Avis sur le Film La Fin de Oak Street de David Robert Mitchell (2026) avec Ewan McGregor Anne Hattaway Maisy Stella Christian Convery P.J Byrne Jordan Alexa Davis Emily Kureda David Alexander Kaplan Hudson Meek
La Fin d’Oak Street de David Robert Mitchell est un film étrange sur le fond mais plutôt fun sur la forme. Mitchell, déjà réalisateur de deux films aussi étranges qu’It Follows et Under the Silver Lake, n’est pas franchement le plus prolifique des cinéastes puisqu’il nous offre ici son troisième film en douze ans, mais il revient avec un voyage assez particulier, peuplé de créatures autant humaines que préhistoriques.
Tout commence dans une petite ville aisée de province américaine, Oak Street, qui nous fait penser tout de go à un roman de Stephen King, quelque part entre Stand by Me et Les Goonies. Une gentille famille avec papa, maman, les enfants et le chien, un voisin irascible, un ado harcelé, bref, tout semble presque normal, enfin presque, parce que non, on n’est pas dans Boule et Bill. Et puis voilà qu’un mystérieux phénomène cosmique arrache littéralement le quartier à son environnement et l’envoie dans un monde préhistorique. Un petit voyage dans le temps à la Zemeckis et, évidemment, des dinosaures qui débarquent, ce qui nous fait immédiatement penser au GOAT Steven Spielberg.
Mais Mitchell ne prend surtout pas la voie toute tracée de Jurassic Park. Ses dinosaures ont parfois davantage l’air de jouets en peluche géants que de machines à bouffer de l’humain, et on pourrait presque croire qu’ils s’occupent du voisin et des ados harceleurs pour le simple plaisir de faire un peu de ménage dans le quartier. Et c’est là que le film devient assez amusant parce que Mitchell nous tient en haleine, installe une menace, puis casse complètement son rythme pour repartir dans une autre direction, comme ces dinosaures qui copulent et qui vous font comprendre qu’il ne faut surtout pas prendre tout cela trop au sérieux.
Non, nous ne sommes pas dans Jurassic Park, et finalement tant mieux. On est là pour s’amuser, même si je me suis retrouvé partagé entre l’envie d’avoir encore plus de fun, plus de sang ou tout simplement davantage de scènes avec les dinosaures. Parce qu’il y avait matière à faire beaucoup plus dans ce domaine et Mitchell semble parfois retenir la bride alors que j’avais justement envie qu’il lâche complètement les chevaux, enfin les dinosaures.
Le franchissement du vortex va encore changer la direction du récit et, à un moment, je me suis même demandé si nous n’étions pas tout simplement dans l’imagination de la mère en train d’écrire un roman. C’est dire si Mitchell aime nous faire perdre nos repères, quitte à nous laisser parfois chercher nous-mêmes le mode d’emploi.
Côté acteurs, Ewan McGregor fait le boulot, mais je vais être cruel : ce n’est certainement pas son meilleur rôle, et ce n’est pas grave. J’ai nettement préféré son fils dans le film, Christian Convery, qui apporte davantage à cette aventure et à ce jeune personnage confronté à un environnement qui n’a plus grand-chose à voir avec son quartier tranquille.
La fin m’a d’ailleurs un peu déçu, surtout après avoir eu autant envie que le film pousse encore plus loin la folie. Mitchell nous laisse finalement sur le côté de la route avec notre imagination, alors que j’aurais bien aimé quelques kilomètres supplémentaires dans ce délire préhistorique.
Alors oui, sentiment partagé entre le manque et le fun, entre l’envie d’en voir davantage et le plaisir de ce que Mitchell nous donne. Mais comme diraitun ami : le principal est que ce soit fun.
Ce n'est pas du Spielberg, pas du Stephen King, pas du Zemeckis mais on est totalement dans l'univers du producteur du film J.J Abrams on retrouve l'univers de Super et Cloverfield
Et si vous emmenez un ado de neuf à douze ans voir le film, préparez-vous surtout à devoir répondre à quelques questions sur les dinosaures et à sortir vos connaissances en paléontologie. Vous voilà prévenus !
NOTE ; 14.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation et scénario : David Robert Mitchell
- Musique : Michael Giacchino
- Décors : Maya Shimoguchi
- Costumes : Erin Benach
- Photographie : Mike Gioulakis
- Montage : John Axelrad
- Production : J. J. Abrams, Hannah Minghella, David Robert Mitchell, Matt Jackson et Tommy Harper
- Sociétés de production : Bad Robot Productions et Jackson Pictures
- Société de distribution : Warner Bros. Pictures
- Budget : 80 000 000 $
DISTRIBUTION
- Anne Hathaway (VF : Caroline Victoria) : Denise Platt
- Ewan McGregor (VF : Bruno Choël) : Greg Platt, le mari de Denise, livreur de pizzas
- Maisy Stella (VF : Émilie Lehuraux) : Audrey Platt, la fille de Denise et Greg
- Christian Convery (VF : Simon Faliu) : Brian Platt, le fils de Denise et Greg
- Jordan Alexa Davis (VF : Bianca Tomassian) : Jeannette Christiansen
- P. J. Byrne (VF : Laurent Morteau) : Mel Jacobs, le voisin grincheux des Platt
- Emily Kuroda : Mme Valcourt, bibliothécaire
- Anne Gee Byrd (VF : Annie Sinigalia) : Mme Huddleston, une gentille voisine âgée des Platt
- Hudson Meek (en) : Kaden Tucker
- David Alexander Kaplan : Charles Tucker, le frère de Kaden

