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jeudi 24 septembre 2026

8.10 - MON AVIS SUR LE FILM THEODORA IMPERATRICE DE BYZANCE DE RICARDI FREDA (1954)

 


Vu le film Théodora Impératrice de Byzance de Ricardo Freda (1954) avec Gian Maria Canale Georges Marshall Irène Papas Carletto Sposito renato Baldini Henri Guisol Roger Pigaut


Théodora impératrice de Byzance, réalisé par Riccardo Freda en 1954, est un péplum franco-italien qui reste surtout célèbre pour sa course de chars, clairement destinée à concurrencer celle du Ben-Hur de Fred Niblo, sorti en 1925. Une course spectaculaire qui montre bien qu’à l’époque, quand Hollywood avait ses grands spectacles, le cinéma italien n’avait pas l’intention de rester assis dans les gradins à regarder passer les chars.

Pour le reste, on retrouve tous les ingrédients classiques du péplum, avec gladiateurs, complots, trahisons, empereur mégalomane, combats, jolies femmes et une impératrice dont la fidélité semble parfois aussi solide qu’une colonne romaine mal fixée. Le film nous raconte l’ascension de Théodora, jeune danseuse qui va passer de voleuse d’un bijou à impératrice de Byzance, ce qui constitue tout de même une évolution professionnelle assez remarquable.

Le film s’inspire de personnages historiques réels, notamment l’empereur Justinien, qui régna sur Constantinople, et Théodora, devenue son épouse et impératrice. Mais il ne faut évidemment pas chercher ici une leçon d’histoire avec le professeur au tableau et les dates écrites à la craie. Riccardo Freda prend surtout l’Histoire comme un formidable terrain de jeu pour fabriquer un spectacle de péplum, quitte à arranger quelque peu la réalité pour que les complots, les combats et les histoires de cœur tiennent correctement dans le cadre.

On retrouve dans les rôles principaux l’acteur français Georges Marchal dans le rôle de Justinien et Gianna Maria Canale dans celui de Théodora, tandis qu’Irène Papas interprète la sœur de Théodora. Un casting qui permet aussi de revoir de solides acteurs dans un film qui mise beaucoup sur ses personnages et sur son côté spectaculaire.

Et puis il y a évidemment cette fameuse course de chars, qui constitue l’un des morceaux de bravoure du film et rappelle que le péplum de l’époque devait en donner pour son argent au spectateur venu dans sa salle de quartier. On venait voir des palais, des gladiateurs, des complots, des femmes en costumes antiques et surtout des types se battre ou foncer à toute vitesse dans des chars, et personne ne demandait encore si tout cela respectait scrupuleusement la réalité historique.

Théodora impératrice de Byzance n’est donc certainement pas le film du siècle, ni même forcément le péplum qui restera gravé dans les mémoires, mais il possède ce charme particulier des productions de cette époque où l’on cherchait avant tout à distraire le public avec les moyens disponibles. Aujourd’hui, certains effets peuvent paraître datés et l’histoire prendre quelques libertés avec la réalité, mais il faut aussi regarder le film avec les yeux du spectateur qui découvrait ce genre dans les salles de quartier.

Ce n’est pas du grand cinéma historique, mais un bon vieux péplum qui mélange l’Histoire, le spectacle, les gladiateurs, les trahisons et les histoires d’amour avec suffisamment de générosité pour que l’on passe un moment agréable.

C'était probablement exactement ce qu’on lui demandait à l’époque : faire voyager le spectateur quelques heures à Constantinople sans lui demander de préparer sa thèse sur Justinien en sortant de la salle.

NOTE : 8.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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