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lundi 17 août 2026

13.20 - MON AVIS SUR LE FILM HELP ! DE RICHARD LESTER (1965)

 


Vu le Film Help ! de Richard Lester (1965) avec Paul McCartney John Lennon George Harrison Ringo Starr Leo McKern Eleaono Bron Victor Spinetti Roy Kinnear ALfie Bass


Richard Lester est décidément un drôle de bonhomme derrière une caméra : un réalisateur capable de passer d’un film à l’autre sans jamais donner l’impression de refaire deux fois la même cuisine. Dans les années 60 et 70, son parcours est un joyeux foutoir cinématographique où l’on trouve de tout, et c’est finalement assez logique qu’il ait rencontré quatre garçons qui, à cette époque, mettaient eux aussi le monde sens dessus dessous 


Nous sommes en pleine Beatlemania, ce phénomène complètement dingue où quatre musiciens de Liverpool ne pouvaient pratiquement plus mettre un pied dehors sans déclencher une émeute de fans, surtout féminines, prêtes à escalader les murs pour apercevoir John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr.


Après A Hard Day’s Night, Lester remet donc le couvert avec Help ! et décide de ne surtout pas raconter la vie des Beatles comme un biopic sérieux : pourquoi faire simple quand on peut mettre une secte, une bague sacrée, des pièges, des savants complètement allumés, des poursuites et quatre musiciens qui passent leur temps à essayer de comprendre dans quel bordel ils sont tombés ?


Cette fameuse bague, justement, est au doigt de Ringo, ce qui n’arrange évidemment pas les affaires de la secte dirigée par Clang, incarné par Leo McKern, qui veut récupérer l’objet pour accomplir son rituel.


Le problème, c’est que Ringo n’a aucune envie de se faire découper en rondelles pour les beaux yeux d’une religion exotique et que ses trois copains vont naturellement l’aider à fuir.


Eleanor Bron, en Ahme, apporte au milieu de cette pagaille une présence aussi élégante que décalée, tandis que Leo McKern, Victor Spinetti et Roy Kinnear participent avec délectation à cette galerie de personnages qui semblent tous avoir oublié de prendre leurs médicaments avant de venir sur le plateau.


Et c’est justement là que Lester fait merveille : il transforme les Beatles en personnages de bande dessinée, les plonge dans une aventure qui part dans toutes les directions et refuse soigneusement de chercher une quelconque logique là où il n’y en a pas.


Nos quatre garçons traversent donc le film comme quatre copains en vacances qui auraient été poursuivis par une secte sans avoir vraiment compris pourquoi.


Ils courent, se cachent, se déguisent, échappent à des pièges et se retrouvent embarqués dans des situations qui annoncent par moments l’humour absurde des Monty Python, avec parfois un petit parfum de Benny Hill et déjà quelque chose qui fera penser beaucoup plus tard à Austin Powers ou au fameux inspecteur Clouseau.


Le scénario est éparpillé aux quatre coins de la salle, mais franchement, qui s’en soucie ?


On ne vient pas voir Help ! pour son architecture scénaristique au cordeau, on vient voir quatre types qui s’appellent John, Paul, George et Ringo et qui, entre deux chansons, mettent un joyeux bordel dans le cinéma.


Et les chansons, parlons-en : sept morceaux des Beatles viennent rythmer le film, dont Help !, Ticket to Ride, You've Got to Hide Your Love Away, The Night Before, Another Girl, I Need You et You're Going to Lose That Girl.


Rien que ça, et on comprend rapidement que l’histoire sert surtout de gigantesque manège autour du groupe.


Les Beatles font les acteurs, enfin… acteur est peut-être un grand mot, mais ils ont un charme naturel qui suffit largement à faire fonctionner la machine.


John Lennon joue les pince-sans-rire, Paul McCartney le beau gosse tranquille, George Harrison reste le plus discret du quatuor et Ringo, comme souvent, récupère une bonne partie des situations comiques.


Ils ne sont pas Laurence Olivier, mais on ne leur demande surtout pas de l’être.


Lester exploite leurs personnalités, leurs mimiques, leur complicité et surtout leur incroyable capacité à avoir l’air de s’amuser en permanence.


Help ! est donc moins une véritable comédie d’aventures qu’un immense terrain de jeu pour les Beatles.


Un film pop, coloré, complètement déjanté, qui fonctionne davantage à l’énergie qu’à la cohérence.


Et c’est précisément ce qui fait son charme.


On passe d’une chanson à une poursuite, d’une poursuite à une secte, de la secte à un piège, du piège à une nouvelle chanson et ainsi de suite.


Le spectateur n’a pas vraiment le temps de demander où l’on va : il est déjà arrivé ailleurs.


Richard Lester avait compris une chose essentielle : les Beatles n’avaient pas besoin qu’on leur construise un personnage, ils étaient déjà des personnages.


Il suffisait de les lâcher dans le décor et de regarder ce qui allait exploser.


Et ça tombe bien, parce qu’avec ces quatre-là, ça explose pratiquement à chaque coin de rue.


Help ! n’est certainement pas le film le plus construit de Richard Lester, mais il est probablement l’un des plus représentatifs de cette époque où la musique, le cinéma, l’humour anglais et la folie populaire se mélangeaient dans un joyeux shaker.


Un film qui ne prétend jamais être autre chose qu’un immense amusement autour des Beatles.


Et finalement, entre une bague sacrée au doigt de Ringo, une secte qui court après lui, des pièges dignes de Clouseau et sept chansons qui font le bonheur des oreilles, il ne reste qu’une seule chose à faire :


s’asseoir, monter le son et regarder quatre garçons dans le vent mettre le cinéma sens dessus dessous.


Ah oui… au fait, ces quatre garçons sont les BEATLES !


NOTE : 13.20

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

mercredi 15 juillet 2026

15.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE KID DE CINCINNATI DE NORMAN JEWISON (1965)

 


Vu le Film Le Kid de Cincinnati de Norman Jewison (1965) avec Steve McQueen Edward G.Robinson Tuessay Weld Kark Malden Ann Margret Rip Thorn Cab Calloway Joan Blondel Jack Weston


La carte est-elle un sport ? La question peut prêter à sourire, mais devant Le Kid de Cincinnati, on finit par se dire que oui. Un sport où l'on ne court pas, où l'on ne saute pas, mais où chaque battement de cœur, chaque goutte de sueur et chaque regard valent un sprint de cent mètres. Norman Jewison transforme une simple table de poker en véritable arène.

Eric Stoner, surnommé le Kid de Cincinnati, incarné par un Steve McQueen au sommet de son charisme, ne rêve que d'une chose : devenir le meilleur joueur du monde. Mais pour être champion, il faut battre le champion. Et ce champion s'appelle Lancey Howard, magistralement interprété par Edward G. Robinson, véritable maître en la matière. La première leçon du film est limpide : ne jamais croire qu'on est arrivé avant même d'avoir joué.

Le Kid est finalement le cousin de L'Arnaqueur de Robert Rossen. Comme Eddie Felson, Stoner est persuadé que son talent lui ouvrira toutes les portes. Et comme Eddie, il découvre que le talent ne suffit pas toujours.

Au début, Stoner gagne grâce aux combines du distributeur de cartes incarné par Karl Malden. La triche simplifie beaucoup de choses quand les cartes semblent toujours vouloir vous sourire. Mais face à Howard, il refuse cette facilité. Cette fois, il veut gagner seul, honnêtement. Et là, comme on dit, la main passe.

Le poker pratiqué est le Stud à cinq cartes, au point que beaucoup le surnommeront ensuite le « Cincinnati Kid ». Jewison filme ces parties comme d'autres mettraient en scène une course automobile ou un duel au revolver.

Les parties deviennent passionnantes. Les tendons des jambes se crispent. La sueur suinte sur la peau. Le cœur — surtout celui d'Howard — donne des signes de fatigue. Chaque carte retournée ressemble à une balle tirée dans un western.

Le réalisateur comprend parfaitement que le suspense ne naît pas uniquement des grands événements, mais des petits détails. Une hésitation. Une respiration. Un regard. Une main qui tremble imperceptiblement.

Comme dans une partie d'échecs, tous les coups sont permis… à condition d'être le premier à les jouer.

Steve McQueen est tout simplement fascinant. Pas un cil ne bouge. Pas une mèche de cheveux ne dépasse. Il reste impassible, sûr de lui, presque arrogant, avec cette présence naturelle qui faisait de lui une star unique. Il possède cette faculté incroyable d'occuper l'écran sans jamais en faire trop.

Et soyons honnêtes : McQueen est exactement l'acteur qu'on a envie de voir dans un film pareil. Parce que regarder une partie de poker au cinéma, c'est un peu comme regarder un match de foot sans but. Heureusement, il y a Steve McQueen. Et pour ceux que cela intéresse, il y a aussi la beauté de Tuesday Weld et d'Ann-Margret qui viennent illuminer l'écran.

Face à lui se dresse un monument : Edward G. Robinson. Une légende du cinéma. Son Lancey Howard est extraordinaire de retenue. L'homme semble au bord de l'épuisement, son cœur paraît prêt à lâcher, mais ses neurones continuent de fonctionner comme une mécanique de précision. Chaque décision est pesée, chaque geste calculé.

Le duel entre Robinson et McQueen dépasse largement le simple poker. C'est l'affrontement de deux générations, de deux philosophies, de l'expérience contre l'ambition.

Norman Jewison ne cherche jamais les effets inutiles. Il laisse le silence, les regards et les cartes construire une tension presque insoutenable. Peu de réalisateurs auraient réussi à rendre aussi captivant un film où l'essentiel consiste à distribuer des cartes et attendre.

Bien sûr, l'issue paraît écrite d'avance. En même temps, soit il perd, soit il gagne. Difficile d'imaginer une troisième solution.

Et pourtant…

Il y a ce doute permanent qui s'installe. Même lorsque l'on croit savoir comment tout cela va finir, Jewison réussit le tour de force de nous faire hésiter jusqu'à la dernière carte. Et instaurer le doute chez le spectateur, voilà sans doute la plus belle victoire d'un cinéaste.

La confrontation finale est un immense moment de cinéma, aussi intelligent qu'anxiogène. On vérifie presque sa propre main en même temps que les joueurs.

Le Kid de Cincinnati est bien plus qu'un film sur le poker. C'est un film sur l'orgueil, l'apprentissage, le respect de l'adversaire et la quête de l'excellence. Un film où chaque carte devient un morceau de destin et où chaque silence fait davantage de bruit qu'un coup de feu.

Norman Jewison signe ici une œuvre d'une élégance rare, portée par un Steve McQueen magnétique et un Edward G. Robinson impérial. Une partie de poker qui se transforme en véritable duel de western, en combat psychologique et en magnifique leçon de cinéma. Une main mémorable… et un film qui ne se couche jamais.

NOTE : 15.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

samedi 27 juin 2026

14.80 - MON AVIS SUR LE FILM GOLDFINGER DE GUY HGAMILTON (1965)


 Vu le film Goldfinger de Guy Hamilton (1965) avec Sean Connery Honor Bkackman Gert Froebe Shireley Eaton Tania Maillet Harold Sakata Bernard Lee Lois Maxwell Desmond Llewelyn


L'agent secret 007 est chargé d'enquêter sur les revenus d'Auric Goldfinger. La banque d'Angleterre a découvert qu'il entreposait d'énormes quantités d'or, mais s'inquiète de ne pas savoir dans quel but. Quelques verres, parties de golf, poursuites et autres aventures galantes plus loin, James Bond découvre en réalité les préparatifs du « crime du siècle ».

Il y a des grands films. Il y a des films cultes. Et puis il y a ceux qui redéfinissent à eux seuls un personnage, un genre et même une mythologie. Goldfinger de Guy Hamilton appartient à cette catégorie rarissime. Plus qu'un troisième épisode des aventures de James Bond, c'est le film qui grave définitivement l'agent 007 dans le marbre... ou plutôt dans l'or.

Pour moi, c'est tout simplement l'un de mes Bond préférés. Déjà parce qu'il est porté par le meilleur des James Bond : Sean Connery. Charismatique comme personne, élégant sans être prétentieux, brutal quand il le faut, ironique à chaque réplique, séduisant sans jamais perdre son assurance. Il est Bond. Les autres l'ont interprété, lui l'a incarné.

Dès les premières minutes, Guy Hamilton impose un rythme parfait. L'intrigue est intelligente, jamais confuse, alternant espionnage, suspense et action avec une fluidité remarquable. Chaque scène fait avancer le récit, chaque dialogue possède son importance et le spectateur est embarqué dans une aventure qui ne relâche jamais son emprise.

Face à Bond, il fallait un adversaire à sa hauteur. Et quel adversaire ! Gert Fröbe compose un Goldfinger monumental. Un méchant... en or. Pas simplement un criminel mégalomane, mais un homme obsédé par le métal précieux au point d'en faire une véritable religion. Son calme apparent, sa suffisance et son intelligence en font l'un des plus grands vilains de toute la saga.

Et que dire des James Bond Girls ? Ici encore, c'est de l'or massif. Sensuelles, élégantes, inoubliables, elles participent pleinement au charme du film, où la séduction devient une arme aussi redoutable qu'un Walther PPK.

Mais Goldfinger, c'est surtout une accumulation de moments devenus mythiques. Le laser qui s'approche lentement de Bond reste l'une des scènes les plus célèbres de l'histoire du cinéma. La réponse légendaire de Bond lorsqu'il demande s'il peut espérer être épargné est entrée dans la culture populaire. Tout fonctionne, parce que la tension est permanente et que l'humour britannique vient constamment désamorcer la gravité de la situation.

Et puis... l'Aston Martin DB5.

Que serait James Bond sans elle ? C'est dans Goldfinger qu'elle fait sa première apparition, et déjà dans l'esthétique que tout le monde lui connaît aujourd'hui. Mitrailleuses, plaque tournante, écran pare-balles, siège éjectable... elle devient immédiatement bien plus qu'une voiture : un personnage à part entière. Chaque apparition déclenche encore aujourd'hui le même sourire chez les amateurs de cinéma.

Les scènes de poursuite automobile sont d'une générosité folle. Elles possèdent un souffle incroyable et une lisibilité exemplaire. C'est le Ben-Hur des temps modernes, où les chevaux ont laissé leur place aux chevaux-vapeur. Bien avant les débauches d'effets numériques, Guy Hamilton prouvait que le spectacle naît d'abord du talent de mise en scène.

Les cascades sont spectaculaires, inventives et surtout physiques. On sent le poids des carrosseries, la vitesse, le danger. Rien ne paraît artificiel. Chaque explosion, chaque dérapage, chaque bagarre possède une énergie qui continue d'impressionner plus de soixante ans après.

Le film est également un véritable carnet de voyages. Entre les golfs anglais, les paysages suisses et les décors américains, on aimerait passer nos vacances dans chacun de ces lieux... loin des balles, des complots et surtout du poison nommé OR.

Visuellement, Guy Hamilton soigne chacun de ses plans. Il alterne élégance britannique et gigantisme hollywoodien avec une facilité déconcertante. Tout est beau, tout est iconique, tout respire le cinéma populaire dans ce qu'il a de plus noble.

Impossible enfin de ne pas évoquer John Barry, absolument au sommet de son art. Sa partition donne au film une ampleur extraordinaire, mélangeant sophistication, romantisme et tension avec un sens mélodique exceptionnel.

Et puis arrive le générique...

Encore aujourd'hui, il demeure l'un des plus grands de toute la série. Les silhouettes, les jeux de lumière, les projections d'images sur le corps féminin... une idée géniale. Et par-dessus tout, cette voix inimitable de Shirley Bassey. Elle ne chante pas simplement Goldfinger, elle le propulse dans la légende. Dès les premières notes, on sait que l'on assiste à quelque chose de plus grand qu'un simple film d'espionnage.

Ce n'est pas un hasard si Goldfinger demeure, aujourd'hui encore, le film le plus important pour James Bond et surtout pour sa mythologie. Tous les ingrédients qui feront le succès éternel de la saga sont là : le héros parfait, le méchant inoubliable, les gadgets, les voitures de rêve, les femmes fatales, les décors somptueux, les cascades gigantesques, l'humour, la sensualité, l'action et cette capacité unique à faire rêver le spectateur tout en le tenant en haleine.

Bond y est sensuel, sexy, élégant... mais il tire aussi à tout-va sans compter lorsque la mission l'exige. Une sophistication qui n'oublie jamais d'être spectaculaire.

Des voitures de légende, des cascades monumentales, un méchant en or, une James Bond Girl en or, une Aston Martin devenue immortelle, John Barry au sommet, Shirley Bassey impériale, Sean Connery au firmament... que demande le peuple ?

NOTE : 14.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


Raymond Young : Sierra, le contact de Bond au Mexique (pré-générique)