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lundi 13 juillet 2026

14.80 - MON AVIS SUR LE FILM LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS DE MICHAEL ANDERSON (1956)

 


Vu le Film Le Tour du Monde en 80 Jours de Michael Anderson (1956) avec David Niven Cantinflas Robert Newton Shirley MacLaine Frank Sinatra Fernandel Finlay Curie Trevor Howard Robert Morley 


S'il ne devait rester qu'une seule adaptation du roman de Jules Verne, ce serait sans hésiter celle-ci. Le Tour du monde en 80 jours de Michael Anderson demeure, à mes yeux, la meilleure version jamais portée à l'écran. Une fresque d'aventure comme Hollywood savait en fabriquer, où le spectacle ne se limite pas aux décors, mais invite véritablement le spectateur à voyager.


Cette fois, on ne part pas sur la Lune avec Jules Verne, mais aux quatre coins du globe. Et quel guide ! Le très britannique Phileas Fogg, incarné avec une élégance folle par David Niven, un gentleman dont chaque geste respire la distinction, le flegme et la classe. À ses côtés, son nouveau valet Passepartout, interprété par l'immense star mexicaine Cantinflas, apporte toute la fantaisie, l'humour et l'énergie nécessaires pour transformer cette expédition en véritable épopée.


Tout commence par un pari. Un pari aussi absurde que typique de ces riches oisifs qui passent leur temps dans leur club londonien à discuter du monde sans le voir. Convaincu qu'il peut faire le tour de la planète en quatre-vingts jours, Phileas Fogg engage sa fortune et sa réputation. Accompagné de Passepartout, il quitte Londres pour une course contre le temps qui les mènera à travers les continents, affrontant retards, catastrophes, imprévus et rencontres improbables.


Le plaisir du film réside autant dans l'aventure que dans le voyage lui-même. On traverse des paysages magnifiques, on grimpe au-dessus des montagnes en ballon — même si Jules Verne n'avait jamais imaginé cette scène dans son roman —, on découvre des monuments célèbres, des villes lointaines, des traditions, des coutumes et des cultures différentes. Le cinéma devient ici une véritable invitation au dépaysement.


Aujourd'hui, il faut reconnaître que certaines séquences ont vieilli. Non pas sur le plan de la qualité, bien au contraire, mais dans certains dialogues ou comportements. Notre cher Phileas Fogg apparaît parfois raciste, misogyne ou même homophobe. Mais il faut replacer cela dans son contexte historique. Comme on pourrait le dire avec une pointe de nostalgie : c'est un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Il serait absurde de juger un film de 1956 uniquement avec les critères de 2026.


En revanche, ce qui n'a absolument pas pris une ride, c'est le charme de cette immense production. Les décors sont somptueux, les costumes magnifiques, la photographie éclatante et la musique accompagne parfaitement cette incroyable odyssée.


Il y a aussi un détail que j'adore et qui fait tout le sel du film : cette incroyable galerie de vedettes venues faire un simple caméo. Une scène, parfois quelques secondes seulement, mais quelle idée brillante ! Elles apparaissent au détour d'une rencontre avec Phileas ou Passepartout. Souvent, on les voit d'abord de dos avant qu'elles ne se retournent pour dévoiler leur visage. D'autres n'ont même que quelques mots à prononcer.


Frank Sinatra, Martine Carol, Fernandel, Buster Keaton, Victor McLaglen, Peter Lorre, Charles Boyer, José Greco, Trevor Howard et bien d'autres viennent ainsi saluer le spectateur. C'est presque un jeu de piste où l'on s'amuse à reconnaître les stars qui surgissent à chaque étape du voyage. Cette idée donne un charme supplémentaire à cette relecture du roman de Jules Verne.


David Niven est absolument parfait. Il compose un Phileas Fogg dont le sérieux permanent contraste merveilleusement avec les facéties de Cantinflas. Ce dernier vole souvent la vedette tant son Passepartout déborde de malice, de bonne humeur et d'acrobaties. Leur duo fonctionne à merveille.


Shirley MacLaine apporte beaucoup de fraîcheur dans le rôle de la princesse Aouda, tandis que Robert Newton incarne avec son exubérance habituelle l'inspecteur Fix, persuadé que Fogg est un dangereux voleur de banque.


Michael Anderson signe ici un immense film d'aventure, un de ceux qui donnent envie de faire ses valises dès le générique terminé. À une époque où les effets numériques n'existaient pas, tout repose sur les décors, les acteurs, les paysages et le sens du spectacle. Et cela fonctionne encore admirablement.


On ressort avec l'impression d'avoir réellement fait le tour du monde, d'avoir pris le train, le bateau, l'éléphant, le ballon et tous les moyens de transport imaginables. Peu de films procurent encore aujourd'hui une telle sensation de voyage.


C'est un film d'un autre temps, dans le plus beau sens du terme. Une œuvre qui rappelle que le cinéma d'aventure savait faire rêver sans chercher à en mettre plein la vue toutes les cinq minutes. Le roman de Jules Verne reste la pierre fondatrice du film d'aventure avec un grand A, et cette adaptation en demeure l'un de ses plus beaux ambassadeurs.


Un classique absolu, élégant, drôle, spectaculaire et profondément dépaysant. Voilà le genre de cinéma qui donne envie de partir... même si le pari, lui, reste complètement stupide !


NOTE : 14.80

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

 Felix Felton (VF Raymond Rognoni) : Mr. McArish, un membre du Reform-Club


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