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lundi 31 août 2026

13.00 - MON AVIS SUR LE FILM DESERT WARRIOR DE RUPPERT WYATT (2025)


 Vu le Film Désert Warrior de Ruppert Wyatt (2025) avec Anthony Mackie Alysha Hart Ben King Kinsley Sami Bouajila Ghassan Massoud Géza Röhrig Numan Acar Younes Bouab Lamis Ammar


Voilà un titre qui sent bon La Planète des Singes, histoire probablement d’attirer le chameau avec le nom de Rupert Wyatt, le réalisateur de La Planète des Singes : Les Origines, alors que Desert Warrior est finalement beaucoup plus intéressant que ce que son titre un peu passe-partout pourrait laisser croire. Cette fois, pas de singes qui prennent le pouvoir, mais des tribus qui se disputent le pouvoir dans l’Arabie du VIIᵉ siècle, à une époque où l’Arabie préislamique est encore composée de peuples et de royaumes rivaux et où l’Empire sassanide entend bien mettre son nez dans les affaires de ses voisins. Le film s’inspire notamment de la bataille de Dhi Qar, affrontement historique qui deviendra l’un des grands épisodes militaires de cette période.


Rupert Wyatt et ses scénaristes, parmi lesquels Gary Ross, nous proposent donc une grande aventure qui nous ramène à une époque où l’on pouvait encore faire une fresque historique avec des princes, des guerriers, des empereurs, des tribus qui se détestent cordialement et une princesse qui n’a visiblement aucune envie de devenir la décoration personnelle d’un puissant souverain. On est finalement beaucoup plus proche des grandes aventures orientales que le cinéma proposait dans les années 60 et 70 que d’une superproduction hollywoodienne moderne bourrée d’effets numériques et de personnages qui passent leur temps à sauver le monde avant de sauver l’univers.


Au centre de l’histoire, on trouve la princesse Hind, interprétée par Aiysha Hart, qui refuse de devenir la concubine de l’empereur perse Kisra, joué par Ben Kingsley. Avec son père, le roi Numan, elle prend la fuite à travers le désert et se retrouve poursuivie par les hommes de l’empereur. C’est là qu’intervient Hanzala, un mystérieux bandit interprété par Anthony Mackie, qui va devenir son allié dans cette fuite et surtout dans la résistance qui va progressivement s’organiser contre l’envahisseur. Hind va alors passer de princesse traquée à véritable guerrière et tenter d’unir les tribus rivales qui, jusque-là, avaient surtout l’air d’avoir beaucoup plus envie de se battre entre elles que de regarder qui venait leur marcher dessus.


Et c’est justement ce qui donne au film son côté aventureux, parce que Wyatt ne se contente pas d’une simple histoire d’amour entre une princesse et un guerrier perdu dans le désert. Il y a derrière cette romance une véritable fresque historique avec les luttes de pouvoir, les alliances qui se font et se défont, les rivalités entre tribus et surtout la menace de l’Empire sassanide représenté par un Ben Kingsley qui semble avoir compris depuis longtemps qu’un empereur sympathique, ce n’est pas très bon pour le commerce.


Anthony Mackie, lui, est assez loin de ses super-héros habituels et cela lui va plutôt bien. Son Hanzala est un personnage mystérieux, un guerrier solitaire qui va se retrouver embarqué dans une histoire qui le dépasse et qui va finalement devenir l’un des éléments essentiels de la résistance. Aiysha Hart tient solidement le rôle de Hind, tandis que Sharlto Copley apporte ce qu’il faut de caractère à Jalabzeen. On retrouve également Ghassan Massoud dans le rôle du roi Numan, Sami Bouajila dans celui de Hani, Lamis Ammar, Géza Röhrig et toute une distribution internationale qui donne au film une véritable épaisseur. Et puis il y a Ben Kingsley, qui n’a plus besoin de beaucoup d’efforts pour avoir l’air d’un homme qu’il vaut mieux éviter dans une ruelle sombre, surtout lorsqu’il porte une couronne.


Ce qui impressionne surtout, ce sont les moyens déployés pour cette première grande production de cette envergure tournée en Arabie saoudite. Le budget annoncé tourne autour de 150 millions de dollars, ce qui n’est tout de même pas exactement le budget d’un film réalisé avec trois chameaux, une tente et une caméra posée sur un trépied. La production avait d’ailleurs aussi pour ambition de participer au développement d’une véritable industrie cinématographique saoudienne en faisant travailler et former des équipes locales.


Et cela se voit à l’écran, notamment dans les scènes de bataille. Il y a du monde, beaucoup de monde, des chevaux, des guerriers, des armées qui se déplacent dans le désert et des affrontements qui donnent au film une vraie ampleur. On n’est pas dans la petite série historique tournée dans un parking avec quatre figurants et deux chevaux loués pour l’après-midi. La photographie de Guillermo Garza apporte justement cette chaleur et cette dimension désertique qui donnent du rythme aux scènes et permettent au film de respirer malgré une histoire qui accumule les personnages et les enjeux.


Il y a quelque chose d’assez agréable dans cette volonté de revenir à la grande aventure classique, celle où l’on pouvait simplement raconter une histoire de guerriers, de princesse, d’empereur et de tribus rivales sans avoir besoin de rajouter trois univers parallèles et un super-héros venu du futur. Desert Warrior ne cherche pas à réinventer le genre, mais il sait utiliser ses vieux ingrédients et les servir avec suffisamment de moyens pour que cela fonctionne.


Bien sûr, tout n’est pas parfait, et le film n’a pas la puissance d’un Lawrence d’Arabie ou la maîtrise des grandes fresques historiques qui ont marqué le cinéma. Mais ce n’est pas non plus ce qu’on lui demande. Il faut prendre Desert Warrior pour ce qu’il est : une grosse aventure historique, ambitieuse, dépaysante, avec de beaux décors, de grandes batailles, une princesse qui refuse de se laisser faire, un guerrier mystérieux, un empereur qui ferait mieux de prendre sa retraite et suffisamment de sable pour remplir les chaussures de toute l’équipe.


Et finalement, cela marche plutôt bien. Techniquement, le film tient la route et l’histoire nous tient en haleine, notamment lorsque Hind entreprend de réunir les tribus qui doivent mettre leurs querelles de côté pour affronter une armée autrement plus puissante. La bataille finale de Dhi Qar donne au film son véritable souffle épique et permet à cette histoire de prendre une dimension historique que la simple aventure sentimentale n’aurait pas eue.


Alors évidemment, ce n’est pas du cinéma hollywoodien au sens classique du terme, même si le casting international pourrait facilement nous faire croire le contraire. C’est une production saoudienne qui cherche encore ses marques dans le domaine de la grande fresque et qui tente quelque chose d’assez ambitieux pour une industrie cinématographique encore jeune. Et pour une première production de cette envergure, il y a franchement de quoi être indulgent.


Desert Warrior n’est donc peut-être pas le nouveau Lawrence d’Arabie, et Rupert Wyatt ne va pas détrôner David Lean avec quelques kilomètres de désert et une armée de cavaliers, mais il nous offre une aventure qui a de la gueule, des moyens, de beaux paysages et surtout une vraie envie de raconter une histoire. Ce n’est pas du cinéma hollywoodien, mais c’est bien pour se faire les dents. Et pour une fois, le chameau attiré par le titre n’a pas complètement perdu son voyage.

NOTE : 13.00

FICHE TECHNIQUE


  • Réalisation Rupert Wyatt
  • Scénario : Rupert Wyatt, Erica Beeney, Gary Ross et David Self
  • Musique Dan Levy
  • Décors : Paki Smith
  • Costumes : Bojana Nikitovic
  • Photographie : Guillermo Garza
  • Montage : Richard Mettler
  • Production : Jeremy Bolt
Coproducteur : Rasha Al-Emam
Producteurs délégués : Dennis Berardi, Andre Coutu, Firas Dehni, Eric Hedayat, Peter Smith et Charbel Tayeh
  • Sociétés de production MBC Studios, JB Pictures et AGC Studios
  • Société de distribution : Vertical (États-Unis)
  • Budget : 150 millions de dollars[

DISTRIBUTION

12.90 : MON AVIS SUR LE FILM COLD STORAGE DE JONNY CAMPBELL (2025)


 Vu le Film Cold Storage de Jonny Campbell (2025) avec Joe Kerry Liam Neeson Aaaron Efferman Georgina Campbell Lesley Manville Vanessa Redgrave Elloria Torchia Sosi Bacon


Ne pas tenir compte de l’affreuse affiche de Cold Storage, qui ne vend vraiment pas du rêve et qui, surtout, ne reflète pas tellement le contenu du film. On y met bien en avant Joe Keery, l’une des jeunes stars de Stranger Things, histoire d’attirer le public jeune, mais réduire le film à la présence de Steve Harrington serait quand même passer à côté d’une bonne partie du délire. Car Cold Storage est certes une petite production de science-fiction horrifique, mais elle vise davantage un public adulte qui n’a pas forcément besoin qu’on lui explique pendant deux heures qu’une bestiole extraterrestre est dangereuse lorsqu’elle vient de bouffer quelqu’un.

Ce qui attire d’abord l’attention, c’est surtout le nom de David Koepp au scénario. Et là, on sait un peu mieux où l’on met les pieds. Koepp, scénariste de nombreux films à suspense et de quelques histoires particulièrement tordues, aime bien les situations qui commencent normalement avant de partir gentiment en vrille. Ici, il s’en donne à cœur joie avec un inventaire à la Prévert qui commence presque comme une plaisanterie de science-fiction avant de basculer progressivement vers l’horreur.

L’histoire nous emmène dans une installation militaire où l’on découvre qu’un mystérieux micro-organisme extraterrestre, conservé bien au chaud dans un conteneur militaire, n’a évidemment aucune intention de rester tranquillement à sa place. La bestiole s’échappe et, comme toutes les créatures sympathiques de ce genre de films, elle a un gros défaut : elle a faim. Et quand elle a faim, elle ne commande pas une pizza, elle mange tout ce qui se trouve sur son chemin. Humains compris, évidemment.

Le principe rappelle immédiatement Alien, avec cette base isolée, ces couloirs qui deviennent de moins en moins rassurants et cette menace invisible qui peut surgir à peu près n’importe où. Sauf qu’ici, on est loin de la subtilité de Ridley Scott et de son xénomorphe qui savait attendre patiemment son heure. Nos petites bébêtes, elles, sont beaucoup moins délicates et préfèrent passer directement à la dégustation. Elles infectent, dévorent, détruisent et laissent derrière elles quelques morceaux de corps qui permettent de comprendre que la situation n’est plus vraiment sous contrôle.

Et puis il y a les explosions de têtes, les corps qui finissent dans un état peu présentable et cette jolie couleur verte qui accompagne les malheureux infectés, avec leurs vomissements qui font forcément penser au bon vieux Bad Taste de Peter Jackson. On est clairement dans le cinéma qui n’a pas décidé de faire dans la dentelle et qui sait parfaitement que son public est là pour voir des choses qu’il ne verra certainement pas dans une comédie romantique.

Le film joue aussi avec le huis clos puisque nos personnages se retrouvent coincés dans cette base qui devient progressivement une véritable boîte de conserve remplie de bestioles affamées. Il faut trouver une porte, un passage, un souterrain, n’importe quoi qui permette de sortir de là avant que tout le monde ne finisse transformé en nourriture pour micro-organismes. C’est simple, efficace et cela permet surtout au scénario de faire circuler ses personnages dans les différents niveaux de la base en maintenant une menace permanente.

Joe Keery apporte justement cette dimension plus jeune au film, mais son personnage n’est pas simplement là pour faire joli sur l’affiche. Il se retrouve embarqué dans cette histoire avec des personnages qui n’ont pas forcément le même degré de préparation face à une invasion biologique extraterrestre, ce qui permet au film de conserver son côté comédie tout en avançant progressivement vers l’horreur. Et c’est probablement là que Cold Storage fonctionne le mieux : il ne cherche pas constamment à nous faire croire qu’il est beaucoup plus important qu’il ne l’est.

On retrouve également la docteure Martins de la DTRA, et là je dois reconnaître qu’ils ont osé : Doc Martins ! Il fallait quand même avoir l’idée. À croire que même au milieu d’une contamination extraterrestre, quelqu’un avait encore envie de faire une blague sur les chaussures.

Et comme si cela ne suffisait pas, le film nous sort D. Quinn, spécialiste de la lutte contre le bioterrorisme, interprété par Liam Neeson. Voilà encore un nom qui pourrait laisser penser que le monsieur va débarquer avec son téléphone, quelques menaces et une bonne dizaine de cadavres à son actif avant le générique de fin. Mais non, Neeson trouve ici un rôle beaucoup moins badass que d’habitude, ce qui n’est finalement pas plus mal. Il joue davantage le spécialiste qui sait ce qu’il fait dans un univers qui, lui, est complètement en train de partir en sucette.

Ce mélange est assez amusant parce que Cold Storage commence presque comme une comédie de science-fiction avant de déraper gentiment vers le film horrifique. Certes, on est dans de l’horreur de seconde zone, avec des moyens qui ne sont pas ceux d’un blockbuster et des effets qui ne cherchent pas à rivaliser avec les productions les plus luxueuses. Mais après tout, cela fait aussi partie du charme de ce genre de cinéma. Il y a quelque chose de réjouissant dans un film qui vous annonce assez rapidement la couleur et qui ne prétend pas révolutionner le cinéma mondial.

Et puis les films de zombies, de contaminations ou de bestioles qui bouffent tout ce qui bouge ont toujours eu un avantage considérable sur moi : cela me fait rire. Il m’en faut peu, je le reconnais volontiers. Une tête qui explose, un type qui vomit vert, un cadavre qui finit en morceaux et je suis déjà beaucoup plus indulgent avec le scénario.

On savait donc ce qu’on allait voir en entrant dans Cold Storage et, bonne nouvelle, on n’est pas vraiment trahi. Ce n’est certainement pas le film du siècle, ce n’est même probablement pas le film de la semaine, mais il possède cette qualité devenue presque rare : il nous laisse simplement délirer avec lui. On regarde les personnages courir dans les couloirs, chercher une sortie, essayer de comprendre ce qui leur tombe dessus, pendant que les bestioles continuent leur buffet à volonté, et finalement on s’amuse.

Et c’est peut-être tout ce qu’on demande à ce genre de film. Pas besoin de nous vendre une affiche qui ressemble à un mauvais produit destiné uniquement aux adolescents, pas besoin non plus de prétendre que Joe Keery va sauver à lui tout seul la science-fiction moderne. Cold Storage est autre chose : une petite histoire de contamination extraterrestre, un huis clos militaire, quelques références qui font plaisir, du gore, du vomi vert, des explosions de têtes, Liam Neeson qui n’est pas là pour casser la figure à toute la planète et David Koepp derrière le scénario pour mettre un peu d’ordre dans ce joyeux bazar.

Alors oui, c’est horrifique, c’est parfois de seconde zone, c’est parfois franchement con, mais c’est aussi exactement le genre de film où l’on peut poser son cerveau sur la table, regarder les bébêtes faire leur travail et passer un bon moment. On savait ce qu’on allait voir, on n’est pas trahi, ce n’est pas le film du siècle, mais au moins on délire et on s’amuse. Et finalement, ce n’est déjà pas si mal.

NOTE : 12.90

FICHE TECHNIQUE

  • Réalisation : Jonny Campbell
  • Scénario David Koepp, d'après son roman Cold Storage
  • Musique Mathieu Lamboley
  • Décors : Elena Albanese
  • Costumes : Nicoletta Ercole
  • Photographie : Tony Slater Ling
  • Montage : Billy Sneddon
  • Production David Koepp et Gavin Polone
Producteurs délégués : Aaron Ensweiler et Frantz Richard
Coproducteur : Michael Schwarz

DISTRIBUTION


dimanche 30 août 2026

MON TOP 30 DES FILMS AVEC BOURVIL (1917-1970)


 Récapitulatif de mon TOP30 des films avec #Bourvil


1 La Grande Vadrouille
2 Les Grandes Gueules
Le Cercle Rouge
3 La Tarversée de Paris
4 Le Corniaud
5 Le Cerveau
6 Les Misérables
7 Le Bossu / Le Capitan
8 La Jument Verte
9 Les 3 Mousquetaires
10 Garou Garou le Passe Muraille
11 Le Trou Normand
12 Un Drôle de Paroissien
13 Le Miroir à Trois Faces
14 La Cité de l'Indicible Peur
15 Le Chemin des Ecoliers
16 Miquette et sa Mère
17 Les Bonnbes Causes
18 La Guerre Secrète
19 Les Arnaud
20 Les Cracks
21 Le Mur de l'Atlantique
22 L'Arbre de Noel
23 La Grande Lessive
24 Le Jour le Plus Long
25 Fortunat
26 Cadet Rouselle
27 Le Rosier de Madame Husson
28 Le Roi Pandore
29 L'Etalon
30 Tartarin de Tarascon
Les Culottes Rouges