Vu le Film Une Nuit à l'Assemblée Nationale de Jean Pierre Mocky (1988) avec Michel Blanc Jacqueline Maillan Jean Poiret Darry Cowl Francis Blanche Josiane Balasko Sophie Moyse Bernadette Lafont
Un film de Jean-Pierre Mocky ? Pas la peine de mettre le tampon avec son nom sur l’affiche : on reconnaît le bonhomme dès la première minute !
C’est iconoclaste, anticlérical, antipolitique à fond, antibourgeois et… anti-tout, au fait !
Chez Mocky, personne n’est épargné, surtout pas les politiques.
Et cette fois, il décide de mettre les pieds directement dans le plat, et même de sauter dedans à pieds joints !
L’action se passe donc dans les milieux politiques, où la gauche, la droite, les deux extrêmes et les écolos s’en prennent plein la gueule.
Pas de jaloux chez Mocky : tout le monde y passe !
Parmi les écolos, on suit Walter Arbeit, formidablement interprété par Michel Blanc, un écolo… mais pas trop !
Walter vit toujours nu avec ses condisciples et ses chèvres — ou presque ! — et lorsqu’il doit accompagner son député Dugland, tout un programme rien qu’avec le nom, il le fait complètement nu.
Et là, notre Michel Blanc national n’hésite pas à montrer son étendard national et ses deux cousines ! 😂
Mais derrière le personnage complètement barré, Arbeit est surtout un pur.
Et lorsqu’il s’aperçoit que son député est un escroc — pléonasme — il ne va évidemment pas se contenter de fermer sa gueule.
Il va foutre un bordel sans nom dans les couloirs et jusque dans le cœur de l’Assemblée nationale.
Pour l’aider dans cette croisade, il peut compter sur sa copine Henriette Brulard, incarnée par Jacqueline Maillan.
Et avec Michel Blanc et Jacqueline Maillan réunis dans un tel endroit, autant dire que la République va rapidement prendre cher !
On pense forcément aux Marx Brothers et à Une Nuit à l’Opéra : même mécanique de destruction organisée, même accumulation de situations absurdes, même plaisir à faire exploser un lieu supposé respectable.
Sauf qu’ici, l’Opéra devient l’Assemblée nationale !
Et le grand spectacle n’est plus musical : c’est un grand ballet de stupidité, de sarcasmes, d’attaques en règle contre le pouvoir et ses sbires.
Mocky transforme les couloirs de l’Assemblée en véritable terrain de jeu où les hommes politiques, leurs combines et leurs petits arrangements passent à la moulinette.
Et comme toujours chez lui, ça gueule, ça s’agite, ça magouille et ça part dans tous les sens.
Mais ce qui fait aussi le charme du film, c’est son casting.
Autour de Michel Blanc et Jacqueline Maillan, Mocky réunit Jean Poiret, Darry Cowl, Roland Blanche, Josiane Balasko, Bernadette Lafont et toutes ces gueules qu’il affectionnait tant.
Des comédiens qui peuvent parfois n’avoir qu’une seule réplique, mais quelle réplique !
Une petite apparition, une phrase bien placée, et ça pique immédiatement.
C’est aussi ça, le cinéma de Mocky : une galerie de tronches, de grandes gueules et de personnages improbables qui surgissent, balancent leur réplique et repartent comme ils sont venus.
Pas besoin de leur écrire dix pages de dialogue : chez Mocky, parfois une phrase suffit pour mettre le feu.
Alors évidemment, ce n’est pas du cinéma qui cherche la finesse diplomatique.
Mocky n’est pas là pour organiser une conférence de presse ni pour demander l’autorisation de taper.
Il cogne.
À gauche, à droite, au centre, chez les extrêmes, chez les écolos… et tant qu’il reste quelqu’un debout, il continue !
On aime ou on n’aime pas Mocky, mais il faut reconnaître une chose : il était libre.
Très grandes gueules, ses films ?
Certainement ! Provocateurs ? Évidemment !
Mais souvent étonnamment justes avec le temps.
Parce que derrière la caricature, la vulgarité assumée, le sarcasme et le grand n’importe quoi, Mocky avait parfois un sacré nez pour flairer les travers de la société française.
Et lorsqu’on regarde Une Nuit à l’Assemblée Nationale, on se dit que certaines de ses attaques n’ont peut-être pas tellement vieilli…
Toujours un plaisir de regarder un Mocky.
Et celui-là ne déroge pas à la règle : ça gueule, ça cogne, ça dézingue et ça fout le bordel !
Bref, une nuit à l’Assemblée nationale selon Mocky, c’est une nuit où la République en prend pour son grade… et où le spectateur, lui, passe un excellent moment !
NOTE : 12.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Jean-Pierre Mocky
- Scénario : Jean-Pierre Mocky
- Dialogues : Jean-Pierre Mocky et Patrick Rambaud
- Assistants réalisation : Marc-Henri Dufresne Reynald Calcagni et Richard Debuisne
- Photo : Marcel Combes
- Son : Bernard Rochut
- Décors : Jean-Michel Hugon et René Loubet
- Musique : Gabriel Yared (Éditions Sidonie)
- Montage : Jean-Pierre Mocky
- Costumes : Marie Rodriguez
- Coproduction : Cinemax, Koala-Fillms, SGGC
- Producteur délégué : André Djaoui
- Distribution : BAC Films
- Lieux de tournage : Paris, Région Parisienne
DISTRIBUTION
- Michel Blanc : Walter Arbeit
- Jean Poiret : Octave Leroy
- Jacqueline Maillan : Henriette Brulard
- Darry Cowl : Kayser
- Roland Blanche : Agnello, le ministre
- Sophie Moyse : Olympe
- Bernadette Lafont : Madame Dugland
- Josiane Balasko : La journaliste
- Jean Benguigui : Marcel
- Luc Delhumeau : Aimé Dugland
- François Toumarkine : Tutti-Frutti
- Baaron : La marabout
- Julien Verdier : Le grand conseiller
- Anne Zamberlan : Mme Tutti-Frutti
- Dominique Zardi : Fricasset
- Jean-Pierre Clami : Delapine
- Isabelle Mergault : Fernande
- Martine Visciano : Marie-Hermine Leroy
- Michel Francini : Le colonel Dugommier
- Lisa Livane : La comtesse royaliste
- Dominique Goursolle : Madame Arbeit
- Antoine Mayor : Le naturiste qui garde le camp
- Vadim Cotlenko : Le président
- Jean Abeillé : Plumet
- Georges Lucas : Un agent à l'Assemblée
- Jean Cherlian : Un journaliste
- Gaby Agoston : Pilote d'avion
- Christian Chauvaud : Un député
- Aline Alba
- Didier Delanoue : Chef de musique de L'Étoile Montgeronaise

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