Vu le film Astérix et le Secret de la Potion Magique d'Alexandre Astier et Louis Clichy (2018) Film d'Animation Français.
On retrouve la même équipe que pour Le Domaine des Dieux, avec Louis Clichy à la réalisation et Alexandre Astier au scénario, mais cette fois Astier invente une histoire originale. Et c’est peut-être justement là que le bât blesse : si la mise en scène est réussie, tout en rondeur et en mouvement, même si je préfère largement la légèreté du trait d’Uderzo, c’est du côté du scénario et surtout des dialogues que ça pêche.
Astier a trop tendance à mettre du Kaamelott dans Astérix, alors que je préfère nettement les blagues et les vannes de Goscinny, qui avait parfaitement compris ses personnages et savait les faire parler sans jamais les trahir. Ici, je ne retrouve ni l’Obélix bougon mais amoureux, ni l’Astérix hargneux, et encore moins Idéfix, presque absent, remplacé par quelques petits sangliers qui semblent sortir tout droit d’un film Disney.
L’histoire nous emmène donc sur les routes de la Gaule avec Panoramix, qui sent qu’il prend de l’âge et décide qu’il est temps de transmettre le secret de la potion magique. Mais attention : surtout pas à Obélix ! Il part donc avec Astérix, Obélix et Idéfix à la recherche du druide capable de devenir son successeur. Une sorte de The Voice ou d’Incroyable Talent chez les druides, où vont défiler escrocs, charlatans et neuneus de service, chacun essayant de décrocher le poste.
Évidemment, il y a un méchant : Sulfurix, druide malfaisant qui rêve lui aussi de mettre la main sur le secret de la potion. Il va lancer ses forces contre Panoramix et ses amis, obligeant les druides à s’unir pour combattre celui qui veut s’emparer du pouvoir.
Le problème est que tout cela ressemble parfois davantage à une aventure d’Astier qu’à un véritable album d’Astérix. Certains personnages sont moins présents, certains rapports entre eux sont modifiés, et surtout, César est presque absent. Or les Romains, bon sang, c’est quand même l’ennemi numéro un de nos irréductibles Gaulois ! Ici, on nous sert surtout des druides, et certains font tellement penser au Devin de La Zizanie qu’on finit par regretter que Goscinny ne soit pas venu remettre un peu d’ordre là-dedans.
Je n’ai pas davantage aimé certaines trouvailles visuelles, notamment ce druide qui marche sur l’eau et multiplie les pains : Jésus n’était même pas encore arrivé et voilà qu’on nous fabrique déjà un Christ gaulois ! Et que dire de ces soldats qui se transforment presque en robots façon Transformers pour attaquer le village ? Là, j’ai décroché.
Autre regret : la voix de Roger Carel, Astérix historique, manque énormément. Il avait décidé de ne plus prêter son organe à la nation gauloise et c’est Christian Clavier qui prend le relais, clin d’œil sympathique puisque celui-ci avait déjà incarné Astérix au cinéma. Mais la voix de Carel faisait partie de l’ADN du personnage, comme celle de Jacques Morel pour Obélix ou les voix que l’on avait fini par associer à toute cette petite bande.
Pourtant, le film n’est pas mauvais. Il est même techniquement très réussi, agréable à regarder et parfaitement animé. Louis Clichy maîtrise son affaire et donne à l’ensemble une belle fluidité. Mais pour moi, Astérix sans l’esprit de Goscinny, ce n’est plus tout à fait Astérix.
Je préfère mille fois retrouver les vieux albums de mon enfance, leur rythme, leurs dialogues, leurs jeux de mots et cette façon unique qu’avait Goscinny de faire vivre ses personnages avec trois phrases. Ici, Astier veut parfois tellement faire du Astier qu’il oublie qu’il travaille chez les Gaulois.
Et puis il y a une règle simple : quand un film de ce type n’est pas drôle, c’est qu’il est partiellement raté.
Alors oui, on peut facilement regarder Astérix et le Secret de la Potion Magique, mais pour moi, il lui manque l’essentiel : une grande gorgée de potion magique !
Scénario : Alexandre Astier et Louis Clichy
D'après l'oeuvre de René Goscinny et Albert Uderzo
Production : Natalie Altmann
Animation : Coline Veith et Jérôme Charton
Son : Cyril Holtz, Jean Goudier et Raphael Seydoux
Décors : Jérémie Brudieux
Directeur Artistique : Alexandre de Broca
Montage : Bertrand Maillard
Photographie : David Dulac
- Bernard Alane : Panoramix
- Christian Clavier : Astérix
- Guillaume Briat : Obélix
- Lévanah Solomon : Pectine
- Max Brunner : Minix
- Ethan Astier : Loustix
- Simon Brunner : Sphérix et Cubix
- Florence Foresti : Bonemine
- Serge Papagalli : Abraracourcix
- Laurent Morteau : Agecanonix
- Luna Karys : Mme Agecanonix
- François Morel : Ordralfabétix
- Lionnel Astier : Cétautomatix
- Arnaud Léonard : Assurancetourix
- Joëlle Sevilla : Iélosubmarine
- François Raison : Vitrocéramix et Climatoseptix
- Daniel Mesguich : Sulfurix
- Gérard Hernandez : Atmosphérix
- Patrick Bonnel : Fantasmagorix
- Alex Lutz : Téléférix
- Jacques Chambon : Zurix
- Nicky Naudé : Æpyornix et Fotovoltahix
- Dominique Bastien : Bazunix et Caustix
- Christophe Fluder : Bitnix
- Louis Clichy : Magnétix et les frères Fratellinix
- Philippe Morier-Genoud : Jules César
- Olivier Saladin : sénateur Tomcrus
- Alexandre Astier : Oursenplus, Huiledolix et Blodimérix
- Élie Semoun : Cubitus
- Franck Pitiot : Humérus
- Romain Segaud : Tektonix et les frères Fratellinix
- François Rollin : Grotadefrix
- Éric Bougnon : le capitaine Barbe-Rouge
- Daniel Laloux : Triple-Patte
- Patrick Pineau : Aplusbégalix
- Yoann Blanc : Colchix
- Lana Ropion : Alcaline
- Jérémy Bardeau : voix additionnelles
- Delphine Braillon : voix additionnelles
- Marie-Madeleine Burguet : voix additionnelles
- Déborah Claude : voix additionnelles
- Sébastien Faglain : voix additionnelles
- Pierre Hiessler : voix additionnelles
- Olivier Jacquet : voix additionnelles
- Céline Melloul : voix additionnelles
- Christian Peythieu : voix additionnelles
- Vincent Ropion : voix additionnelles
- Magali Rosenzweig : voix additionnelles
- Bernard Bollet : voix additionnelles
- Pierre Tessier : voix additionnelles

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