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lundi 15 juin 2026

13.80 - MON AVIS SUR LE FILM LE MAGNIFIQUE DE PHILIPPE DE BROCA (1973)

 


Vu le Film Le Magnifique de Philippe de Broca (1973) avec Jean Paul Belmondo Jacqueline Bisset Jean Lefebvre Vittorio Vaprioli Bernard Musson Monique Tarbes Mario David Jose Parl Raymond Jérôme


Un requin dévore un prisonnier enfermé dans une cabine téléphonique jetée à la mer. La police enquête sur cet événement et demande à l'agent français Bob Saint Clar (Belmondo), le top dans son métier de le faire. Il va sur place avec la magnifique Tatiana (Bisset) un autre agent. Ils vont être attaqués par Karpov le chef des services secrets d'un pays de l'Est et ennemi de Bob ...
Parmi eux, une femme passe l'aspirateur dans le sable ... !!!! Car non hélas on n’est pas dans la réalité mais chez François Merlin (Belmondo) qui est dérangé par sa femme de ménage, il écrit les nouvelles aventures de Saint Clar, mais il est toujours dérangé, l'électricien, le plombier, petit à petit les personnes proches vont en prendre pour leur grade dans son roman sous d'autres personnages.

Alors oui, avec un peu d’ego (oups), tant qu’on parle de moi. Certes, Philippe est ici le personnage le plus vil de l’histoire, mais comme c’est lui qui finit par décider du sort des autres, cela m’amuse finalement beaucoup.

Et puis il y a surtout Philippe de Broca, ce merveilleux artisan du cinéma populaire français qui a toujours su insuffler à ses films du rythme, de la fantaisie et une bonne dose de folie. Avec lui, on passe presque toujours un bon moment. Le cinéma est aussi fait pour cela : le plaisir, même parfois un peu coupable, loin des tourments existentiels d’un Bergman.

L’histoire est celle de François Merlin, auteur de romans d’espionnage alimentaires qui fait vivre son héros Bob Saint-Clair dans des aventures extravagantes. Mais dans son petit appartement parisien, la réalité est bien moins glamour. Son imagination débordante lui permet alors de transformer son entourage en personnages de fiction. Son éditeur devient l’infâme Karpoff, sa voisine la sublime Tatiana, et lui-même le plus grand agent secret de la planète. Les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent jusqu’à ne plus faire qu’un.

Dans un double rôle particulièrement savoureux, la charmante Jacqueline Bisset, alors véritable star internationale, vient s’amuser en France et apporte toute son élégance au film. Face à elle, Jean-Paul Belmondo est en état de grâce. Il court, saute, se bagarre, accumule les cascades, roule dans le sable, multiplie les œillades, roucoule auprès de la belle Tatiana, amuse la galerie et le spectateur sans jamais reprendre son souffle. Bref, il fait du Belmondo tel qu’on l’aime.

Mais ce qui rend sa prestation encore plus réjouissante, c’est le contraste entre Bob Saint-Clar, héros invincible et séducteur absolu, et François Merlin, écrivain maladroit, fauché, rêveur et perpétuellement contrarié. Deux personnages opposés qui permettent à Belmondo de déployer tout son registre comique, ses grimaces, son sens du rythme et son incroyable capital sympathie.

Le Magnifique est une parodie d’espionnage particulièrement réussie. Tout y passe : les gadgets absurdes, les méchants mégalomanes, les enlèvements improbables, les poursuites invraisemblables et les décors exotiques. C’est presque l’anti-James Bond avant l’heure. D’une certaine manière, les OSS 117 avec Jean Dujardin lui doivent beaucoup, notamment lorsque Rio ne répond plus s’amuse à reprendre certains codes avec une tendresse évidente.

Pourtant, derrière les éclats de rire, les coulisses furent nettement moins joyeuses. Une importante brouille opposa Francis Veber à Philippe de Broca. Le réalisateur souhaitait étoffer davantage le personnage féminin, ce qui entraîna l’intervention de Jean-Paul Rappeneau et Daniel Boulanger sur le scénario. Fâché, Veber demanda que son nom ne figure pas au générique lors de la sortie du film.

Il y a également beaucoup de Belmondo dans François Merlin. Tous deux sont nés en 1933 et lorsque Merlin rêve de se retirer en Auvergne, difficile de ne pas penser à Bebel lui-même, qui a grandi dans cette région et y est resté profondément attaché.

Le succès fut au rendez-vous avec près de trois millions d’entrées en France et autant à travers l’Europe. Depuis, le film n’a jamais vraiment quitté les écrans de télévision. Il occupe une place idéale entre l’exotisme bondissant de L’Homme de Rio et le burlesque assumé de L’Incorrigible.

On notera également qu’en 1998, Marc Angelo proposa une variation télévisée avec Bob le Magnifique, tandis que le DJ Bob Sinclar choisit son pseudonyme en hommage à ce héros de jeunesse qui l’avait marqué.

Et pour les spectateurs attentifs, un petit clin d’œil amusant se cache dans le film : le fils de François Merlin, visible dans l’histoire, est interprété par José Paul, futur metteur en scène de théâtre, comédien reconnu et ancien pensionnaire de l’émission La Classe.

Drôle, inventif, rythmé et porté par un Belmondo au sommet de son art, Le Magnifique reste l’une des plus belles réussites de Philippe de Broca. Une fantaisie irrésistible où l’imagination triomphe du quotidien, et où Bebel rappelle qu’avant d’être une star, il était surtout un extraordinaire amuseur public.

NOTE : 13.80

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION




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