Pages

Affichage des articles dont le libellé est FILMS 2026. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est FILMS 2026. Afficher tous les articles

samedi 31 octobre 2026

7.70 - MON AVIS SUR LE FILM ALI G WHO IZ I DE SACHA BARON COHEN (2026)


 Vu le film Ali G Who Iz I ? de Sacha Baron Cohen (2026) avec Sachar Baron Cohen Morgana Robinson


Il aura fallu attendre près de vingt-cinq ans pour retrouver Ali G, le fameux énergumène imaginé et interprété par Sacha Baron Cohen, qui revient avec ce « Ali G: Who Iz I? », une nouvelle aventure qui, malheureusement, ne restera pas dans les annales de la comédie. Voilà donc le film dont on a vu circuler un budget absolument délirant de 160 millions de dollars (selon les ruleurs) .

Où est passé l'argent ? Certainement pas dans les gags, qui semblent avoir été recyclés depuis les premières aventures du personnage. Car si le premier opus avait encore quelques bonnes surprises à nous offrir, cette nouvelle livraison donne surtout l'impression de retrouver un vieux copain qui raconte pour la vingtième fois les mêmes blagues, en espérant que l'on va encore se rouler par terre.

L'histoire nous retrouve vingt ans après les précédentes aventures d'Ali G, toujours aussi peu préoccupé par les réalités de l'existence. Lorsqu'il découvre que sa compagne de longue date, Julie, est enceinte de huit mois, notre champion de la réflexion comprend qu'il va falloir trouver quelques billets pour nourrir cette future progéniture. Direction les États-Unis, où il espère retrouver sa gloire passée et faire rentrer un peu de cash dans les caisses. Mais l'Amérique ne va pas exactement lui dérouler le tapis rouge et notre spécialiste du bon goût va rapidement se retrouver confronté à quelques adversaires inattendus.

Sacha Baron Cohen reprend évidemment son personnage fétiche, avec son accoutrement de rappeur de banlieue, son vocabulaire approximatif, ses lunettes jaunes et sa science très personnelle des relations humaines. Morgana Robinson incarne Julie, sa compagne, tandis que plusieurs intervenants, qui ne savent pas toujours à qui ils ont réellement affaire, se retrouvent embarqués dans les situations imaginées par le comédien. Car c'est bien là que réside le principe de l'entreprise : mélanger fiction, caméra cachée et réactions bien réelles de personnes qui ne sont pas forcément préparées à recevoir un spécimen pareil.

Est-ce que le résultat mérite le rejet qu'il a suscité aux États-Unis ? Oui et non. Oui, parce que le film est franchement peu drôle, que Baron Cohen recycle ses blagues pipi-caca et sexuelles à tour de bras et que son personnage semble avoir perdu une bonne partie de son pouvoir de surprise. Ses provocations, qui pouvaient faire mouche il y a vingt ou trente ans, donnent aujourd'hui une impression de déjà-vu assez désolante. Il continue également de s'attaquer aux religions et aux convictions de chacun sans beaucoup de précautions, avec cette volonté de ne laisser personne tranquille. Cela pouvait provoquer quelques éclats de rire dans une émission de sketches à la manière du Saturday Night Live, mais le paysage comique et les mentalités ont bien changé depuis.

Non, parce que je reconnais tout de même à Sacha Baron Cohen un courage assez rare dans une époque où chacun pèse ses mots avant de plaisanter. Il ose encore mettre les pieds dans des endroits où beaucoup de comiques préfèrent ne plus s'aventurer, quitte à se prendre quelques retours de bâton. Mais encore faudrait-il que la provocation soit accompagnée de véritables trouvailles comiques. Faire rire en dérangeant est une chose, répéter les mêmes recettes en espérant que le scandale fera le reste en est une autre.

Le plus intéressant dans cette nouvelle aventure n'est d'ailleurs pas toujours ce que raconte Ali G, mais plutôt la tête des spectateurs involontaires qui se retrouvent face à lui. Leurs réactions, leurs hésitations et leurs regards parfois complètement désarmés constituent les meilleurs moments du film. On finit même par se demander si ce ne sont pas eux qui ont fait monter le budget à 160 millions de dollars, tant certaines situations semblent coûter beaucoup plus cher à produire qu'à faire rire !

Reste un personnage qui a marqué son époque, mais dont le retour ressemble davantage à une tournée nostalgique qu'à une véritable renaissance. Les amateurs inconditionnels de Baron Cohen y trouveront certainement quelques raisons de sourire, les autres risquent de regarder leur montre en attendant que la plaisanterie se termine. Ali G a voulu revenir pour montrer qu'il n'avait rien perdu de son insolence, mais il aurait peut-être fallu commencer par renouveler son stock de blagues. Un film pour les fidèles du personnage, mais qui a franchement mal vieilli

NOTE : 7.70

FICHE TECHNIQUE

Réalisé parSacha Baron Cohen
Scénario de
Histoire par
Basé sur
Ali G
par  Sacha Baron Cohen
Produit par
Avec
Cinématographie
Édité par
Musique par

Sociétés de production
Distribué parAmazon MGM Studios [ 1 ]
dates de sortie
  • 14  octobre  2026 (Los Angeles)
  • 23  octobre  2026 (Royaume-Uni)
CASTING

jeudi 29 octobre 2026

16.30 - MON AVIS SUR LE FILM HOPE DE NA HONG JIN (2026)

 


Vu le film Hope de Na Hong-jin (2026) avec Hwang Jeong-min Michael Fassbender Jo In-sung Jung Ho-yeon Alicia Vikander Taylor Russell Cameron Britton


On attendait impatiemment le retour de Na Hong-jin, ce réalisateur sud-coréen qui nous avait offert trois chefs-d’œuvre du thriller ultra-violent avec The Chaser, The Murderer et The Strangers. Autant dire qu’après une telle trilogie, on l’attendait au tournant avec Hope, son incursion dans la science-fiction et ses extraterrestres qui ne sont manifestement pas venus pour nous apporter des fleurs.


Tout commence à Hope, un village portuaire où des entités extraterrestres ont décidé de prendre leurs quartiers, peut-être pour profiter d’un petit bain de soleil, sauf que leurs principales activités consistent plutôt à terroriser les autochtones. Les habitants découvrent rapidement que leurs nouveaux voisins ne sont pas du genre à respecter le règlement de copropriété, et que la cohabitation risque de tourner au cauchemar. Face à ces créatures aux intentions franchement peu serviables, chacun va tenter de sauver sa peau dans un déchaînement de violence, de courses-poursuites et de situations qui échappent rapidement à toute logique raisonnable.


Na Hong-jin ne nous ment ni sur le budget ni sur ses ambitions, puisqu’il nous embarque pendant deux heures quarante dans un délire de science-fiction absolument insensé, où des humains tentent de survivre à des choses poisseuses, gluantes et manifestement peu disposées à retourner d’où elles viennent. Le réalisateur ne nous lâche pas une seconde, nous faisant passer de l'effroi à l'incrédulité, avec cette manière de faire monter la tension jusqu'à nous donner envie de vérifier si notre fauteuil est toujours entier.


Impossible de résumer Hope sans lui faire perdre une bonne partie de sa folie, tant le scénario multiplie les situations improbables, les rebondissements et les visions hallucinées. C'est bordélique, frapadingue, ahurissant, mais d'un bordel jouissif qui donne le sentiment d'assister à quelque chose que l'on n'avait encore jamais vu. Les extraterrestres sont baveux, gluants, terrifiants et désespérément accrochés à notre monde, sans la moindre intention de rentrer à la maison comme dans le film de Spielberg. Non, ceux-là restent collés à nous, et leur conception de la visite amicale ressemble davantage à une séance de torture qu'à un échange de civilités intergalactiques.


La première partie est peut-être la meilleure, avec une tension remarquable, des personnages inquiétants et une atmosphère qui rappelle parfois le cinéma de Tarantino, lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la situation et que l'on comprend que personne ne sortira indemne de la rencontre. Mais Na Hong-jin ne se contente pas de reproduire les recettes de ses précédents films, puisqu'il change complètement de terrain de jeu pour nous entraîner dans une aventure où la science-fiction devient le prétexte à toutes les audaces.


Le scénario est admirable, à condition d'accepter de rentrer dans le délire du réalisateur, qui mélange créativité, émotion et humour sans demander la permission à personne. Ce monde est fou, mais il est admirablement filmé, à l'ancienne, ai-je envie de dire, avec des travellings saisissants, des mouvements de caméra qui semblent ne jamais vouloir s'arrêter et une photographie de dingue. Les compositions sont parfois presque manichéennes, les images possèdent une puissance folle et la mise en scène donne une ampleur exceptionnelle à ce chaos organisé, même lorsque l'on se demande sérieusement où le cinéaste veut nous emmener.


Le casting participe pleinement à cette aventure, les interprètes devant affronter des situations qui semblent parfois relever du cauchemar éveillé plutôt que d'un tournage ordinaire. Les personnages ne sont pas là pour faire de la figuration devant des monstres numériques, mais pour essayer de comprendre ce qui leur arrive, de résister et, si possible, de ne pas finir en pièces détachées. On s'attache à ces êtres humains ballotés dans un univers qui ne leur laisse guère de répit, et l'émotion parvient à se frayer un chemin au milieu de cette débauche de violence et de visions hallucinantes.


Na Hong-jin réussit surtout à maintenir une tension presque permanente, sans nous laisser le temps de reprendre tranquillement nos esprits, et les deux heures quarante passent à une vitesse folle. On souffle, on respire, on expire, avant de repartir de plus belle dans une succession de scènes qui semblent vouloir tester les limites de notre résistance. Quant à nos ongles, ils risquent de laisser quelques traces sur les accoudoirs, car il devient difficile de rester tranquillement installé devant pareil spectacle.


On pourra rester frustré par une conclusion qui ne répond pas nécessairement à toutes les questions et laisse le spectateur avec son lot d'interrogations, mais ce serait presque reprocher à un tel film de ne pas nous avoir fourni le mode d'emploi avant de nous envoyer dans l'espace. Hope est un film qui se vit autant qu'il se comprend, et il faut accepter de se laisser emporter par son univers plutôt que de chercher à tout prix une explication rationnelle à chaque image.


Du grand cinéma, généreux, démesuré et complètement déjanté, qui prouve que Na Hong-jin n'a pas perdu la main depuis ses précédents chefs-d'œuvre, même s'il a décidé de troquer les tueurs en série contre des visiteurs venus d'ailleurs. Après trois thrillers qui nous avaient déjà sérieusement secoués, le voilà qui s'attaque aux extraterrestres avec une ambition folle et une inventivité visuelle qui laisse sur le carreau bien des productions plus conventionnelles.


Et si l'on ressort de Hope avec quelques frustrations et la désagréable impression que ces bestioles ne sont pas près de nous lâcher, on aura au moins vécu une expérience de cinéma aussi insensée qu'inoubliable. Quant à savoir ce que signifie réellement tout ce cirque, comprenne qui pourra, mais une chose est certaine : pendant deux heures quarante, Na Hong-jin nous aura fait oublier le monde extérieur, et ce n'est déjà pas si mal.

NOTE : 16.30

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation et scénario : Na Hong-jin
  • Musique : Michael Abels[]
  • Décors : Lee Hwo-kyoung[]
  • Costumes : Jo Hee-ran
  • Photographie : Hong Kyung-pyo[]
  • Son : Kim Chang-sub[]
  • Montage : Kim Sun-min[Production : Chae Ji-woong[], Kim Sae-mi[] et Na Hong-jin[]
    • Production déléguée : Joo Seung-wan[]
    • Coproduction : Son Seung-hyun
  • Sociétés de production : Forged Films[], en coproduction avec Plus M Entertainment[]
  • Sociétés de distribution : Plus M Entertainment[] ; Universal Pictures International France (France)[]
  • Budget : 70 à 100 milliards de won[]
  • Pays de production : Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud

DISTRIBUTION

mercredi 28 octobre 2026

13.10 - MON AVIS SUR LE FILM DON JON DE JOSEPH GORDON LEVITT (2013)

 


Vu le film Don Jon de Joseph Gordon Levitt (2013) avec Joseph Gordon Levitt Tony Danza Scarlett Johanson Julianne Moore Glenne Headly Brie Larson Rob Brown


« Mes amis, mes amours, mes emmerdes, mes relations… », s'échinait à chanter Charles Aznavour, mais Joseph Gordon-Levitt, dans Don Jon, a des problèmes beaucoup plus terre à terre : son corps, son appartement, sa caisse, sa famille, son église, ses potes et ses copines, avec un loisir qui occupe une place toute particulière dans son existence, SES PORNOS !

Car Jon, malgré son physique de séducteur bodybuildé et sa collection de conquêtes, ne trouve jamais chaussure à son pied, ou plutôt talons aiguilles, qui restent rarement plus d'une nuit dans son appartement ou dans sa voiture. Son véritable amour, celui qui ne le déçoit jamais, se trouve sur Internet, où il peut engloutir entre dix et quinze pornos par jour, accompagné de sa fidèle boîte de mouchoirs. À ce niveau-là, ce n'est plus une passion, c'est un abonnement à temps plein !

Bien sûr, la famille est là pour l'aider dans son petit délire, avec un père, interprété par Tony Danza, qui pourrait presque lui demander si madame a été servie, une sœur, jouée par Brie Larson, tellement collée à son portable qu'elle semble avoir fusionné avec lui, et une mère qui s'inquiète de voir son rejeton mener une existence qui tourne un peu trop autour de ses propres plaisirs. Il y a aussi l'église, où notre homme se rend chaque semaine pour se confesser, nettoyer sa conscience et purger le bébé, histoire de repartir du bon pied jusqu'au dimanche suivant !

Enfin, Jon rencontre la femme de sa vie, Barbara, incarnée par Scarlett Johansson, une blonde incendiaire qui va rapidement emménager chez lui et découvrir que son prince charmant entretient une relation particulièrement assidue avec son ordinateur. Le problème, c'est que la belle préfère le cinéma classique, les histoires d'amour et les grandes romances, tandis que son Don Juan des temps modernes trouve davantage son bonheur devant des vidéos qui ne demandent ni dialogues ni scénario.

Et oui, la belle Scarlett va se prendre autant de vents que les précédentes, car elle a beau vouloir façonner son compagnon à son image, il y a des habitudes qui ont la vie dure, surtout lorsqu'elles sont devenues une véritable obsession. Comme elle avait commencé sa carrière dans L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, on pourrait lui conseiller : Scarlett au haras, et oublie Don Jon !

Heureusement, une certaine Esther, incarnée par Julianne Moore, va venir bouleverser les habitudes de notre étalon de salle de musculation et lui faire découvrir que les relations humaines peuvent réserver des plaisirs autrement plus compliqués, mais aussi plus profonds, que ceux qu'il trouve sur son écran. Une rencontre qui va l'obliger à regarder les femmes autrement, et peut-être même à se regarder lui-même avec un peu moins de complaisance.

Joseph Gordon-Levitt passe pour la première fois derrière la caméra avec cette comédie qui aborde la dépendance à la pornographie, les illusions amoureuses et le décalage entre les fantasmes et la réalité, le tout dans un emballage qui ne s'embarrasse guère de pudeur. Scarlett Johansson joue les femmes idéales avec son charme habituel, tandis que Julianne Moore apporte une sensibilité bienvenue à cette histoire qui, derrière ses provocations, essaie tout de même de raconter quelque chose sur l'intimité et les sentiments.

Une bonne comédie, sans plus, assez différente de ce que l'on voit habituellement, avec beaucoup de Q, et encore du Q, mais si l'on n'aime pas ça, pourquoi en dégoûter les autres ? Le film a au moins le mérite de ne pas faire semblant de parler d'autre chose, même si son propos finit par être plus intéressant que ses provocations répétées.

Par contre, vu le physique de Joseph Gordon-Levitt, je me demande s'il ne préparait pas déjà un rôle musclé… de super-héros !

NOTE : 13.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION