI, permettant finalement de faire le rapprochement. Kaczynski sera arrêté dans sa cabane du Montana le 3 avril 1996.

Le film entretient donc un parallèle intéressant entre le jeune homme qui commence à rejeter une société qu’il considère comme manipulatrice et l’ermite qui finira par transformer cette révolte en une véritable croisade personnelle contre le monde moderne. Et forcément, avec le progrès de l’intelligence artificielle aujourd’hui, on peut se demander ce que notre pauvre Theodore penserait de notre époque. Avec l’IA partout, il serait probablement déjà sur les barricades de la révolution numérique, avec sa machine à écrire sous le bras !

Janus Metz Pedersen choisit cependant de ne pas entrer dans tous les détails de la justice, de la psychologie de Kaczynski ou des innombrables étapes de l’enquête. C’est à la fois la force et la limite du film. Il évite de transformer l’Unabomber en sujet de documentaire encyclopédique, mais il laisse forcément le spectateur avec l’envie d’en savoir davantage sur certains aspects de cette histoire hors normes.

Russell Crowe, dans le rôle du professeur Henry Murray, apporte une présence solide à la partie consacrée à Harvard, même si le personnage reste davantage un élément de la trajectoire de Kaczynski qu’un véritable protagoniste. Shailene Woodley, dans le rôle de l’agente du FBI Joanne Miller, sert quant à elle de point d’entrée dans la traque et dans les interrogations autour de l’identité de l’Unabomber.

J’ai bien aimé ce film, même si j’aurais certainement voulu en savoir davantage, que ce soit sur la justice, sur la traque ou sur la psychologie de Ted Kaczynski. Mais il faut aussi accepter le choix du réalisateur : il ne prétend pas raconter toute l’affaire, il en sélectionne les moments qui lui permettent de montrer comment un jeune prodige de Harvard a progressivement basculé vers une existence d’ermite puis vers une violence meurtrière.

Unabomber reste donc un film intéressant parce qu’il raconte moins la folie d’un homme qu’une trajectoire de radicalisation, sans chercher à tout justifier ni à tout expliquer. Et finalement, on en ressort avec l’envie d’en savoir plus, ce qui est peut-être le principal défaut du film mais aussi la preuve que son sujet avait largement de quoi remplir une série entière. Ici, en 97 minutes, Pedersen nous donne le parcours, la traque et l’arrestation ; pour le reste, il faudra aller fouiller ailleurs.

NOTE : 13.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Janus Metz Pedersen
  • Scénario : Sam Chalsen et Nelson Greaves
  • Musique : Marco Beltrami
  • Direction artistique : Mathieu Giguère
  • Décors : Suzanne Cloutier
  • Costumes : Véronique Marchessault
  • Photographie : N/A
  • Montage : Zach Staenberg
  • Production : Sophie Cassidy
Producteurs délégués : Sam Chalsen, Nelson Greaves et Donald J. Lee Jr.
  • Sociétés de production : 2.0 Entertainment et MRC
  • Société de distribution : Netflix

DISTRIBUTION

7.50 - MON AVIS SUR LE FILM L'AFFAIRE ZANETTI (ELISA) DE LEONARDO DI CONSTANZO (2026)


 Vu L’Affaire Zanetti (Elisa) de Leonardo Di Costanzo (2026) avec Barbara Ronchi, Roschdy Zem, Hippolyte Girardot, Valeria Golino et Diego Ribon.


Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Leonardo qu’on a automatiquement le don d’artiste, il faut aussi travailler son sujet, et j’ai malheureusement eu l’impression que Di Costanzo n’avait pas suffisamment travaillé le sien en restant dans les tribunaux et les couloirs de palais au lieu de nous faire véritablement entrer dans cette histoire.

Les films de procès et les histoires judiciaires sont très à la mode depuis quelques années, mais encore faut-il avoir quelque chose à raconter et surtout savoir comment le raconter. Ici, tout repose sur l’oubli. Elisa Zanetti, interprétée par Barbara Ronchi, a été condamnée pour le meurtre de sa sœur et affirme, dix ans après les faits, ne presque plus se souvenir de ce qui s’est passé. Le professeur Alaoui, criminologue interprété par Roschdy Zem, reprend alors son dossier et engage avec elle un long travail pour tenter de faire ressurgir les souvenirs enfouis et comprendre ce qui s’est réellement passé.

Sur le papier, l’idée est intéressante, car il y avait matière à faire un véritable film autour de la mémoire, du crime, de la culpabilité et de cette fameuse zone grise entre ce que l’on sait, ce que l’on croit savoir et ce que l’on refuse peut-être de se rappeler. Le problème est que le film tourne autour de son sujet comme une toupie sans réellement aller au fond des choses. On discute, on revient sur les mêmes éléments, on cherche dans les souvenirs d’Elisa, on avance de quelques centimètres avant de recommencer, et au bout de 105 minutes, j’ai surtout eu l’impression d’avoir assisté à une longue conversation qui aurait pu être beaucoup plus courte.

Barbara Ronchi fait pourtant le travail dans le rôle d’Elisa, personnage difficile à interpréter puisqu’il faut constamment maintenir le doute sur ce qu’elle sait réellement, ce qu’elle a oublié et ce qu’elle pourrait éventuellement manipuler. Roschdy Zem est également solide dans le rôle d’Alaoui, ce criminologue qui cherche moins à juger Elisa qu’à comprendre les mécanismes qui l’ont conduite au crime. Hippolyte Girardot, Valeria Golino et Diego Ribon complètent efficacement la distribution.

Mais même avec de bons comédiens, il faut que la mise en scène et le scénario suivent, et c’est là que le bât blesse. Di Costanzo semble tellement vouloir installer son dispositif psychologique qu’il finit par oublier qu’un film doit aussi avancer. L’oubli d’Elisa aurait pu devenir un formidable moteur dramatique, nous faire douter avec elle et nous interroger sur ce qui s’est réellement produit, mais le film préfère multiplier les discussions plutôt que d’affronter franchement les raisons de cet oubli. Est-ce un mécanisme de défense ? Une conséquence du traumatisme ? Une manière de se protéger ? Ou une manipulation orchestrée par Zanetti ? C’est précisément là que j’aurais aimé que le film creuse davantage.

On comprend l’ambition, mais l’ambition ne suffit pas. Sur le fond, c’est une histoire intéressante, mais sur la forme, c’est lent, c’est long, c’est ennuyeux, donc forcément ça finit par peser lourd. Le fond et la forme, c’est justement le problème du cinéma actuellement : n’est pas Sydney Lumet et André Cayatte qui veut. Faire un film autour d’un crime, d’un procès ou d’une enquête psychologique ne dispense pas de construire un véritable récit avec du rythme, de la tension et surtout quelque chose à nous apprendre sur les personnages.

On nous demande finalement de rester pendant près de deux heures dans la tête d’une femme qui ne veut ou ne peut pas se souvenir, mais le réalisateur ne parvient jamais à transformer cette idée en véritable suspense. Le spectateur attend le moment où le film va enfin nous faire comprendre pourquoi Elisa a oublié, ou peut-être pourquoi elle prétend avoir oublié, et lorsque le générique arrive, on se demande surtout si tout ce chemin était vraiment nécessaire.

Tout ça pour ça.

NOTE : 7.50

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

samedi 26 septembre 2026

14.00 - MON AVIS SUR LE FILM LES CANONS DE NAVARONNE DE JACK LEE THOMPSON (1961)


 Vu le Film Les Canons de Navaronne de Jack Lee Thompson (1961) avec Grégory Peck Irène Papas Anthony Quinn Anthony Quayle David Niven Stanley Baker James Darren Gia Scala James Robertson Justice


Vu Les Canons de Navarone de J. Lee Thompson, un film que j’avais découvert dans une salle de quartier dans ma jeunesse, trop jeune pour l’avoir vu à sa sortie. C’est exactement le genre de film qui nous fait aimer le cinéma, celui qui vous embarque dès les premières images et vous donne envie de croire pendant deux heures que l’aventure existe encore.


Et il faut dire qu’à l’époque, le casting avait de quoi faire rêver : Gregory Peck, Anthony Quinn, David Niven, Irene Papas, accompagnés de seconds rôles particulièrement efficaces. Du beau monde devant la caméra, avec des personnalités qui n’avaient pas besoin d’effets numériques pour remplir l’écran. Le film est adapté du roman d’Alistair MacLean et nous entraîne en 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, dans une mission presque impossible au cœur de la mer Égée.


L’armée allemande tient le détroit de Navarone grâce à deux énormes canons installés dans une forteresse pratiquement imprenable, capables de contrôler le passage maritime et d’empêcher une flotte alliée de venir évacuer des milliers de soldats britanniques bloqués sur une île. Il faut donc envoyer un petit groupe d’hommes pour détruire ces fameux canons. Une mission confiée à un commando composé de soldats britanniques et grecs, avec à sa tête le capitaine Keith Mallory, interprété par Gregory Peck, ancien alpiniste devenu officier.


À ses côtés, le caporal Miller, joué par David Niven, spécialiste des explosifs, le redoutable Andrea Stavros incarné par Anthony Quinn, ainsi que le colonel Andrea, le lieutenant Groves et Maria, interprétée par Irene Papas. Chacun possède son caractère, ses compétences et surtout ses blessures, et c’est cette complémentarité qui donne au groupe toute sa force.


Car la mission est loin d’être une simple promenade touristique dans les îles grecques. Il faut débarquer clandestinement, escalader des falaises, échapper aux soldats allemands, affronter les trahisons et les désaccords au sein même du commando avant de parvenir jusqu’à la forteresse où se trouvent les canons.


Et c’est passionnant de bout en bout. À l’époque, le spectacle est égal à l’héroïsme. On ne disposait pas des effets numériques d’aujourd’hui, alors on faisait avec des décors, des maquettes, des cascades et surtout avec des acteurs qui donnaient une véritable présence humaine à cette aventure. Et forcément, en 2026, certains effets visuels ont sacrément vieilli. Mais ce n’est pas grave.


Il faut parfois garder nos yeux d’enfants et regarder le spectacle pour ce qu’il est, sans demander à un film de 1961 de rivaliser avec les ordinateurs d’aujourd’hui. Sinon, autant reprocher à une locomotive à vapeur de ne pas aller aussi vite qu’un TGV.


Et puis il y a cette formidable galerie de personnages, avec Gregory Peck en chef de commando, élégant et déterminé, David Niven qui apporte son humour et son flegme britannique, et Anthony Quinn qui semble avoir été fabriqué spécialement pour jouer les hommes capables de vous faire passer un mur à coups de poing. Irene Papas apporte quant à elle une présence exceptionnelle et une véritable dimension dramatique à cette aventure.


J. Lee Thompson signe un grand film d’aventures et de guerre, généreux, spectaculaire et terriblement efficace, qui sait prendre son temps pour installer ses personnages avant de les jeter dans l’action. On s’attache à cette équipe parce que le film nous laisse le temps de la connaître, et chaque danger rencontré prend alors une véritable importance.


Aujourd’hui, certains effets peuvent prêter à sourire, mais l’aventure, elle, n’a pas pris une ride. Les Canons de Navarone appartient à cette époque où Hollywood savait encore fabriquer de grandes histoires avec des hommes, des décors, quelques explosions et beaucoup d’imagination.


C’est aussi pour cela que ce film me rappelle pourquoi j’aime le cinéma. Celui qu’on découvrait dans une salle de quartier, avec des yeux émerveillés, sans se demander combien de millions avaient été dépensés en effets numériques. On venait voir une histoire, des acteurs et du spectacle, et quand le rideau se refermait, on avait passé un grand moment.


Alors oui, les canons ont peut-être un peu vieilli, mais le film, lui, continue de tirer à boulets rouges sur notre nostalgie. Et cette prise de guerre-là, je la regarde encore avec mes yeux d’enfant.

NOTE : 14.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION