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mardi 18 août 2026

12.40 - MON AVIS SUR LE FILM AXTERIX ET LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE (2018)


 Vu le film Astérix et le Secret de la Potion Magique  d'Alexandre Astier et Louis Clichy  (2018) Film d'Animation Français.


On retrouve la même équipe que pour Le Domaine des Dieux, avec Louis Clichy à la réalisation et Alexandre Astier au scénario, mais cette fois Astier invente une histoire originale. Et c’est peut-être justement là que le bât blesse : si la mise en scène est réussie, tout en rondeur et en mouvement, même si je préfère largement la légèreté du trait d’Uderzo, c’est du côté du scénario et surtout des dialogues que ça pêche.


Astier a trop tendance à mettre du Kaamelott dans Astérix, alors que je préfère nettement les blagues et les vannes de Goscinny, qui avait parfaitement compris ses personnages et savait les faire parler sans jamais les trahir. Ici, je ne retrouve ni l’Obélix bougon mais amoureux, ni l’Astérix hargneux, et encore moins Idéfix, presque absent, remplacé par quelques petits sangliers qui semblent sortir tout droit d’un film Disney.


L’histoire nous emmène donc sur les routes de la Gaule avec Panoramix, qui sent qu’il prend de l’âge et décide qu’il est temps de transmettre le secret de la potion magique. Mais attention : surtout pas à Obélix ! Il part donc avec Astérix, Obélix et Idéfix à la recherche du druide capable de devenir son successeur. Une sorte de The Voice ou d’Incroyable Talent chez les druides, où vont défiler escrocs, charlatans et neuneus de service, chacun essayant de décrocher le poste.


Évidemment, il y a un méchant : Sulfurix, druide malfaisant qui rêve lui aussi de mettre la main sur le secret de la potion. Il va lancer ses forces contre Panoramix et ses amis, obligeant les druides à s’unir pour combattre celui qui veut s’emparer du pouvoir.


Le problème est que tout cela ressemble parfois davantage à une aventure d’Astier qu’à un véritable album d’Astérix. Certains personnages sont moins présents, certains rapports entre eux sont modifiés, et surtout, César est presque absent. Or les Romains, bon sang, c’est quand même l’ennemi numéro un de nos irréductibles Gaulois ! Ici, on nous sert surtout des druides, et certains font tellement penser au Devin de La Zizanie qu’on finit par regretter que Goscinny ne soit pas venu remettre un peu d’ordre là-dedans.


Je n’ai pas davantage aimé certaines trouvailles visuelles, notamment ce druide qui marche sur l’eau et multiplie les pains : Jésus n’était même pas encore arrivé et voilà qu’on nous fabrique déjà un Christ gaulois ! Et que dire de ces soldats qui se transforment presque en robots façon Transformers pour attaquer le village ? Là, j’ai décroché.


Autre regret : la voix de Roger Carel, Astérix historique, manque énormément. Il avait décidé de ne plus prêter son organe à la nation gauloise et c’est Christian Clavier qui prend le relais, clin d’œil sympathique puisque celui-ci avait déjà incarné Astérix au cinéma. Mais la voix de Carel faisait partie de l’ADN du personnage, comme celle de Jacques Morel pour Obélix ou les voix que l’on avait fini par associer à toute cette petite bande.


Pourtant, le film n’est pas mauvais. Il est même techniquement très réussi, agréable à regarder et parfaitement animé. Louis Clichy maîtrise son affaire et donne à l’ensemble une belle fluidité. Mais pour moi, Astérix sans l’esprit de Goscinny, ce n’est plus tout à fait Astérix.


Je préfère mille fois retrouver les vieux albums de mon enfance, leur rythme, leurs dialogues, leurs jeux de mots et cette façon unique qu’avait Goscinny de faire vivre ses personnages avec trois phrases. Ici, Astier veut parfois tellement faire du Astier qu’il oublie qu’il travaille chez les Gaulois.


Et puis il y a une règle simple : quand un film de ce type n’est pas drôle, c’est qu’il est partiellement raté.


Alors oui, on peut facilement regarder Astérix et le Secret de la Potion Magique, mais pour moi, il lui manque l’essentiel : une grande gorgée de potion magique !


NOTE ; 12.40

FICHE TECHNIQUE

Réalisation : Alexandre Astier et Louis Clichy
Scénario : Alexandre Astier et Louis Clichy
D'après l'oeuvre de René Goscinny et Albert Uderzo
Production : Natalie Altmann
Animation : Coline Veith et Jérôme Charton
Son : Cyril Holtz, Jean Goudier et Raphael Seydoux
Décors : Jérémie Brudieux
Directeur Artistique : Alexandre de Broca
Montage : Bertrand Maillard
Photographie : David Dulac

DISTRIBUTION VOIX



dimanche 26 avril 2026

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM MAPPLETHORPE DE ONDI TIMONER (2018)

 


Vu le Film Mapplethorpe de Ondi Timoner (2018) avec Matt Smith Marianne Rendon John Benjamin Hickey Brandon Sklennar Tina Benko Mark Moses Brian Stokes Mitchell 

Mapplethorpe est un biopic sur le célèbre et sulfureux photographe américain Robert Mapplethorpe, mort du sida en 1989 et dont la vie était encore plus scandaleuse que ses photographies. 

Biopic frontal, sans filtre, à l’image de son sujet : Robert Mapplethorpe, figure majeure de la photographie underground, est ici disséqué autant qu’exposé. Et il y a une logique à ça : on ne filme pas Mapplethorpe, on l’affronte. 

Le film nous plonge dans le New York des années 70, cette marmite artistique où tout bouillonne, tout déborde, tout se cherche. C’est là que Mapplethorpe se construit, dans la marge, dans l’excès, dans le désir de provoquer autant que de créer. Sa relation avec Patti Smith (incarnée par Marianne Rendón) est d’ailleurs l’un des cœurs battants du film : un lien fragile, artistique, amoureux, puis inévitablement fissuré par la quête obsessionnelle de lui-même. 

Et cette quête passe par le corps. Par les corps. Par le regard. 
Mapplethorpe assume tout : sa bisexualité, ses explorations, ses dérives. Et oui, ça le mène dans des zones dangereuses — pas seulement socialement, mais humainement. Le film ne juge pas, mais il ne protège pas non plus. Il montre. Brut. 

Timoner réalise un film étonnamment élégant. Parfois trop sage face à un sujet qui ne l’est jamais vraiment. Mais elle compense par une vraie sensibilité plastique : chaque plan semble chercher à reproduire une photographie de Mapplethorpe. C’est beau, froid, presque clinique. Photogénique, évidemment. Mais volontairement distant. 

Timoner lui, suit une ligne classique de biopic : ascension, affirmation, excès, chute. Rien de révolutionnaire dans la structure, mais ça tient parce que le personnage, lui, est tout sauf classique. On aurait aimé plus de chaos, plus de folie narrative, moins de balises. Mais le film préfère rester lisible là où son sujet ne l’était pas. 

Et puis il y a Matt Smith. Là, on est ailleurs. Il ne joue pas Mapplethorpe, il le canalise. Regard magnétique, présence troublante, presque mystique dans la dernière partie du film. Il donne une dimension fantomatique à la fin de vie du photographe, comme si l’image prenait définitivement le pas sur l’homme. Clairement, il porte le film sur ses épaules. 

Autour de lui, Marianne Rendón apporte une vraie douceur, une humanité nécessaire. Elle est l’ancrage, la respiration, presque la conscience que Mapplethorpe refuse d’écouter. 

Le film insiste aussi sur le travail artistique : le Polaroid, les compositions, les fleurs, les nus masculins. Cette obsession du contrôle, du cadre parfait, du noir et blanc comme une religion. On sent bien cette volonté de révolutionner l’image, même si le film reste parfois un peu illustratif là où il aurait pu être plus sensoriel. 

“Puissant et photogénique”, oui. Mais aussi un peu trop discipliné pour un artiste qui ne l’était pas. 

Reste un portrait solide, incarné, qui capte une époque et un homme sans chercher à l’excuser. Mapplethorpe dérange, fascine, et le film suit cette ligne sans trembler. 

Pas un chef-d’œuvre.  Mais un objet cohérent, habité, et porté par un acteur qui, lui, ne fait aucun compromis.

NOTE : 12.90

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

dimanche 12 avril 2026

13.20 - MON AVIS SUR LE FILM LE PHOTOGRAPHE DE MAUTHAUSEN DE MAR TARGARONA (2018)


 Vu le Film Le Photographe de Mauthausen de Mar Targarona (2018) avec Mario Casas Richard Van Weyden Alain Hernandez Adria Salazar Eduard Buch Stefan Weinert Frank Feyst 

En 1943, en fonction de leur passé républicain et de leur engagement contre le franquisme en Espagne, allié du Troisième Reich, ces Espagnols sont alors considérés comme des prisonniers politiques. Le jeune Francesc Boixphotographe de métier, est affecté au service d'identification du camp de concentration de Mauthausen sous le commandement de Franz Ziereis, et bras droit de Paul Ricken, le gardien de Mauthausen. Témoin de l’horreur, il tente au jour le jour de cacher des négatifs qui prouvent crimes et abus commis à la campagne à la fin de la guerre. Il a également réalisé de nombreuses photographies de Mauthausen après la libération en mai 1945 et a témoigné au procès de Nuremberg. 

Avis sur le film Le Photographe de Mauthausen de Mar Targarona — être opposant au franquisme et finir broyé par la machine nazie, voilà une trajectoire qui ne laisse aucune place au confort du spectateur, et le film raconte le destin réel de Francesc Boix, républicain espagnol capturé puis envoyé au camp de concentration de Mauthausen, un homme qui ne devait pas survivre mais qui va devenir témoin 

Boix n’est pas un héros au départ juste un survivant parmi les autres et c’est justement ça qui fait mal parce que son “privilège” si on ose appeler ça comme ça c’est son œil, son talent de photographe va le faire passer du côté des images plutôt que des pierres à porter mais attention on n’est pas dans un confort hollywoodien il photographie l’horreur il la classe il l’archive pour ses bourreaux 

Mario Casas porte le film avec un visage qui encaisse plus qu’il ne joue il ne cabotine jamais il encaisse il observe il intériorise et c’est exactement ce qu’il fallait autour de lui les seconds rôles gardiens prisonniers silhouettes composent une humanité écrasée ou monstrueuse sans caricature inutile 

Targarona film sèchement presque retenue pas de grandes envolées pas de lyrisme déplacé il cadre il montre il laisse respirer le silence et ce silence pèse plus lourd que n’importe quelle musique dramatique 

 Il suit aussi une ligne claire survivre cacher transmettre Boix et ses camarades organisent la dissimulation des négatifs chaque cliché devient une arme chaque image volée est une preuve contre l’oubli et là le film touche quelque chose de rare  

on n’est plus dans le simple récit de camp on est dans la fabrication de la mémoire parce que ces photos ce ne sont pas juste des images ce sont des coups de poing différés des bombes à retardement destinées à exploser après la guerre notamment lors des procès nazis 

 Il y a des films où l’on juge la mise en scène il y a des films où l’on juge le jeu des acteurs et puis il y a ceux où l’histoire vous regarde droit dans les yeux et vous dit tu vas te taire et regarder celui-ci est de ceux-là, alors oui on pourrait chipoter dire que certains passages sont attendus que la narration reste classique mais franchement est-ce que c’est ça qu’on vient chercher ici 

 La puissance des mots le choc des photos et ici les photos gagnent parce qu’au fonBoix ne vole pas des images il vole la vérité aux bourreaux et rien que pour ça le film existe

NOTE : 13.20

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Mar Targarona
  • Scénario : Roger Danès et Alfred Pérez Fargas
  • Musique : Diego Navarro
  • Direction artistique : Rosa Ros
  • Décors : Magdolna Varga
  • Costumes : Mercè Paloma
  • Photographie : Aitor Mantxola
  • Montage : José Luis Romeu
  • Production : István Major, Joaquín Padró et Mar Targarona
  • Sociétés de production : Rodar y Rodar ; FilmTeam, Institut Català de les Empreses Culturals (ICEC), Instituto de la Cinematografía y de las Artes Audiovisuales (ICAA), Radio Televisión Española (RTVE), Televisió de Catalunya (TV3) et We Produce 2017 (coproductions)
  • Sociétés de distribution : Filmax ; Netflix

DISTRIBUTION

  • Mario Casas : Francesc Boix, le photographe
  • Richard van Weyden : l'adjudant-chef SS Paul Ricken (de), responsable du service photographique
  • Alain Hernández : Valbuena
  • Adrià Salazar : Anselmo
  • Eduard Buch : Fonseca
  • Stefan Weinert : Franz Ziereis, le commandant, puis le SS-Standartenführer
  • Nikola Stojanovic : Hans Bonarewitz, l’évadé caché dans une caisse en bois
  • Rubén Yuste : Rosales
  • Frank Feys : Popeye
  • Marc Rodríguez : Enfermero
  • Albert Mora : le musicien
  • Joan Negrié : Lejías
  • Luka Peroš : SS-Hauptsturmführer Karl Schulz
  • Rainer Reiners : Poschacher
  • Toni Gomila : Francisco
  • Macarena Gómez : Dolores
  • Emilio Gavira : Alexander « A. K. » Katan, le prisonnier
  • Soma Zámbori : Chmielewski
  • Erik Gyarmati : Siegfried
  • Marta Holler : Anna Pointner
  • Dénes Ujlaky : Albert Pointner
  • Miguel Ángel González : le prisonnier espagnol squelettique
  • Andreu Carandell : le prisonnier du crématorium
  • Patrik Petrovski : le kapo de la menuiserie
  • Minnie Marx : la SS des prostituées
  • Koos Vos : le SS du bureau politique
  • Abel Rodríguez : le garçon parti
  • Roger Vilà : le garçon mort
  • Igor Szpakowski : le garçon Pérez
  • Gábor Deák : le SS privé
  • Ági Krasznahorkai : Mme Ziereis
  • Mariann Kocsis : Mme Poschacher
  • Balázs Szitás : le prisonnier buffon
  • Bernat Cot : le prisonnier dessinateur
  • Ralph Herbling : le médecin allemand
  • Guifré Baró : l’assistant du magicien
  • Roger Bosch : le musicien à la mandoline
  • Guillem Gefaell : le musicien à la guitare
  • Kristóf Widder : le SS chauffeur
  • Norbert Kovacs : le serveur
  • Péter Sokorai : le second serveur
  • Balazs Lengyel : le prisonnier autrichien
  • Laszlo Tamás Farkas : le second prisonnier autrichien