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samedi 11 juillet 2026

7.30 - MON AVIS SUR LE FILM LES K D'OR DE JEERMY FERRARI (2025)

 


Vu le film Les K D'Or de Jeremy Ferari (2025) avec Jerely Ferarri Eric Judor Laura Felpin FredTestot Karina Marimon David Ayala Chanaël Meimoun


J'aime beaucoup l'humour noir de Jérémy Ferrari. C'est même l'un des humoristes français que je préfère. Que ce soit dans ses spectacles en solo ou dans ses délires partagés avec Arnaud Tsamère et Baptiste Lecaplain, il possède cette capacité à rire de tout, même des sujets les plus sensibles, avec une intelligence d'écriture qui fait souvent mouche.

Mais entre un stand-up et un film, il y a un gouffre.

Et malheureusement, Les K d'Or en apporte une nouvelle démonstration.

Comme Laurent Baffie avant lui, Ferrari découvre que ce qui fonctionne sur une scène ne fonctionne pas forcément sur un écran de cinéma. Le rythme, l'improvisation, les silences, les réactions du public... tout cela disparaît. Il faut alors se reposer sur un scénario solide, des dialogues percutants et une véritable mise en scène.

L'histoire est pourtant complètement barrée. Noé a grandi avec une certitude transmise par sa mère : il serait le fils caché de Mouammar Kadhafi. Devenu spécialiste de la recherche de trésors, il n'a plus qu'une obsession : retrouver l'or que le dictateur libyen aurait disséminé dans le Sahel avant sa chute. Pour mener cette improbable expédition, il recrute Zoulika, de son vrai prénom Louise, une jeune femme fichée S qui sort tout juste d'un centre de réinsertion civique. Afin de rejoindre discrètement la région, ils utilisent le Marathon des Sables comme couverture et croisent au passage Ryan, un malvoyant puceau de 52 ans, personnage aussi improbable que le reste de cette aventure.

Sur le papier, le délire avait de quoi intriguer.

Et Ferrari s'entoure de partenaires de qualité. Laura Felpin confirme une nouvelle fois son talent et son sens du décalage. Éric Judor, fidèle à son humour lunaire, apporte sa présence toujours sympathique. Le casting possède de vrais atouts.

Mais cela ne suffit pas.

Le film s'étire sans jamais réellement décoller.

Et surtout... sans jamais vraiment faire rire.

Était-ce seulement le but ?

Je me suis posé la question pendant toute la projection.

À aucun moment mes zygomatiques ne se sont mis en marche. Ni devant les dialogues, ni devant les situations, ni même devant les nombreuses provocations qui jalonnent le récit. J'attendais ce moment où Ferrari allait lâcher une réplique assassine ou un enchaînement complètement fou.

Il n'est jamais venu.

Son humour noir, qui fait merveille sur scène, semble ici comme dilué. Les dialogues manquent de mordant, l'écriture tourne parfois en rond et cette impression d'improvisation permanente finit par desservir le film. Ce qui provoque un fou rire dans une salle de spectacle devient ici une succession de scènes qui peinent à trouver leur rythme.

On sent pourtant l'envie de bousculer les codes, de provoquer, d'aller là où d'autres n'osent pas.

Mais provoquer ne suffit pas.

Encore faut-il raconter une histoire qui emporte le spectateur.

Ici, le scénario accumule les idées farfelues sans réussir à leur donner une véritable cohérence. Le délire reste souvent au stade de l'idée, sans jamais exploser comme on pouvait l'espérer.

C'est d'autant plus frustrant que Ferrari possède un univers bien à lui. Lorsqu'il écrit pour la scène, il est capable de construire des démonstrations redoutables, de manier l'humour noir avec une précision chirurgicale et de faire rire là où personne n'oserait s'aventurer.

Au cinéma, cette mécanique semble grippée.

Je continuerai sans hésiter à aller voir Jérémy Ferrari sur scène, car c'est là qu'il excelle vraiment.

En revanche, je pense que cet essai cinématographique ne sera malheureusement pas transformé par un second film.

Comme quoi, faire hurler de rire un Zénith est un métier.

Faire rire une salle de cinéma... c'en est un autre.

NOTE : 7.30

FICHE TECHNIQUE

  • Titres de travail Tribord et L'or de Kadhafi
  • Réalisation Jérémy Ferrari
  • Scénario : Saïd Belktibia, Clément Peny et Jérémy Ferrari
  • Musique : Matteo Di Stefano et Matteo Locasciulli
  • Direction artistique : Renald Cotte-Verdy
  • Décors : Sébastien Inizan
  • Costumes : Noémie Veissier
  • Photographie : Antoine Marteau
  • Montage : Stéphane Pereira
  • Production : Mourad Belkeddar et Vincent Mazel
    • Coproduction : Jérémy Ferrari
  • Sociétés de production : Iconoclast et Be Kind Films[2]
  • Société de distribution Studiocanal (France)
  • Budget : 8,7 millions d'euros[


DISTRIBUTION

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