Vu le F/X Effet de Choc de Robert Mandel (1986) avec Bryan Brown Brian Dennehy Cliffde Young Mason Adams Diane Venora Jerry Orbach Joe Grifasi
Voilà un bon petit polar bien dans le style des années 80, avec son mélange d’action, de fun, de jolies filles et surtout une bande originale immédiatement reconnaissable, comme on savait les faire à cette époque. F/X, effet de choc de Robert Mandel nous emmène dans le milieu du cinéma, plus précisément celui des effets spéciaux, avant de mélanger joyeusement ce petit monde avec celui de la police et de la mafia.
D’un côté, nous avons Roland « Rollie » Tyler, interprété par Bryan Brown, spécialiste des effets spéciaux, un véritable magicien capable de faire disparaître ou apparaître à peu près n’importe quoi devant une caméra. Son domicile ressemble d’ailleurs à une véritable caverne d’Ali Baba, remplie de créatures en plastique, de maquillages, de gadgets et de tout un tas de choses étranges qui vont rapidement s’avérer beaucoup plus utiles qu’un simple décor de film.
De l’autre côté, la police vient lui demander un petit service qui sort légèrement de ses habitudes professionnelles : faire disparaître sous un maquillage particulièrement sophistiqué un ancien criminel de la mafia, interprété par Jerry Orbach, devenu repenti et placé sous protection. Rollie pense évidemment participer à une opération policière parfaitement encadrée, mais il va très vite comprendre qu’il a mis les pieds dans une histoire beaucoup moins propre que prévu.
À partir de là, les ennuis commencent et notre spécialiste des effets spéciaux va se retrouver embarqué dans des aventures aussi ubuesques que rocambolesques. Ce qui fait justement le charme du film, c’est cette manière de transformer les techniques du cinéma en véritables armes de survie. Rollie ne possède ni les muscles d’un Schwarzenegger ni l’entraînement d’un flic, mais il possède quelque chose de beaucoup plus amusant : son imagination et tout le matériel qui dort dans sa fameuse caverne d’Ali Baba.
Maquillages, faux cadavres, créatures en mousse, trucages et effets visuels vont ainsi servir à tromper les adversaires, et même si certains effets ont évidemment bien vieilli, on s’amuse encore des situations dans lesquelles le cinéma devient une arme à part entière.
Rollie va également faire équipe avec le lieutenant Leo McCarthy, interprété par l’excellent Brian Dennehy, un flic à l’ancienne qui apporte au film une bonne dose de caractère et d’humour. Le duo fonctionne particulièrement bien, même si j’ai préféré la suite, dans laquelle McCarthy prend davantage de place. Dennehy y devient encore plus intéressant et apporte cette présence de vieux briscard qui colle parfaitement à ce genre de polar.
On retrouve ici tout ce que j’aime dans certains films de cette période : une histoire qui ne cherche pas à philosopher pendant trois heures, de l’action, quelques jolies filles, des personnages qui ont du caractère, des situations parfois invraisemblables et surtout cette volonté de divertir le spectateur sans lui demander de remplir une déclaration d’impôts à la sortie.
Alors oui, F/X, effet de choc a forcément pris quelques rides en quarante ans, notamment dans ses effets visuels et certaines ficelles scénaristiques, mais ce n’est pas vraiment le problème. On regarde ça avec le plaisir d’un cinéma qui savait encore s’amuser avec ses propres artifices.
Et puis il y a Bryan Brown, parfait dans ce rôle de technicien du cinéma transformé malgré lui en héros de polar, qui utilise finalement son métier pour se sortir des situations les plus improbables. Une idée suffisamment originale pour donner au film son identité et éviter qu’il ne soit simplement un polar de plus.
Quarante ans plus tard, F/X, effet de choc reste donc un film fun, sympathique et surtout représentatif d’une époque où l’on pouvait encore mélanger cinéma, police, mafia, effets spéciaux et humour sans avoir besoin de nous expliquer pendant dix minutes pourquoi tout cela était important.
Ce n’est peut-être plus aussi spectaculaire qu’à l’époque, mais franchement, Rollie Tyler dans sa caverne d’Ali Baba avec ses monstres en plastique et ses maquillages, accompagné d’un Brian Dennehy qui en impose, ça fonctionne toujours. Et parfois, c’est exactement ce qu’on demande à un bon polar : nous divertir, nous faire sourire et nous laisser passer un bon moment sans nous prendre pour des imbéciles.
NOTE ! 16.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Robert Mandel
- Scénario : Robert T. Megginson et Gregory Fleeman
- Musique : Bill Conti
- Directeur artistique : Speed Hopkins
- Décors : Mel Bourne
- Costumes : Julie Weiss
- Photographie : Miroslav Ondrícek
- Montage : Terry Rawlings
- Producteur : Dodi Al-Fayed, Jack Wiener, Michael Peyser (exécutif)
- Distributeur :
États-Unis Orion Pictures,
France 20th Century Fox France - Budget : 10 000 000 $
- Bryan Brown (VF : Richard Darbois) : Roland "Rollie" Tyler
- Brian Dennehy (VF : Marc de Georgi) : Le lieutenant Leo McCarthy
- Cliff De Young (VF : Guy Chapellier) : Martin Lipton
- Mason Adams (VF : Philippe Dumat) : Colonel Mason
- Diane Venora : Ellen Keith
- Jerry Orbach (VF : Pierre Hatet) : Nicholas DeFranco
- Joe Grifasi (VF : Mario Santini) : L'inspecteur Mickey Gallion
- Martha Gehman (VF : Micky Sébastian) : Andy
- Jossie DeGuzman (VF : Martine Meiraghe) : Marisa Velez
- Roscoe Orman : Le capitaine Jake Wallenger
- Trey Wilson (VF : Jacques Ferrière) : Le lieutenant Murdoch
- Tom Noonan : Varrick
- Paul D'Amato : Gallagher
- Jean De Baer : Whitemore
- M'el Dowd : Joyce Lehman

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