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samedi 3 octobre 2026

11.50 - MON AVIS SUR LE FILM SANS LAISSER D'ADRESSE DE JEAN PAUL LE CHANOIS (1950


 Vu le Film Sans Laisser d'Adresse de Jean Paul le Chanois (1950) avec Danièle Delorme Bernard Blier Julien Carette Pierre Trabaud Gérard Oury Louis de Funès France Roche Annie Girardot Michel Piccoli Juliette Gréco et ...


Avec Sans laisser d’adresse, Jean-Paul Le Chanois nous offre une comédie populaire française comme on savait les faire dans les années 50, avec du cœur, de l’humour et surtout une formidable balade dans le Paris de l’époque. Ici, pas besoin de GPS ni de chauffeur VTC, il suffit de monter dans le taxi d’Émile Gauthier, gouailleur au grand cœur interprété par un Bernard Blier une nouvelle fois parfait.

Sa passagère, pratiquement unique pendant tout le trajet, est Thérèse Ravenaz, une jeune provinciale venue de Chambéry à Paris pour retrouver le père de son bébé. Le problème, et il est de taille, c’est que monsieur est déjà marié, père de famille et surtout particulièrement coureur. Autant dire que la jeune femme n’est pas venue à Paris pour faire du tourisme, même si son périple va justement nous offrir une magnifique visite de la capitale.

Pendant cette course à travers Paris, Émile va peu à peu se retrouver embarqué dans les problèmes de Thérèse et, derrière le chauffeur de taxi un peu grande gueule, c’est toute une solidarité qui va se mettre en place autour de cette jeune femme perdue. Danièle Delorme apporte à Thérèse une lumière et une fragilité qui rendent son personnage immédiatement attachant, sans jamais tomber dans le mélo facile.

Le film parle finalement de famille, de solitude, de débrouille et de solidarité entre ces âmes perdues qui se croisent dans un Paris encore populaire. Et puis il y a ce fameux taxi, véritable fil conducteur de l’histoire, qui nous promène dans le Paris des années 50, avec ses rues, ses monuments et cette ville qui n’a pas encore été transformée en musée à ciel ouvert pour touristes.

C’est aussi un plaisir de retrouver le génial Julien Carette, toujours capable de faire exister un personnage en quelques scènes, ainsi qu’un certain Louis de Funès, encore loin de la folie furieuse qui fera sa gloire quelques années plus tard. On le retrouve ici dans une salle de maternité, attendant que son bébé arrive dans ce monde, et forcément, quand on sait ce que le bonhomme va devenir, la scène possède aujourd’hui une petite saveur supplémentaire.

Et puis arrive un moment suspendu avec Juliette Gréco, dans un cabaret enfumé de Saint-Germain-des-Prés. Sa présence suffit à changer l’atmosphère et sa voix magique rappelle immédiatement cette époque où Paris pouvait encore vivre la nuit autrement qu’entre deux restaurants hors de prix.

Et si vous êtes bien attentifs, vous pourrez également apercevoir ici ou là quelques futurs grands noms du cinéma français : Gérard Oury, Simone Signoret, Annie Girardot ou encore Michel Piccoli. Rien que cela donne envie de jouer à « cherchez la future star » pendant le film.

Sans laisser d’adresse est donc une jolie comédie populaire, pleine de bons sentiments mais sans être écœurante, portée par Bernard Blier et Danièle Delorme, avec Paris comme troisième personnage. Une époque, une ville, un taxi, une jeune femme enceinte et une poignée de personnages qui vont, chacun à leur manière, essayer de lui donner un coup de main.

Et surtout, un Paris des années 50 que l’on traverse tranquillement à bord du taxi d’Émile Gauthier, avec Bernard Blier au volant : voilà peut-être le meilleur moyen de visiter la capitale sans payer le prix d’un taxi actuel !

NOTE : 11.50

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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