Vu Les films Un Eléphant ça Trompe Enormément de Yves Robert (1976) et Nous Irons Tous au Paradis (1977) avec Jean Rochefort Victor Lanoux Guy Bedos Claude Brasseur Marthe Villalonga Danièle Delorme Daniel Gélin Any Duperey Christophe Bourseiller Maia Simon
Vu Un éléphant ça trompe énormément de Yves Robert, avec son formidable duo Yves Robert et Jean-Loup Dabadie, qui nous offre l’une des comédies les plus drôles et les plus puissantes des années 70. Cinquante ans après, le film semble pourtant avoir été écrit aujourd’hui, avec quatre bonshommes qui pensent beaucoup au sexe, trois attirés par les femmes, si possible plus jeunes, et un autre davantage intéressé par les beaux garçons blonds, si possible eux aussi très jeunes.
Nous sommes donc avec quatre amis hauts en couleur dont l’amitié s’est construite sur les courts de tennis et dans les vestiaires, avec cette bonne vieille camaraderie masculine où chacun joue les machos indécrottables tout en racontant plus ou moins ses exploits. Il y a Etienne Dorsay, publicitaire joué par l’immense Jean Rochefort, qui possède pourtant une jolie femme, Marthe, interprétée par Danièle Delorme, et deux filles, mais qui ne pense qu’à batifoler autour de Charlotte, jouée par Any Duperey. Seulement, avec sa maladresse légendaire, les choses ne vont évidemment pas se passer comme il l’avait imaginé.
Il y a aussi Simon Messina, médecin généraliste, qui profite quelque peu de sa profession pour draguer ses patientes, tandis que Bouli, formidable Victor Lanoux, possède à lui seul autant de femmes et d’enfants que de mois dans l’année et doit jongler entre ses mensonges, ses divorces et ses pensions alimentaires. Quant à Daniel, interprété par Claude Brasseur, il fait défiler les jeunes amants blonds dans son lit, au grand désespoir des autres amants qu’il semble collectionner avec la même facilité que ses copains collectionnent les conquêtes féminines.
Mais l’un des personnages les plus importants reste Mouchy Messina, formidablement interprétée par Marthe Villalonga. Cette mère ne souhaite qu’une chose : que son fils aille voir ailleurs et cesse de s’occuper d’elle comme si elle était une vieille chose fragile. Cela donne quelques-unes des situations les plus savoureuses du film, avec une Marthe Villalonga impériale qui comprend parfaitement qu’il vaut mieux pousser son fils vers les femmes plutôt que de le garder dans ses jupes.
Yves Robert et Jean-Loup Dabadie construisent ainsi une succession de situations cocasses où les hommes, dans une exagération parfaitement assumée, sont souvent transformés en véritables bêtes à manger du foin dès qu’une femme ou un beau garçon passe dans les parages. Le film fonctionne avec davantage de saynètes que de véritable fil conducteur, mais qu’importe puisque pendant 110 minutes, ça n’arrête pratiquement jamais.
Et c’est justement cette galerie de personnages, ces dialogues, ces situations et cette amitié qui font le charme du film. Du caviar ! Le duo Robert-Dabadie remettra le couvert quelques années plus tard avec Nous irons tous au paradis, suite tout aussi drôle, mais davantage dramatique, où Etienne pense que Marthe le trompe, Bouli continue de se débattre avec ses ex, Simon doit affronter la disparition de sa mère et Daniel tente une expérience hétérosexuelle qui, disons-le, ne semble pas particulièrement convaincante.
Il y a cette fameuse maison de campagne achetée pendant une grève d’Air France, qui va provoquer un quiproquo absolument irrésistible. Deux films qui auront réussi à faire rire avec les faiblesses, les mensonges, les obsessions et les contradictions de ces quatre copains sans jamais perdre leur humanité. Et contrairement aux Bronzés, Yves Robert et Jean-Loup Dabadie auront eu l’intelligence de savoir s’arrêter à temps. Un éléphant ça trompe énormément, cinquante ans après, reste donc une comédie formidable, drôle, tendre, salée et surtout toujours aussi vivante.
NOTE : 16.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Yves Robert
- Assistant réalisateur : Élie Chouraqui, Maurice Illouz
- Scénario : Jean-Loup Dabadie et Yves Robert
- Photographie : René Mathelin
- Montage : Gérard Pollicand
- Musique : Vladimir Cosma
- Décors : Jean-Pierre Kohut-Svelko
- Costumes : Nadine Desalles
- Son : Bernard Aubouy
- Coordinateur des combats et des cascades : Claude Carliez et son équipe
- Producteurs : Yves Robert pour la Guéville et Alain Poiré pour Gaumont
- Pays de production :
France
DISTRIBUTION
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