Vu le Film Les Canons de Navaronne de Jack Lee Thompson (1961) avec Grégory Peck Irène Papas Anthony Quinn Anthony Quayle David Niven Stanley Baker James Darren Gia Scala James Robertson Justice
Vu Les Canons de Navarone de J. Lee Thompson, un film que j’avais découvert dans une salle de quartier dans ma jeunesse, trop jeune pour l’avoir vu à sa sortie. C’est exactement le genre de film qui nous fait aimer le cinéma, celui qui vous embarque dès les premières images et vous donne envie de croire pendant deux heures que l’aventure existe encore.
Et il faut dire qu’à l’époque, le casting avait de quoi faire rêver : Gregory Peck, Anthony Quinn, David Niven, Irene Papas, accompagnés de seconds rôles particulièrement efficaces. Du beau monde devant la caméra, avec des personnalités qui n’avaient pas besoin d’effets numériques pour remplir l’écran. Le film est adapté du roman d’Alistair MacLean et nous entraîne en 1943, en pleine Seconde Guerre mondiale, dans une mission presque impossible au cœur de la mer Égée.
L’armée allemande tient le détroit de Navarone grâce à deux énormes canons installés dans une forteresse pratiquement imprenable, capables de contrôler le passage maritime et d’empêcher une flotte alliée de venir évacuer des milliers de soldats britanniques bloqués sur une île. Il faut donc envoyer un petit groupe d’hommes pour détruire ces fameux canons. Une mission confiée à un commando composé de soldats britanniques et grecs, avec à sa tête le capitaine Keith Mallory, interprété par Gregory Peck, ancien alpiniste devenu officier.
À ses côtés, le caporal Miller, joué par David Niven, spécialiste des explosifs, le redoutable Andrea Stavros incarné par Anthony Quinn, ainsi que le colonel Andrea, le lieutenant Groves et Maria, interprétée par Irene Papas. Chacun possède son caractère, ses compétences et surtout ses blessures, et c’est cette complémentarité qui donne au groupe toute sa force.
Car la mission est loin d’être une simple promenade touristique dans les îles grecques. Il faut débarquer clandestinement, escalader des falaises, échapper aux soldats allemands, affronter les trahisons et les désaccords au sein même du commando avant de parvenir jusqu’à la forteresse où se trouvent les canons.
Et c’est passionnant de bout en bout. À l’époque, le spectacle est égal à l’héroïsme. On ne disposait pas des effets numériques d’aujourd’hui, alors on faisait avec des décors, des maquettes, des cascades et surtout avec des acteurs qui donnaient une véritable présence humaine à cette aventure. Et forcément, en 2026, certains effets visuels ont sacrément vieilli. Mais ce n’est pas grave.
Il faut parfois garder nos yeux d’enfants et regarder le spectacle pour ce qu’il est, sans demander à un film de 1961 de rivaliser avec les ordinateurs d’aujourd’hui. Sinon, autant reprocher à une locomotive à vapeur de ne pas aller aussi vite qu’un TGV.
Et puis il y a cette formidable galerie de personnages, avec Gregory Peck en chef de commando, élégant et déterminé, David Niven qui apporte son humour et son flegme britannique, et Anthony Quinn qui semble avoir été fabriqué spécialement pour jouer les hommes capables de vous faire passer un mur à coups de poing. Irene Papas apporte quant à elle une présence exceptionnelle et une véritable dimension dramatique à cette aventure.
J. Lee Thompson signe un grand film d’aventures et de guerre, généreux, spectaculaire et terriblement efficace, qui sait prendre son temps pour installer ses personnages avant de les jeter dans l’action. On s’attache à cette équipe parce que le film nous laisse le temps de la connaître, et chaque danger rencontré prend alors une véritable importance.
Aujourd’hui, certains effets peuvent prêter à sourire, mais l’aventure, elle, n’a pas pris une ride. Les Canons de Navarone appartient à cette époque où Hollywood savait encore fabriquer de grandes histoires avec des hommes, des décors, quelques explosions et beaucoup d’imagination.
C’est aussi pour cela que ce film me rappelle pourquoi j’aime le cinéma. Celui qu’on découvrait dans une salle de quartier, avec des yeux émerveillés, sans se demander combien de millions avaient été dépensés en effets numériques. On venait voir une histoire, des acteurs et du spectacle, et quand le rideau se refermait, on avait passé un grand moment.
Alors oui, les canons ont peut-être un peu vieilli, mais le film, lui, continue de tirer à boulets rouges sur notre nostalgie. Et cette prise de guerre-là, je la regarde encore avec mes yeux d’enfant.
NOTE : 14.00
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : J. Lee Thompson, assisté de Peter Yates
- Scénario : Carl Foreman, d'après le roman éponyme d'Alistair MacLean
- Direction artistique : Geoffrey Darke
- Costumes : Monty Berman et Olga Lehman
- Décors : Geoffrey Drake
- Maquillage : George Frost et Wally Schneiderman
- Photographie : Oswald Morris et John Wilcox (seconde équipe)
- Cadreur : Denys N. Coop et Dudley Lovell (seconde équipe)
- Son : John Cox et George Stephenson
- Effets spéciaux : Bill Warrington et Wally Veevers
- Montage : Alan Osbiston, Raymond Poulton (associé)
- Montage sonore : Chris Greenham
- Musique : Dimitri Tiomkin, interprété par le Sinfonia of London
- Production : Carl Foreman
- Production associée : Cecil F. Ford et Leon Becker
- Sociétés de production : Columbia Pictures Corporation, Open Road Films Ltd et Highroad
- Société de distribution : Columbia Pictures Corporation
- Budget : 6 000 000 $ (estimation)
- Pays de production[] :
Royaume-Uni et
États-Unis - Langues : anglais, grec, allemand
- Adaptation française : Max Morise
- Gregory Peck (VF : Raymond Loyer) : le capitaine Keith Mallory SOE
- David Niven (VF : Jacques Berthier) : le caporal Miller
- Anthony Quinn (VF : Henry Djanik) : le colonel Andrea Stavros
- Stanley Baker (VF : Serge Sauvion) : « Butcher » Brown
- Anthony Quayle (VF : William Sabatier) : le major Roy Franklin
- James Darren : Spyros Pappadimos
- Irène Papas (VF : Luisa Colpeyn) : Maria Pappadimos
- Gia Scala : Anna
- James Robertson Justice (VF : Pierre Morin) : le général Jensen (narrateur)
- Richard Harris (VF : Georges Atlas) : le chef d'escadrille Barnsby de la RAAF
- Bryan Forbes : Cohn
- Allan Cuthbertson (VF : René Bériard) : Baker
- Michael Trubshawe : Weaver
- Percy Herbert : Grogan
- George Mikell : Sessler
- Walter Gotell (VF : Howard Vernon) : le colonel Müsel
- Tutte Lemkow : Nicolai
- Albert Lieven : un commandant
- Norman Wooland : un capitaine
- Cleo Scouloudi : la mariée
- Nicholas Papakonstantinou : un capitaine
- Christopher Rhodes : un officier allemand (VF : Roger Rudel)
- Carl Duering : un opérateur radar allemand
- Victor Beaumont : un officier allemand

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