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lundi 8 septembre 2025

13.80 - MON AVIS SUR LE FLM LE CAVALIER DU DESERT DE WILLIAM WYLER (1940)

  


Vu le Film Le Cavalier du Désert de William Wyler (1940) avec Gary Cooper Walter Brennan Doris Davenport Fred Stone Forrest Tucker Dana Andrews Paul Hurst Chill Wills Lillian Bond Tom Tyler Lupita Tovar
 

En 1882, la ville de Vinegarroon, au Texas, est dirigée par le juge Roy Bean, qui se qualifie lui-même de « seule loi à l’ouest du Pecos ». Menant des procès depuis son saloon, Bean gagne sa vie corrompue en collectant des amendes et en saisissant illégalement des biens. Ceux qui lui tiennent tête sont généralement pendus, recevant ce que Bean appelle des « peines avec sursis ». 

Je me suis lancé dans Le Cavalier du Désert sans regarder le réalisateur, et à la fin, quelle surprise : c’était William Wyler, le même qui allait ensuite réaliser Ben-HurFunny Girl et tant d’autres chefs-d’œuvre. Voir ce géant de l’âge d’or d’Hollywood s’essayer au western à cette époque est une expérience fascinante, surtout pour un passionné du genre comme moi. 

L’histoire suit Cole Hardin, interprété par Gary Cooper, un cow-boy solitaire et droit dans ses bottes, accusé à tort de vol de chevaux. C’est cette accusation qui le conduit devant le juge Roy Bean, magistrat fantasque et autoritaire, campé avec un talent fou par Walter Brennan, qui remporta à juste titre l’Oscar du meilleur second rôle pour ce rôle. Le juge Bean est un personnage à la fois terrifiant et comique, un symbole de la justice expéditive du Far West, mais aussi d’un humour grinçant et d’une certaine excentricité que Brennan incarne à merveille. 

Cole Hardin ne se laisse pas faire. Avec intelligence et un brin de roublardise, il parvient à convaincre le juge qu’il connaît la célèbre actrice Lily Langtry, un petit mensonge qui le fait passer d’accusé à allié temporaire du juge. À partir de là, le film déroule une série de confrontations entre Hardin, le juge Bean et les éleveurs locaux, qui oppriment les fermiers. On suit ainsi l’évolution de Hardin, qui passe d’homme solitaire à défenseur des opprimés, avec une tension constante entre loi, injustice et survie dans un monde encore sauvage. 

Ce qui frappe dans ce film, c’est la justesse de la mise en scène de Wyler. Chaque plan est précis, chaque espace exploité pour créer du suspense ou souligner la solitude du héros dans ce Far West impitoyable. Les duels, les confrontations verbales et les moments de tension sont filmés avec une économie de moyens mais une efficacité redoutable. La photographie, avec ses larges plans sur le désert et ses extérieurs naturels, donne un vrai sentiment de territoire hostile et vivant. 

Malgré ces qualités, je dois avouer que le film ne m’a pas totalement emporté. L’intrigue est solide, le casting excellent, mais il manque parfois cette alchimie entre les personnages qui fait vibrer un western. Les dialogues et les confrontations sont plaisants, mais ils ne suffisent pas à créer une tension dramatique intense sur toute la durée. Le juge Bean est fascinant, mais le reste des personnages secondaires reste un peu en retrait, ce qui limite l’ampleur émotionnelle. 

Cela dit, Gary Cooper est parfait. Son charisme, sa manière de bouger, de parler, de gérer le silence ou le danger, fait passer énormément d’émotion et de présence. Il rend le personnage de Cole Hardin crédible, attachant et juste assez humain pour que l’on suive son parcours avec intérêt. Walter Brennan, quant à lui, domine chaque scène où il apparaît, transformant le juge Bean en un personnage à la fois comique et inquiétant. 

Le scénario, basé sur la lutte de Cole contre l’injustice et son ascension improbable, est agréable et original pour un western de cette époque. Les confrontations avec les éleveurs, la subtilité du héros face au juge et la dimension morale qui traverse le récit donnent au film une profondeur que l’on ne trouve pas toujours dans les westerns classiques de série. Pourtant, comme je l’ai ressenti, il y a un manque de souffle total : le film se regarde avec intérêt, mais il ne me transporte pas complètement. Certains westerns traitant de thèmes similaires réussissent à mêler action, tension et émotion de manière plus saisissante. 

Mais pour moi, malgré toutes ses qualités, le film n’a jamais totalement emporté mon adhésion. Il manque un souffle épique, une alchimie totale entre les personnages et une tension émotionnelle continue pour en faire un chef-d’œuvre absolu. Reste que le plaisir de voir Wyler à ses débuts, et de savourer Cooper dans l’un de ses premiers grands rôles, suffit à rendre le visionnage intéressant et marquant. 

NOTE : 13.80

FICHE TECHNIQUE


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mercredi 11 décembre 2024

11.10 6 VU LE FILM BATTEMENTS DE COEUR DE HENRI DECOIN (1940)


Vu le film (sur Gaumont) le film Battements de Cœur de Henri Decoin (1940) avec Claude Dauphin Danielle Darrieux Julie Astor Julien Carette Dora Doll Jean Tissier Roland Armontel André Luguet Roger Blin Saturnin Fabre

Arlette vient de s'évader d'une maison de correction. Pour échapper à la pauvreté, la jeune fille apprend les techniques du pickpocket, art dans lequel elle excelle. Forte de ce talent, Arlette commet un vol chez un ambassadeur. Ce dernier la démasque mais accepte de ne pas la livrer à la police, pour peu qu'elle dérobe la preuve de l'infidélité de son épouse Avec Battements de cœur (1940), Henri Decoin livre une comédie pétillante, portée par l'effervescence de son époque et le charme irrésistible de Danielle Darrieux. Ce film, à la croisée du vaudeville et de la comédie romantique, joue habilement avec les codes du théâtre : portes qui claquent, quiproquos savoureux et dialogues acérés sont au rendez-vous. Si le scénario flirte avec l’immoralité en mettant en scène une école pour apprentis pickpockets, il reste avant tout une fantaisie légère, assumant son goût pour la subversion charmante.

Danielle Darrieux illumine le film de sa grâce et de son énergie débordante. En Arlette, jeune femme intrépide formée à l’art du larcin, elle incarne un personnage espiègle et plein de panache. Darrieux joue avec une légèreté désarmante, entre rires et frissons, insufflant au film une vitalité qui traverse les décennies. Sa présence magnétique et son sourire mutin rendent impossible de lui en vouloir, même lorsqu’elle enfreint les règles.

Le casting secondaire est à la hauteur de cette brillante protagoniste. Jean Tissier, dans son rôle de professeur de vol, est savoureux, distillant son humour pince-sans-rire avec une maîtrise qui fait mouche à chaque réplique. Julien Carette et Claude Dauphin  tout aussi savoureux, apportent une densité à l’ensemble, rappelant ce que le cinéma français a toujours su faire de mieux : cultiver ses seconds rôles comme des joyaux.

Henri Decoin, spécialiste du genre, orchestre cette comédie avec une efficacité redoutable. Bien que très théâtrale dans sa mise en scène, l’approche ne nuit jamais au rythme du film. Au contraire, la précision presque mécanique des entrées et sorties de scène accentue l’aspect ludique et imprévisible de l’intrigue. La mise en scène, volontairement stylisée, participe à la dynamique générale, où les situations rocambolesques et les malentendus servent un humour brillant et parfois même audacieux.

Si Battements de cœur ne prétend pas révolutionner le cinéma, il n’en reste pas moins une perle de légèreté et de malice, portée par un scénario bien ficelé et des comédiens en état de grâce. Ce n’est pas seulement une comédie réussie, c’est un antidote à la morosité, un hymne à l’élégance et à la joie de vivre.   un classique qui mérite d’être redécouvert, ne serait-ce que pour le plaisir de voir Danielle Darrieux à son sommet, dans un écrin taillé sur mesure.

NOTE : 11.10

FICHE TECHNIQUE


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jeudi 3 octobre 2024

15.20 - MON AVIS SUR LE FILM PINOCCHIO DES STUDIOS DYSNEY (1940)


Vu  le film d’Animation (redécouverte) Pinocchio de  Ben SharpsteenHamilton LuskeWilfred JacksonNorman FergusonBill RobertsThornton HeeJack Kinney (1940) avec les voix de Cliff Edwards Dickie Jones Christian Rub Mel Blanc Walter Catlet Charles Judels Frankie Darro Evelyn Venable Don Brodie

Oscar 1941 pour la Chanson : When you Wish Upon a Star

Dans un petit village, un vieux sculpteur sur bois nommé Geppetto vit seul avec son chat Figaro et Cléo, un poisson rouge. Fabricant de jouets, il crée une marionnette qu'il baptise Pinocchio. Son souhait le plus cher, n'ayant pas d'enfant, est que cette marionnette devienne un vrai petit garçon. Durant la nuit, son vœu est réalisé par une bonne fée nommée la Fée bleue, qui donne vie à la marionnette. Celle-ci propose à Pinocchio un marché : il ne deviendra un vrai petit garçon qu'à la condition qu'il se montre digne de l'être. Jiminy Cricket, un grillon ayant trouvé refuge chez Geppetto pour y passer la nuit, se voit attribuer la tâche d'être la bonne conscience du pantin pour l'empêcher de mal agir. En récompense, il demande à être gratifié d'une médaille. Mais la tâche de Jiminy s'avère compliquée.

Le film d'animation Pinocchio de 1940 est l'un des chefs-d'œuvre incontestés des studios Disney, et un classique intemporel qui a marqué des générations d'enfants à travers le monde. Réalisé par Ben Sharpsteen et Hamilton Luske, il s'agit du deuxième long-métrage d'animation produit par Disney après Blanche-Neige et les Sept Nains. Ce film, basé sur le célèbre conte italien de Carlo Collodi, élève encore une fois les standards de l'animation, tant sur le plan technique que narratif, et incarne la magie qui fait la renommée de Disney.

L’histoire suit Pinocchio, une petite marionnette en bois créée par le gentil menuisier Gepetto, qui rêve de devenir un véritable petit garçon. Grâce à la Fée Bleue, il est animé d'une vie propre mais doit prouver qu'il est capable de bravoure, de loyauté et d’honnêteté pour réaliser son rêve. Ce chemin initiatique dans un monde souvent cruel est rempli de leçons de morale, entre les tentations, les épreuves, et les rencontres dangereuses avec des escrocs comme Grand Coquin ou Stromboli, prêts à exploiter sa naïveté. Pourtant, Pinocchio peut compter sur son fidèle conseiller, Jiminy Cricket (ou Jiminy Criquet en français), qui incarne sa conscience, veillant sur lui tout au long de ses péripéties.

La force du film réside non seulement dans son histoire émouvante et universelle, mais aussi dans l’animation révolutionnaire pour l’époque. Les décors riches, les effets de lumière, et les mouvements fluides des personnages démontrent tout le savoir-faire des studios Disney. Des séquences comme celle où Pinocchio rencontre Monstro, la baleine gigantesque, sont devenues des références en matière d'animation et de mise en scène. La musique y joue également un rôle clé, avec des chansons comme When You Wish Upon a Star (Quand on prie la bonne étoile), devenue une mélodie emblématique non seulement du film, mais de l’univers Disney tout entier.

Ce film est une œuvre profondément morale, traitant des thèmes de la responsabilité, du courage et de la rédemption. Chaque épreuve surmontée par Pinocchio, qu'il s'agisse de son emprisonnement par Stromboli ou de sa transformation en âne dans l'île des plaisirs, rappelle au jeune public les conséquences des mauvais choix, tout en offrant des moments de frisson et de suspense.

À sa sortie, Pinocchio a placé la barre très haute pour l'animation et reste, à ce jour, inégalé dans ses adaptations ultérieures, qu'elles soient cinématographiques ou télévisées. Le film a laissé une empreinte indélébile sur la culture populaire et continue de faire partie intégrante des parcs à thèmes Disney, où les visiteurs entendent encore son thème musical envoûtant dans certaines attractions. Si de nombreuses versions du conte de Pinocchio ont vu le jour depuis, aucune n'a su recréer la magie et l'émotion du film de 1940, qui reste un monument éternel du cinéma d’animation.

 NOTE : 15.20

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dimanche 4 août 2024

13.90 - MON AVIS SUR LE FILM CORRESPONDANT 17 DE ALFRED HITCHCOCK (1940)

 

Vu le film Correspondant 17 de Alfred Hitchcock (1940) avec Joel MacRae Laraine Day Robert Benchley Herbert Marshall Albert Basserman George Sanders Edmund Gween Harry Davenport Ian Wolfe

Peu avant la guerre, un journaliste américain, Jones, est choisi par son directeur pour aller en Europe s'informer sur la situation. Avant son départ, il fait la connaissance de Stephen Fisher, le dirigeant d'une organisation œuvrant pour la paix. À Londres, il fait la connaissance de sa fille, Carol Fisher et de Van Meer, un homme politique hollandais, signataire d'un traité d'alliance secret, que les nazis veulent connaître à tout prix.

Ceux-ci l'enlèvent et tuent un sosie à sa place aux Pays-Bas pour faire croire à sa mort. Poursuivant l'assassin, Jones et Carol Fisher découvrent que Van Meer est prisonnier.

Quittant les Pays-Bas, Jones et Carol retournent au Royaume-Uni. Dans la capitale, Carol lui présente son père, qui se révèle être en réalité un agent nazi. Stephen Fisher procure au journaliste un garde du corps, qui est en réalité chargé de l'abattre. Mais Jones s'en sort indemne et après de nombreuses péripéties retrouve Van Meer.

Films de 1940 sortie après la guerre en 1948

 

"Correspondant 17" (titre original : "Foreign Correspondent"), réalisé par Alfred Hitchcock et sorti en 1940, est un thriller d'espionnage qui illustre parfaitement le talent du maître du suspense pour créer des récits captivants et pleins de tension. Ce film, situé dans le contexte précaire de l'Europe à la veille de la Seconde Guerre mondiale, combine intrigue politique, action palpitante et une dose de romantisme, tout en étant marqué par l'habituelle sophistication technique et narrative de Hitchcock.

L'intrigue suit Johnny Jones (interprété par Joel McCrea), un journaliste américain envoyé en Europe pour couvrir les tensions montantes. Rapidement, Jones se retrouve plongé dans une conspiration internationale impliquant des espions, des assassinats et des intrigues politiques. La quête du journaliste pour démasquer la vérité le conduit à travers une série de péripéties qui maintiennent le spectateur sur le bord de son siège.

L'un des éléments les plus remarquables de "Correspondant 17" est son rythme effréné et son scénario bien ficelé. Hitchcock, fidèle à son style, mélange habillement suspense et action. Les scènes emblématiques, comme l'assassinat sous un parapluie et la spectaculaire séquence finale sur les ailes d'un avion en perdition, montrent son génie pour orchestrer des moments de tension inoubliables. Chaque scène est conçue pour maximiser le suspense et l'engagement émotionnel du public.

Le film bénéficie également d'une distribution solide. Joel McCrea incarne parfaitement le rôle du journaliste tenace et intrépide, tandis que Laraine Day offre une performance touchante en tant qu'amour potentiel et alliée improbable. George Sanders et Herbert Marshall, dans des rôles secondaires, ajoutent une profondeur supplémentaire avec leurs interprétations nuancées de personnages ambigus.

Le traditionnel caméo de Hitchcock, devenu un jeu amusant pour ses fans, se produit environ à la douzième minute du film, où il apparaît brièvement quittant un taxi, apportant une touche de familiarité et de plaisir pour les spectateurs avertis. Ce clin d'œil caractéristique contribue à l'identité unique de ses œuvres et est toujours un détail apprécié.

La réalisation de Hitchcock dans "Correspondant 17" est marquée par une maîtrise technique impressionnante. Utilisant des angles de caméra innovants, des travellings fluides et un montage précis, Hitchcock crée une atmosphère de suspense constante. La cinématographie de Rudolph Maté accentue la noirceur et la tension du récit, tandis que la musique de Alfred Newman soutient parfaitement l'action et l'émotion.

"Correspondant 17" ne se contente pas d'être un simple film d’espionnage ; il offre également un commentaire sur le rôle du journalisme en temps de crise et la responsabilité de rechercher la vérité face à la propagande et aux mensonges. À travers le personnage de Johnny Jones, le film explore la transition d'un observateur détaché à un participant engagé, soulignant l'importance de l'intégrité et du courage.

NOTE : 13.90

FICHE TECHNIQUE


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Et, parmi les acteurs non crédités :