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mardi 21 juillet 2026

11.30 - MON AVIS SUR LE FILM POUR LE MAILLOT JAUNE DE JEAN STELLO (1939)


 Vu le Film Pour le Maillot Jaune de Jean Stelli (1939) avec Albert Préjean Meg Lemonnier René Génin Robert Arnoux Maurice Delaitre Paul Temps Paul Demange Louis Robert Paul Barge


Avis sur le film Pour le Tour de France de Jean Stelli

Pendant que les coureurs modernes usent leurs braquets sur les routes des Alpes à l'occasion du Tour de France 2026, faisons un petit détour par les routes poussiéreuses des années 30. Pas de capteurs de puissance, pas d'oreillettes, pas de bus climatisés, encore moins de réseaux sociaux. Juste des hommes, des vélos, des mollets d'acier... et déjà quelques petits arrangements avec le règlement.

Aux commandes de cette balade, on retrouve Jean Stelli, journaliste de formation et réalisateur passionné de cyclisme. Une passion qui le conduira quelques années plus tard à signer un véritable petit bijou du film policier sur fond de Grande Boucle, Cinq Tulipes Rouges, que je trouve d'ailleurs nettement supérieur à Pour le Tour de France. Mais ce dernier mérite largement qu'on s'y attarde.

Jean Stelli filme avant tout un univers qu'il connaît parfaitement. On sent qu'il aime profondément cette compétition, ses coureurs, son public et cette France qui s'alignait au bord des routes pendant des heures pour voir passer le peloton en quelques secondes.

Le héros de cette histoire est Albret Brégeon, interprété par Albert Préjean, le père de Patrick Préjean. Avec sa gueule qui rappelle parfois Jean Gabin, Albert Préjean apporte immédiatement une présence populaire au personnage. Son Brégeon est un champion talentueux, doté d'un gros braquet, mais aussi d'un caractère bien trempé. Ce n'est pas le héros parfait que l'on pourrait imaginer. Il est parfois égoïste, parfois dilettante, préférant suivre ses envies plutôt que les consignes.

À ses côtés, Meg Lemonnier incarne la journaliste Colette Monnier, dont le regard extérieur permet de découvrir les coulisses de cette grande aventure sportive. À travers son enquête, le film oppose déjà les vices... et les vertus. Les vices du dopage, des intérêts financiers ou des ambitions personnelles. Les vertus de l'effort, du courage, de la souffrance et de cette formidable école de la vie qu'est le cyclisme.

Car oui, contrairement à ce que certains pourraient croire, les problèmes que connaît aujourd'hui le Tour de France existaient déjà. Les rapports parfois compliqués avec les médias, l'argent qui commence à prendre de l'importance, les soupçons de dopage... Rien n'est vraiment nouveau sous le soleil.

C'est d'ailleurs ce qui rend le film passionnant aujourd'hui. Derrière son apparente naïveté, il montre que le sport de haut niveau a toujours dû composer avec ses contradictions.

Jean Stelli ne cherche jamais à fabriquer une légende artificielle. Il préfère montrer les hommes derrière les champions, avec leurs qualités comme leurs défauts. Les héros du vélo restent des héros, mais des héros profondément humains.

Le réalisateur s'intéresse davantage aux coulisses qu'à la seule compétition. Les hôtels modestes, les mécaniciens, les journalistes, les organisateurs, les discussions entre coureurs... tout cela constitue une photographie précieuse du Tour de France d'avant-guerre.

On regrette cependant un évident manque de moyens. Les scènes de course manquent parfois d'ampleur et l'on aurait aimé davantage de paysages, tant les routes de France participent elles aussi à la légende de la Grande Boucle. Certaines étapes semblent presque expédiées, là où un budget plus confortable aurait permis de donner davantage de souffle au spectacle.

Mais il serait injuste de juger le film uniquement sur cet aspect. Son intérêt est ailleurs.

Il est dans cette formidable évocation d'un Tour de France populaire, où les villages vivaient au rythme du passage des coureurs, où chaque étape devenait une fête, où les champions semblaient encore accessibles.

Albert Préjean porte le film avec beaucoup de naturel. Son physique de Français moyen, sa bonhomie et son sourire font merveille dans cet univers où l'on privilégie encore les caractères aux performances chronométrées.

Jean Stelli signe finalement moins un film sportif qu'un témoignage historique. Un document vivant sur une époque révolue où le vélo représentait sans doute le sport le plus populaire du pays.

On y retrouve les mêmes passions qu'aujourd'hui, les mêmes rêves de victoire, les mêmes sacrifices... mais aussi les mêmes dérives, simplement moins médiatisées.

Pour le Tour de France n'a peut-être pas la puissance de Cinq Tulipes Rouges, mais il possède un charme authentique que le temps n'a pas effacé.

Une jolie balade sur les routes de France, où l'on pédale autant dans les paysages que dans l'histoire du cyclisme.

Et finalement, les vélos ont changé... les braquets aussi... mais certaines roues tournent exactement de la même manière depuis près d'un siècle.

NOTE : 11.30

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

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