Vu le Film Supergirl de Craig Gillepsie (2026) avec Milly Alcock Jason Momoa Eve Ridley David Corenswet Emily Beecham Mathias Schoenaerts Ferdinand Kingsley Daniel Murtagh
Aller voir un film juste avant minuit pour éviter de mouiller un Gremlin ou de se transformer en citrouille, c'est déjà un concept. Mais aller voir Supergirl, là je crois que j'ai poussé le masochisme à son plus haut niveau. Ah, retenez-moi la prochaine fois...
Après le très correct Superman de James Gunn, porté par un David Corenswet convaincant dans le rôle de Clark Kent, je pensais naïvement que DC allait enfin retrouver un peu de sa grandeur. Grave erreur. Ici, tout ce qui faisait le charme et la puissance de l'univers de Superman semble avoir disparu.
Le film est basé sur le personnage de Kara Zor-El, la cousine de Superman créée chez DC Comics, mais une question m'a poursuivi pendant toute la projection : ne pouvait-on pas laisser Kara tranquillement avec ses parents sur Krypton plutôt que de nous l'imposer au premier rang pendant plus de deux heures ?
Le scénario est un véritable naufrage. L'histoire reprend très librement certains éléments des comics, au point de les dénaturer complètement. Les modifications apportées n'ont souvent aucun sens et donnent l'impression que personne ne savait vraiment où aller. On attendait une aventure cosmique ambitieuse, on hérite d'un récit décousu qui saute d'une idée à l'autre sans jamais construire une véritable émotion.
Et où est donc Brainiac ? L'un des plus grands ennemis de Superman et de Supergirl est totalement absent, remplacé par une galerie d'antagonistes sans charisme. On croirait voir des personnages échappés de Dark Crystal ou d'un mauvais épisode de Star Wars, sans la poésie du premier ni le souffle épique du second.
Quant à Superman, pourtant réussi dans son propre film, il n'est plus ici qu'un ersatz de lui-même. Son apparition n'apporte absolument rien et souligne encore davantage le manque de direction de l'ensemble.
La Supergirl proposée ici est tout simplement insupportable. On nous sert une adolescente rebelle de bas étage, constamment dans la provocation, incapable de susciter la moindre empathie. Kara méritait tellement mieux que cette caricature sans profondeur.
Craig Gillespie semble filmer tout cela sans inspiration. La mise en scène est d'une platitude désespérante. Aucune scène d'action ne décolle vraiment, aucun plan ne marque la mémoire, aucun moment ne procure cette sensation de merveilleux indispensable à un film de super-héros.
Les effets spéciaux sont souvent ratés, parfois même franchement datés. À une époque où les productions disposent de budgets colossaux, voir autant d'images numériques peu convaincantes est presque gênant. Chaque séquence spectaculaire finit par rappeler qu'on regarde des personnages évoluer devant un fond vert.
La musique n'arrange absolument rien. Jamais elle ne porte les scènes, jamais elle ne crée d'émotion. Elle accompagne simplement le désastre sans parvenir à lui donner un semblant de souffle.
Le rythme est interminable. Les scènes s'étirent inutilement, les dialogues tournent en rond et le film semble durer une éternité. Du gras dans toutes les lignes, du gras dans toutes les images. Chaque minute paraît plus longue que la précédente.
Le pire reste sans doute cette absence totale d'émotion. On ne croit jamais aux personnages, on ne s'attache à personne, on regarde simplement défiler des séquences de plus en plus vides.
J'ai eu la sensation de perdre des neurones au fur et à mesure que le film avançait.
Et lorsque je suis sorti de la salle, vers trois heures du matin, les lucioles autour des réverbères semblaient infiniment plus vivantes que tous les personnages de Supergirl.
On peut dire ce que l'on veut de Zack Snyder, mais sa vision de l'univers DC reste, à mes yeux, très largement supérieure à tout ce qui est proposé ici. Qu'on aime ou non son style, il possédait au moins une ambition visuelle, une identité, une véritable mythologie. Ici, il ne reste qu'un spectacle bruyant, creux et terriblement oubliable.
Une immense déception, probablement l'un des pires films de super-héros que j'ai vus ces dernières années. Un film qui accumule les mauvaises décisions, vide ses personnages de toute substance et transforme une héroïne mythique en adolescente agaçante. Même Krypton méritait mieux que ça.
Au final, ce film est peut-être "Super"... mais certainement pas "Girl". Une immense déception. Ah, retenez-moi la prochaine fois avant que je ne reprenne une place pour ce genre de punition !
NOTE / 3.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Craig Gillespie
- Scénario : Ana Nogueira, d'après le personnage créé par Otto Binder et Al Plastino et la mini-série Supergirl: Woman of Tomorrow de Tom King et Bilquis Evely
- Musique : Claudia Sarne
- Décors : Neil Lamont
- Costumes : Anna B. Sheppard
- Photographie : Rob Hardy
- Montage : Tatiana S. Riegel et Fred Raskin
- Production : James Gunn et Peter Safran
- Production déléguée : Nigel Gostelow, Chantal Nong Vo et Lars P. Winther
- Sociétés de production : DC Studios, The Safran Company et Troll Court Entertainment
- Société de distribution : Warner Bros. Pictures
- Budget : 170 millions USD
- Milly Alcock (VF : Thaïs Laurent ; VQ : Marguerite D'Amour) : Kara Zor-El / Supergirl
- Eve Ridley (VF : Lévanah Solomon ; VQ : Emma Bao Linh) : Ruthye Marye Knoll
- Matthias Schoenaerts (VF : Jérôme Pauwels ; VQ : Alexandre Daneau) : Krem des Collines d'Ocre (Krem of the Yellow Hills en VO)
- Jason Momoa (VF : Xavier Fagnon ; VQ : Louis-Philippe Dandenault) : Lobo
- David Corenswet (VF : Jim Redler ; VQ : Éric Bruneau) : Kal-El / Clark Kent / Superman
- David Krumholtz : Zor-El
- Emily Beecham : Alura In-Ze (en)
- Diarmaid Murtagh : Drom Baxton
- Ferdinand Kingsley (VQ : Alexis Lefebvre) : Elias Knoll, le père de Ruthye
- Emily Piggford : Delilah Knoll, la mère de Ruthye
- Kadiff Kirwan (en) (VF : Grégory Lerigab ; VQ : Anglesh Major) : Bomar Vran
- Thalissa Teixeira (en) (VF : Armelle Abibou ; VQ : Jeanne Roux-Côté) : Mareck Vran

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