Vu le Film King Kong 2 de John Guillermin (1986) avec Linda Hamilton Brian Kerwin John Ashton Frank Maraden Peter Michael Goetz Alan Sander Mike Star Peter Elliot (Kong)
Pour faire une suite après un succès, il faut avoir des idées et pas simplement un carnet de chèques. Avec King Kong 2, on a malheureusement surtout l’impression que les producteurs avaient trouvé le carnet, mais qu’ils avaient oublié les idées au vestiaire. Pourtant, sur le papier, reprendre John Guillermin à la réalisation pouvait laisser espérer une certaine continuité avec le King Kong de 1976. Mais Guillermin revient ici comme un clone mal programmé, incapable de retrouver le souffle du premier film.
Et comme si cela ne suffisait pas, changement de casting total. Peut-être que Jeff Bridges et Jessica Lange avaient vu le temps tourner et senti la daube qui se préparait, préférant laisser leur place à d'autres aventuriers de la jungle. Nous retrouvons donc Linda Hamilton, Sarah Connor avant l'heure, mais ici beaucoup plus à l'aise avec les robots qu'avec les gorilles, accompagnée de Brian Kerwin dans le rôle de Hank Mitchell, un chirurgien qui participe à la tentative de sauver Kong.
Car notre gorille géant n'est pas mort comme on aurait pu le croire. Après sa chute du World Trade Center, Kong est maintenu artificiellement en vie dans une sorte de coma, mais son cœur est tellement abîmé qu'il lui faut une greffe. Et puisqu'à Hollywood tout problème médical peut évidemment être réglé avec un autre gorille, les scientifiques partent à la recherche d'une femelle de la même espèce afin de lui offrir un cœur tout neuf. C'est ainsi qu'apparaît Lady Kong, capturée dans la jungle de Bornéo avant d'être ramenée aux États-Unis.
Évidemment, entre Kong et Lady Kong, ce n'est pas seulement une affaire de transplantation cardiaque. Le grand singe retrouve des instincts amoureux et les deux bestiaux vont rapidement connaître les joies de la vie de couple, avec en prime un petit Kong à venir. Mais les hommes d'affaires qui ont remis la main sur notre vedette n'ont pas prévu de lui offrir une paisible retraite familiale au milieu des cocotiers. Kong reste une attraction, une source de profit et surtout une énorme machine à billets.
Le problème, c'est que tout cela ressemble davantage à un scénario pour écolier en CM1 de cinéma qu'à une véritable suite au film de 1976. Même le changement de casting n'arrange rien. Linda Hamilton fait ce qu'elle peut avec un personnage qui semble avoir été écrit entre deux cafés, Brian Kerwin traverse l'aventure sans laisser une grande trace et les autres acteurs donnent parfois l'impression d'attendre tranquillement leur chèque en regardant passer le gorille.
Quant aux effets spéciaux, ils semblent eux aussi avoir attendu leur chèque. Le film accuse sérieusement son âge et certaines scènes donnent davantage l'impression d'assister à une attraction de fête foraine qu'à une grande aventure hollywoodienne. Le pauvre Kong se retrouve parfois prisonnier d'effets visuels qui n'ont manifestement pas été livrés en temps et en heure, ce qui transforme rapidement la jungle en terrain de jeu pour un nanar en puissance.
Le plus amusant reste finalement le générique de fin, qui nous rappelle que l'épreuve est terminée et que nous sommes enfin sauvés. Et ça, c'est déjà une belle qualité pour un film : savoir quand il faut nous libérer.
Heureusement, quelques années plus tard, Peter Jackson remettra le gorille dans la jungle et rendra enfin à King Kong une partie de la grandeur qu'il mérite. En attendant, cette deuxième aventure de notre grand singe ressemble surtout à une suite fabriquée parce qu'il fallait absolument exploiter le succès du premier film, avec beaucoup de dollars autour et beaucoup moins d'imagination dedans.
Comme dirait Georges Brassens : « Gare aux gorilles »… mais surtout gare aux gorilles de pacotille.
NOTE : 7.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : John Guillermin, assisté de Brian W. Cook et Matt Earl Beesley
- Scénario : Steven Pressfield et Ronald Shusett, d'après les personnages de Merian C. Cooper et Edgar Wallace
- Musique : John Scott
- Directeur de production : Robert Rothbard & Lucio Trentini
- Photographie : Alec Mills
- Montage : Malcolm Cooke
- Effets spéciaux : Carlo Rambaldi
- Décors : Peter Murton
- Costumes : Clifford Capone
- Maquillage : Jeff Goodwin (non crédité)
- Producteur : Martha De Laurentiis[1]
- Producteurs délégués : Dino De Laurentiis, Ronald Shusett, Lucio Trentini
- Production : Dino De Laurentiis Company
- Langue originale : anglais
- Budget : environ 18 000 000 USD
- Brian Kerwin (VF : Patrick Floersheim) : Hank Mitchell
- Linda Hamilton (VF : Béatrice Delfe) : Amy Franklin
- John Ashton (VF : Jacques Deschamps) : Colonel R.T. Nevitt
- Peter Michael Goetz : Dr. Andrew Ingersoll
- Frank Maraden : Dr. Benson Hughes
- Alan Sader : Docteur de faculté
- Marc Clement : Chef d'équipe
- Michael Forest : Vance
- Mike Starr : Garde
- Peter Elliott : King Kong
- George Yiasoumi : Lady Kong
- Richard Rhodes : Reporter
- Larry Souder : Reporter
- Ted Prichard : Reporter
- Jayne Gray : Reporter
- Debbie McLeod : Reporter

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