Voici un blog qui va vous faire partager ma passion dévorante du cinéma, avec mes chroniques, mes hommages et une histoire des Oscars année par année de la nuit des temps à aujourd'hui et plus, si la vie nous le permet. Vive le 7ème art. N'hésitez pas de mettre des commentaires, pour donner votre avis pour alimenter le BLOG.
vendredi 26 mars 2021
HOMMAGE AU REALISATEUR BERTRAND TAVERNIER DECEDE A 79 ANS
mardi 19 janvier 2021
DECES DE L'ACTEUR ET SCENARISTE JEAN PIERRE BACRI A L'ÂGE DE 69 ANS
Il avait le goût des autres. Un certain sens de la fête. Un air de famille. Il faisait partie dans l'inconscient collectif de nos meilleurs copains, ceux avec qui on aurait aimé passer l'été en pente douce. Jean-Pierre Bacri est mort des suites d'un cancer à l'âge de 69 ans. Et ça nous rend triste.
Pour beaucoup, il restera un peu ce grincheux permanent, ce loser à l'humour grinçant, ce charmeur aux répliques acides, celui qui jouait le drôle comme un drame. Durant près de 40 ans, il a été l'incarnation d'un Français "moyen" mais humaniste, humble mais flamboyant, sentimental et attachant. Il est révélé par Alexandre Arcady (Le grand pardon et Le Grand carnaval). Il éclate dans Coup de foudre de Diane Kurys. Il empoche sa première nomination aux Césars avec Subway de Luc Besson. Il peut être sombre dans la comédie et lumineux dans le noir. Il attirait le personnage à son tempérament, quitte à faire oublier toutes les subtilités de son jeu, beaucoup plus riche qu'en apparence.
Avant de devenir l'un des premiers rôles (et râleurs) les plus aimés du cinéma français, il avait débuté au théâtre avec Lorenzaccio, Ruy Blas, Don Juan (en Sganarelle) puis Ribes / Topor , Pinter et Brecht. C'est d'ailleurs la scène qui va le rendre incontournable. Observateur des mœurs, conscient des luttes sociales, engagé, il écrit ses premières pièces des ses débuts à la fin des années 1970. Mais c'est sa rencontre avec Agnès Jaoui, en 1987 sur le plateau de L'anniversaire, qui deviendra sa compagne durant un quart de siècle, et qui va sceller un destin d'écriture à quatre mains hors du commun. Elle-même l'a confié au Monde ce week-end: "Je ne serais pas arrivée là, bien sûr, si je n’avais pas rencontré Jean-Pierre Bacri. Voilà quelqu’un qui exprimait ce que je ressentais sans même me l’être formulé ; qui avait des réflexions qui me percutaient, me soulageaient, témoignaient de valeurs communes, d’un rapport au bien et au mal que je partageais, avec une conviction qui m’émerveillait car elle était si singulière !"
Les "Jabac" - surnom donné par Resnais - se lancent dans Cuisine et dépendances en 1991 puis Un air de famille en 1996, devenus des classiques sans cesse repris, en plus d'avoir été des succès populaires et cultes au cinéma. Il fera un dernier tour sur les planches avec Les Femmes savantes, mis en scène par Catherine Hiegel. Il est couronné par un Molière du comédien, 25 ans après avec partagé celui de l'auteur avec sa compagne d'alors pour Cuisine et Dépendances.
Sur le grand écran, il passe par la sensibilité de L'été en pente douce, le délire des Saisons du plaisirs, la mélancolie de La Baule-Les-Pins, l'authenticité de Mes meilleurs copains... Il est un second-rôle idéal, celui qui met du relief aux dialogues et qui renvoi si bien la lumière sur l'ensemble du groupe. Populaire, il n'avait jamais transigé. Employé de banque, venu par hasard au théâtre, le méditerranéen était beau gosse (avec des cheveux) avant de se métamorphoser parisien plein d'esprit et dont les prises de paroles faisaient du bien. Il menait une vie peinarde. Discret, avec ses habitudes, sans trop de contraintes.
Comme pour Jaoui, c'est l'adaptation de leur propre pièce, Cuisine et dépendances, qui révèle sa nature comme son don pour les personnages un brin cynique ou désillusionné. Un air de famille le rend alors populaire, sans qu'il ne fasse de compromis. Il enchaîne avec trois films très différents qui le positionne parmi les comédiens les plus bankables: Didier d'Alain Chabat, poussant vers l'humour absurde, On connaît la chanson d'Alain Resnais, déclinant son personnage d'angoissé, et Place Vendôme de Nicole Garcia, protecteur de Catherine Deneuve. Cette fois-ci, il est au premier plan, incisif, hilarant ou séducteur. Avec Alain Chabat, c'est l'histoire d'une fidélité: projectionniste tué dans La Cité de la peur, invité de "Les Nuls l'émission" ou de "Burger Quiz", scénariste invité dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (en plus d'en être le narrateur), participation dans Santa & Cie...
Jean-Pierre Bacri tourne peu, mais sûrement. Il réfute les clichés et préfère chercher l'humanité, l'empathie, la profondeur d'un personnage, peu importe qu'il soit chef d'entreprise proche du burn-out, barman sifflotant un générique de jeu TV, proxénète, éditeur égocentrique, ou vendeur de brosses à dents. "Je ne joue pas toujours des personnages râleurs !" rappelait-il en 2015 l’AFP. Certes, il n'aimait pas l'irréel des héros, la triche du surjeu, le mensonge du bonheur total. Il préférait "traquer le vécu, la sobriété, la pudeur", même si le rôle est abject. C'était une gueule. On lui reprochait de toujours faire la gueule. A tort. Lançons un (Ba)cri du coeur, il souriait, riait même, et savait montrer sa générosité et sa chaleur. Car, on l'oublie, il aimait aimer. Ses personnages courait après l'amour, ceux fanés, inaccessibles ou maladroits. L'amour au centre de tout: se fichant d'être aimé, il faisait quand même tout pour que son personnage le plus antipathique ne soit pas détestable. "Je joue des gens qui ont des problèmes, placés face à des contradictions, c'est ce qui m'amuse le plus" précisait-il, préférant jouer "vraiment le contraire" de ce qu'il pensait être.
Il est évidemment formidable dans Le Goût des autres d'Agnès Jaoui, leur meilleure satire, mais il sait aussi transcender les scènes chez Noémie Lvovsky (Les sentiments) ou Pascal Bonitzer (Tout de suite maintenant) ou dans Une femme de ménage de Claude Berri. Pourtant, ce sont dans des films plus décalés qu'il brille et qui démontre son goût très sûr pour les bons scénarios, les grands personnages, souvent seuls dans des univers singuliers, et les cinéastes au ton si personnel (Adieu Gary de Nassim Amaouche, Kennedy et moi de l'ami Sam Kermann, La vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc...).
Choisir Bacri dans un film c'est lui donner une tonalité particulière, où l'on ne voit plus que ce faux misanthrope, ce bougon faussement détaché ou ce solitaire malgré lui. Et à chaque fois, aucune fausse note. Un naturel confondant au point de le confondre avec ses rôles. "Je fais en sorte qu'on ne voie pas les coutures, qu'on ait l'impression que je suis en train de vivre la situation. Je crois qu'un acteur doit avoir une certaine empathie pour les gens, pour les comprendre et donc pour les jouer, ressentir leurs émotions" disait-il dans Le Figaro il y a trois ans. Le sens de la fête en 2017, d'Olivier Nakache et Eric Toledano, représente à ce titre l'acmé de son jeu dans une troupe où il sait être à sa place: centrale mais collective. Ce sera la dernière de ses sept nominations aux César (celui-là, il le méritait pourtant), César qu'il aura eu en tant qu'acteur pour un second-rôle (1998) mais quatre fois comme scénariste avec Jaoui (en plus d'un prix du scénario à Cannes et deux European Awards).
On ne le dira jamais: auteur génial, il était aussi un grand acteur. Sans aucune nostalgie pour l'enfance, il s'était épanoui avec la maturité, comme un grand vin. Il avait conquis sa liberté, son indépendance. "Je ne veux plus des dimanches soir mortels d’ennui de mon enfance, des levers à l’aube pour aller travailler à l’école, au lycée, à la banque. J’ai trop vécu alors de petit spleen en petit spleen" clamait-il dans Télérama. Il lui restait de sa jeunesse "Une certaine futilité, un goût stupide de l’amusement, des plaisirs gamins... Une paresse de cancre aussi".
Dans l'hebdomadaire, il affirmait: "Je ne regrette aucun des films où j’ai joué, je n’en mythifie aucun non plus. Une vie d’acteur est nourrie de l’accumulation d’expériences, quelles qu’elles soient. Je ne sacralise pas ce métier." Nous, on aurait quand même bien envie de le sacriliser tant il a offert des barres de rire, de grands moments d'émotion et une vision de l'humain à contre-courant des comédies populaires et du diktat artificiel du bonheur imposé par la télévision. Il y avait quelque chose en nous de Bacri.
Le Blog d'Ecran Noir
FILMOGRAPHIE
Scénariste
- 1993 : Cuisine et Dépendances écrit avec Agnès Jaoui et Philippe Muyl, adapté de la pièce de théâtre du même nom, écrite par lui-même et Agnès Jaoui
- 1993 : Smoking / No Smoking écrit avec Agnès Jaoui
- 1996 : Un air de famille écrit avec Agnès Jaoui et Cédric Klapischadapté de la pièce du même nom, écrite par lui-même et Agnès Jaoui
- 1997 : On connaît la chanson écrit avec Agnès Jaoui
- 2000 : Le Goût des autres écrit avec Agnès Jaoui
- 2004 : Comme une image écrit avec Agnès Jaoui
- 2008 : Parlez-moi de la pluie écrit avec Agnès Jaoui
- 2013 : Au bout du conte écrit avec Agnès Jaoui
- 2018 : Place publique écrit avec Agnès Jaoui
Acteur
Longs métrages
- 1979 : Le Toubib de Pierre Granier-Deferre : l'anesthésiste
- 1980 : La Femme intégrale de Claudine Guilmain : Léonardo l'italien
- 1982 : Le Grand Pardon d'Alexandre Arcady : Jacky Azoulay
- 1983 : Le Grand Carnaval d'Alexandre Arcady : Norbert Castelli
- 1983 : Coup de foudre de Diane Kurys : Costa
- 1983 : Édith et Marcel de Claude Lelouch :
- 1984 : La Septième Cible de Claude Pinoteau : inspecteur Daniel Esperanza
- 1985 : Subway de Luc Besson : inspecteur Batman
- 1985 : Escalier C de Jean-Charles Tacchella : Bruno
- 1985 : On ne meurt que deux fois de Jacques Deray : le barman
- 1986 : Chère canaille de Stéphane Kurc : Francis Lebovic
- 1986 : La Galette du roi de Jean-Michel Ribes : l'élégant
- 1986 : Suivez mon regard de Jean Curtelin : l'ami des singes
- 1986 : États d'âme de Jacques Fansten : Romain
- 1986 : Mort un dimanche de pluie de Joël Santoni : David Briand
- 1986 : Rue du départ de Tony Gatlif : l'homme à la BMW
- 1987 : L'Été en pente douce de Gérard Krawczyk : Stéphane Leheurt (Fane)
- 1988 : Les Saisons du plaisir de Jean-Pierre Mocky : Jacques
- 1988 : Bonjour l'angoisse de Pierre Tchernia : Desfontaines
- 1989 : Mes meilleurs copains de Jean-Marie Poiré : Éric Guidolini (Guido)
- 1990 : La Baule-les-Pins de Diane Kurys : Léon
- 1991 : La Tribu d'Yves Boisset : Roussel
- 1992 : Le Bal des casse-pieds d'Yves Robert : l'homme à la rayure
- 1992 : L'Homme de ma vie de Jean-Charles Tacchella : Malcolm
- 1993 : Cuisine et Dépendances de Philippe Muyl : Georges
- 1994 : La Cité de la peur d'Alain Berberian : projectionniste no 3
- 1996 : Un air de famille de Cédric Klapisch : Henri Ménard
- 1997 : Didier d'Alain Chabat : Jean-Pierre Costa
- 1997 : On connaît la chanson d'Alain Resnais : Nicolas
- 1998 : Place Vendôme de Nicole Garcia : Jean-Pierre
- 1999 : Peut-être de Cédric Klapisch : le père de Philippe et Clotilde
- 1999 : Kennedy et moi de Sam Karmann : Simon Polaris
- 2000 : Le Goût des autres d'Agnès Jaoui : Jean-Jacques Castella
- 2002 : Une femme de ménage de Claude Berri : Jacques Gauthier
- 2003 : Les Sentiments de Noémie Lvovsky : Jacques Roux
- 2004 : Comme une image d'Agnès Jaoui : Étienne Cassard
- 2006 : Selon Charlie de Nicole Garcia : Jean-Louis Bertagnat
- 2008 : Parlez-moi de la pluie d'Agnès Jaoui : Michel Ronsard
- 2009 : Adieu Gary de Nassim Amaouche : Francis Revel
- 2011 : Avant l'aube de Raphaël Jacoulot : Jacques Couvreur
- 2012 : Cherchez Hortense de Pascal Bonitzer : Damien Hauer
- 2013 : Au bout du conte d'Agnès Jaoui : Pierre
- 2015 : La Vie très privée de Monsieur Sim de Michel Leclerc : Monsieur Sim
- 2016 : Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer : Serge
- 2017 : Grand Froid de Gérard Pautonnier : Georges
- 2017 : Le Sens de la fête d'Olivier Nakache et Éric Toledano : Max, le traiteur
- 2017 : Santa et Cie d'Alain Chabat : le Père Noël en rouge et blanc
- 2018 : Place publique d'Agnès Jaoui : Castro
- 2018 : Photo de famille de Cécilia Rouaud : Pierre
mardi 10 novembre 2020
DECES DU REALISATEUR ARGENTIN FERNANDO SOLANAS A L'ÂGE DE 84 ANS
Le réalisateur argentin, connu pour ses documentaires militants, ancien député et sénateur, Fernando Salanas, est mort le 6 novembre, à l’âge de 84 ans des suites du virus Covid-19.
Né le 16 février 1936 à Buenos Aires en Argentine et mort à Paris, il avait reçu un Ours d'or d'honneur à Berlin en 2004 mais aussi le Grand prix spécial du jury à Venise pour Tangos, l'exil de Gardel, le prix du la mise en scène à Cannes pour Le Sud et le Grand prix de la commission supérieure technique, toujours à Cannes, pour Le Voyage.
Il a réalisé des films, fictions ou docus, très engagés dès les années 1960, en lutte contre la dictature argentine - L'Heure des brasiers, Argentina, mayo de 1969: los caminos de la liberación, Perón, la revolución justicialista, Les fils de Fierro, ... - avant de bifurquer vers un cinéma plus allégorique, après la fin du régime péroniste, avec Tangos, Le Sud, Le voyage, Le nuage, Les invisibles ou Le grain et l'ivraie, son dernier film il y a deux ans.
Surnommé « Pino », il considérait le cinéma comme un manifeste politique, devant ouvrir le débat, se confronter aux citoyens. Il voulait donner la parole au peuple, montrer les gens d'en bas, tout en refusant les conventions, souhaitant même, volontairement, déranger le pouvoir en place. Ses influences variées, son esthétique presque manuéline, était une recherche anticonformiste, rejetant les normes, presque d'inspiration baroque à la manière d'un Fellini. Sur la fin, son cinéma devenait plus nostalgique, pour ne pas dire désenchanté face aux chaos du monde, sans doute perdu dans la complexité de l'ère contemporaine, égaré dans ses exils multiples.
Il venait d'être nommé Délégué permanent de son pays à l’Unesco.
Source ; Le Blog d'Ecran Noir
FILMOGRAPHIE
- 1962 : Seguir andando (court métrage)
- 1963 : Reflexión ciudadana (court métrage)
- 1968 : L'Heure des brasiers (La hora de los hornos)
- 1969 : Argentina, mayo de 1969: los caminos de la liberación
- 1971 : Perón, la revolución justicialista
- 1971 : Perón : Actualización política y doctrinaria para la toma del poder
- 1975 : Les fils de Fierro (Los hijos de Fierro)
- 1980 : Le regard des autres
- 1985 : Tangos, l'exil de Gardel (Tangos, el exilio de Gardel)
- 1988 : Le Sud (Sur)
- 1992 : Le Voyage (El viaje)
- 1998 : Le Nuage (La nube)
- 2003 : Mémoire d'un saccage (Memoria del saqueo)
- 2005 : La Dignité du peuple (La dignidad de los nadies)
- 2007 : Argentina latente
- 2008 : La próxima estación
- 2009 : Tierra sublevada: Oro impuro
- 2010 : Tierra sublevada: Oro negro
- 2013 : La guerra del fracking
- 2016 : El legado estratégico de Juan Perón
- 2018 : Le Grain et l'Ivraie (Viaje a los Pueblos Fumigados)
jeudi 5 novembre 2020
HOMMAGE A SEAN CONNERY DECEDE A L'AGE DE 90 ANS
Oscar du meilleur acteur dans un second rôle et un Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour Les Incorruptibles, ainsi qu'un British Academy Film Award du meilleur acteur pour Le Nom de la rose, en plus d'un BAFTA d'honneur pour son « exceptionnelle contribution au cinéma mondial et d'un Lifetime Achievement Award décerné par l'American Film Institute pour l'ensemble de sa carrière... Sean Connery a reçu les plus grands honneurs.
Mais cet écossais au caractère bien trempé, au physique plus qu'avantageux, a surtout traversé quatre décennies au top du box office, passant d'une génération de spectateurs à une autre, sachant choisir avec un flair certain ses films, passant sans effort d'un blockbuster à des projets plus audacieux. Sean Connery est mort à 90 ans au Bahamas des suites d'une longue maladie. Cela faisait 17 ans qu'il était absent des écrans. Mais il aura tourné durant 55 ans.
Sean Connery est né à Édimbourg, dans un milieu très modeste, catholique irlandais par son père, protestante écossais par sa mère. Il commence à travailler à l'âge de 8 ans, et arrête ses études à 17 ans. Déjà beau mec, il s'engage dans la marine britannique. Sa carrière est interrompue par un ulcère à l'estomac. Mais son passage dans la marine lui encre deux tatouage, "Dad and Mum" et "Scoltand forever". Après divers petits métiers, notamment modèle pour les artistes (chanceux) de l'École des beaux-arts d'Édimbourg, ce fan de fitness d'1m89 avant l'heure (on appelait ça le culturisme à l'époque), il devient figurant puis petit rôle pour la télévision et la scène. Le cinéma l'enrôle au milieu des années 1950. Il doit cependant attendre la diffusion du téléfilm Anna Karénine sur la BBC en 1961 pour se faire remarquer. Il a déjà 31 ans. Autant dire qu'il n'est plus taillé pour être un jeune premier. Mais il a déjà tout du futur mâle moderne.
Ce footballeur accompli a d'ailleurs failli être professionnel pour le Manchester United quelques années plus tôt. Avec un instinct certain, qui sera sans doute son plus grand atout, il réalise qu'un sportif de haut niveau termine sa carrière dans la trentaine. Ce choix le conduit à devenir acteur, "ce qui s'est avéré être l'une des décisions les plus intelligentes que j'aie jamais prises".
Au début des années 1960, il participe à l'épopée du film fresque international Le Jour le plus long. Pendant ce temps, en 1961, le London Express organise un concours afin de trouver un acteur pour le rôle de James Bond, l'agent 007 imaginé dans les livres de Ian Fleming. Sean Connery gagne devant 600 candidats, dont certains très connus. Etant donné sa faible notoriété, Connery a un avantage: il n'est pas cher. Cela va complètement transformé sa carrière. Il va incarner l'espion dans sept épisodes, dont six produits par EON Productions, entre 1962 et 1983. Il va imposer sa voix grave, son regard ténébreux, sa silhouette athlétique et cette aptitude à jouer les durs même en étant le gentil au monde entier.
Ian Fleming ne trouvait pas le grand écossais à son goût: pas assez british, trop musclé... Mais Albert Broccoli sait ce qu'il fait: il a le charisme sexuel, une dureté dans le regard, un pouvoir de séduction froid, une capacité à être tueur et embobineur, charmeur et impitoyable. Le premier film, Dr. No, est un triomphe. Les suivants vont être des phénomènes transformant la série en franchise atemporelle et machine à cash. Encore aujourd'hui, Goldfinger est considéré comme le meilleur film du genre et Opération Tonnerre, jusqu'à Skyfall, a été le film le plus vu de la saga.
Connery devient une star, mais surtout il créé tous les codes du personnage. Il a l'humour d'un Roger Moore, l'élégance chic de Pierce Brosnan et la froideur sensible d'un Daniel Craig.
Bien sûr, il se lasse, malgré des cachets en augmentation exponentielle (on lui offre 5 millions de $ pour le 007 de 1973, qu'il refuse). Il aurait aimé des scénarios moins répétitifs, un personnage qui évolue, ... il trouvera ça ailleurs, dans d'autres genres de films.
Hitchcock, Lumet, Huston, Boorman...
Fort de son aura et de son statut de vedette mondiale, il tourne avec les plus grands. D'abord Alfred Hitchcock dans Pas de printemps pour Marnie en 1964, formidable film d'espionnage du maître. Puis il rencontre Sidney Lumet, celui avec qui il tournera le plus de films, pour La Colline des hommes perdus, l'un des films de guerre les plus puissants de son époque. Il croise Gina Lollobrigida dans La Femme de paille de Basil Dearden, Brigitte Bardot dans le western Shalako d'Edward Dmytryk, Claudia Cardinale dans le film d'aventure soviéto-italien La Tente rouge de Mikhaïl Kalatozov... Car Sean Connery n'aura jamais cessé de séduire ou de diriger à travers ses personnages. Les femmes tombent mais ses victimes aussi. Il est chaud au lit mais peut-être glacial et glaçant quand il s'agit de mener une enquête, commander des hommes ou tout simplement tuer.
Les années 1970 vont définitivement l'installer comme l'un des acteurs majeurs du cinéma mondial. Et taillé pour être un héros, viril ou maudit, historique ou venu de la littérature et de la BD.
Sans être passé par la Royal Shakespeare Company, creuset de tous les grands talents britanniques, même s'il aiamit beaucoup les planches (il joua Macbeth et produisit Art de Yasmina Reza), apprenant à chaque film un peu mieux son métier, il va devenir un de ces comédiens dont la seule présence habite le personnage. Il alterne films spectaculaires et drames de belle facture, grands noms et genres divers. Détective engagé socialement dans Traître sur commande (The Molly Maguires) de Martin Ritt; chef de gang dans Le Dossier Anderson de Sidney Lumet : inspecteur violent dans The Offence de Sidney Lumet (un film si sombre qu'il faudra attendre 35 ans pour le voir en France) ; mutant exterminateur dans le film de SF de John Boorman, Zardoz ; colonel dans la troupe du Crime de l'Orient-Express toujours de Sidney Lumet ; aventurier mégalo dans le brillant film de John Huston L'Homme qui voulut être roi ; chef berbère dans Le Lion et le Vent de John Milius ; Robin des bois vieillissant face à Audrey Hepburn dans La Rose et la Flèche de Richard Lester ; général dans Un pont trop loin de Richard Attenborough ; braqueur génial dans La Grande Attaque du train d'or de Michael Crichton ; mercenaire dans Cuba de Richard Lester ; savant sauveur de planète dans Meteor de Ronald Neame ; marshal futuriste dans Outland : Loin de la terre de Peter Hyams ; roi Agamemnon dans Bandits, bandits (Time Bandits) de Terry Gilliam ; ou encore reporter dans un monde pourri dans Meurtres en direct de Richard Brooks...
Certains films sont des flops, mais à chaque fois Connery rebondit: la qualité de la plupart des projets le protège, même sans les succès de James Bond. Certains des films deviennent des films emblématiques dans leurs genre, souvent rediffusés à la télévision. Conscient de son âge avancé, commençant à perdre ses cheveux, voyant sa barbe virer au gris blanc, il se créé alors une stature de patriarche, toujours en très grande forme physique. Il avait déjà entamé cette mue à 45 ans, sans doute une manière pour lui de se débarrasser de James Bond. Sidney Lumet rappelait à juste titre en 1993: "Je ne pense pas qu’il ait beaucoup évolué en tant qu’acteur. C’est plutôt l’opinion qui s’est enfin mise à la mesure de ce qu’il peut faire. J’ai toujours su de quoi il était capable. John Huston, quand il l’a engagé pour L’Homme qui voulut être roi, le savait également. Sean a toujours su jouer comme un géant. Mais c’est seulement dans les dix ou quinze dernières années que les gens ont commencé à dire : “Ça alors ! Il sait jouer !”"
Les années 1980, une fois 007 définitivement abandonné, vont lui donner l'occasion de se transformer et de devenir l'une des stars les plus bankable d'Hollywood durant près de vingt ans.
En 1986, après quelques années d'errance, Sean Connery prouve qu'il est un grand acteur, et porte avec brio le rôle de Guillaume de Baskerville, moine érudit et enquêteur, progressiste et courageux dans Le Nom de la rose, adaptation du best-seller d'Umberto Eco par Jean-Jacques Annaud, l'un de ses plus gros succès. La même année, il est à l'affiche du premier Highlander de Russel Mulcahy. Il touche ainsi différents publics, très larges, qui vont contribuer à le faire aimer des babyboomers nostalgiques de 007 et de leurs enfants-ados devenus adeptes du pop-corn en été.
A partir de là, Sean Connery va devenir incontournable. Grandiose dans Les Incorruptibles de Biran de Palma où il vole la vedette à tout le casting (dont De Niro et Costner) malgré son second rôle, Lieutenant colonel qui va l'affirmer en excellent militaire de cinéma dans Presidio de Peter Hyams, vieux cambrioleur dynastique dans Family Business de Sidney Lumet, et surtout père facétieux et rigide du plus grand héros des années 1980, dans Indiana Jones et la Dernière croisade, passant à l'immortalité grâce à Steven Spielberg. Son film favori avec L'homme qui voulut être roi. deux films sur le mirage du pouvoir.
Hollywood le paye à prix d'or. Il devient commandant russe passant à l'Ouest dans le grand film sous-marinier A la poursuite d'Octobre rouge de John McTiernan, retrouve Robin des bois et Kevin Costner dans un caméo de Prince des voleurs de Kevin Reynolds, espion à Moscou dans La Maison Russie de Fred Schepisi, ... Si ses rôles s'étiolent par paresse, si la surprise est moins présente, si les succès sont plus inégaux (Medicine Man, Soleil Levant, Juste Cause, Lancelot, Rock...), il reste populaire jusqu'à la fin des années 1990. Il y a bien sûr l'échec de Chapeau melon et bottes de cuir (Connery en méchant, ça ne marche pas vraiment pour les spectateurs) et l'indifférence quand il joue ailleurs que dans des grosses productions pour teenagers. Il s'en sort avec Haute voltige, film de braquage assez malin et surtout avec A la rencontre de Forrester de Gus Van Sant, succès critique et public sur l'amitié improbable entre un jeune afro-américain et un vieil écrivain désillusionné.
Le magistral flop critique (mais joli succès public) de La ligue des gentlemen extraordinaire scellera sa carrière en 2003. A l'époque, il touche 10 à 17M€ de salaire. L'homme aux 95 millions d'entrées en France arrêtera de tourner à l'âge de 73 ans. Entre Bahamas et Espagne, il a tout refusé, de Matrix au Seigneur des anneaux, de Jurassic Park à Frankenstein. Les mutations d'Hollywood ne sont pas pour lui, traitant d'idiots les nouveaux patrons des studios. Il ne prête que sa voix pour des jeux vidéos et un film d'animation.
Clairvoyant, il y a 55 ans, il expliquait: "Plus que tout, j’aimerais devenir un vieil homme avec une belle tête. Comme Hitchcock. Ou Picasso. Ils ont travaillé dur toute leur vie, mais ils ne montrent aucune lassitude. Ils n’ont pas perdu un seul jour avec toutes ces absurdités qui peuvent envahir une existence".
Profitant de sa retraite, il se fait oublier. Sauf quand il s'agit de revendiquer l'indépendance de l'Ecosse. Il sera malgré tout anoblit par la Reine, l'un des plus grands jours de sa vie. Vêtu d'un kilt, ce qui est une première (controversée) dans l'histoire du Royaume. Réputé radin, mais généreux pour les grandes causes,, pas forcément aimable avec les siens mais impeccable sur les plateaux, le vieux lion se fait de plus en plus silencieux dans ses tanières. Autrefois homme le plus sexy du monde, il a incarné des personnages en quête de justice et de vérité. Sans transformation, sans performance exhibitionniste, à la recherche d'une flamme perdue, il a finalement préféré le soleil et le golf. Sean Connery amenait les rôles à lui, prendre tout l'espace de l'écran, même face à une autre star. Il a opté pour une fin loin des yeux, loin des autres, à l'écart, pudique. Comme ces éléphants qui rejoignent seuls leur cimetière (de légende).
Source : Le Blog d'Ecran Noir
mardi 6 octobre 2020
DECES DE L'ACTEUR CLARK MIDDLETON A L'ÂGE DE 63 ANS
l ’acteur de personnage Clark Middleton, qui avait joué des rôles importants dans The Blacklist de NBC et la récente reprise de Twin Peaks de Showtime, est décédé à l’âge de 63 ans, rapporte notre site sœur Variety.
«Le cœur lourd, nous annonçons le décès d’une vie éminemment digne de célébration: Clark Tinsley Middleton, 63 ans – acteur, écrivain, réalisateur, enseignant, héros, mari, phare, ami bien-aimé», a déclaré sa femme Elissa dans un communiqué. «Clark a fait la transition le 4 octobre à la suite du virus du Nil occidental, pour lequel il n’existe aucun remède connu. Clark était une belle âme qui a passé sa vie à défier les limites et à défendre les personnes handicapées. »
Middleton est apparu dans 13 épisodes de The Blacklist en tant que Glen Carter, un employé de DMV qui a travaillé sur le côté en tant que l’un des associés de Raymond Reddington. Il est apparu pour la dernière fois dans l’épisode de la saison 7 «Newton Purcell».
Le créateur de la liste noire, Jon Bokenkamp, a déclaré dans un communiqué: «J’ai le cœur brisé. En plus d’être un acteur vraiment unique et doué, Clark était tout simplement un gars incroyable à tous égards. C’était un fou de cinéma intelligent. Il aimait son travail avec passion. Et il était incroyablement généreux d’esprit… Je sais que toute sa famille à The Blacklist est dévastée par cette nouvelle. Clark était l’un des bons et nous l’avons perdu bien trop tôt.
Middleton a également joué le mari d’Audrey Horne, Charlie, dans le revival de Twin Peaks, diffusé en 2017, et est connu pour avoir joué au propriétaire de la librairie Edward Markham dans le drame de science-fiction Fox Fringe. Ses autres crédits télévisés incluent Law & Order, Marvel’s Agents of SHIELD et The Path.
Source : MarseilleNews
mardi 22 septembre 2020
DECES DE MICHAEL LONSDALE A L'AGE DE 89 ANS
Michael Lonsdale, né le 24 mai 1931, s'est éteint le 21 septembre 2020, à l'âge de 89 ans. Le comédien, auteur et lecteur laisse une riche filmographie de cinéma, aussi éclectique qu'insondable. Ce fervent catholique avait deux religions: sa foi et son jeu. Sur sa foi, il aura écrit une vingtaine de livres, en plus d'un engagement constant, médiatique comme professionnel. Il a reçu les derniers sacrements, à défaut d'avoir été sacré par sa profession (un modeste César du meilleur second-rôle, un prix Lumière).
A l'affiche au théâtre de 1955 à 2017, s'amusant avec un répertoire divers, et souvent moderne, de ses amis Pérec et Duras à Beckett, Handke, Puig et Albee, Lonsdale aimait transmettre les mots avec sa voix lente et son physique de bourgeois, sa diction parfaite et son allure d'anglais provincial.
Un héros très discret
Cette voix n'était pas son seul atout. Il avait aussi les douleurs enfouies qu'il savait rendre palpables. Une enfance ballotée, un accident de voiture qui aurait pu être dramatique, un amour inconsolable (pour Delphine Seyrig). Tel un homme d'église, il fut un célibataire endurci, dédiant sa vie à son métier et à ses croyances, deux passions pour remplir cette solitude existentielle.
Michael Lonsdale pouvait ainsi tout jouer: le vilain et le sage, le candide et le cynique, le pervers et le calme, l'inquiétant et l'intriguant. Il lui suffisait de varier légèrement la tonalité de son regard, les modulations de sa voix, cassante ou douce. Son corps en apparence immobile faisait le reste. Le mouvement était avant tout facial, oral, mais certainement pas charnel ou corporel. Une économie de moyens qui lui permettait subtilement d'être lui tout en étant un autre, d'être crédible en toutes circonstances.
Sur le grand écran, il a aligné les grands noms, les gros succès, les navets, les audaces et les jeunes talents. Logiquement, il fut de nombreuses fois, père, curé, prêtre, pasteur... mais évidemment, il fut aussi commissaire, détective, inspecteur, avocat, ministre, professeur, magistrat, juge, banquier, médecin... Un notable discret, un homme de manigances ou un révélateur de secrets.
Fidèle à Mocky et Duras
Depuis ses débuts en 1956, il aura traîné sa silhouette dans un cinéma sans frontières et sans étiquettes, curieux de tout, peu soucieux d'une carrière cohérente, tout en restant ambitieux dans certains choix. Michael Lonsdale apparaît d'abord chez Michel Deville et Gérard Oury, chez l'ami Jean-Pierre Mocky aussi, chez Darry Cowl comme chez Marin Karmitz. Son premier grand film, il le doit quand même à Orson Welles, en prêtre dans Le procès en 1962.
Cinq ans plus tard, c'est surtout François Truffaut qui lui offre son premier beau rôle, dans La Mariée était en noir, avant de le réengager dans Baisers volés. Il brouille les pistes en acceptant d'être un savant dans Hibernatus face à Louis de Funès, puis en s'invitant chez Jean-Luc Godard dans British Sounds et Jacques Rivette dans Out 1. Michael Lonsdale est insaisissable, et marquera l'inconscient des cinéphiles à travers une myriade de personnages dans des récits "trans-genres".
ames Bond, Belmondo et Delon
Il est aussi devenu incontournable dans les années 1970: entre deux Mocky, il tourne Le Souffle au cœur de Louis Malle, India Song de Marguerite Duras, Papa les p'tits bateaux de Nelly Kaplan, Il était une fois un flic de Georges Lautner, Glissements progressifs du plaisir d’Alain Robbe-Grillet, Stavisky d’Alain Resnais, Le Fantôme de la liberté de Luis Buñuel, Section spéciale de Costa-Gavras... A l'international, fort de sa double culture franco-britannique, il se fait connaître avec le thriller The Day of the Jackal de Fred Zinnemann, des films de Joseph Losey (Une Anglaise romantique, Monsieur Klein), et surtout en méchant Hugo Drax dans Moonraker de Lewis Gilbert, un des James Bond les plus populaires de la franchise.
Cela ne l'empêche pas de rester fidèle à Duras, de fricoter avec Peter Handke ou de s'aventure dans Une sale histoire chez Jean Eustache. Cette ouverture au monde et aux styles perdurera jusqu'à la fin de sa carrière, quitte à passer parfois à côté des grands films de son époque. Lonsdale est au générique de L'Éveillé du pont de l'Alma de Raoul Ruiz comme du Bon Roi Dagobert de Dino Risi, de Billy Ze Kick de Gérard Mordillat comme de Ma vie est un enfer de Josiane Balasko (en archange Gabriel!).
Le nom de la rose et Munich
Dans ces années 1980, on ne retient finalement de lui que sa prestation dans Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud, une fois de plus en abbé, certes érudit. L'acteur traverse pourtant le cinéma avec son aura, lui ouvrant les portes du cinéma de James Ivory (Les Vestiges du jour, Jefferson à Paris), de Claude Sautet (Nelly et Monsieur Arnaud), de John Frankenheimer (Ronin), de Bertrand Blier (Les acteurs). Il s'amuse aussi en Balzac dans Mauvais genre de Laurent Bénégui, en Don Luis dans le Don Juan de Jacques Weber, en professeur Stangerson dans Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir de Bruno Podalydès. On le croise chez Mocky, toujours, mais aussi François Ozon (5x2), Milos Forman (Les Fantômes de Goya), Catherine Breillat (Une vieille maîtresse), Alejandro Amenábar (Agora), Ermanno Olmi (Le village de carton), Ermanno Olmi (Gebo et l'ombre), Bouli Lanners (Les premiers, les derniers) et surtout Steven Spielberg (Munich).
Des hommes, des Dieux, des maîtres
Au crépuscule de sa carrière, Michael Lonsdale s'offre une sublime montée des marches à Cannes avec le personnage (réel) du Frère Luc Dochier, moine assassiné dans un couvent en Algérie. Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois est sans aucun doute le film qui lui ressemble le plus, où il est exactement à sa place. A moins que ce ne soit celui du réalisateur Cédric Rovère, double fantasmé d'Eric Rohmer dans Maestro de Lea Fazer. Il y tisse une belle complicité avec son jeune comédien, entre transmission et amitié, respect et dévouement à son art.
L'acteur avait cofondé un groupe de prière, Magnificat, destiné plus spécialement aux artistes, et a été le parrain d'une promotion de l'Institut catholique d'études supérieures situé à La Roche-sur-Yon, en plus d'être membre de la section « arts et lettres » de l'Académie catholique de France. Sa foi n'était jamais loin de son je et de son jeu. Qu'il soit fidèle à Dieu ou aux hommes, Lonsdale se savait éphémère, cherchant la joie plutôt que la souffrance.
SOURCE : LE BLOG D'ECRAN NOIR
FILMOGRAPHIE
- 1956 : C'est arrivé à Aden de Michel Boisrond : Sinclair
- 1958 : Une balle dans le canon de Charles Gérard et Michel Deville
- 1959 : La Main chaude de Gérard Oury : Norbert
- 1960 : Les portes claquent de Michel Fermaud et Jacques Poitrenaud : Georges
- 1961 : Adorable Menteuse de Michel Deville : Le flic
- 1961 : Le crime ne paie pas (sketch L’Homme de l'avenue) de Gérard Oury : L'employé de la morgue
- 1961 : Snobs ! de Jean-Pierre Mocky : Charles Dufaut
- 1961 : La Dénonciation de Jacques Doniol-Valcroze : L’inspecteur Mercier
- 1962 : Adorable Menteuse de Michel Deville : Albert, l’agent de police
- 1962 : Le Procès (The Trial) d’Orson Welles : Le prêtre
- 1963 : Et vint le jour de la vengeance (Behold a pale horse) de Fred Zinnemann : Le reporter
- 1964 : Jaloux comme un tigre de Darry Cowl et Maurice Delbez
- 1964 : Tous les enfants du monde d’André Michel (film resté inachevé)
- 1965 : Les Copains d’Yves Robert : Lamendin
- 1965 : Je vous salue mafia de Raoul Lévy : Hyman, le secrétaire
- 1965 : La Bourse et la Vie de Jean-Pierre Mocky : Le conférencier au club des timides
- 1966 : Le Judoka agent secret de Pierre Zimmer : Perkins
- 1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément : M. Debu-Bridel
- 1966 : Comédie de Marin Karmitz, Jean-Marie Serreau et Jean Ravel : L'homme
- 1967 : Les Compagnons de la marguerite, de Jean-Pierre Mocky : M.Lestac, expert en écritures / La voix du juge d'instruction
- 1967 : L'Authentique Procès de Carl-Emmanuel Jung de Marcel Hanoun : un avocat de la défense
- 1967 : La Mariée était en noir de François Truffaut : René Morane
- 1968 : La Grande Lessive (!) de Jean-Pierre Mocky : M. Delaroque
- 1968 : Baisers volés de François Truffaut : Georges Tabard
- 1968 : L'Homme à la Buick de Gilles Grangier : L'inspecteur Farjon de la P.J.
- 1969 : Hibernatus d’Édouard Molinaro : Le professeur Loriebat
- 1969 : Détruire, dit-elle ou La Chaise longue de Marguerite Duras : Steint
- 1969 : L'Hiver de Marcel Hanoun : Julien et Marc
- 1969 : L'Étalon de Jean-Pierre Mocky : Le commissaire Donald Both
- 1969 : British Sounds de Jean-Luc Godard
- 1970 : Le Printemps de Marcel Hanoun et Catherine Binet : l'homme qui fuit
- 1970 : Out 1 : Noli me tangere (et version courte : Out 1 : Spectre) de Jacques Rivette et Suzanne Schiffman : Thomas
- 1970 : Les Assassins de l'ordre de Marcel Carné : Le commissaire Bertrand
- 1971 : Le Souffle au cœur de Louis Malle : Le père Henri
- 1971 : Jaune le soleil de Marguerite Duras : Un juif
- 1971 : Papa les p'tits bateaux de Nelly Kaplan : Hippolyte
- 1971 : L'Automne de Marcel Hanoun : Julien, le réalisateur
- 1971 : Les grands sentiments font les bons gueuletons de Michel Berny : Stéphane
- 1971 : Il était une fois un flic de Georges Lautner : Le commissaire Lucas
- 1971 : Chut ! de Jean-Pierre Mocky : Sergel
- 1971 : Le Revolver et la Rose de Jean Desvilles : Philippe de la Tour
- 1972 : La Vieille Fille de Jean-Pierre Blanc : Le pasteur Monod
- 1972 : Chacal (The Day of the Jackal) de Fred Zinnemann : Lebel, le détective
- 1973 : La Grande Paulette de Gerald Calderon : Paul
- 1973 : La Fille au violoncelle d’Yvan Butler : Philippe Lariel
- 1973 : Un linceul n'a pas de poches de Jean-Pierre Mocky : Raymond
- 1973 : Glissements progressifs du plaisir d’Alain Robbe-Grillet : Le magistrat instructeur
- 1974 : Le Passager (Caravan to Vaccares) de Geoffrey Reeve : Le duc de Croyter
- 1974 : Stavisky… d’Alain Resnais : Le docteur Mézy
- 1974 : Une baleine qui avait mal aux dents de Jacques Bral : Le peintre
- 1974 : Le Fantôme de la liberté de Luis Buñuel : Le chapelier
- 1974 : Galileo de Joseph Losey : Le cardinal Barberini
- 1974 : Les Suspects de Michel Wyn : Le juge Souffries
- 1974 : La Vérité sur l'imaginaire passion d'un inconnu de Marcel Hanoun : Le reporter TV / Ponce Pilate
- 1975 : Sérieux comme le plaisir de Robert Benayoun : L’inspecteur Fournier
- 1975 : Aloïse de Liliane de Kermadec : Le médecin directeur
- 1975 : India Song de Marguerite Duras : Le vice-consul de Lahore
- 1975 : Section spéciale de Costa-Gavras : Pierre Pucheu, ministre de l'intérieur
- 1975 : Une Anglaise romantique (The Romantic Englishwoman) de Joseph Losey : Swan
- 1975 : La Traque de Serge Leroy : David Sutter
- 1975 : Folle à tuer d’Yves Boisset : Stéphane Mostri
- 1975 : Le Téléphone rose d’Édouard Molinaro : M. Morrison
- 1975 : Né- ou Le Vivarium de Jacques Richard
- 1976 : Les Œufs brouillés de Joël Santoni : Le Président de la république
- 1976 : Bartleby30 de Maurice Ronet : L’huissier
- 1976 : Monsieur Klein de Joseph Losey : Pierre
- 1976 : L'Adieu nu de Jean-Henri Meunier : Boris / Le visiteur
- 1976 : Son nom de Venise dans Calcutta désert de Marguerite Duras
- 1977 : Le Diable dans la boîte de Pierre Lary : Georges Aubert
- 1977 : L’Imprécateur de Jean-Louis Bertuccelli : Abéraud
- 1977 : La Femme gauchère (Die linkshändige Frau) de Peter Handke : Le serveur
- 1977 : Aurais dû faire gaffe, le choc est terrible de Jean-Henri Meunier
- 1977 : Une sale histoire de Jean Eustache
- 1978 : Passeur d'hommes (The Passage) de J. Lee Thompson : Renoudot
- 1978 : Les Aventures de Holly and Wood : La Rose et le Blanc de Robert Pansard-Besson : Léon
- 1979 : Moonraker de Lewis Gilbert : Hugo Drax
- 1981 : Seuls de Francis Reusser : Le peintre
- 1981 : Une jeunesse de Moshé Mizrahi : Béjardy
- 1981 : Mora de Léon Desclozeaux (il est uniquement le coscénariste du film)
- 1982 : Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz de Catherine Binet : Bertrand Haines-Pearson
- 1982 : Douce enquête sur la violence de Gérard Guérin : Le financier Ash
- 1982 : Enigma de Jeannot Szwarc : Bodley
- 1983 : Eréndira de Ruy Guerra : Le sénateur Onésime Sanchez
- 1984 : Le Juge de Philippe Lefebvre : Le docteur
- 1984 : Le Bon Roi Dagobert de Dino Risi : Saint Éloi
- 1985 : L'Éveillé du pont de l'Alma de Raoul Ruiz : Antoine
- 1985 : Le Pacte Holcroft (The Holcroft Covenant) de John Frankenheimer : Ernst Manfredi
- 1985 : Billy Ze Kick de Gérard Mordillat : Le commissaire Bellanger
- 1986 : Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud : l’abbé
- 1987 : Der Madonna-Mann de Hans-Christoph Blumenberg : Tanzmann
- 1988 : Les Tribulations de Balthasar Kober (Niezwykla podróz Baltazara Kobera) de Wojciech Has : Le maître
- 1989 : Souvenir de Geoffroy Reeve : Xavier Lorion
- 1991 : Ma vie est un enfer de Josiane Balasko : l’archange Gabriel
- 1992 : Woyzeck de Guy Marignane : Le capitaine
- 1993 : L'Ordre du jour de Michel Khleifi : Stark
- 1993 : Les Vestiges du jour de James Ivory : M. Giscard Dupont-d’Ivry
- 1995 : Jefferson à Paris de James Ivory : Louis XVI
- 1995 : Nelly et Monsieur Arnaud de Claude Sautet : Dolabella
- 1996 : La Plante humaine de Pierre Hebert : Michel
- 1997 : Mauvais Genre de Laurent Bénégui : Honoré de Balzac
- 1997 : Dieu sait quoi de Jean-Daniel Pollet (voix)
- 1998 : Don Juan de Jacques Weber : don Luis
- 1998 : Que la lumière soit ! d'Arthur Joffé : Monseigneur Loublié
- 1998 : Ronin de John Frankenheimer : Jean-Pierre
- 2000 : Les Acteurs de Bertrand Blier : lui-même
- 2001 : Ceux d'en face de Jean-Daniel Pollet : Mikaël, le musicien
- 2003 : Adieu de Arnaud des Pallières : Serge, le père
- 2003 : 5×2 de François Ozon : Bernard
- 2003 : Le Mystère de la chambre jaune de Bruno Podalydès : Le professeur Stangerson
- 2003 : Le Furet de Jean-Pierre Mocky : don Salvadore
- 2003 : Le Prix du désir (Sotto falso nome) de Roberto Andò : David Ginsberg
- 2005 : Le Parfum de la dame en noir de Bruno Podalydès : le professeur Stangerson
- 2005 : Bye Bye Blackbird de Robinson Savary : Robert
- 2005 : Les Invisibles de Thierry Jousse : le gardien
- 2005 : Munich de Steven Spielberg : Papa
- 2005 : Gentille de Sophie Fillières : Jean
- 2006 : Les Fantômes de Goya de Miloš Forman : le père Grégorio
- 2006 : Selon Rachel de Sylvie Habault
- 2007 : Il sera une fois... de Sandrine Veysset : le vieux monsieur
- 2007 : Chacun son cinéma (sketch Le Don) de Raoul Ruiz : le vieil homme aveugle
- 2007 : Une vieille maîtresse de Catherine Breillat : le vicomte de Prony
- 2007 : La Question humaine de Nicolas Klotz : Mathias Jüst
- 2008 : Une belle croisière de Boris Lehman
- 2009 : Je vais te manquer d’Amanda Sthers : Max
- 2009 : Bancs publics (Versailles Rive-Droite) de Bruno Podalydès : le client au paillasson
- 2009 : Agora d’Alejandro Amenábar : Théon : Theon
- 2010 : Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois : Frère Luc Dochier (César du meilleur acteur dans un second rôle 2011)
- 2011 : HH, Hitler à Hollywood de Frédéric Sojcher : lui-même
- 2011 : Le Village de carton de Ermanno Olmi : le vieux prêtre
- 2011 : Les Hommes libres de Ismaël Ferroukhi : Si Kaddour Ben Ghabrit
- 2012 : Gebo et l'Ombre de Manoel de Oliveira : Gebo
- 2013 : Le Renard jaune de Jean-Pierre Mocky : Jean Virno
- 2014 : Maestro de Lea Fazer : Cédric Rovère
- 2015 : Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners : Patron de l'hôtel31
- 2015 : Les Filles au Moyen Âge de Hubert Viel : Daniel/le narrateur
- 2020 : Le Fantôme de Laurent Terzieff de Jacques Richard





