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lundi 28 septembre 2026

7.50 - MON AVIS SUR LE FILM L'AFFAIRE ZANETTI (ELISA) DE LEONARDO DI CONSTANZO (2026)


 Vu L’Affaire Zanetti (Elisa) de Leonardo Di Costanzo (2026) avec Barbara Ronchi, Roschdy Zem, Hippolyte Girardot, Valeria Golino et Diego Ribon.


Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Leonardo qu’on a automatiquement le don d’artiste, il faut aussi travailler son sujet, et j’ai malheureusement eu l’impression que Di Costanzo n’avait pas suffisamment travaillé le sien en restant dans les tribunaux et les couloirs de palais au lieu de nous faire véritablement entrer dans cette histoire.

Les films de procès et les histoires judiciaires sont très à la mode depuis quelques années, mais encore faut-il avoir quelque chose à raconter et surtout savoir comment le raconter. Ici, tout repose sur l’oubli. Elisa Zanetti, interprétée par Barbara Ronchi, a été condamnée pour le meurtre de sa sœur et affirme, dix ans après les faits, ne presque plus se souvenir de ce qui s’est passé. Le professeur Alaoui, criminologue interprété par Roschdy Zem, reprend alors son dossier et engage avec elle un long travail pour tenter de faire ressurgir les souvenirs enfouis et comprendre ce qui s’est réellement passé.

Sur le papier, l’idée est intéressante, car il y avait matière à faire un véritable film autour de la mémoire, du crime, de la culpabilité et de cette fameuse zone grise entre ce que l’on sait, ce que l’on croit savoir et ce que l’on refuse peut-être de se rappeler. Le problème est que le film tourne autour de son sujet comme une toupie sans réellement aller au fond des choses. On discute, on revient sur les mêmes éléments, on cherche dans les souvenirs d’Elisa, on avance de quelques centimètres avant de recommencer, et au bout de 105 minutes, j’ai surtout eu l’impression d’avoir assisté à une longue conversation qui aurait pu être beaucoup plus courte.

Barbara Ronchi fait pourtant le travail dans le rôle d’Elisa, personnage difficile à interpréter puisqu’il faut constamment maintenir le doute sur ce qu’elle sait réellement, ce qu’elle a oublié et ce qu’elle pourrait éventuellement manipuler. Roschdy Zem est également solide dans le rôle d’Alaoui, ce criminologue qui cherche moins à juger Elisa qu’à comprendre les mécanismes qui l’ont conduite au crime. Hippolyte Girardot, Valeria Golino et Diego Ribon complètent efficacement la distribution.

Mais même avec de bons comédiens, il faut que la mise en scène et le scénario suivent, et c’est là que le bât blesse. Di Costanzo semble tellement vouloir installer son dispositif psychologique qu’il finit par oublier qu’un film doit aussi avancer. L’oubli d’Elisa aurait pu devenir un formidable moteur dramatique, nous faire douter avec elle et nous interroger sur ce qui s’est réellement produit, mais le film préfère multiplier les discussions plutôt que d’affronter franchement les raisons de cet oubli. Est-ce un mécanisme de défense ? Une conséquence du traumatisme ? Une manière de se protéger ? Ou une manipulation orchestrée par Zanetti ? C’est précisément là que j’aurais aimé que le film creuse davantage.

On comprend l’ambition, mais l’ambition ne suffit pas. Sur le fond, c’est une histoire intéressante, mais sur la forme, c’est lent, c’est long, c’est ennuyeux, donc forcément ça finit par peser lourd. Le fond et la forme, c’est justement le problème du cinéma actuellement : n’est pas Sydney Lumet et André Cayatte qui veut. Faire un film autour d’un crime, d’un procès ou d’une enquête psychologique ne dispense pas de construire un véritable récit avec du rythme, de la tension et surtout quelque chose à nous apprendre sur les personnages.

On nous demande finalement de rester pendant près de deux heures dans la tête d’une femme qui ne veut ou ne peut pas se souvenir, mais le réalisateur ne parvient jamais à transformer cette idée en véritable suspense. Le spectateur attend le moment où le film va enfin nous faire comprendre pourquoi Elisa a oublié, ou peut-être pourquoi elle prétend avoir oublié, et lorsque le générique arrive, on se demande surtout si tout ce chemin était vraiment nécessaire.

Tout ça pour ça.

NOTE : 7.50

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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