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jeudi 16 juillet 2026

13.30 - MON AVIS SUR LE FILM MR AND MRS SMITH DE DOUG LIMAN (2005=


 Vu le Film Mr and Mrs Smith de Doug Liman (2005) avec Brad Pitt Anjelina Jolie Vince Vaugh Adam Brody Kerry Washington Keith David Chris Weiltz


(Pays traversés Mexique, Colombie, Usa et Bolivie)

Doug Liman, le réalisateur de La Mémoire dans la Peau, remet le couvert... et ce n'est pas une image, car dans Mr. & Mrs. Smith, le couple mange souvent. Mais derrière les repas en tête-à-tête et les apparences d'un mariage bien rangé se cache un cocktail explosif où l'espionnage fait office de thérapie conjugale.

Liman poursuit dans le registre de l'espion moderne, celui qui court, saute, escalade, défonce des portes et réalise des exploits athlétiques à faire passer Tom Cruise pour un joggeur du dimanche. Ici, pas le temps de souffler, tout est rythmé comme une course contre la montre.

Pour porter ce feu d'artifice, il fallait un couple qui fasse rêver. À l'époque, Brad Pitt, le blondinet sans son café, et Angelina Jolie, la brune incendiaire, formaient le duo glamour par excellence. Une autre époque où ils s'entendaient encore et ne se faisaient pas de procès. À l'écran, leur complicité saute aux yeux et l'on comprend facilement pourquoi Hollywood s'est emballé.

John Smith et Jane Smith vivent sous le même toit, partagent le même lit, les mêmes repas... mais certainement pas les mêmes secrets. Chacun est un tueur professionnel travaillant pour une organisation rivale, sans imaginer une seconde que son conjoint exerce exactement le même métier.

Le jour où leurs employeurs leur confient le même contrat, tout bascule. Les voilà contraints de s'éliminer mutuellement. À partir de là, le mariage tourne à la déclaration de guerre. C'est au premier qui exécutera l'autre.

Le concept est redoutablement efficace. On prend une banale crise de couple, on y ajoute des armes automatiques, des explosifs, des fusillades, quelques poursuites, et l'on obtient un divorce particulièrement mouvementé.

Le film assume pleinement son côté spectaculaire. Ça défouraille, ça explose dans tous les sens, les murs volent en éclats, les meubles sont pulvérisés et les décors en prennent un sérieux coup. En espérant que la première prise était la bonne, parce qu'il devait être compliqué de tout reconstruire entre deux scènes.

Les séquences d'action s'enchaînent avec une énergie communicative. Doug Liman sait filmer le mouvement et ne laisse jamais retomber la pression.

Brad Pitt apporte son humour décontracté, son flegme habituel et son immense capital sympathie. Même lorsqu'il vide un chargeur, il garde ce petit sourire qui fait sa marque de fabrique.

Angelina Jolie, de son côté, dégage une présence impressionnante. Élégante, froide, redoutable, elle manipule les armes avec une aisance qui ferait réfléchir plus d'un agent secret. Et pas seulement les armes... (sic).

Le duo fonctionne à merveille. On croit autant à leurs chamailleries qu'à leurs scènes d'action. Leur alchimie est le véritable moteur du film.

Bien sûr, les combats conjugaux deviennent parfois franchement exagérés. On se tire dessus, on se balance à travers les murs, on détruit la maison... avant de finir au plumard. Les conseillers conjugaux n'avaient sans doute pas prévu cette méthode de réconciliation.

Le scénario ne cherche pas la profondeur psychologique. Son objectif est clair : divertir.

L'humour accompagne constamment l'action, ce qui évite au film de sombrer dans un sérieux pesant.

On est vraiment dans une véritable situation d'espionnage, avec ses doubles jeux, ses organisations secrètes, ses contrats et ses manipulations.

Impossible également de ne pas penser à La Totale !. Le remake américain non assumé est parfois évident dans son point de départ, même si Doug Liman choisit une direction beaucoup plus musclée et beaucoup plus hollywoodienne.

Le résultat est calibré pour le grand spectacle.

Les fusillades sont impressionnantes. Les poursuites sont nerveuses. Les cascades sont généreuses. L'humour fonctionne. Le rythme ne faiblit quasiment jamais.

On ne demande finalement pas beaucoup plus à ce genre de production.

Ce n'est certainement pas un film qui révolutionne le cinéma d'espionnage, mais il remplit parfaitement son contrat : offrir deux heures de pur divertissement.

Brad Pitt et Angelina Jolie font le job avec un plaisir communicatif.

Et au passage, ils encaissent un bon chèque... qui servira, qui sait.

Au fond, Mr. & Mrs. Smith ne prétend jamais être autre chose qu'un blockbuster efficace, drôle et spectaculaire.

On s'installe, on coupe son cerveau, on profite des explosions, des répliques, du charme du duo et des cascades.

Parfois, un bon film d'aventures et d'action suffit largement au bonheur d'une soirée cinéma. Et celui-ci remplit sa mission avec panache.

NOTE : 13.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

jeudi 27 novembre 2025

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE PROMENEUR DU CHAMP DE MARS (2005)


Vu le Film Le Promeneur du Champ de Mars de Robert Guéguidian (2005) avec Michel Bouquet Jalil Lespert Philippe Frelun Anne Cantineau Sarah Grappin Catherine Salviat Jean Claude Frissung 

Le film raconte l'histoire d'une fin de règne et d'une fin de vie : celle de François Mitterrand. 

Alors que le Président livre les derniers combats face à la maladie, un jeune journaliste passionné tente de lui arracher des leçons universelles sur la politique et l'histoire, sur l'amour et la littérature... Des certitudes sur la vie. 

Mais le vieil homme n'en a guère à dispenser car c'est pour lui le moment où passé, présent et futur se confondent en un seul temps ; ce temps où seuls les doutes demeurent, ce temps où tous les hommes sont égaux : celui de la proximité avec la mort 

Robert Guédiguian signe avec Le Promeneur du Champ de Mars un film à part dans sa filmographie, mais pas tant dans son intention : une œuvre profondément politique, militante même — ce qui n’est absolument pas mon cas, et c’est pour cela que certaines raisons exposées dans le film provoquent chez moi un léger recul, voire un sourire en coin. Pourtant, Guédiguian ne fait pas un biopic classique ; il adapte surtout les entretiens que Georges-Marc Benamou a réellement eus avec François Mitterrand dans les derniers mois de sa vie. Ce qui m’étonne toujours, c’est ce choix étonnant – pour ne pas dire étrange – de ne jamais citer les noms des deux protagonistes. Pourquoi ce masque ? Pourquoi ces pseudonymes inutiles alors que tout le monde reconnaît les silhouettes ? Le réalisateur n’assumerait-il pas entièrement la confrontation directe avec l’Histoire ? Ou bien cherche-t-il à créer une distance artificielle, presque pudique, pour ne pas se faire accuser de régler des comptes ? Mystère. Et comme dirait l’un des personnages : ce n’est pas le premier mensonge du pouvoir… 

Car le film, justement, plonge dans les coulisses du pouvoir, là où se fomentent les ambitions, les trahisons, les petites phrases assassines et les grands renoncements. Pour ceux qui aiment savoir comment la République se nourrit — parfois de principes, souvent d’hypocrisie — c’est un film idéal. On y voit un Président uséaffaibli, que la maladie ronge mais qui ne lâche rien en public : jamais une faiblesse devant les caméras, mais en privé, un homme qui sait que chaque respiration compte. Et malgré tout, il conserve cette lucidité acérée, presque cruelle, quand il lance ses petites piques vengeresses à ceux qui, visiblement, aimeraient bien que le fauteuil se libère un peu plus vite. Oui : les mêmes qui l’enterrent déjà vivant. 

Le film vaut surtout pour la performance monumentale de Michel Bouquet, qui ne joue pas Mitterrand : il l’habite. Mais sans tomber dans l’imitation facile, sans singer les tics, sans faire du « Mitterrand karaoke ». Il capte l’âme, le rythme, la lenteur calculée de cet animal politique. C’est troublant, presque hypnotique. À ses côtés, Jalil Lespert incarne le journaliste – même si, encore une fois, on sait bien qui il représente – un jeune homme naïf au départ, vite rattrapé par les ombres et les ambiguïtés de celui qu’il veut comprendre. Leur duo forme un ballet discret, subtil, où l’un cherche la vérité et où l’autre s’emploie à la maquiller avec élégance. Car « le sphinx », même sur son lit de douleur, garde ses secrets. 

La mise en scène de Guédiguian surprend : sobre, presque austère, loin de ses films marseillais chaleureux. Ici, les couleurs sont froides, les cadres serrés, comme si le réalisateur voulait filmer l’agonie du pouvoir autant que celle de l’homme. Le scénario emprunte beaucoup à l’essai de Benamou, mais le film garde une respiration intime, presque méditative, qui fait qu’on en sort subjugué et troubléEt oui, on pense à sa propre fin, à la façon dont chacun affronte l’inéluctable, avec panache… ou avec pudeur. 

Mais sur le plan politique, n’espérez pas un procès ou une confession : le « sphinx » gardera son mystère, et Guédiguian semble l’accepter. Peut-être trop, selon moi. Mais c’est aussi ce qui donne au film cette teinte crépusculaire, ce mélange de fascination et de distance. On assiste à quelque chose de profondément humain, mais jamais totalement dévoilé. Et c’est là que réside, paradoxalement, toute sa force. 

NOTE : 12.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION




mercredi 26 février 2025

16.10 - MON AVIS SUR LE FILM MUNICH DE STEVEN SPIELBERG (2005)

 


Vu le film Munich de Steven Spielberg (2005) avec Éric Bana Daniel Craig Mathieu Kassovitz Michael Lonsdale Mathieu Almaric Ayelet Zurer Marie José Croze Ciarand Hinds

Après le meurtre de onze athlètes israéliens et leur entraîneur aux Jeux Olympiques de 1972, le gouvernement israélien confie secrètement à Avner Kaufman une série de représailles stratégiques. A l'aide d'un conducteur, d'un faussaire, d'un fabricant de bombes et d'un ancien soldat, Avner mène une opération mondiale visant onze personnes. Comme les assassinats s'accumulent, Avner commence à douter de la moralité de ses actions.

Munich, réalisé par Steven Spielberg en 2005, est un film complexe et puissant qui s'attaque à un sujet hautement sensible : les conséquences de l'attentat des Jeux olympiques de Munich en 1972, où onze athlètes israéliens furent assassinés par le groupe terroriste palestinien Septembre noir. Le film suit Avner (Eric Bana), un agent du Mossad chargé de mener une mission de représailles contre les responsables de cet acte. À travers ce récit, Spielberg plonge dans une réflexion nuancée sur la vengeance, la justice et le prix à payer pour la sécurité nationale.

Spielberg, souvent considéré comme le GOAT du cinéma populaire, s'aventure rarement sur le terrain du film politique, mais ici, il relève le défi avec une habileté remarquable. Le réalisateur aurait facilement pu tomber dans un manichéisme simpliste, mais il choisit au contraire de naviguer dans les zones grises de la moralité. Au premier abord, Munich semble justifier la vengeance œil pour œil, dent pour dent, alors qu’Avner et son équipe traquent et éliminent un à un les exécutants et commanditaires de l'attentat. Pourtant, Spielberg ne se contente pas de raconter une histoire de vengeance, il la questionne profondément.

La force de Munich réside dans sa capacité à montrer les conséquences de la violence, non seulement sur les victimes, mais aussi sur ceux qui l’exercent. À mesure qu'Avner s'enfonce dans cette spirale de représailles, le doute et la culpabilité le rongent. Eric Bana livre une performance subtile et nuancée, incarnant un homme déchiré entre son devoir patriotique et son humanité. Le reste du casting est également excellent, notamment Daniel Craig en Steve, un membre cynique de l’équipe, et Ciarán Hinds en Carl, dont le désenchantement est palpable.

Spielberg dépeint les opérations avec un réalisme glaçant, offrant des scènes de suspense dignes des meilleurs thrillers. La mise en scène est précise, immersive, et rappelle le cinéma paranoïaque des années 70, comme dans Les Trois Jours du Condor ou À cause d'un assassinat. Le réalisateur recrée avec minutie l’Europe des années 70, offrant une ambiance à la fois élégante et oppressante. La photographie de Janusz Kamiński, tout en contrastes, et la musique subtile de John Williams amplifient cette tension permanente.

Là où Munich devient vraiment percutant, c'est dans son propos politique. Spielberg n'hésite pas à critiquer le gouvernement israélien et le Mossad, montrant comment ces mercenaires — issus de différents horizons (allemand, anglais et américain) — sont manipulés pour accomplir des missions aux conséquences morales dévastatrices. En filmant Tel Aviv et Beyrouth avec un regard objectif, le réalisateur souligne la complexité géopolitique de cette époque, sans jamais tomber dans le piège de la simplification.

Le film prend une dimension historique en résonance avec le passé cinématographique. Il fait écho à 5 Septembre de Kevin Macdonald, un documentaire qui relate également les événements de Munich, mais sous un angle plus factuel. Spielberg choisit, lui, de s'attarder sur les répercussions humaines de ces actes violents. Munich interroge ainsi la légitimité de la vengeance d'État, questionne le cycle sans fin de la violence et montre comment la guerre contre le terrorisme finit par consumer ceux qui la mènent.

La fin du film est particulièrement marquante et sincère. Alors qu’Avner retrouve sa famille à Brooklyn, son esprit reste hanté par les fantômes de ses victimes et les doutes sur l’utilité de sa mission. La caméra de Spielberg s'attarde alors sur les tours du World Trade Center, en arrière-plan, rappelant que cette histoire de représailles n’est qu’un chapitre d’un cycle de violence qui continue de se répéter.

En définitive, Munich est un thriller politique implacable et magistralement mis en scène. Spielberg parvient à marier une tension narrative digne des meilleurs films d'espionnage à une réflexion profonde et honnête sur les dilemmes moraux de la vengeance. C'est une œuvre ambitieuse, courageuse et incontournable, qui montre que même un conteur de mondes fantastiques peut offrir une vision lucide et déchirante du réel.

NOTE ; 16.10

FICHE TECHNIQUE


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