Vu le film La Bataille de Gaulle : J'Ecris ton Nom de Antonin Baudry (2026) avec Simon Abkarian Niels Schneider Thierry Lhermitte Simon Russel Beale Félix Kysyl Anamaria Vartolomei Loic Corbery Campbell Scott Pip Torrens
(Pays traversés France , Royaume Uni, USA, Lybie , Tunisie etc ..)
Juin 1940. Durant la Seconde Guerre mondiale, Charles de Gaulle — alors peu connu — décide d'organiser la Résistance extérieure depuis Londres et ainsi de lutter contre l'Allemagne nazie. Sans avoir ni réels appuis ni troupes à l'origine, il va tenter de créer une organisation politique et militaire, la France libre
Il y a des films qui dépassent leur simple statut d'œuvre cinématographique pour entrer dans l'Histoire du cinéma. Des films qui marquent une époque, qui impressionnent par leur ambition autant que par leur exécution. La Bataille De Gaulle, le diptyque réalisé par Antonin Baudry (Le Chant du Loup), appartient sans hésiter à cette catégorie. Avec cette fresque historique monumentale, le réalisateur relève un pari que beaucoup auraient jugé impossible : raconter la naissance de la France libre à travers plusieurs figures majeures, tout en faisant du général de Gaulle le cœur battant du récit.
Oui, le film a coûté plusieurs dizaines de millions d'euros. Et alors ? Pour une fois, chaque centime se retrouve à l'écran. Les décors, les costumes, les véhicules militaires, les reconstitutions, les effets spéciaux, les scènes de bataille… tout respire le grand spectacle. On comprend où est passé le budget, et c'est suffisamment rare dans le cinéma français pour être souligné.
Les quelques polémiques aussi inutiles que stériles qui ont accompagné la sortie du film ont sans doute freiné son box-office. C'est dommage, car ceux qui auront boudé cette œuvre risquent de regretter de ne pas l'avoir découverte dans une grande salle équipée d'un son Dolby Atmos. Certaines séquences sont conçues pour être vécues plus que regardées : le fracas des bombardements, les moteurs des chars, les explosions, les silences avant l'assaut... tout participe à une immersion exceptionnelle.
Ce deuxième opus, J'écris ton nom, nous replonge immédiatement dans l'action. Antonin Baudry réussit un tour de force : on a véritablement l'impression de ne jamais avoir quitté le premier film. Dès les premières minutes, on retrouve cette tension permanente, cette intensité dramatique qui faisait déjà la force du premier volet.
Au centre de cette fresque trône évidemment le général de Gaulle, incarné par un Simon Abkarian absolument prodigieux. Si son interprétation était déjà remarquable dans le premier film, elle atteint ici une autre dimension. On n'entend plus Simon Abkarian : on voit Charles de Gaulle. Sa voix, son maintien, sa façon de regarder ses interlocuteurs, ses silences, sa détermination... le mimétisme est tout simplement saisissant.
Mais surtout, Baudry rappelle une chose essentielle : de Gaulle est avant tout l'homme qui savait dire NON.
Non à Roosevelt.
Non, parfois, à Eisenhower.
Et surtout non à Churchill.
Pour les Alliés, il n'était qu'un général sans armée, un empêcheur de tourner en rond. Leur objectif était souvent de décider eux-mêmes de l'avenir des territoires libérés, y compris celui de la France. Churchill, admirablement interprété par Simon Russell Beale, apparaît dans toute son ambiguïté : allié indispensable, mais adversaire politique permanent. Simon Russell Beale est exceptionnel, rendant son Churchill aussi brillant qu'agaçant, au point que l'on comprend parfaitement pourquoi de Gaulle devait constamment lui tenir tête.
Autre adversaire de taille : le général Giraud, incarné avec beaucoup de justesse par Thierry Lhermitte. Installé à Alger, il se considère comme le véritable représentant de la France. Là encore, de Gaulle refuse de céder. Encore une fois, il dit NON.
Mais La Bataille De Gaulle ne se limite pas aux salons diplomatiques et aux affrontements politiques.
Le film nous emmène aussi au cœur des combats grâce à une autre immense figure : le général Leclerc de Hauteclocque.
Baudry filme la guerre avec une puissance rarement atteinte dans une production française. Les chars avancent sous le feu ennemi, l'aviation bombarde sans relâche, les hommes tombent, la poussière envahit l'écran. C'est le chaos, mais un chaos parfaitement maîtrisé.
Leclerc apparaît au milieu de cette tempête comme un chef de guerre presque mythologique. Impossible de ne pas penser, par instants, à un Captain America français tant sa détermination et son courage semblent inébranlables.
Et pour incarner un tel homme, il fallait un immense acteur.
Niels Schneider livre ici, à mes yeux, l'une des plus grandes performances de sa carrière. Rarement un acteur aura autant habité son personnage. Il possède la droiture, le charisme, l'autorité et l'humanité de Leclerc. Chaque apparition impose le respect.
Le troisième pilier du récit est Jean Moulin.
Félix Kysyl lui prête une présence mystérieuse, sombre et profondément humaine. Son Jean Moulin agit dans l'ombre, reliant les différents réseaux de Résistance qui permettront à de Gaulle d'avoir enfin une véritable armée intérieure.
Les reconstitutions de Lyon sont d'un réalisme impressionnant. Benoît Barouh et son équipe offrent des décors d'une authenticité remarquable qui nous transportent immédiatement dans la France occupée.
Et comment ne pas évoquer la terrible scène de torture dans les locaux de la Gestapo ?
Elle glace littéralement le sang. Baudry ne cherche jamais le spectaculaire gratuit ; il montre la barbarie avec suffisamment de retenue pour que l'imagination fasse le reste. On en ressort bouleversé, avec une seule pensée : espérons que de telles horreurs ne se reproduisent jamais.
De Gaulle, Leclerc et Jean Moulin constituent le véritable squelette du film.
Trois hommes.
Trois destins.
Trois façons différentes de servir une même idée : la France libre.
Pendant près de 160 minutes, Antonin Baudry réussit à maintenir une tension permanente sans jamais perdre son spectateur. Le film est passionnant, spectaculaire, profondément humain et d'une grande intelligence. Même lorsque l'on pense connaître cette période de l'Histoire, on découvre encore de nombreux événements méconnus.
La séquence de la Libération de Paris procure un immense frisson.
En tant que Parisien, impossible de rester insensible devant ces images où la capitale retrouve enfin sa liberté. L'émotion est encore plus forte lorsque les véritables images d'archives viennent se mêler à la fiction. Je me suis même surpris à penser que mes propres parents, présents à Paris à cette époque, figuraient peut-être quelque part dans cette foule immense.
Mon seul regret concerne l'absence de deux scènes emblématiques.
J'aurais tant aimé voir la descente triomphale des Champs-Élysées par le général de Gaulle au milieu d'une foule immense, ainsi que la célèbre fusillade sur le parvis de Notre-Dame où, fidèle à lui-même, il continua d'avancer sans jamais céder à la panique. Deux moments historiques qui auraient parfaitement trouvé leur place dans cette fresque.
Autour du trio principal, toute la distribution impressionne par son engagement. Thierry Lhermitte en Giraud, Simon Russell Beale en Churchill, Loïc Corbery en Pleven, Campbell Scott en Eisenhower ou encore Pip Torrens en Montgomery composent une galerie de personnages d'une remarquable crédibilité. Aucun ne cherche à tirer la couverture à lui ; tous servent le film avec humilité.
Enfin, il y a cette parenthèse suspendue, peut-être la plus belle du film.
Les mots du poème « Liberté » de Paul Éluard résonnent tandis que revient inlassablement cette formule devenue célèbre : « J'écris ton nom. »
À chaque répétition, les images prennent une dimension supplémentaire. Le titre de ce deuxième opus trouve alors tout son sens et l'émotion devient immense.
La Bataille De Gaulle est un très grand film. Un film brillant, épique, ambitieux et profondément nécessaire. Il rappelle que la liberté n'est jamais acquise et que certains hommes ont eu le courage, au moment où tout semblait perdu, de dire simplement un mot.
NON.
Et parfois, un seul « non » suffit à changer le destin d'un pays.
Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nonm
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom
etc...
NOTE : 18.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Antonin Baudry
- Scénario : Antonin Baudry et Bérénice Vila, d'après De Gaulle : une certaine idée de la France (A Certain Idea of France: The Life of Charles de Gaulle) de Julian T. Jackson
- Musique : Volker Bertelmann (1re partie), Théo Cascio (2e partie)
- Décors : Benoît Barouh
- Costumes : Laurence Chalou
- Photographie : Giora Bejach et Pierre Cottereau
- Son : Lucien Balibar et Nicolas Cantin
- Montage : Katie Mcquerrey et Rehman Nizar Ali (1re partie), Rehman Nizar Ali (2e partie)
- Production : Ardavan Safaee, Jérôme Seydoux et Axelle Boucaï
- Sociétés de production : Pathé Films, en coproduction avec Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma et TF1 Films Production
- Sociétés de distribution : Pathé (France) ; Immina Films (Québec), Pathé Films AG (Suisse romande), Pathé Touch Afrique (Algérie, Côte d'Ivoire et Tunisie), The Searchers (Belgique)
- Budget : 74 millions d'euros (37 millions par film)[
DISTRIBUTION
- Simon Abkarian : Charles de Gaulle
- Niels Schneider : le général Leclerc
- Thierry Lhermitte : Henri Giraud (2e partie)
- Karim Leklou : Blazej
- Florian Lesieur : Fernand Bonnier de La Chapelle
- Simon Russell Beale : Winston Churchill
- Dan Kadosh : Gustavo Camerini
- Benoît Magimel : Pierre Kœnig
- Kacey Mottet-Klein : Geoffroy de Courcel
- Félix Kysyl : Jean Moulin
- François Göske : Klaus Barbie
- Anamaria Vartolomei : Livia
- Adèle Jayle : Yvonne de Gaulle
- Loïc Corbery de la Comédie Française : René Pleven
- Mathieu Kassovitz : François Darlan
- Tom Mison : Anthony Eden
- Campbell Scott : Franklin Delano Roosevelt
- Grégoire Colin : Georges Thierry d'Argenlieu
- Pablo Cobo : Colonel Passy[14]
- Anthony Calf : Edward Spears
- Pip Torrens : le général Montgomery
- Sami Ameziane : Raymond Dronne
- Maxime Bailleul : Émile Muselier
- Daniel Betts : Dwight D. Eisenhower
- Chaïm Feroleto : Pierre, le frère de Livia[15]
- Stephen Campbell Moore : Macmillan
- Noémie Schmidt : Susan Travers
- Gabriel De La Fuente : Hustache
- Alice de Lencquesaing : Suzanne Torrès
- Pierre Aussedat : Georges Catroux
- Janis Ahern : Florence Conrad
- Joseph Fourez : Claude Hettier de Boislambert
- Noam Morgensztern de la Comédie Française : Monnet
- Alain Libolt : Maréchal Pétain
- Éric Verdin : l'oncle de Fernand
- Aude Ruyter : la tante de Fernand
- Karen Westwood : Clementine Churchill
- Paul Bandey : ministre Sinclair
- Elsa Saillard Etcheverry : Anne de Gaulle
- Hugo Bariller : Professeur Dressel (professeur de Fernand)
- Vincent Fontano : Félix Éboué (gouverneur du Tchad)
- Saabo Balde : Claude Mademba Sy
- Thomas Cousseau : un lyonnais
- Christophe Kourotchkine : Marcel Peyrouton
- Cédric Vieira : Michel Debré
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