Pages

Affichage des articles dont le libellé est FILMS 1944. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est FILMS 1944. Afficher tous les articles

dimanche 7 juin 2026

12.20 - MON AVIS SUR LE FILM CANDLIGHT IN ALGERIA DE GEORGE KING (1944°


 Vu le Film Candlelight In Algeria (Opération Torch) de George King (1944) avec James Mason Carla Lehman Raymon Lovell Enid Stamp Taylor Walter Rilla


Film totalement inconnu pour moi jusqu'à aujourd'hui, Candlelight in Algeria est un film d'espionnage britannique réalisé en pleine guerre, avec un jeune James Mason qui n'a pas encore acquis le statut de vedette internationale qu'il connaîtra après-guerre. Ne vous attendez pas à un ancêtre de James Bond : nous sommes davantage dans un polar sombre et tendu que dans un récit d'espionnage spectaculaire.

L'intrigue repose sur la préparation de l'opération Torch, le débarquement allié en Afrique du Nord. Malheureusement, le scénario est bourré de facilités et multiplie les raccourcis. On sent que les scénaristes cherchent avant tout l'efficacité dramatique, quitte à tordre sérieusement la réalité historique. Message politique destiné à soutenir l'effort de guerre ou simple simplification maladroite d'événements encore récents à l'époque ? La question mérite d'être posée.

Car dans les faits, le débarquement à Alger s'est déroulé de façon beaucoup moins romanesque. Grâce à l'action de la Résistance locale et au soutien d'une partie des officiers français, l'opération s'est effectuée sans véritable affrontement majeur. Ce n'est qu'ensuite que la majorité des militaires français présents sur place s'est ralliée aux Alliés. Le film préfère quant à lui les complots, les agents secrets et les péripéties imaginaires.

La mise en scène trahit également le manque de moyens de la production. Les bagarres sont souvent expédiées hors champ, les scènes d'action manquent d'ampleur et l'ensemble paraît parfois très théâtral. George King compense comme il peut par une atmosphère assez noire et quelques moments de tension bien amenés, mais le budget limité reste visible à chaque instant.

Il n'en demeure pas moins une certaine curiosité pour les amateurs de cinéma de guerre ou d'espionnage. Voir James Mason dans l'un de ses premiers rôles importants possède un intérêt évident, tout comme découvrir la manière dont le cinéma britannique de l'époque tentait de mettre en images un conflit encore en cours. Un film mineur, historiquement discutable et techniquement modeste, mais qui conserve aujourd'hui le charme des œuvres oubliées et des témoignages de leur temps.

NOTE : 12.20

FICHE TECHNIQUE

Directed byGeorge King
Screenplay byKatherine Strueby
Brock Williams
Story byDorothy Hope
Produced byGeorge King
John Stafford
StarringJames Mason
Carla Lehmann
Raymond Lovell
Enid Stamp Taylor
CinematographyOtto Heller
Edited byWinifred Cooper
Terence Fisher
Music byRoy Douglas
James Turner
Jack Beaver
Production
company
British Aviation Pictures
Distributed byBritish Lion Film Corporation (United Kingdom)
20th Century Fox (United States)
DISTRIBUTION

vendredi 13 février 2026

14.10 - MON AVIS SUR LE FILM BUFFALO BILL DE WILLIAM A.WELLMAN (1944)

 


 Vu le film Buffalo Bill de William A.Wellman (1944) avec  Joel McRea Maureen O’Hara Linda Darnell Thomas Mitchell Edgar Buchanan Moroni Olsen Anthony Quinn Frank Fenton Matt Briggs 

Après son mariage avec la fille d'un sénateur, Louisa Frederici, dans l'ouest des États-Unis, Buffalo Bill se voit forcé de combattre ses amis cheyennes dépossédés par la construction du chemin de fer et la destruction de leurs bisons. Après la mort de son ami cheyenne Yellow Hand qu'il affronta en duel contraint et forcé en duel (il venait d'avoir un bébé avec Louisa mais devait empêcher une deuxième défaite du 7ème de cavalerie après son écrasement au Little Big Horn) il se lance à la recherche de sa femme dans l'Est des États-Unis. Après l'avoir retrouvée il apprend la mort de leur fils de la diphtérie, maladie inconnue dans l'ouest. Il se révolte alors contre la civilisation blanche, malgré l'offre d'une médaille présidentielle et une réputation littéraire de héros des guerres indiennes, forgée par le journaliste Ned Buntline. 

Voilà un western comme on les aime, ample, romanesque, bigger than life, et signé par un cinéaste qui n’a jamais eu peur des grands espaces ni des grandes contradictions : Buffalo Bill de William A. Wellman. 

On connaît tous Buffalo Bill. L’icône. La chevelure blonde, la carabine, le Wild West Show. Mais soyons honnêtes : combien d’entre nous auraient su citer le réalisateur du film ? Eh bien voilà, c’est fait. C’est Wellman. Notre réalisateur multi-cartes. L’homme capable de filmer la guerre, les bas-fonds, l’aviation, le mélodrame… et l’Ouest avec la même énergie sèche et virile. 

Le film retrace la trajectoire de William F. Cody, figure mythique de la conquête de l’Ouest. Héros sur la fin de sa vie, figure célébrée et romancée, mais personnage infiniment plus contradictoire à ses débuts. Chasseur de bisons impitoyable – participant malgré lui à l’extermination qui affame les nations indiennes – puis défenseur des Cheyennes. Oui, Buffalo Bill est tout sauf un saint d’icône. 

Et c’est là que le film est fort : il assume cette dualité. 

Héros d’un temps brutal, il change d’avis quand il le faut. Il comprend. Il évolue. Ami des Cheyennes, il sera pourtant contraint de les combattre pour plaire au père de sa bien-aimée, sénateur ambitieux et incarnation d’une Amérique politique prête à tout sacrifier pour la respectabilité. La tension est là : entre conscience morale et ambition sociale. 

La mort de son ami Yellow Hand marque un basculement. Ce n’est plus seulement l’homme d’action, c’est l’homme face à sa responsabilité. À partir de là, il combat ceux qu’il servait. Les Blancs. Le système. Et devient une légende littéraire, un héros de papier que tout jeune de mon époque a lu, fasciné par ses aventures romancées. 

Véritable biopic ? Oui. Mais comme tout biopic, on écrit la légende au-delà de la vérité. Et alors ? Le cinéma n’est pas un acte notarié. C’est une épopée. Et Wellman l’a bien compris. 

Sa mise en scène est impressionnante. Large, ample, sans jamais être pesante. Les combats ont de grandes envolées, les charges sont puissantes, les paysages respirent. Il filme l’Ouest comme un territoire moral autant que géographique. Du cinéma du vrai. Du souffle. Du cadre. Du mouvement. 

Et puis il y a les acteurs. Joel McCrea est parfait. Calme, droit, charismatique sans cabotinage. Il incarne cette Amérique pionnière avec une noblesse naturelle. On croit à ses hésitations, à ses élans, à ses remords. Il ne surjoue jamais la légende, il la laisse venir à lui. 

Face à lui, Maureen O’Hara, splendide Louisa. Force, beauté, tempérament. Elle ne se contente pas d’être “la femme de”. Elle existe. Elle impose sa présence. Son regard, sa dignité, son feu intérieur. 

Linda Darnell apporte une touche de sensualité et de complexité supplémentaire, incarnant une autre facette du destin sentimental de Cody. 

Et puis Anthony Quinn. Yellow Hand. Déjà une légende en devenir. Présence magnétique. Fierté, gravité. Il donne à son personnage une humanité qui dépasse le simple rôle secondaire. Sa mort n’est pas qu’un ressort dramatique : c’est une blessure. 

Le scénario épouse cette trajectoire sans la simplifier outrageusement. Il y a du romanesque, oui. De l’héroïsation, évidemment. Mais aussi une volonté de montrer les contradictions d’un homme pris dans la marche brutale de l’Histoire. 

Wellman ne juge pas. Il montre. Il cadre. Il fait respirer l’action. 

Buffalo Bill, c’est le mythe américain dans toute sa splendeur et toutes ses ambiguïtés. Une Amérique qui se construit dans la poudre, le sang et le spectacle. Et qui finit par transformer ses propres acteurs en figures de légende. 

On écrit la légende ? Oui. Mais quand elle est filmée comme ça, avec cette ampleur, ce respect des personnages et cette énergie, on se laisse emporter. 

Un grand western classique. Un vrai. Pas une relecture ironique. Pas une déconstruction. Une épopée assumée. 

Et signé William A. Wellman. Rien que pour ça, ça mérite d’être rappelé. 

NOTE : 14.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION