Pages

Affichage des articles dont le libellé est FILMS 2006. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est FILMS 2006. Afficher tous les articles

mardi 23 juin 2026

16.50 - MON AVIS SUR LE FILM VOLVER DE PEDRO ALMODOVAR (2006)

 


Vu le film Volver de Pedro Almodovar (2006) avec Penelope Cruz Carmen Maura Yohana Cobo Lola Duenas Blanca Portillo Chus Lampreave Antonio de la Torre


Raimunda et Soledad, surnommée Sole, sont deux sœurs vivant à Madrid après une enfance à Alcanfor de las Infantas, un petit village de La Manche. L'intrigue se déroule trois ans après la mort de leurs parents dans un incendie.

Raimunda et Paula, sa fille, vivent avec Paco, le beau-père de Paula. Quand il tente de violer cette dernière, elle le poignarde en état de légitime défense. Raimunda cache le corps dans un des congélateurs du restaurant d'Émilio, un de ses amis qui s'est absenté quelque temps. Lorsque les membres d'une équipe de tournage surviennent au restaurant, Raimunda leur propose de les nourrir et se retrouve ainsi gérante de l'établissement.

Avis sur le film Volver de Pedro Almodóvar

Sous la forme d'un thriller sordide, Almodóvar, dans l'un de ses meilleurs films, nous offre surtout un immense portrait de femmes, avec leurs secrets, leurs doutes et leurs rêves. L'homme est quasiment absent du film, et il n'a pas sa place. Entre le mari infidèle, le père incestueux ou l'homme violent, Almodóvar préfère raconter celles qui restent debout après les blessures, les victimes plutôt que les bourreaux.

Le réalisateur puise d'ailleurs dans sa propre filmographie pour construire cette histoire. L'idée trouve son origine dans le roman fictif Le Congélateur, évoqué dans La Fleur de mon secret, comme si Almodóvar effectuait lui-même un retour aux sources. Toutes les histoires vont alors se croiser pour n'en former qu'une seule.

Il y a Raimunda, incarnée par une immense Penélope Cruz, qui va protéger sa fille Paula après que celle-ci a poignardé son beau-père Paco, lequel l'avait violée. Il y a aussi sa sœur Sole, jouée par Lola Dueñas, qui découvre lors de l'enterrement de sa tante que leur mère Irene, interprétée par Carmen Maura, n'est peut-être pas morte dans l'incendie qui l'aurait emportée avec son mari. Et puis il y a Agustina, formidable Blanca Portillo, voisine malade qui rêve de révéler tous les secrets qu'elle connaît sur cette famille où les non-dits sont aussi nombreux que les fantômes. Sans oublier le problème très concret du corps massif de Paco dont il faut bien se débarrasser. Autant d'événements qui vont bouleverser le quotidien de toutes ces femmes.

Ce qui impressionne chez Almodóvar, c'est sa capacité à aborder des sujets terribles sans jamais perdre de vue l'humanité de ses personnages. L'inceste, le deuil, la culpabilité, la violence ou le mensonge deviennent ici les pièces d'un puzzle familial bouleversant. Les histoires les plus sombres côtoient des moments de tendresse, d'humour et même de légèreté avec une fluidité désarmante.

Et puis il y a cette mise en scène immédiatement reconnaissable. Ses couleurs éclatantes, ses décors kitsch, ses plans minutieusement composés, cette manière de faire surgir la vie au milieu des tragédies. Chez lui, même la mort semble prendre des couleurs. Là où beaucoup auraient sombré dans le misérabilisme, Almodóvar transforme le drame en une chronique profondément humaine.

Penélope Cruz est absolument magnifique. Son personnage porte le film sur ses épaules avec une énergie incroyable. Tantôt mère courage, tantôt femme blessée, tantôt combattante, elle traverse toutes les émotions sans jamais perdre sa crédibilité. Autour d'elle, tout le casting féminin est remarquable et compose une véritable symphonie de personnages où chacune apporte sa note particulière.

Le plus beau reste peut-être cette solidarité féminine qui traverse tout le récit. Ces femmes se mentent parfois, se cachent des choses, mais elles se protègent avant tout. Elles avancent ensemble malgré les fantômes du passé qui refusent de disparaître.

Avec son intrigue de thriller, ses secrets de famille, ses fantômes très particuliers et ses personnages inoubliables, Volver est un film qui touche autant le cœur que l'esprit. Une œuvre riche, émouvante et profondément vivante.

Almodóvar est décidément l'un des réalisateurs qui parlent le mieux des femmes et des faits de société qui les concernent. Dans sa jolie palette très colorée habituelle et au milieu de plans travaillés comme des tableaux, il nous livre une très belle chronique. Une chronique qui regarde le passé en face pour mieux permettre à ses héroïnes d'avancer. Et quand un cinéaste parvient à faire cohabiter un cadavre dans un congélateur, des secrets de famille, des fantômes et autant d'émotion avec une telle élégance, on ne peut qu'applaudir.

NOTE : 16.50

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

dimanche 21 juin 2026

14.90 - MON AVIS SUR LE FILM RAISONS D'ETAT DE ROBERT DE NIRO (2006)

 


Vu le Film Raisons d'Etat de Robert de Niro (2006) avec Matt Damon Robert de Niro Joe Pesci Eddie Redmayne Alec Baldwyn Billy Crudup Alec Baldwyn William Hurt John Turturro


À la fin des années 30, Edward Wilson, un étudiant brillant, mais effacé, est amené à collaborer avec le FBI pour démasquer un de ses professeurs, soupçonné de sympathie nazie. Cette première mission pour les services secrets scelle son destin, tandis que la Seconde Guerre mondiale approche. Edward intègre le bureau des renseignements et grimpe un à un les échelons de la hiérarchie.

Bob De Niro nous sert un film d’espionnage maous costaud. Un vrai jeu de pistes parano où les secrets les mieux enfouis ne sont pas forcément les plus inavouables.

Si vous avez un minimum de culture sur le sujet, il vous suffira de coller des noms réels sur les personnages et sur les lieux ou événements qui ont secoué le monde.

On suit Edward Wilson, incarné par un Matt Damon génial, loin de son Jason Bourne. Chef du contre-espionnage américain, il va laisser pas mal de cadavres derrière lui. Ses aventures ne sont pas toujours très discrètes, surtout dans ce milieu où la paranoïa est une seconde nature. Il y a la jeune fille rencontrée « par hasard » (enfin, pas vraiment) qui n’est pas si amoureuse que ça, le fils un peu innocent (le jeune Eddie Redmayne), et sa femme qui en a clairement marre de ses absences (Angelina Jolie). Eh oui madame, il sauve le monde !

Il y a aussi un ami homosexuel, des amis qu’il devra éliminer parce qu’ils l’ont trahi… Comme je l’ai dit, ce n’est pas Jason Bourne. Le film est lent, mais il prend le temps d’expliquer. On passe presque trois heures cloué au fauteuil, à vérifier régulièrement qu’il n’y a pas un micro caché sous la table.C’est l’histoire de la naissance de la CIA vue de l’intérieur, de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 60, avec la baie des Cochons en toile de fond.

n y voit la construction d’un empire du renseignement fait d’ombres, de trahisons et de sacrifices personnels. Edward Wilson est un homme froid, méthodique, qui enterre peu à peu son humanité au nom de la raison d’État.Le casting est tout simplement parfait : De Niro lui-même, Angelina Jolie, Joe Pesci, William Hurt, Alec Baldwin, Billy Crudup, John Turturro…

Tout le monde est juste. Matt Damon porte le film sur ses épaules avec une présence incroyable. Il est droit dans ses costumes trois-pièces, un peu inspecteur Gadget version glaciale et tragique.Les salles étaient longues, le rythme posé, mais on ne s’ennuie pas. On ressort avec cette sensation étrange que, comme dans tous les bons films d’espionnage, on se dit que c’est exagéré… et qu’en réalité on est probablement encore très loin de la vérité.

Un beau film, dense, intelligent, parfois un peu froid comme son héros, mais qui reste selon moi l’un des meilleurs du genre ces dernières années. Parfait pour ceux qui aiment les ambiances feutrées, les regards qui en disent long et les silences lourds de conséquences.Un ancien temps où le cinéma d’espionnage prenait encore le temps de creuser, sans besoin d’explosions toutes les dix minutes.

NOTE: 14.90

FICHE TECHNIQUE

Producteurs délégués : Chris Brigham, Francis Ford Coppola, Howard Kaplan, Guy McElwaine et David C. Robinson

DISTRIBUTION

mercredi 15 octobre 2025

12.60 - MON AVIS SUR LE FILM NANNY MCPHEE DE KIRK JONES (2006)

 


Vu le film Nanny McPhee de Kirk Jones (2006) avec Emma Thompson Colin Firth Angela Lansbury Thomas Brodie-Sangster Raphael Coleman Kelly MacDonald Samuel Honywood Celia Imrie 

Depuis la disparition de son épouse, le brave M. Brown a bien du mal avec ses sept enfants. Il faut dire que de l'aîné à la petite dernière, tous font de la maisonnée un véritable enfer. En un rien de temps, ils sont parvenus à décourager 17 candidates au poste à hauts risques de gouvernante. Mais il ne va pas en aller de même avec Nanny McPhee, la nouvelle postulante aussi effrayante qu'énigmatique. 

Adapté des romans de Christianna Brand, Nanny McPhee s’inscrit dans la pure tradition du conte éducatif anglais, quelque part entre Mary Poppins et Peter Pan, mais avec une touche de farce burlesque et de satire sociale typiquement britannique. Le film raconte l’histoire de M. Brown (Colin Firth), un père veuf dépassé par ses sept enfants, véritables petits démons qui font fuir toutes les nounous du pays. Jusqu’à l’arrivée d’une étrange gouvernante au visage grêlé et à la canne magique : Nanny McPhee (Emma Thompson, qui signe aussi le scénario). À mesure que les enfants apprennent la discipline, l’obéissance et la bienveillance, le visage hideux de la nounou s’adoucit. La morale est claire : la vertu rend beau — un message très victorien, mais charmant dans son exécution. 

Kirk Jones, réalisateur venu de la comédie sociale (Waking Ned), filme cette fantaisie domestique avec un certain goût pour les décors colorés et les cadrages symétriques, mais son style manque parfois de souffle. L’ensemble donne l’impression d’un studio étriqué, trop propre, où la mise en scène se contente d’illustrer l’action sans réelle invention visuelle. Les effets spéciaux, eux, accusent leur âge : mal incrustés, un peu criards, ils confirment que la magie au cinéma ne se résume pas à des éclairs numériques. On aurait préféré que la fantaisie passe davantage par le jeu et le rythme que par ces artifices un peu lourds. 

Reste que les acteurs, eux, s’amusent comme des fous, et c’est ce qui sauve le film. Emma Thompson impose une double présence : sorcière sévère et ange gardien, avec cette ironie douce qui la rend irrésistible. Son Nanny McPhee est d’abord une figure de terreur, puis une mère de substitution, et son regard de tendresse finale parvient à émouvoir même les plus sceptiques. Colin Firth campe un père débordé mais digne, modèle de gentleman maladroit, toujours sur le fil entre comédie et mélancolie. Et il faut saluer la présence d’Angela Lansbury — délicieuse en tante acariâtre et grotesque, un des derniers rôles marquants d’une immense actrice. On retrouve aussi Imelda Staunton, en domestique dévouée, et Kelly Macdonald, très juste en servante douce promise au bonheur. 

Le scénario suit un schéma moral implacable : sept leçons pour sept bêtises, sept étapes vers la sagesse. C’est un peu trop mécanique, mais les enfants y trouvent un vrai plaisir de répétition. Pour les adultes, le propos se fait plus ambigu : la discipline comme apprentissage de la liberté, la morale comme métaphore du devenir adulte — on pense, en très lointain contrepoint, à If… de Lindsay Anderson, où la révolte des enfants éclatait contre ce même système éducatif. Ici, tout est rentré dans l’ordre : l’obéissance forme les hommes de demain. Vision rassurante, un peu poussiéreuse, mais sincère. 

En tant que spectateur plus âgé, on peut trouver tout cela gentiment désuet, voire trop sucré. Le film manque de cette folie poétique qui animait Mary Poppins, et sa mise en scène ne transcende pas les situations. Mais difficile de nier le charme de l’ensemble : couleurs vives, humour anglais, comédiens en liberté et morale claire comme de l’eau de rose. Nanny McPhee est un conte moral pour enfants bien élevés, un peu maladroit dans sa forme, mais attachant dans son fond. 

Bref, un film familial, coloré, aimable et so British, à recommander aux plus jeunes plutôt qu’aux nostalgiques du cinéma d’enfance. Les adultes y verront peut-être un Super Nanny victorien sous effets spéciaux, mais les enfants, eux, croiront à la magie — et c’est bien pour eux que cette magie existe. 

NOTE : 12.60

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION