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mardi 15 septembre 2026

14.30 - MON AVIS SUR LE FILM LA FIN DE OAK STREEET DE DAVID ROBERT MITCHELL (2026)

 


Avis sur le Film La Fin de Oak Street de David Robert Mitchell (2026) avec Ewan McGregor Anne Hattaway Maisy Stella Christian Convery P.J Byrne Jordan Alexa Davis Emily Kureda David Alexander Kaplan Hudson Meek


La Fin d’Oak Street de David Robert Mitchell est un film étrange sur le fond mais plutôt fun sur la forme. Mitchell, déjà réalisateur de deux films aussi étranges qu’It Follows et Under the Silver Lake, n’est pas franchement le plus prolifique des cinéastes puisqu’il nous offre ici son troisième film en douze ans, mais il revient avec un voyage assez particulier, peuplé de créatures autant humaines que préhistoriques.

Tout commence dans une petite ville aisée de province américaine, Oak Street, qui nous fait penser tout de go à un roman de Stephen King, quelque part entre Stand by Me et Les Goonies. Une gentille famille avec papa, maman, les enfants et le chien, un voisin irascible, un ado harcelé, bref, tout semble presque normal, enfin presque, parce que non, on n’est pas dans Boule et Bill. Et puis voilà qu’un mystérieux phénomène cosmique arrache littéralement le quartier à son environnement et l’envoie dans un monde préhistorique. Un petit voyage dans le temps à la Zemeckis et, évidemment, des dinosaures qui débarquent, ce qui nous fait immédiatement penser au GOAT Steven Spielberg.

Mais Mitchell ne prend surtout pas la voie toute tracée de Jurassic Park. Ses dinosaures ont parfois davantage l’air de jouets en peluche géants que de machines à bouffer de l’humain, et on pourrait presque croire qu’ils s’occupent du voisin et des ados harceleurs pour le simple plaisir de faire un peu de ménage dans le quartier. Et c’est là que le film devient assez amusant parce que Mitchell nous tient en haleine, installe une menace, puis casse complètement son rythme pour repartir dans une autre direction, comme ces dinosaures qui copulent et qui vous font comprendre qu’il ne faut surtout pas prendre tout cela trop au sérieux.

Non, nous ne sommes pas dans Jurassic Park, et finalement tant mieux. On est là pour s’amuser, même si je me suis retrouvé partagé entre l’envie d’avoir encore plus de fun, plus de sang ou tout simplement davantage de scènes avec les dinosaures. Parce qu’il y avait matière à faire beaucoup plus dans ce domaine et Mitchell semble parfois retenir la bride alors que j’avais justement envie qu’il lâche complètement les chevaux, enfin les dinosaures.

Le franchissement du vortex va encore changer la direction du récit et, à un moment, je me suis même demandé si nous n’étions pas tout simplement dans l’imagination de la mère en train d’écrire un roman. C’est dire si Mitchell aime nous faire perdre nos repères, quitte à nous laisser parfois chercher nous-mêmes le mode d’emploi.

Côté acteurs, Ewan McGregor fait le boulot, mais je vais être cruel : ce n’est certainement pas son meilleur rôle, et ce n’est pas grave. J’ai nettement préféré son fils dans le film, Christian Convery, qui apporte davantage à cette aventure et à ce jeune personnage confronté à un environnement qui n’a plus grand-chose à voir avec son quartier tranquille.

La fin m’a d’ailleurs un peu déçu, surtout après avoir eu autant envie que le film pousse encore plus loin la folie. Mitchell nous laisse finalement sur le côté de la route avec notre imagination, alors que j’aurais bien aimé quelques kilomètres supplémentaires dans ce délire préhistorique.

Alors oui, sentiment partagé entre le manque et le fun, entre l’envie d’en voir davantage et le plaisir de ce que Mitchell nous donne. Mais comme diraitun ami : le principal est que ce soit fun.

Ce n'est pas du Spielberg, pas du Stephen King, pas du Zemeckis mais on est totalement dans l'univers du producteur du film J.J Abrams on retrouve l'univers de Super et Cloverfield

Et si vous emmenez un ado de neuf à douze ans voir le film, préparez-vous surtout à devoir répondre à quelques questions sur les dinosaures et à sortir vos connaissances en paléontologie. Vous voilà prévenus !

NOTE ; 14.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

dimanche 13 septembre 2026

16.00 - MON AVIS SUR LE FILM HISTOIRES PARRALELES DE ASGHAR FARHADI (2026)


 Vu le Film Histoires Parralèles de Asghar Farhadi (2026) avec Adam Bessa Isabelle Huppert Viginie Efira Vincent Cassel Pierre Niney Catherine India Hair


Avec Histoires parallèles, Asghar Farhadi signe son deuxième film français après Le Passé et s’attaque, à sa manière, à un monument puisque le film est une adaptation libre de Brève histoire d’amour, la sixième partie du Décalogue de Krzysztof Kieślowski. Farhadi ne se contente évidemment pas de refaire Kieślowski à l’identique, il déplace l’histoire vers une écrivaine, Sylvie, interprétée par Isabelle Huppert, qui cherche de l’inspiration pour son prochain roman et qui, pour nourrir ses personnages, observe ses voisins d’en face avec des jumelles.

Et dans cet immeuble voisin, il y a justement du beau monde puisque Sylvie surveille trois personnes qui travaillent dans le cinéma comme bruiteurs : Virginie Efira, Vincent Cassel et Pierre Niney, qui incarnent chacun une réalité et une version fictionnelle de leurs personnages. Sylvie transforme donc ce qu’elle voit en matière romanesque, mélangeant allègrement réel et imaginaire, jusqu’à ce que les frontières entre les deux deviennent de plus en plus difficiles à distinguer. Sacré casting, on en convient, et Farhadi sait parfaitement ce qu’il fait en plaçant ces acteurs dans un véritable jeu de miroirs.

Mais un personnage va venir troubler ce petit jeu entre réalité et fiction : Adam, jeune homme engagé par Sylvie pour l’aider dans son quotidien. Et là, changement de donne, car Adam va progressivement bouleverser la vie de chacun et les confronter à leurs propres failles, leurs désirs et leurs contradictions. Ce personnage devient également une sorte de révélateur pour Sylvie, qui se retrouve elle-même prise dans le piège de son propre regard sur les autres.

Et lorsque l’on a devant soi Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney et même, cerise sur le gâteau, la queen Catherine Deneuve dans le rôle de l’éditrice de Sylvie, on pourrait penser que le film va être dominé par cette armada de stars. Eh bien non, et le mot n’est pas faible, Adam Bessa les éclipse à chaque scène qu’il partage avec elles.

Ses postures, son regard, son phrasé, sa bouche, sa façon d’être là sans chercher à en faire des tonnes m’ont véritablement envoûté. Il possède quelque chose de difficile à expliquer, une présence qui accroche immédiatement le regard et qui fait que l’on attend presque ses prochaines apparitions. Adam Bessa était déjà remarquable dans Les Fantômes, mais ici il passe encore un cap et je vais suivre ce garçon de très près.

Farhadi est évidemment en territoire qu’il connaît bien avec des thèmes qu’il maîtrise parfaitement : passé, jalousie, trahison, mensonge, manipulation, désir, et surtout cette manière qu’il a d’explorer les relations humaines sans distribuer facilement les bons et les mauvais points. Chaque personnage observe, imagine, interprète et parfois se trompe, tandis que nous-mêmes sommes placés dans une position assez inconfortable de spectateur-voyeur.

Car c’est aussi ce qui m’a captivé dans ce presque huis clos, et ce n’était pas gagné d’avance : le film nous oblige à nous demander ce que nous ferions à la place de Sylvie. Sommes-nous nous aussi des voyeurs lorsque nous regardons la vie des autres ? Jusqu’où peut-on aller lorsqu’on transforme ce que l’on voit en fiction ? Et surtout, que se passe-t-il lorsque cette fiction finit par prendre le dessus sur la réalité ?

Histoires parallèles fonctionne comme un film gigogne où chaque situation se projette dans celle de l’autre, où les personnages réels deviennent les personnages imaginés et où l’imagination finit par contaminer la réalité. Farhadi joue constamment avec ces deux niveaux sans nous prendre par la main pour nous expliquer ce que nous devons penser, ce qui me convient parfaitement.

Le casting, lui, reste d’une sobriété assez étonnante, y compris pour certains que nous avons davantage l’habitude de voir jouer sur d’autres registres. Huppert est parfaitement à sa place dans cette femme solitaire qui observe les autres tout en étant progressivement rattrapée par sa propre imagination. Efira, Cassel et Niney se prêtent intelligemment au jeu de Farhadi, chacun devant exister à la fois comme individu et comme personnage transformé par le regard de Sylvie.

Alors oui, Histoires parallèles demande un peu de patience et ne cherche jamais la facilité, mais j’ai été véritablement happé par ce jeu permanent entre réel et fiction. Farhadi construit tranquillement son piège et nous y enferme avec ses personnages, jusqu’à ce que l’on ne sache plus très bien qui regarde qui et qui écrit finalement l’histoire de l’autre.

Et puis il y a Adam Bessa, qui arrive presque par effraction au milieu de cette réunion de stars et qui finit par prendre toute la lumière. Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Catherine Deneuve : respect, évidemment, mais pour moi la révélation du film est ailleurs.

La star d’Histoires parallèles, c’est Adam Bessa. Ses postures, son regard, son phrasé, sa bouche m’ont envoûté et, franchement, à suivre ce garçon !

NOTE : 16.00

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation Asghar Farhadi[5],[6],[7]
  • Scénario : Asghar Farhadi et Saeed Farhadi
  • Costumes : Oriol Nogues et Khadija Zeggaï
  • Photographie Guillaume Deffontaines
  • Son : Pierre Mertens
  • Montage : Hayedeh Safiyari
  • Production : Asghar Farhadi, David Levine et Alexandre Mallet-Guy[ ]
    • Coproduction : Gaëtan David, André Logie et Andrea Occhipinti ]
    • Production déléguée : Carole Baraton, Yohann Comte, Yousra Filali, Stefano Massenzi, Pierre Mazars, Maciej Musial, Krzysztof Piesiewicz, Chadwick Prichard et Lila Yacoub[5]
  • Sociétés de production Anonymous Content et Memento Production, en coproduction avec La Compagnie cinématographique, Lucky Red, Panache Productions et France 3 Cinéma ]
  • Société de distribution : Memento Production (France)[ ]
  • Budget 11 millions d'euros ]
  • Pays de production Drapeau de la France France (69,67 %), Drapeau de la Belgique Belgique (20,04 %), Drapeau de l'Italie Italie (10,29 %)[ 

DISTRIBUTION