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vendredi 24 mars 2017

LA VRAIE HISTOIRE DE LA BELLE ET LA BÊTE

 Non les chères têtes blondes ce n'est pas Disney qui a inventé l'histoire de la Belle et la Bête, dont Disney nous sort une version sur les écrans. Non messieurs les Cinéphiles, ce n'est pas Jean Cocteau qui a inventé le Mythe avec Jean Marais dans le reflet du miroir. Non, pour les plus anciens de mes amis, ce n'est pas Charles Pathé qui en 1899 a filmé pour la première fois au cinéma les aventures de ces héros de nos nuits et de nos rêves.

Non, cette histoire remonte à un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Non la Belle et la Bête et un conte-type qui existe dans le monde entier sous des variantes locales. Il contient des thèmes ayant trait à l’amour et à la rédemption, symbole de notre existence.

Le thème de ce conte raconte l’histoire d’une jeune femme prénommée Belle qui se sacrifie pour sauver son père, condamné à mort pour avoir cueilli une rose dans le domaine d’un terrible monstre. Contre toute attente, la Bête épargne Belle et lui permet de vivre dans son château. Elle s’aperçoit alors que, derrière les traits de l’animal, souffre un homme victime d’un sortilège.


Pour certains, c’est l’histoire d’un certain Pedro Gonzales (ou Petrus Gonsalvus) né en 1537 à Tenerife dans les iles Canaries qui serait la base de cette histoire qui a inspiré de nombreux auteurs.
Pedro Gonzales est le premier cas connu d’hypertrichose, une maladie congénitale rarissime qui se caractérise par un développement anormalement important du système pileux, ce qui lui valut le nom de « sauvage ».

Pedro Gonzales sera offert à l’âge de 10 ans au roi de France Henri II et continua à être protégé par Catherine de Médicis après la mort du Roi. Pedro Gonzales épousa en 1572 à l’âge de 15 ans avec un certaine Catherine de Raffelin qui souffrait de la même maladie, c’est cette histoire qui a inspiré la légende de la Belle et la Bête, oui donc La Belle et la Bête est d’origine Française.
L'une des versions les plus anciennes de ce conte est sans doute celle d'Apulée, Amour et Psyché (extrait de l'Âne d'Or ou Les Métamorphoses), qui date du IIème siècle. En 1550, Francesco Straparola en donna une version qu'il avait tirée du folklore italien et qu'il publia dans ses Nuits facétieuses (Le Roi Porc, deuxième nuit, 1er conte).

Image illustrative de l'article La Belle et la Bête

Il apparut pour la première fois en France sous la plume de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, en 1740, dans un recueil de contes, La Jeune Américaine et les contes marins, publié anonymement, où différents passagers d'une traversée maritime se racontent des histoires pour passer le temps3. Il ne connut véritablement la célébrité que lorsqu'il fut abrégé et repris par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont dans son Magasin des enfants en 1757. Cette dernière supprima, en particulier, toute la seconde partie, où Madame de Villeneuve relatait la querelle des fées expliquant l'origine royale de la Belle. C'est sur cette version que sont basées la plupart des adaptations ultérieures.
L'une des versions les plus anciennes de ce conte est sans doute celle d'Apulée, Amour et Psyché (extrait de l'Âne d'Or ou Les Métamorphoses), qui date du XVIème siècle. En 1550, Francesco Straparola en donna une version qu'il avait tirée du folklore italien et qu'il publia dans ses Nuits facétieuses (Le Roi Porc, deuxième nuit, 1er conte).

Il apparut pour la première fois en France sous la plume de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve, en 1740, dans un recueil de contes, La Jeune Américaine et les contes marins, publié anonymement, où différents passagers d'une traversée maritime se racontent des histoires pour passer le temps3. Il ne connut véritablement la célébrité que lorsqu'il fut abrégé et repris par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont dans son Magasin des enfants en 1757. Cette dernière supprima, en particulier, toute la seconde partie, où Madame de Villeneuve relatait la querelle des fées expliquant l'origine royale de la Belle. C'est sur cette version que sont basées la plupart des adaptations ultérieures.
Au cinéma, c’est Charles Pathé qui en 1899 en fit une première version, il a fallu attendre 1934 pour avoir un premier film d’animation réalisé par Fritz Frelen, avant la version la plus connue du conte celle de Jean Cocteau en 1946 avec Jean Marais dans le rôle de la bête.

Puis on aura un dessin animé « La Fleur Ecarlate » de Lev Atamanov en 1952, le film de Edward L.Cah en 1962 avec Mark Damon dans le rôle de la Bête, puis le film d’Eugène Marner en 1987 avec Rebecca de Mornay (Belle) et John Savage (Bête).


Mais le tournant sera le dessin animé réalisé par Gary Trousdale et Kirk Wise produit par les Studios Disney, qui va mettre en avant la « Belle » dans la grande tradition des princesses du Studio. Ce film sera nommé dans la catégorie Meilleur Film.

On aura en 2011, un film qui sert à rien avec Vanessa Hudgens et Alex Pettyfer, avant la sortie du film Français (enfin par rapport à l’origine du conte) de Christopher Gans avec Léa Seydoux (Belle) et Vincent Cassel (Bête).

Et donc cette année la version Live du film de 1991 par Bill Condon avec Emma Watson (Belle) et Dan Stevens (Bête).

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mercredi 25 janvier 2017

HISTOIRE DU CINEMA : PULP FICTION ET JOHN TRAVOLTA CONTRE L'AVIS DE LA SCIENTOLOGIE

Sorti en 1994, le film Pulp Fiction est devenu une véritable sensation instantanée. Le film a vraiment fait de Samuel L. Jackson une star et il a redonné un coup de fouet à la carrière de John Travolta qui commençait à retomber.
Et pourtant, le film de Quentin Tarantino a failli être différent puisque John Travolta aurait pu ne pas être dans le film. En effet, si l’acteur avait écouté les conseils de l’Eglise de Scientologie, dont il est membre, il n’aurait jamais fait Pulp Fiction.
Durant un épisode de la série documentaire de la chaîne A&E, Leah Remini : Scientology and the Aftermath, l’actrice Leah Remini (Un Gars du Queens) qui a quitté la scientologie il y a quelques années, a eu une discussion avec Mike Rinder, un ex-scientologue qui a fait une révélation. Il a confié à l’actrice que Travolta lui a demandé de consulter le scénario de Tarantino avant qu’il accepte ou non le rôle de Vic Vega. A l’époque, Rinder a conseillé à Travolta de refuser le rôle mais heureusement pour lui, il ne l’a pas écouté.
Quand Remini demande à Rinder comment la scientologie joue un rôle dans les carrières et les vies des célébrités, il répond avec hésitation : “J’ai une histoire mais je ne suis pas sûr de pouvoir la raconter, dit-il. Puis il raconte quand même : “Quand Quentin Tarantino a approché John Travolta pour un rôle dans Pulp Fiction, John m’a demandé de passer en revue le scénario pour lui dire ce que j’en pensais. Et le rôle était celui d’un assassin accro à la l’héroïne et je lui ai dit “oh John, je ne pense pas que tu devrais le faire.” Quel bon conseil de carrière, j’aurais dû être agent. Il m’a sagement ignoré.”
Il faut savoir que John Travolta n’était pas le seul choix pour le rôle de Vic Vega. Il a récemment été révélé que Daniel Day-Lewis était le choix du producteur Harvey Weinstein. Sean Penn et William Hurt ont aussi été considéré mais Quentin Tarantino a insisté pour que Travolta joue le rôle jusqu’à menacer de quitter la production. Il tenait vraiment à ce qu’il le fasse.
En fin de compte, tout a marché pour le mieux et le film est devenu un classique. Il fut aussi le premier film indépendant à dépasser les 200 millions de dollars de recettes avec un budget de 8 millions.
Il faut noter que John Travolta est toujours un des membres les plus proéminents de l’Eglise de Scientologie…même s’il n’écoute pas toujours leurs conseils. 

dimanche 26 avril 2015

L'HISTOIRE DU NAUFRAGE DE CATWOMAN de PITOF

Pour qui serait très porté sur le second degré, le hate watching, ou la simple fascination pour les films ratés, Canal+ Family propose ce soir un exemple canonique du genre avec Catwoman, l'adaptation sur grand écran du personnage créé par Bob Kane, et déjà apparu sous les traits de Michelle Pfeiffer, dont la tenue en cuir moulant a fait suer bon nombre de jeunes hommes, dans Batman : le défi deTim Burton. Rentré dans la mémoire collective comme la plus calamiteuse adaptation de comics de l'histoire, Catwoman fut un désastre intégral à sa sortie en salles, étrillé par la presse et les téléspectateurs, et plus encore par les fans du personnage qui se sont sentis trahis par le film du Français Pitof.
Mais plutôt que d'une nouvelle fois pointer du doigt tout ce qui ne va pas à l'écran une fois le film terminé, on peut essayer de comprendre comment pourtant prometteur sur le papier au tout début a pu déboucher sur le film le plus honni par les fans de DC et les autres. L'histoire de Catwoman, longue et tortueuse, a duré une dizaine d'années au cours desquelles le projet s'est embourbé de plus en plus pour donner le résultat que l'on connaît.
L'idée de dédier un spin-off particulier à Catwoman remonte en effet à bien avant sa sortie en 2004 puisque les premières discussions ont eu lieu en 1993 juste après Batman : le défi. Face à la popularité de Catwoman, la Warner, en plus de mettre en chantier ce qui deviendra Batman Forever (sale époque pour le Chevalier Noir et ses acolytes), décide de faire entrer le loup dans la bergerie avec un film entièrement dédié à Selina Kyle. Mais à l'époque, le studio imaginait encore pouvoir confier le film à Tim Burton et voir Michelle Pfeiffer reprendre son rôle (ce qui explique d'ailleurs pourquoi Catwoman n'apparaît pas dans Batman Forever).
Burton commence d'ailleurs à travailler sur le film, dont le scénario devait à l'époque être écrit par Daniel Waters, le scénariste deBatman : le défi. Mais à cette époque, le réalisateur multiplie les projets avortés : il envoie valser son adaptation de Mary Reilly pour cause de conflit avec son producteur (le film sera repris par Stephen Frears) et planche à côté sur une nouvelle version de La Chute de la Maison Usher d'Edgar Allan Poe, qui ne verra pas non plus le jour. Le projet tergiverse, perd du temps. La première version du script de Waters arrive dans les bureaux de la Warner le jour de la sortie de Batman Forever : pas assez grand public, il ne convainc pas les producteurs. Et de son côté, Michelle Pfeiffer commence à émettre des doutes sur son envie de revêtir le costume, pas très confortable, de Catwoman alors qu'elle est récemment devenue mère. Le projet finit par sombrer dans le development hell, où l'on retrouve tous les projets hollywoodiens au point mort, et tout le monde commence à quitter le navire.
Le projet ne refera surface qu'en 2001 avec l'annonce du remplacement de Michelle Pfeiffer par Ashley Judd, dont la cote ne cesse de monter à Hollywood. Mais le projet n'avance toujours pas et à cause d'emploi du temps non conciliables, Judd quitte à son tour le projet. Alors que le nom de Nicole Kidman circule en interne pour la remplacer, le choix se porte finalement sur Halle Berry. Dans le même temps, la dramaturge de Broadway Theresa Rebeck est choisie pour mettre en forme le scénario et la réalisation du film atterrit dans les mains de Pitof, principalement pour son aisance avec les nouvelles technologies numériques en train de faire leur apparition (son Vidocq est d'ailleurs l'un des premiers films intégralement tourné en numérique).
Après de nombreuses années de gestation, le projet prend forme mais une succession de décisions malheureuses vont précipiter le projet vers ce qu'il est devenu aujourd'hui. Le plus dommageable d'entre eux fut, pour éloigner le souvenir de Michelle Pfeiffer, de réécrire complètement le personnage et la mythologie de Catwoman autour d'un nouveau personnage inédite, Patience Phillips, une employée d'une compagnie de cosmétiques qui s'essaie aux essais chimiques pour lutter contre le vieillissement. Un personnage totalement différent et bien loin de l'anti-héroïne dure et sûre d'elle qu'est Catwoman, en dépit de ses failles. Les choix artistiques du costume de Catwoman par Angus Strathie, pourtant oscarisé en 2001 pour Moulin Rouge (il est un collaborateur très proche de Baz Luhrmann et de sa chef costumière Catherine Martin) font aussi grandement débat.
Le projet vire dès lors à la catastrophe sans que la spirale infernale ne puisse être enrayée : la première bande-annonce inquiète tellement les fans qu'elle est rapidement remplacée par une seconde. Catwoman sera un échec cuisant, incapable de rembourser son budget initial de 100 millions de dollars, et devient un sujet de moquerie. Le film se rattrapera dans les cérémonies de récompenses... ou plutôt aux Razzie Awards, où il remporte quatre des plus grosses récompenses. Halle Berry, visiblement en froid avec tout le monde, se déplaça même le soir de la cérémonie avec l'Oscar qu'elle avait remporté pour À l'ombre de la haine, pour récupérer son trophée et se lancer dans un discours célèbre où elle remercie la Warner de l'avoir fait tourner dans "ce tas de merde infâme" qu'estCatwoman.
Le résumé du film : Patience Philips, une artiste douée mais maladivement timide, se contente d'un modeste emploi de dessinatrice publicitaire au sein du conglomérat Hedare Beauty que dirigent le tyrannique George Hedare et sa femme, le légendaire top model Laurel. Le couple se prépare à lancer un cosmétique miracle mais Patience surprend une conversation où Laurel révèle que ce produit a des effets secondaires néfastes. Le couple abat alors froidement la jeune femme. Sous l'emprise d'une mystérieuse présence, Patience ressuscite et se réincarne en une femme féline et sensuelle, dotée d'une agilité et d'une force surhumaine. Libérée de ses complexes et devenue Catwoman, elle quitte son travail et entreprend de combattre le couple Hedare.

mercredi 22 avril 2015

8 ANECDOTES SUR DIAMANTS SUR CANAPE DE BLAKE EDWARDS

 Diamants sur canapé de Blake Edwards, rôle sans doute le plus iconique de la filmographie d'Audrey Hepburn, qui n'en manque pourtant pas. Dans cette adaptation, largement retravaillée, de Petit déjeuner chez Tiffany's de Truman Capote, Hepburn incarne Holly Golightly, une croqueuse de diamants dont s'éprend son voisin Paul Varjak, interprété par George Peppard. Ce dernier parvient peu à peu à percer la carapace de la jeune femme pour y découvrir ses troubles, la nostalgie de son Texas natal et ses angoisses.
Chef-d'oeuvre de sophistication, Diamants sur canapé est entré dans l'histoire du cinéma et bien plus encore par certaines images indélébiles qui reste aujourd'hui durablement associées à son actrice principale : ce plan d'ouverture où Holly contemple la vitrine de Tiffany's dans sa petite robe fourreau noire créée par son ami de toujoursHubert de Givenchy, mais aussi cette apparition sur le rebord de sa fenêtre où Paul la voit entonner Moon River. La chanson valut d'ailleurs à son légendaire compositeur Henry Mancini l'Oscar de la meilleure chanson, tandis qu'Audrey Hepburn fut nommée à l'Oscar de la meilleure actrice.
Tout a été dit sur le tournage mouvementé du film, qui fut par ailleurs l'objet d'un ouvrage de référence, 5e avenue, 5 heures du matin de Sam Wasson. Preuve de l'impact que peut encore avoir aujourd'hui Diamants sur canapé, voici quelques secrets de tournage sur le film qui fit entrer un peu plus son héroïne dans la grande histoire hollywoodienne.
Le résumé du film : Une croqueuse de diamants cherche à épouser un homme riche alors que son voisin écrivain s'intéresse fort à elle. La jolie et dissipée Holly fait également en toute innocence le messager pour un truand notoire. Lorsque la police l'interroge, elle n'a aucun mal à prouver son innocence mais son futur époux, riche planteur brésilien, s'éloigne par peur du scandale. L'écrivain en profite pour consoler la belle.

Truman Capote ne voulait pas d'Audrey Hepburn
Ceux qui ont lu Petit déjeuner chez Tiffany's se souviendront que la Holly décrite par Truman Capote est très différente physiquement d'Audrey Hepburn. L'écrivain avait en réalité une autre actrice en tête au moment d'écrire sa nouvelle, et pas n'importe laquelle puisqu'il voulait Marilyn Monroe pour l'incarner à l'écran. Capote enragea lorsque le choix des producteurs se porta sur Audrey Hepburn, l'actrice en vogue après son Oscar pour Vacances romaines et sa nomination pour Sabrina de Billy Wilder, et qui représente aux yeux de l'industrie et du public le quasi exact contraste de Marilyn. Marilyn avait pourtant bel et bien été approchée mais s'était désistée lorsque son mentor Lee Strasberg, créateur de l'Actors Studio, l'a mis en garde sur les répercussions que pouvaient avoir sur sa carrière le fait de jouer une prostituée à l'image.
Après avoir sollicité une autre immense blonde hollywoodienne, Kim Novak, c'est finalement Audrey Hepburn qui fut retenue. Truman Capote n'hésita pas à l'époque à parler de "trahison dans tous les sens du terme" de la part de la Paramount.


Blake Edwards, le caprice d'Audrey Hepburn
Non seulement Marilyn Monroe était pressentie pour jouer le rôle d'Holly, mais Blake Edwards non plus n'aurait jamais dû tourner le film. C'est en effet John Frankenheimer qui devait réaliser le film à l'origine. Problème : lorsqu'elle est arrivée sur le projet, Audrey Hepburn n'avait jamais entendu parler de lui ou de son travail, et demanda à ce qu'on le remplace. Blake Edwards, qui avait déjà connu le succès avec notamment Opération jupons, trouva davantage grâce aux yeux de l'actrice.


La jalousie de Mel Ferrer
Dans sa première autobiographie en 2008 (avant celle sur le tournage de Certains l'aiment chaud, donc), Tony Curtisrévéla qu'il avait lui-même approché Blake Edwards, un ami proche, pour incarner le rôle masculin du film. Mais sur insistance de Mel Ferrer, l'époux d'Audrey Hepburn, qui voyait d'un mauvais œil la perspective de la voir travailler avec un tel séducteur invétéré, Edwards refusa, et lui préféraGeorge Peppard. Rappelons par ailleurs que le tournage a commencé à peine trois mois après que l'actrice ait accouché de son premier fils, Sean.


Un dispositif exceptionnel chez Tiffany's
Diamants sur canapé fut l'une des meilleures publicités possibles pour le joaillier Tiffany's, qui mit à disposition du tournage l'intérieur de sa boutique de Manhattan. Le tournage de ces scènes fut l'objet d'un énorme déploiement de sécurité, avec plus d'une vingtaine d'agents de sécurité surveillant en permanence les faits et gestes des techniciens afin de prévenir tout vol, certaines parures apparaissant dans le film valant à elles seules plusieurs millions de dollars. De plus, l'enseigne accepta d'ouvrir ses portes au tournage y compris le dimanche, brisant une habitude vieille de plus d'un siècle.


Une scène d'ouverture stressante
Cela ne se voit pas à l'écran, puisqu'elle est censée se dérouler au petit martin, mais la scène d'ouverture du film fut un casse-tête à tourner du fait de l'important afflux de badauds (plusieurs centaines, rapportait-on) aux alentours de la boutique Tiffany's et de sa fameuse vitrine. Il y avait tellement de monde regroupé autour du plateau de tournage qu'Audrey Hepburn en était fréquemment déconcentrée au point de se tromper dans sa gestuelle. Il fallut attendre de très nombreuses prises et qu'un membre de l'équipe technique ne manque de se faire électrocuter pour que l'actrice reprenne ses esprits et tourne la scène comme il était prévu.


Le flair approximatif de la Paramount
Moon River est aujourd'hui indissociable de Diamants sur canapé malgré les innombrables reprises de la chanson composée par Henry Mancini, et inversement. Et pourtant, sans l'insistance d'Audrey Hepburn, elle aurait très bien pu ne jamais apparaître à l'écran. Un exécutif de la Paramount, au sortir de la projection-test, déclara : "Je crois que la première chose à faire est de se débarrasser de cette chanson stupide". Audrey Hepburn intervint immédiatement en menaçant le studio en cas de retrait de la chanson du montage final. Une intervention plus que salutaire donc...
La chanson avait d'ailleurs été écrite spécialement pourAudrey Hepburn et pour être facilement chantée par elle sur un seul octave. L'actrice était en réalité une assez piètre chanteuse, régulièrement doublée sur tous ses numéros musicaux.


Le costume le plus cher de l'histoire du cinéma
Pas si petite que le surnom qui lui est resté, la robe noire (et ses longs gants qui remontent jusqu'au coude) confectionnée par Hubert de Givenchy pour le film reste aujourd'hui un modèle d'élégance incomparable qui en font l'un des costumes de cinéma. Elle fut fabriquée en trois exemplaires, dont seuls deux ont été portés par l'actrice sur le tournage. Le premier d'entre eux est conservé dans les collections privées de la maison Givenchy, et le deuxième dans un musée pour costumes situé à Madrid. Le troisième en revanche fut vendu aux enchères en décembre 2006 pour un peu plus de 600.000 euros, reversés à fondation de la Cité de la Joie à Calcutta (du nom du roman et du film qui en fui tiré). Il s'agit encore aujourd'hui du montant le plus élevé perçu pour une vente aux enchères d'un costume de cinéma


La colère de Bruce Lee
Si le film est resté comme un chef-d'oeuvre dans l'histoire du cinéma, il ne manqua pas de lancer quelques polémiques à sa sortie, la plupart cristallisées autour du personnage de Mr Yunioshi, un photographe japonais joué de manière un peu outrancière par Mickey Rooney, tout ce qu'il y a de plus caucasien. La caricature n'a pas du tout plu à la communauté américaine d'origine asiatique, particulièrement dans les années 90. C'est à cette époque que sort notamment Dragon, l'histoire de Bruce Lee, biopic romancé de l'histoire de la star d'action hong-kongaise. Une scène du film, adapté du livre biographique de sa veuve Linda Lee Caldwell, montre les deux amoureux dans une salle de cinéma au moment de la sortie de Diamants sur canapé.Bruce Lee, excédé par le personnage de Yunioshi, quitta la salle avant même la fin du film. Une anecdote racontée en l'état dans le livre.
Dans un making-of du film datant de 2006, Blake Edwardsavoua qu'il avait sous-estimé la force du stéréotype et qu'il s'agissait de son plus gros regret sur le film en lui-même.