Vu le Film L'As des As de Gérard Oury (1982) avec Jean Paul Belmondo Marie France Pisier Rachid Ferrache Gunter Meisner Frank Hoffman Jean Roger Milo Florent Pagny Stephane Ferrara Yves Pigno
Jo Cavalier, qui fut pendant la Grande Guerre l'un des pilotes les plus héroïques de la toute nouvelle aviation, est devenu l'entraîneur de l'équipe française de boxe. Le 1er août 1936, il conduit celle-ci aux Jeux olympiques de Berlin. Dans le train, un garçon de 10 ans, Simon Rosenblum, reconnaît Jo et lui demande un autographe.
Jo Cavalier, ancien héros de l'aviation française durant la Première Guerre mondiale, est devenu entraîneur de l'équipe de France de boxe. Le 1er août 1936, il accompagne ses athlètes aux Jeux olympiques de Berlin. Durant le voyage, un petit garçon juif de dix ans, Simon Rosenblum, le reconnaît et lui demande un autographe. Un geste anodin qui va bouleverser son séjour allemand et transformer cette compétition sportive en une aventure aussi rocambolesque qu'héroïque.
L'As des As est l'un des grands classiques de la comédie française, porté par le maître du genre, Gérard Oury. Une fois de plus, il démontre son incroyable talent pour s'emparer d'un sujet sensible sans jamais perdre le sens du divertissement. Faire rire avec le nazisme sans jamais minimiser sa monstruosité relevait d'un numéro d'équilibriste. Oury y parvient avec une aisance déconcertante.
Comme souvent chez lui, tout est vrai... mais tout a été inventé. C'est sans doute sa plus grande force : mélanger l'Histoire et la fiction jusqu'à donner l'impression que cette folle aventure aurait très bien pu exister. Les gags s'enchaînent à un rythme effréné, avec cette précision d'horloger qui caractérise ses meilleures comédies. Évidemment, certains dialogues ou certaines situations portent la marque de leur époque. Il faut les regarder avec le regard de 1982, sans chercher à les juger avec les critères d'aujourd'hui.
Jean-Paul Belmondo est ici dans son élément. Grand sportif dans la vie, amoureux de la boxe et des cascades, il semble s'amuser comme un enfant. On sent qu'il prend un plaisir immense à courir, sauter, grimper, boxer, improviser des acrobaties dont il avait le secret. Avec son tee-shirt moulant et ses gros muscles, Bébel impose une présence physique irrésistible. Il ne joue pas les héros : il est le héros.
À ses côtés, Rachid Ferrache est la véritable révélation du film. Sa bonne petite gueule fait immédiatement mouche. Son duo avec Belmondo fonctionne à merveille. Jamais il ne cherche à voler la vedette à la star, mais il est toujours à sa hauteur. Leur complicité donne au film une émotion sincère, renforcée par ce fameux ourson qui ferait fondre les plus endurcis.
Marie-France Pisier apporte toute sa malice dans un rôle espiègle et taquin, tandis que la galerie de personnages secondaires participe pleinement à cette grande farce. Mention spéciale à cet Hitler totalement décalé, entouré de sa sœur, dans des situations volontairement absurdes qui participent à cette satire irrésistible.
Le film est censé se dérouler pendant les Jeux olympiques de Berlin de 1936, mais Oury transforme ce décor historique en immense terrain de jeu. Des cascades spectaculaires, des situations ubuesques, des répliques qui claquent : tout est réuni pour offrir un spectacle populaire au sens le plus noble du terme.
Et puis, dans un coin, entre les cordes... ne chante pas Monsieur Florent Pagny. Le futur interprète de Savoir aimer apparaît ici, presque incognito, un clin d'œil toujours amusant lorsqu'on revoit le film aujourd'hui.
On rit énormément, mais derrière les éclats de rire, Gérard Oury rappelle aussi que le courage n'a pas besoin d'un uniforme. Il peut prendre les traits d'un ancien pilote, d'un boxeur, d'un enfant ou même d'un simple homme qui refuse de détourner les yeux.
Quarante ans plus tard, L'As des As conserve intact son pouvoir de divertir. Une comédie d'aventure généreuse, populaire et spectaculaire, où l'on retrouve tout ce qui faisait le cinéma d'Oury : le rythme, le panache, les cascades, les dialogues qui font mouche et ce savant mélange entre grande Histoire et fantaisie. Un classique qui n'a rien perdu de son énergie... et dont on ressort avec le sourire.
NOTE : 14.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Gérard Oury
- Scénario : Gérard Oury et Danièle Thompson
- Musique : Vladimir Cosma
- Décors : Rolf Zehetbauer
- Costumes : Jacques Fonteray
- Photographie : Xaver Schwarzenberger
- Son : Alain Sempé
- Montage : Albert Jurgenson
- Production : Alain Poiré
- Bagarres réglées par Claude Carliez et son équipe
- Coproduction : Horst Wendlandt
- Production déléguée : Thomas Schühly
- Sociétés de production : Gaumont, Soprofilms et Cerito Films (France) ; Rialto Films (Allemagne)
- Société de distribution : Gaumont
- Studios : Paris-Studios-Cinéma (Studios de Billancourt)
- Pays de production :
France,
Allemagne de l'Ouest
DISTRIBUTION
- Jean-Paul Belmondo : Georges « Jo » Cavalier
- Marie-France Pisier : Gabrielle Belcourt
- Rachid Ferrache : Simon Rosenblum
- Frank Hoffmann : Günther von Beckmann
- Günter Meisner : Adolf Hitler / Angela Hitler
- Benno Sterzenbach : un commissaire de la Gestapo
- Florent Pagny : un boxeur
- Stéphane Ferrara : Raymond, un boxeur
- Yves Pignot : Lucien
- Jean-Roger Milo : Émile
- Maurice Auzel : l'entraîneur de boxe
- Michael Gahr (de) : Brückner, l'adjudant d'Hitler
- Martin Umbach (de) : Lazare Rosenblum
- Sonja Tuchmann : Sarah Rosenblum
- Hans Wyprächtiger (de) : Oberleutnant Rosenblum
- Dominique Nato : Roger Michelot
