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jeudi 25 juin 2026

9.10 - MON AVIS SUR LE FILM AGENTS SECRETS DE FREDERIC SCHOENDOEFFER (2004)


 Vu le Film Agents Secrets de Frédéric Schoendoerffer (2004) avec Vincent Cassel Monica Bellucci Charles Berling André Dussolier Bruno Todeschni Sergio Peris-Mencheta Eric Savin Serge Avedikian Gabriele Lazure Jo Prestia


Agents secrets met en scène un groupe d'agents de terrain de la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE), avant, pendant, et après une mission au Maroc. L'un des agents, Lisa (Monica Bellucci), est piégée par le service et se retrouve derrière les barreaux pour accomplir, au sein de la prison, une mission contre son gré. Échappant au contrôle du service qui tente de le faire taire, l'ami de Lisa, Brisseau (Vincent Cassel), comprend que les deux missions sont liées entre elles pour des raisons politiques et financières.

Toujours difficile de passer derrière la carrière d’un très grand cinéaste du chaos comme Pierre Schoendoerffer. Même si l’univers n’est pas le même que celui de son père, Frédéric Schoendoerffer semble avoir du mal à se défaire totalement de cet héritage encombrant.

Avec Agents Secrets, il ambitionne pourtant de plonger le spectateur dans les arcanes de la DGSE, là où les opérations clandestines se décident dans l’ombre et où les conséquences dépassent souvent les plans les mieux établis.

L’histoire suit deux missions parallèles menées par les services français. D’un côté, Georges Brisseau, interprété par Vincent Cassel, agent de terrain rompu aux opérations délicates. De l’autre, Lisa, jouée par Monica Bellucci, engagée dans le même engrenage secret. Autour d’eux gravite une galerie d’agents et de responsables incarnés notamment par André Dussollier, Charles Berling, Bruno Todeschini, Éric Savin et Simon Abkarian, tous beaucoup plus crédibles dans leurs fonctions que le tandem vedette. Car c’est bien là que le bât blesse. Georges Brisseau se la joue gros baroudeur, et évidemment il finira dans les bras de Lisa.

Pourquoi hein, pourquoi ? Cette romance imposée apparaît comme une évidence de scénario plutôt que comme une évolution naturelle des personnages. C’est d’autant plus frustrant que tous les autres agents semblent parfaitement dans leurs baskets. Eux donnent l’impression d’appartenir réellement à cet univers de manipulations, de mensonges et d’opérations spéciales.

Le couple principal, lui, reste constamment à côté de la plaque.Le film évoque inévitablement l’ombre de l’Affaire du Rainbow Warrior. On croit d’abord que Schoendoerffer va s’en inspirer pour explorer les zones grises des services secrets français. Mais très vite, le récit s’en éloigne et préfère emprunter des chemins beaucoup plus balisés.

Le résultat ressemble davantage à un thriller d’espionnage formaté qu’à une véritable plongée dans les mécanismes du renseignement.Pourtant, il y avait matière à faire voyager le spectateur. Entre le Maroc, l’Espagne et la France, le film multiplie les décors et les changements d’ambiance. Sur le papier, cela promettait une aventure internationale pleine de tension.

Dans les faits, ces déplacements donnent surtout l’impression de cocher des cases. Une mission à l’étranger ? Coche. Des agents infiltrés ? Coche. Des trahisons ? Coche. Une romance obligatoire ? Double coche.

Et c’est précisément ce qui finit par plomber l’ensemble. Le film manque cruellement de rythme et de pêche. Chaque séquence semble avancer avec le frein à main serré.

Là où l’espionnage devrait créer du suspense, de la paranoïa et de l’incertitude, Agents Secrets accumule les clichés les plus attendus. Les enjeux paraissent artificiels, les rebondissements téléphonés et les situations rarement surprenantes.On sent que Schoendoerffer cherche à fabriquer un grand thriller à la française, sérieux, international et ambitieux. Mais à force de vouloir satisfaire les attentes des producteurs, il oublie peut-être d’embarquer le public.

Tout paraît appliqué, professionnel même, mais jamais véritablement vivant. Le film avance comme une mission administrative alors qu’il devrait fonctionner comme une opération clandestine sous haute tension.

C’est d’autant plus regrettable que le casting secondaire tient remarquablement la route. Dussollier, Berling, Todeschini, Savin et Abkarian apportent une crédibilité qui manque souvent au duo central. Eux semblent appartenir à cet univers opaque où chaque regard cache une information et chaque silence un secret.

Au final, Agents Secrets est un thriller d’espionnage qui promet les coulisses de la DGSE mais ne livre qu’une version très sage et très convenue de cet univers fascinant.

Lent, raté par moments, encombré de clichés complètement stupides, il donne l’impression que tout le monde a été invité à la fête... sauf le spectateur. Des agents pas si secrets, donc, mais surtout un film qui ne parvient jamais à révéler ce qu’il cache derrière sa façade d’espionnage international.

NOTE : 9.10

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vendredi 12 juin 2026

11.10 - MON AVIS SUR LE FILM SECRETS D'Etat DE MAREK KANIEVSKA (2004)


 Vu le Film Secrets d'Etat de Marek Kanievska (2004) avec Sharon Stone Rupert Everett Jim Piddock Tamara Hope Mark Randall Julien Whadam


Leo Cauffield, reporter de guerre, ex-espion britannique et époux de Sally Tyler, une Américaine, disparaît un jour sans explications. Sally effectue toutes les recherches possibles pour le retrouver et découvre que son mari est en fait un agent double travaillant pour le KGB...

Ce film s'inspire de l'histoire réelle d'Eleanor Brewer qui épousa, en 1959, Kim Philby, un agent double, voire triple, britannique, et qui infiltra les services secrets britanniques pour le compte du KGB, l’agence de renseignements soviétique.

Marek Kanievska restera pour beaucoup l’homme d’Another Country, ce petit chef-d’œuvre où un jeune Rupert Everett incarnait déjà un futur maître du mensonge et de la manipulation dans l’Angleterre des espions. Amusant d’ailleurs de retrouver ici Everett dans une autre histoire liée à l’univers de Kim Philby : comme si la boucle était enfin bouclée.

Malheureusement, Secrets d’État est très loin de la puissance de son illustre prédécesseur.

Le film s’intéresse à Eleanor Philby (Sharon Stone), l’épouse du célèbre agent double Kim Philby (Rupert Everett), réfugié à Moscou après sa trahison. Tandis que Philby rêve de retrouver sa femme, celle-ci doit choisir entre deux destins : rester en Angleterre, libre mais seule, ou rejoindre l’homme qu’elle aime derrière le Rideau de fer, avec toutes les restrictions et les désillusions que cela implique. Tout l’enjeu du film repose donc sur cette tentative de convaincre Eleanor de franchir le pas.

Sur le papier, le sujet possède pourtant un vrai potentiel. Derrière l’espionnage, il y a une histoire d’amour, de fidélité, de sacrifice et de renoncement. Mais à l’écran, tout cela peine à décoller. Le film ressemble davantage à un téléfilm de luxe qu’à une véritable œuvre de cinéma. Les moyens paraissent limités, les décors souvent étriqués et la mise en scène manque singulièrement d’ampleur. On comprend vite pourquoi le film n’a jamais connu de sortie en salles.

Dès lors, on regarde surtout pour son contexte historique et pour son casting. Sharon Stone apporte sa présence habituelle à un personnage qui méritait davantage d’épaisseur, tandis que Rupert Everett compose un Philby séduisant, manipulateur et insaisissable. Mais même eux ne parviennent pas à insuffler la tension nécessaire à un récit qui avance trop souvent au ralenti.

Le plus étonnant reste peut-être cette séquence d’interrogatoire autour du mont Ararat. Impossible de ne pas penser au Serpent de Verneuil tant la situation rappelle celle du classique français. Pendant quelques minutes, le film semble enfin trouver une véritable personnalité avant de retomber dans sa routine narrative.

C’est finalement le principal problème de Secrets d’État : il possède tous les ingrédients d’un grand film d’espionnage — Kim Philby, la Guerre froide, les trahisons, les dilemmes amoureux, un casting prestigieux — mais n’en fait jamais grand-chose. Là où Another Country brillait par son intelligence, sa finesse psychologique et sa mise en scène inspirée, celui-ci donne constamment l’impression de regarder une reconstitution correcte mais sans souffle.

Reste donc un témoignage intéressant sur une page fascinante de l’histoire de l’espionnage britannique, quelques bons acteurs, et cette étrange sensation de voir une occasion manquée. Dommage d’un tel raté avec un sujet pareil et un casting capable de beaucoup mieux.

NOTE : 11.10

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