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vendredi 11 septembre 2026

13.10 - HOWARD THE DUCK UNE NOUVELLE RACE DE CANARD DE WILLAIMS HUYCK (1986)

 


Vu le Film Howard The Duck Une Nouvelle Race de Canard de Willard Huyck (1986) avec Lea Thompson Jeffrey Jones Tim Robbins Ed Gale Tim Rose Steve Sleap Paul Guilfoyle David Paymer


Il y a quelques années, dans la scène post-générique des Gardiens de la Galaxie, on retrouvait un personnage qui nous était familier, enfin surtout pour les geeks et les amateurs de nanars du cinéma, un certain Howard the Duck, ce canard humanoïde venu d’une planète peuplée de canards comme lui et qui, à la suite d’une expérience pour le moins mouvementée, se retrouve projeté sur notre bonne vieille Terre. Là, il est recueilli par Beverly, une jeune rockeuse qui va tenter de comprendre ce drôle de palmipède débarqué de nulle part, avant de croiser Phil Blumburtt, un jeune laborantin qui va lui aussi se retrouver embarqué dans cette histoire complètement délirante.

Ce film produit par un certain George Lucas aurait pu couler la carrière toute fraîche de cet omnipotent créateur d’Hollywood, mais Lucas réussira finalement à passer à travers les gouttes, contrairement aux pauvres Willard Huyck et Gloria Katz, réalisateurs et scénaristes du film, qui eux vont pratiquement couler corps et biens après cet ovni intergalactique, c’est le cas de le dire. Le film sort en 1986, se prend un monumental gadin au box-office et devient surtout l’un de ces accidents industriels dont Hollywood aime encore parler des années après.

Vous ne connaissez peut-être pas ces deux-là, qui ont quasiment disparu des écrans après ce coup de poker, mais ce ne sont pourtant pas deux inconnus sortis de derrière les fagots. Huyck et Katz sont des proches de longue date de George Lucas et appartiennent à cette fameuse écurie qui gravite autour du créateur de Star Wars. Le couple a notamment participé au scénario d’American Graffiti et d’Indiana Jones et le Temple maudit, tandis que Huyck avait également travaillé sur le scénario d’un tout petit film sorti en 1977, un certain Star Wars, qui allait connaître une petite carrière confidentielle, comme chacun sait.

Gloria Katz n’a d’ailleurs jamais vraiment compris l’accueil réservé au film et elle défendra longtemps cette drôle de créature qu’est Howard the Duck. Il faut dire que le film bénéficie alors d’une liberté assez phénoménale, avec George Lucas derrière la production et un budget conséquent pour raconter les aventures d’un canard extraterrestre amateur de femmes, de rock, de bière et de sarcasmes. Rien que le costume de Howard aurait coûté une fortune, autour de deux millions de dollars, c’est dire l’absolue liberté dont disposait le couple pour aller de délire en délire.

Howard est un peu le 1941 de George Lucas, sauf que Spielberg avait eu la malchance de sortir sa gigantesque farce de guerre devant un public qui attendait peut-être autre chose. Ici, c’est exactement le même problème : ceux qui n’ont pas vu le film et qui l’ont immédiatement condamné sont peut-être passés à côté de ce qui aurait pu devenir un film plus que culte. Il faut évidemment accepter un humour complètement déjanté, qui n’était pas vraiment légion dans le cinéma hollywoodien de l’époque, et si Howard the Duck était sorti dans l’écurie de John Landis, peut-être que son humour aurait été beaucoup mieux accepté.

Mais voilà, quand on met un budget pharaonique sur un canard extraterrestre, que l’on mélange science-fiction, comédie, rock, monstres et second degré, et que personne ne sait vraiment dans quelle case ranger le résultat, Hollywood peut rapidement sortir le carton rouge. Le film passe donc complètement à côté de son public, avant de connaître avec les années une seconde vie beaucoup plus sympathique auprès de ceux qui aiment justement les films qui ne rentrent dans aucune case.

Et aujourd’hui, comme beaucoup de nanars, Howard the Duck est devenu culte, avec cette particularité assez réjouissante d’être finalement beaucoup plus regardable que sa réputation ne le laissait entendre. Il y a bien des centaines de films qui ne sont pas plus intelligents que celui-ci et qui n’ont pourtant jamais eu droit à cette seconde chance.

On y retrouve Lea Thompson dans le rôle de Beverly, Jeffrey Jones dans celui du scientifique Walter Jenning, et également Tim Robbins dans la peau de Phil Blumburtt, trois comédiens qui donnent à cette histoire une certaine folie et surtout acceptent de jouer le jeu jusqu’au bout. Lea Thompson, que l’on venait de voir notamment dans La Folle Journée de Ferris Bueller, apporte au film une énergie qui colle parfaitement à cette histoire de canard débarqué de l’espace.

Moi, j’étais fan dès le début, j’étais bien le seul, et expliquer Howard the Duck, c’est un peu comme expliquer en moins de cinq mots la conquête de l’espace d’où vient notre canard : mission impossible, sauf que chez Howard, il ne faut surtout pas chercher la logique à tout prix. Il faut accepter le voyage, les délires, les monstres, le costume, le rock, l’humour et cette gueule de canard qui traverse tout cela avec un aplomb incroyable.

À l’arrivée, le canard est toujours vivant, et c’est peut-être finalement la meilleure revanche de Howard sur tous ceux qui l’avaient enterré en 1986.

NOTE : 13.10

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DISTRIBUTION

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