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jeudi 1 octobre 2026

16.30 - MON AVIS SUR LE FILM UN ELEPHANT CA TROMPE ENORMENT (1976)


 Vu Les films Un Eléphant ça Trompe Enormément de Yves Robert (1976) et Nous Irons Tous au Paradis (1977) avec Jean Rochefort Victor Lanoux Guy Bedos Claude Brasseur Marthe Villalonga Danièle Delorme Daniel Gélin Any Duperey Christophe Bourseiller Maia Simon


Vu Un éléphant ça trompe énormément de Yves Robert, avec son formidable duo Yves Robert et Jean-Loup Dabadie, qui nous offre l’une des comédies les plus drôles et les plus puissantes des années 70. Cinquante ans après, le film semble pourtant avoir été écrit aujourd’hui, avec quatre bonshommes qui pensent beaucoup au sexe, trois attirés par les femmes, si possible plus jeunes, et un autre davantage intéressé par les beaux garçons blonds, si possible eux aussi très jeunes.

Nous sommes donc avec quatre amis hauts en couleur dont l’amitié s’est construite sur les courts de tennis et dans les vestiaires, avec cette bonne vieille camaraderie masculine où chacun joue les machos indécrottables tout en racontant plus ou moins ses exploits. Il y a Etienne Dorsay, publicitaire joué par l’immense Jean Rochefort, qui possède pourtant une jolie femme, Marthe, interprétée par Danièle Delorme, et deux filles, mais qui ne pense qu’à batifoler autour de Charlotte, jouée par Any Duperey. Seulement, avec sa maladresse légendaire, les choses ne vont évidemment pas se passer comme il l’avait imaginé.

Il y a aussi Simon Messina, médecin généraliste, qui profite quelque peu de sa profession pour draguer ses patientes, tandis que Bouli, formidable Victor Lanoux, possède à lui seul autant de femmes et d’enfants que de mois dans l’année et doit jongler entre ses mensonges, ses divorces et ses pensions alimentaires. Quant à Daniel, interprété par Claude Brasseur, il fait défiler les jeunes amants blonds dans son lit, au grand désespoir des autres amants qu’il semble collectionner avec la même facilité que ses copains collectionnent les conquêtes féminines.

Mais l’un des personnages les plus importants reste Mouchy Messina, formidablement interprétée par Marthe Villalonga. Cette mère ne souhaite qu’une chose : que son fils aille voir ailleurs et cesse de s’occuper d’elle comme si elle était une vieille chose fragile. Cela donne quelques-unes des situations les plus savoureuses du film, avec une Marthe Villalonga impériale qui comprend parfaitement qu’il vaut mieux pousser son fils vers les femmes plutôt que de le garder dans ses jupes.

Yves Robert et Jean-Loup Dabadie construisent ainsi une succession de situations cocasses où les hommes, dans une exagération parfaitement assumée, sont souvent transformés en véritables bêtes à manger du foin dès qu’une femme ou un beau garçon passe dans les parages. Le film fonctionne avec davantage de saynètes que de véritable fil conducteur, mais qu’importe puisque pendant 110 minutes, ça n’arrête pratiquement jamais.

Et c’est justement cette galerie de personnages, ces dialogues, ces situations et cette amitié qui font le charme du film. Du caviar ! Le duo Robert-Dabadie remettra le couvert quelques années plus tard avec Nous irons tous au paradis, suite tout aussi drôle, mais davantage dramatique, où Etienne pense que Marthe le trompe, Bouli continue de se débattre avec ses ex, Simon doit affronter la disparition de sa mère et Daniel tente une expérience hétérosexuelle qui, disons-le, ne semble pas particulièrement convaincante.

Il y a cette fameuse maison de campagne achetée pendant une grève d’Air France, qui va provoquer un quiproquo absolument irrésistible. Deux films qui auront réussi à faire rire avec les faiblesses, les mensonges, les obsessions et les contradictions de ces quatre copains sans jamais perdre leur humanité. Et contrairement aux Bronzés, Yves Robert et Jean-Loup Dabadie auront eu l’intelligence de savoir s’arrêter à temps. Un éléphant ça trompe énormément, cinquante ans après, reste donc une comédie formidable, drôle, tendre, salée et surtout toujours aussi vivante.

NOTE : 16.30

FICHE TECHNIQUE


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jeudi 18 juin 2026

14.90 - MON AVIS SUR LE FILM SILENT MOVIE (LA DERNIERE FOLIE DE MEL BROOKS (DE MEL BROOKS) (1976)


 Vu le film Silent Movie (La Dernière Folie de Mel Brooks) de Mel Brooks (1976) avec Mel Brooks Dom de Luise Marty Feldman Harry Gould Sid Caesar Anne Bancroft

Bernadette Peters Burt Reynolds Liza Minelli James Caan Marcel Marceau Paul Newman

Mel Funn (Mel Brooks), un cinéaste hollywoodien sorti d'une cure de désintoxication, tente de convaincre les responsables d'un studio de cinéma de produire le premier film muet réalisé depuis quarante ans. Pour ce faire, Funn et ses amis (Marty Feldman et Dom DeLuise) vont se mettre en contact avec plusieurs acteurs connus afin que ceux-ci jouent dans leur film.

Merde !

Non, je ne vous insulte pas et je ne suis pas atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. « Merde ! », c'est tout simplement le seul mot prononcé dans Silent Movie (La Dernière Folie de Mel Brooks), et l'ironie suprême veut qu'il soit lâché par le plus grand mime du XXe siècle : Marcel Marceau. Rien que cette trouvaille résume parfaitement l'esprit du film. Une idée absurde, géniale et totalement brooksienne.

Au milieu des années 70, alors que le cinéma parlant règne sans partage depuis près d'un demi-siècle, Mel Brooks a l'idée folle de réaliser un film muet. Pas un hommage timide ou nostalgique, non : un véritable film muet moderne, tourné comme s'il débarquait tout droit de l'âge d'or de Hollywood.

Mel Funn, réalisateur au bord du naufrage interprété par Mel Brooks lui-même, entraîne avec lui ses deux acolytes, Marty Eggs (Marty Feldman) et Dom Bell (Dom DeLuise), dans une mission impossible. Le trio parcourt Los Angeles, les collines d'Hollywood, les studios et les luxueuses propriétés des vedettes afin de convaincre les plus grandes stars de participer à leur futur film muet. Un film sans scénario, sans argent ou presque, mais avec une montagne d'enthousiasme.

Leur périple les amène à croiser une galerie de célébrités qui jouent leur propre rôle avec un plaisir communicatif : Burt Reynolds, James Caan, Liza Minnelli, Paul Newman, Anne Bancroft – Madame Mel Brooks à la ville –, sans oublier le légendaire Marcel Marceau. Tous acceptent de se moquer de leur image avec une autodérision qui fait merveille.

Impossible de ne pas évoquer la fameuse séquence avec Paul Newman. Les cinéphiles attentifs comprendront immédiatement où Michel Hazanavicius est allé puiser certaines inspirations pour Rio ne répond plus, notamment lors de la scène de l'ascenseur. Le clin d'œil saute aux yeux.

Quant au reste, c'est un feu d'artifice ininterrompu. Pendant 96 minutes, Mel Brooks envoie les gags à la cadence d'une mitrailleuse. Les dialogues sont aux petits oignons... ce qui est déjà un exploit pour un film muet. Les situations s'enchaînent avec une logique de rêve éveillé où tout devient possible. On pense souvent à Laurel et Hardy, parfois aux Marx Brothers, toujours à cette tradition du burlesque qui transforme la moindre porte ou le moindre escalier en arme de destruction massive du sérieux.

C'est souvent en dessous de la ceinture, parfois au-dessus aussi, mais personnellement cela me fait rire du début à la fin. Brooks ne cherche jamais à être subtil ; il cherche à être drôle, et il l'est.

Dom DeLuise est irrésistible. Sid Caesar et Harold Gould apportent leur talent à l'ensemble. Mais celui qui emporte tout sur son passage reste Marty Feldman. Avec ses yeux impossibles, son sens du timing et sa capacité à rendre crédible les situations les plus délirantes, il est tout simplement monstrueux de drôlerie. Chaque apparition est un gag à elle seule.

Pour moi, Silent Movie demeure le meilleur film de Mel Brooks. C'est une déclaration d'amour au cinéma muet, une satire de Hollywood, une succession de trouvailles absurdes et surtout une machine à rire quasiment parfaite. On passe 96 minutes à se vider la vessie tant les éclats de rire sont nombreux.

Et quand on pense que Mel Brooks va fêter ses 100 ans à la fin du mois, on se dit qu'il méritait bien cet hommage. Peu de cinéastes auront autant célébré le rire sous toutes ses formes. Avec Silent Movie, il a réussi l'impossible : faire un film muet moderne qui continue, cinquante ans plus tard, à provoquer le même effet. Une folie. Une merveille. Une sacrée leçon de comédie.

NOTE- 14.90

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jeudi 21 mai 2026

13.50 - MON AVIS SUR LE FILM LA PREMIERE FOIS DE CLAUDE BERRI (1976)

 


Vu la Première Fois de Claude Berri (1976) avec Alain Cohen Charles Denner Delphine Levy Zorica Lozic Claude Lubicki Philippe Teboul Roland Blanche Danielle Minazolli


1952. Claude a seize ans et c'est la fin de l'année scolaire. Pour son père, la seule chose qui compte vraiment ce sont les examens. Pour Claude et ses copains, René, Sammy et Bernard, les filles passent avant tout. Ils désirent ardemment passer aux actes. Après une première expérience avec une prostituée, ce dernier tombe amoureux d'une jolie Canadienne.

Putain, quelle belle découverte ce La Première Fois ! Un film charmant, autobiographique, le deuxième volet du « cinéma de papa » de Claude Berri après Le Cinéma de Papa. On sent direct que c’est du vécu, du vrai, pas du truc fabriqué.

L’histoire ? On suit Claude, ado juif dans les années 50-60, et sa bande de quatre copains qui ne pensent qu’à une seule chose : la bagatelle. Sauf que pour y arriver, il faut la toute première fois. Et là, ça devient compliqué, drôle, maladroit, touchant. Claude, c’est Alain Cohen, encore une fois le double parfait de Berri – après Le Vieil Homme et l’Enfant et Le Cinéma de Papa, il est chez lui dans ce rôle.

Il porte le film avec une fraîcheur incroyable, ce mélange d’arrogance adolescente et de trouille pure. Les quatre potes forment une petite meute en rut permanent. Ils parlent filles, ils fantasment, ils préparent leur coup comme des stratèges de bac à sable.

Et puis il y a « elle », la pauvre jeune fille peu farouche qui va servir de passage vers l’âge adulte. Le film ne la juge pas, il la montre avec tendresse et un peu de réalisme cru des années 70. C’est ça qui fait du bien : on est loin des comédies romantiques lisses. Ici on transpire, on bafouille, on rate, on recommence. Charles Denner est génial en père de Claude. Encore ancré dans l’ancienne France, avec ses principes, sa culture juive, son autorité un peu dépassée. Les scènes père-fils sont savoureuses, pleines de ce fossé générationnel qui faisait déjà trembler les années 70.

Religion, éducation, émancipation sexuelle : tout est balayé avec une liberté de ton folle. On rigole, on est un peu gêné, on se souvient que c’était ça, être ado à l’époque. Berri filme avec simplicité et justesse. Pas de grands effets, juste la vie, les rues, les appartements parisiens, les colonies de vacances, les premiers flirts. Ça sent le vrai, ça sent l’enfance qui finit et l’adolescence qui cogne à la porte.

On rit beaucoup devant les plans foireux des gamins, mais on ressent aussi cette mélancolie douce de la première fois – celle qui ne reviendra jamais. Bref, un film typique des seventies par sa franchise sur la sexualité et le désir d’émancipation, mais jamais vulgaire.
Charmant, drôle, un peu cru, terriblement humain. Alain Cohen est parfait, Denner impeccable, et toute la bande donne envie de replonger dans cette époque où tout semblait possible et terrifiant à la fois.

La Première Fois, c’est du cinéma de papa qui fait du bien. Une pépite à redécouvrir. Merci Claude Berri pour ce bout d’enfance éternelle.

NOTE : 13.50

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lundi 18 mai 2026

16.90 - MON AVIS SUR LE FILM TAXI DRIVER DE MARTINS CORSESE (1976)


 Vu le Film Taxi Driver de Martin Scorsese (1976) avec Robert de Niro Jodie Foster Harvey Keitel Martin Scorsese Cybil Sheperd Léonard Harrid Albert Brooks 

Travis Bickle, jeune homme du Midwest et ancien marine, est chauffeur de taxi de nuit à New York. Insomniaque et solitaire, il rencontre un jour Betsy, une assistante du sénateur Charles Palantine, candidat à la présidentielle. Après un premier rendez-vous pour un café, elle repousse ce chauffeur de taxi après qu'il l'a emmenée voir un film pornographique. Renvoyé à sa solitude et confronté à la violence et à la perversion de la nuit new-yorkaise, il achète des armes au marché noir et s'entraîne à les manier. 

Putain, cinquante ans après et ce film n’a pas pris une ride. Cette réplique mythique, « You Talkin’ to Me », improvisée par De Niro devant son miroir, reste gravée dans le crâne de tous ceux qui l’ont vue. Elle dit tout : la solitude qui pourrit, la parano qui monte, la folie qui cogne aux portes. 

 Et franchement, quand on voit le Joker ou d’autres personnages cassés du cinéma, on se rend compte que Scorsese et Schrader avaient déjà tout compris : la folie des hommes commence souvent par la violence verbale et finit dans le sang jusqu’à la lie.L’histoire, c’est celle de Travis Bickle, vétéran du Vietnam, insomniaque, paumé à New York. Sans thune, il s’improvise chauffeur de taxi la nuit, plongeant dans les entrailles de la ville. 

 Le scénario est avant tout celui de Paul Schrader, qui a romancé sa propre jeunesse : ses errances dans les cinémas pornos, sa fascination pour les armes, sa dérive mentale. Scorsese, pour son cinquième long-métrage, capte ça avec une précision chirurgicale. Après Mean Streets, l’alchimie avec De Niro devient évidente. Robert sortait du Parrain II, et là il explose littéralement. Ce mec est à poil, corps et âme. Il s’approprie Travis jusqu’à l’os, improvise des scènes entières, transforme le personnage en bombe à retardement. 

 Pour moi, c’est la confirmation qu’il est le plus grand acteur de sa génération, point barre. Quand tu as un acteur pareil dans ta besace, la mise en scène devient surpuissante. Scorsese filme la descente aux enfers comme personne : ces brouillards de voitures, ces immeubles gris et sans vie, cette nuit permanente qui colle à la peau.  

C’est glauque, oppressant, magnifique.La musique de Bernard Herrmann (le génie d’Hitchcock) est un personnage à part entière. Ce jazz sombre, lancinant, colle parfaitement à la névrose de Travis. Dommage qu’il soit mort juste avant la sortie, il aurait mérité d’entendre l’ovation. Côté casting, c’est du lourd. Jodie Foster, à seulement 12 ans, crève l’écran dans son premier grand rôle (elle avait déjà tourné pour Scorsese dans Alice n’est plus ici). Les scènes les plus chaudes avec son proxénète, c’est sa sœur de 20 ans qui les a doublées, logique. Mais la gamine porte déjà une présence incroyable.  

Harvey Keitel, le pote de toujours, apparaît dans un rôle court mais mythique : le mac à look de ouf, perruque et attitude de malade. Il est glaçant.Le film est terrifiant sur le fond, formidable sur la forme. Scorsese et Schrader nous balancent une bombe sur la solitude urbaine, le racisme latent, la violence qui couve. Travis devient justicier dans sa tête, et le climax est d’une violence inouïe.  


Pourtant, à l’arrivée, y’a un truc qui frustre : Bickle n’est ni poursuivi ni arrêté. On le voit presque en héros…  

Peut-être que c’était l’époque, ou peut-être que c’est justement le coup de génie : la société est tellement pourrie qu’un mec comme lui passe entre les mailles.Bref, Taxi Driver est une obligation pour quiconque aime vraiment le cinéma. Pas les taxis à la Besson avec explosions et gros bras, non. 

 Du vrai, du sale, du profond. Scorsese à la mise en scène au cordeau, De Niro en état de grâce, un scénario qui te hante, une photo et une bande-son qui te collent à la rétine.  


Cinquante ans plus tard, ça reste un chef-d’œuvre absolu. Si vous ne l’avez pas vu, courez. 


 Et si vous l’avez vu… vous savez déjà pourquoi on en parle encore.  


You talkin’ to me ? Ouais, et j’en redemande. 

NOTE : 16.90

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