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samedi 8 avril 2017

SECRET DE TOURNAGE DE "SOURCE CODE" DE DUNCAN JONES DONT ARTHUR CO-PRODUCTEUR DU FILM

Source Code de Duncan Jones avec Jake Gyllenhaal, Michelle Monaghan et Vera Farmiga

Le pitch : Colter Stevens se réveille en sursaut dans un train à destination de Chicago. Amnésique, il n’a aucun souvenir d’être monté dedans. Pire encore, les passagers du train se comportent avec lui avec familiarité alors qu’il ne les a jamais vus. Désorienté, il cherche à comprendre ce qui se passe mais une bombe explose tuant tout le monde à bord.  Colter se réveille alors dans un caisson étrange et découvre qu’il participe à un procédé expérimental permettant de se projeter dans le corps d’une personne et de revivre les 8 dernières minutes de sa vie. Sa mission : revivre sans cesse les quelques minutes précédant l’explosion afin d’identifier et d’arrêter les auteurs de l’attentat. A chaque échec, les chances de pouvoir revenir dans le passé s’amenuisent...




1. CHANGEMENT DE COMEDIENS
L'acteur Topher Grace était initialement pressenti pour tenir le rôle principal du film, avant de céder sa place à Jake Gyllenhaal. Du côté du rôle féminin principal c'est Lindsay Lohan qui devait incarner Christina mais, suite à ses déboires avec la justice, les producteurs ont décidé de la remplacer par Michelle Monaghan.

2. LE REALISATEUR CHOISI PAR L'ACTEUR...
C'est Jake Gyllenhaal qui a proposé le nom du réalisateur Duncan Jones aux producteurs du film. Ce dernier avait été très impressionné par Moon, le premier long métrage du jeune cinéaste. Duncan Jones (qui est le fils de David Bowie) réalise donc avec Source Code son 2ème long métrage de SF. Il a ensuite mis en scène Warcraft : Le commencement, adapté du célèbre jeu vidéo.

3. FILM-CONCEPT
Mêlant univers réaliste et voyage dans le temps, Source Code est un véritable film-concept dont le scénario oscille entre Matrix, Inception, Memento et Déjà Vu. Si les scénaristes ont clairement fait de Source Code un film de science-fiction, ils ont également souhaité y apporter une dimension réaliste en mettant en scène une technologie scientifique encore à un stade d'expérimentation. Le fait de ne pas pousser le scénario du côté du surnaturel et de privilégier l'aspect humain de l'intrigue permet aux spectateurs de plonger dans cette histoire en s'imaginant qu'elle puisse être plausible.

4. ARTHUR PRODUCTEUR
Source Code est en partie produit par Vendôme Pictures. Cette petite maison de production française a été fondée par Philippe Rousselet ainsi que par le célèbre présentateur télé : Arthur.
5. UNE SERIE ADAPTEE ET UNE SUITE ?
5 mois après la sortie du film en salles, la chaîne américaine CBS annonçait la mise en chantier d'une série dérivée du long métrage de Duncan Jones. Le pilote devait être signé par Steve Maeda, un ancien scénariste de Lost. Mais le projet fut finalement abandonné. Une suite sur grand écran a été annoncée en 2014 mais aucune information n'a été dévoilée depuis...

lundi 20 juin 2016

SECRET DE TOURNAGE : LE COMPLOT DIABOLIQUE DU Dr FU-MANCHU AVEC PETER SELLERS

Remis en selle en 1975 par LE RETOUR DE LA PANTHERE ROSE, après une longue traversée du désert,Peter Sellers enchaîne avec UN CADAVRE AU DESSERT de Robert Moore, dans lequel il incarne le détective chinois Sidney Wang (inspiré de Charlie Chan). Est-ce ce dernier rôle qui lui donne l'envie d'incarner le criminel Fu Manchu (après Boris Karloff et Christopher Lee) ? Toujours est-il qu'en 1976, la presse annonce qu'un film se prépare avec Sellers et Michael Caine dans le rôle de l'enquêteur de Scotland Yard Nayland Smith.
Deux ans plus tard, après avoir tourné deux autres aventures de l'inspecteur Clouseau, l'acteur britannique est plus que jamais partant pour incarner la création du romancier Sax Rohmer (qui date de 1912) mais décide de jouer lui-même les deux rôles principaux. Il est habitué à ce type de performance depuis LA SOURIS QUI RUGISSAIT et récidive d'ailleurs pendant l'été 1978 avec LE PRISONNIER DE ZENDA de Richard Quine. Durant le tournage à Vienne, l'ambiance est loin d'être au beau fixe. Sellers souffre encore des conséquences de son infarctus survenu en 1977, qui lui a valu la pose d'un pacemaker, et se montre particulièrement irascible. Son ami Graham Stark constate qu'il a pris en grippe le producteur Walter Mirisch, qui lui a pourtant donné sa chance avec LA PANTHERE ROSE en 1964. «Lorsque le réalisateur Dick Quine tentait de tourner une scène, deux instructions opposées lui étaient données. Mirisch voulait un gros plan, Peter suggérait alors un plan large.»
Le cinéaste ne s'oppose pas à Sellers et Mirisch croit en comprendre la raison. «J'ai appris que Peter parlait à Quine de réaliser son prochain film, LE COMPLOT DIABOLIQUE DU DR FU MANCHU. Je supposais que Dick se préparait un avenir comme réalisateur de films avec Peter Sellers et, par voie de conséquence, il ne se voyait pas croiser le fer avec lui pendant le tournage de ses scènes.» LE PRISONNIER DE ZENDA se termine avec beaucoup de retard, tandis que LA MALÉDICTION DE LA PANTHERE ROSE triomphe sur les écrans du monde entier. Fâché avec Blake Edwards, Sellers voit certainement dans son projet Fu Manchu une occasion de rivaliser avec lui. Il part écrire le scénario sur un yacht en Méditerranée et s'inspire de plusieurs éléments de la série de l'inspecteur Clouseau : un diamant d'une grande valeur volé dans un musée (LE RETOUR DE LA PANTHERE ROSE), un château perdu dans les montagnes où le méchant joue de l'orgue (QUAND LA PANTHERE ROSE S'EMMELE)...
Mais surtout, Peter Sellers s'inspire de sa période du «Goon Show», ces émissions de radio qu'il écrivait et interprétait avec Spike Milligan et Harry Secombe dans les années 1950. L'une d'elles s'intitulait «The Terrible Revenge of Fred Fumanchu» et évoquait une loufoque histoire de saxophone en bambou. Le prénom du criminel chinois est cité dans une scène du film et le saxophone tient également une grande place dans l'histoire. Plusieurs noms et situations sont aussi repris des différents sketchs. Ce retour aux sources s'explique par la lucidité de Sellers qui sait sa fin proche et considère ses débuts à la radio comme une des périodes les plus heureuses de sa vie. Il semble clair qu'il parle de lui dans ce scénario : Fu Manchu s'agite en tous sens pour rassembler, comme chaque année, les différents ingrédients d'un élixir de vie. Agé de 168 ans, il vit ses derniers jours...
Tel quel, le script enthousiasme la société Orion Films, prête à tout pour satisfaire Peter Sellers, qui est alors un des acteurs les plus populaires au monde. LE COMPLOT DIABOLIQUE DU DR FU MANCHU va se tourner à l'automne 1979 à Paris, aux studios de Boulogne. En attendant, Sellers traverse l'Atlantique pour interpréter un jardinier simple d'esprit qui croise la route du président des États-Unis dans BIENVENUE MR CHANCE de Hal Ashby. Il considère ce rôle, aux antipodes de ses habituelles prestations transformistes, comme celui de sa vie. Revenu en Angleterre en mai, il décide qu'il ne veut plus tourner le scénario de FU MANCHU. Richard Quine a déjà quitté le navire pour «différends artistiques» et John G. Avildsen (ROCKY) aurait dû le remplacer mais se retire à son tour. Orion demande alors son aide à Piers Haggard(LA NUIT DES MALEFICES, THE QUATERMASS CONCLUSION). «J'ai eu trois semaines pour superviser la réécriture. Nous avons rendu le scénario de Peter beaucoup plus cohérent, avec enfin un début, un milieu et une fin. Cela leur a tellement plu que j'ai eu le job.» Le 24 septembre, Haggard donne le coup d'envoi du film, qui est prévu sur treize semaines. «Pas une de plus !» affirme la productrice associée Yannoulla Wakefield au Film Français...
Peter Sellers a rassemblé autour de lui des partenaires familiers comme Steve Franken (le serveur ivre de LA PARTY), PER-John+Le Mesurier&Type=4" target="_top">John Le Mesurier (l'avocat de LA PANTHERE ROSE, entre autres) et David Tomlinson (UP THE CREEK). Helen Mirren, qui est alors surtout connue pour ses activités théâtrales, interprète le rôle d'une policière de Scotland Yard choisie par Nayland Smith pour sa ressemblance avec la Reine Marie. Cela ne manque pas d'intérêt quand on sait qu'elle interprétera par la suite Charlotte, Elizabeth 1ère et Elizabeth II. «Peter et moi nous sommes très bien entendus. Il était suffisamment gentil pour rire à mes plaisanteries, ce qui était un grand compliment venant de quelqu'un comme lui.»
Les relations de l'acteur avec Piers Haggard sont nettement moins cordiales. Il est évident que Sellers ne va pas bien, tant physiquement que mentalement. Il a annoncé son divorce d'avec Lynne Frederick dans la presse, sans en parler à l'intéressée, pour finalement la faire venir à Paris où elle se retrouve bombardée «productrice exécutive». Il est angoissé à l'idée de ne pas savoir comment il va interpréter Fu Manchu mais est incapable de s'en ouvrir à son réalisateur. LorsqueHaggard obtient enfin de lui parler dans sa loge, il tombe sur un homme «à la mine épouvantable et triste. Il était assis près de la fenêtre et la pièce était plongée dans l'obscurité. Il ressemblait à une statue, avec un air particulièrement sombre. C'est ce qu'il était vraiment.»
Anticipant sa mauvaise santé, la production a engagé une doublure. Une agence londonienne a déniché un certain John Taylor qui ressemble à l'acteur comme deux gouttes d'eau. Même Roman Polanski s'y laisse prendre. Venu rendre visite à son ami au studio de Boulogne, alors qu'il travaille au montage de TESS, il entraîne Taylor (maquillé en Fu Manchu) dans une valse improvisée, avant de se rendre compte de son erreur... Lorsque Sellers ne se présente pas sur le plateau (car il est resté dans sa maison suisse pour se reposer) ou qu'un plan ne nécessite pas de dialogues, Taylor est alors sollicité.
«Après environ deux semaines, raconte Haggard, mon histoire d'amour avec Peter Sellers s'est terminée mais j'ai continué, comme un bon petit soldat.» Le film est constamment réécrit. La lecture du scénario est sur ce point significative : toutes les trois pages apparaît la formule «scène révisée le 26 septembre... 21 novembre... 9 janvier... 16 janvier... 4 février..., etc.» Jim Moloneyet Rudy Dochtermann interviennent mais ils ne sont pas les seuls. Toute personne avec une idée est la bienvenue. Ainsi, le compositeur de la musique du film, Marc Wilkinson (qui joue brièvement le chef d'orchestre dans la scène de la première royale tournée au Théâtre de la Renaissance), propose à Sellers une chanson rock que Fu Manchu pourrait interpréter. «Rock A Fu» (!) emballe l'acteur qui réécrit la fin du film pour l'intégrer. Il la chante, habillé en Elvis asiatique...
Les rapports Haggard-Sellers se sont à ce point envenimés que le réalisateur est remercié, deux semaines avant la fin du tournage. La production met alors le film en attente. Sellers téléphone au scénariste John Antrobus, qu'il connaît depuis le «Goon Show» et JULES DE LONDRES en 1963, et lui demande de venir à Paris travailler sur le scénario. Arrivé un dimanche, il est censé écrire des scènes que l'on pourra tourner le mardi... Il travaille toute la nuit et participe à une réunion de production le lendemain matin.
«Tout le monde a aimé mes idées qui remettaient le script sur pied, se souvient Antrobus. Le tournage a recommencé le lendemain. Peter Sellers s'est emparé de la réalisation et comme personne ne pensait qu'il comploterait pour se virer lui-même, cela a permis de retrouver une certaine stabilité. Parce que j'avais arrangé l'intrigue, ils pouvaient continuer à filmer des scènes présentes dans le script, en modifiant et en enlevant quelques petits éléments, pendant que j'écrivais de nouvelles scènes.»
À l'origine, Fu Manchu n'apparaissait que bien plus tard dans l'histoire, après même Nayland Smith. Antrobusl'introduit dès le début et imagine un serviteur apportant l’élixir de jouvence à son maître ; sa manche prend feu à cause d'une des bougies du gâteau d'anniversaire et il utilise le précieux liquide pour l'éteindre... Fu Manchu doit alors se rendre en Angleterre et en Amérique pour récupérer les deux éléments pour refaire l'élixir : le diamant de George V et la momie de Lullmulltullmull. Le film repart sur de bonnes bases et Sellers a l'idée de confier le rôle du maladroit à Burt Kwouk, l'interprète de Cato dans les PANTHERE ROSE. Ce dernier demande à lire le scénario mais Sellers lui dit de ne pas s'en faire et le convainc de venir à Paris. «J'ai découvert ça en arrivant au studio et j'ai dit : «Mais pourquoi ne m'as-tu pas dit au téléphone que tu allais m'enflammer ? Tu devais bien le savoir.» Il m'a répondu : «Eh bien, tu ne serais pas venu !»» Sellers s'amuse à faire un clin d’œil à la série qui les réunit depuis plusieurs années déjà. En le voyant apparaître, Fu Manchu déclare : «Votre visage m'est familier» (une référence remplacée dans la version française par un curieux «Te revoilà, vieille panthère !»).
Le tournage se termine enfin et Peter Sellers supervise le montage. De nombreuses scènes finissent au panier. La première séquence d'ouverture se passait dans le noir complet et l'on entendait simplement le dialogue entre deux projectionnistes à propos du MASQUE D'OR avec Boris Karloff... À l'exposition russe du Honeyman Institute de Washington, deux gardes soviétiques se mettaient à chanter et à danser, pendant qu'avait lieu le vol. Le chef du FBI J. Edgar Hoover (peut-être interprété par Paul Sorvino, dont la participation au film avait été annoncée en 1978) était sermonné au téléphone par le président Roosevelt à propos du vol du diamant et ordonnait à ses hommes d'aller en Angleterre demander de l'aide à Nayland Smith. Staline sermonnait à son tour un des agents américains, considérant que l'enquête n'allait pas assez vite. Le sergent Alice Rage était introduite en pleine bagarre avant d'être envoyée à l'audition.
Et surtout, plusieurs courtes séquences sans rapport avec l'histoire interrompaient le film de manière loufoque, à la manière des Monty Pythons. Ainsi, cette scène de disco dans une boîte de nuit avec un danseur à la Travolta, sur laquelle une voix off expliquait qu'il s'agissait d'attirer un public jeune ; une autre avec Dracula se cassant une dent sur le cou d'une jeune fille et un commentaire du même genre sur la volonté de profiter de la vague actuelle des Dracula (dont le DRACULA de John Badham produit par Walter Mirisch, dans le collimateur de Sellers) ; une dispute entre routiers par Cibi interposée ; des images d'actualités sportives des années trente...
Après LE COMPLOT DIABOLIQUE DU DR FU MANCHU,Peter Sellers, bien qu'affaibli, a d'autres projets : «The Romance of the Pink Panther» sans Blake Edwards mais avec Clive Donner (QUOI DE NEUF PUSSYCAT?), et «Le Crocodile» que Gérard Oury avait d'abord écrit pour Louis de Funès. Mais le 24 juillet 1980, le cœur de l'acteur lâche. Le film sort en août et est un échec financier total.

lundi 27 octobre 2014

LOUIS DE FUNES EN PRISON ? Le saviez-vous


Annie Girardot et Louis de Funès sont réunis par Claude Zidi dans la Zizanie en 1977. Le courant passe très bien entre les deux acteurs, tant au niveau professionnel qu'humain. Mais après le tournage, De Funès s'isole dans son château et il est impossible de lui parler, même au téléphone. Annie Girardot aimerait cependant lui proposer un scénario.

"Deux ans plus tôt en 1975, José Giovanni m'avait raconté l'histoire vraie d'un homme emprisonné pour faute militaire en 1914, et qu'on avait oublié de relâcher. Il passait sa vie en prison,à s'occuper de l'intendance, de la cuisine, ou à tailler les costumes de geôliers. Tout le monde s'était habitué à lui,on le traitait comme faisant partie du personnel, mais on l'enfermait tous les soirs. Lors d'une visite à lui, on le traitait comme fonctionnaire s'aperçut qu'il n'était pas inscrit sur la liste des prisonniers. Plus personne ne se souvenait des raisons de sa présence.

D'ailleurs lui-même avait oublié. Le fonctionnaire demanda que cet homme soit libéré immédiatement. Lorsque celui-ci mis le nez dehors après plus de 50 ans, il fut pétrifié par le bruit de la rue, les voitures, tout allait trop vite, tout en lui faisant peur. Bref, au bout de 48 heures de mésaventures cocasses ou poignantes, il supplia qu'on le remette en prison. Et l'administration accepta.

Louis aurait été formidable dans ce rôle. L'occasion pour lui de montrer ces talents dramatiques. Malheureusement,je n'ai même pas pu lui parler.

Source : "Partir , revenir" d'Annie Girardot


mardi 21 octobre 2014

LA MOUCHE D'HENRI VERNEUIL (le saviez-vous secret de tournage)

Pour l'un des sketchs du mouton à cinq pattes , Henri Verneuil a prévu une scène où quatre matelots s'adonnent à un jeu particulier : chacun pose un sucre devant lui et gagne si la moche qui vient d'être lâchée se pose dessus. Il faut que la mouche marche sur la table et hésite.... Plus facile à écrire qu'à filmer ! L'institut Pasteur vend 10 mouches carnaires à la production. Verneuil fait appel à un entomologiste qui lui conseille de sectionner les balanciers qui relient les ailes au corps pour l'empêcher de voler.

"Moteur ! Nous enlevons le verre pour libérer la mouche et ce fut la catastrophe. La mouche sentant qu'elle ne pouvait pas voler (ce qui est sa fonction essentielle) se mit à traverser la table dans tous les sens à une vitesse inimaginable. Ses forces étaient décuplées. Elle zigzaguait avec une rapidité telle, que même l'oeil suivait difficilement ses déplacements.

Henri Verneuil réfléchît toute la nuit à une autre solution et décide d'anesthésier la mouche. Le jour suivant "Je plaçais la mouche aux balanciers coupés dans une éprouvette avec un coton trempé dans l'éther, pendant chaque fois dix secondes d'anesthésie. A une minute trente secondes , le miracle se produisit. La mouche se réveilla lentement , s'étira, frotta ses pattes avant,comme si elle se préparait à un bon festin, et se mit lentement, à se déplacer suivant une superbe arabesque entre les morceaux de sucre. Ivre d'Ether , elle s'approchait d'un sucre , puis décidait d'aller vers l'autre, puis changeait sa route pour aller vers un troisième et ne montait que sur le quatrième.

Placée sur le visage de Fernandel en très gros plan, elle descendait lentement le long du nez, contournait ses lèvres pour aller dans le creux de son menton. Elle exécuta remarquablement tous les mouvements prévus par le scénario. Elle méritait bien cette année-là le grand prix de l'interprétation féminine qu'elle n'eût pas."

Source : V ..... Comme Verneuil de Christian-Marcel Russo

vendredi 17 octobre 2014

TRINTIGNANT "EMU" PAR ANGELIQUE : (Le saviez-vous secrets de tournage)


En 1965, Michèle Mercier tourne Merveilleuse Angélique de Bernard Borderie, le deuxième film de la série. Jean Louis Trintignant y interprète le rôle du "poète crotté", amoureux de la belle rousse. Sur une peau de bête, près d'une cheminée, les deux acteurs doivent jouer une scène d'amour. Michèle Mercier s'en souvient très bien.

"Pour une scène qui brillera quelques minutes à l'écran, nous avons travaillé près d'une heure. A se rouler,s'embrasser, se presser l'un contre l'autre dans des poses lascives et moi dans mon déshabillé arachnéen. La tiédeur ses peaux se confondent et font naître chez mon partenaire une émotion bien naturelle. Jean Louis, horriblement confus, regarde ailleurs, le corps paralysé, sous l'effort de se vaincre. Le plus sérieusement du monde mais l'air contrit il demande alors au metteur en scène d'attendre quelques secondes avant de reprendre la scène. Il essaie de lui expliquer qu'à force de rester dans des positions aussi inconfortables,il en a attrapé une crampe .... à la jambe.

L'équipe a des soupçons  et traite bon vivant, bon enfant, cet incident. Puis les rires fusent, S'épanouissent en fou rires. Je participais à la contagion si l'expression embarrassée de Jean Louis ne me retenait. Pour en finir,je glisse un oeil de côté et je vois à ma hauteur deux pieds aux chaussures familières. Alain,en catimini,assiste à la scène. Mon oeil remonte le long de ses jambes, du tronc sur son visage fermé.

- Et ! bien, je vois qu'on ne s'ennuie pas par ici, grogne t-il ".

Source : Angélique à coeur perdu de Michèle Mercier



mercredi 15 octobre 2014

COMMENT JAMES BON A EU SON ASTON MARTIN : (le saviez-vous secrets de tournage)


Le Pré-producteur de Golfinger démarre à l'été 1963. Dans le roman de Ian Fleming. James Bond conduit une Aston Martin DB3. Mais dans un souci d'actualisation, l'équipe demande à la filme britannique de lui fournir une DB5 qui ne sera lancée sur le marché qu'en Octobre. A cette fin, le producteur Harry Saltzman appelle le directeur général Steven Heggie. Celui-ci,échaudé par quelques expériences cinématographiques malheureuses refuse poliment mais se tient à son entière disposition pour lui vendre une DB5. Saltzman tombait de haut "Comment ! Mais vous n'avez pas vu Dr No ? Non ! Et Bons Baisers de Russie ? Non plus ! Il tente alors un coup de bluff et lui assure que le président d'Aston Martin, David Brown , lui a promis de lui fournir un véhicule.

Heggie, méfiant câble à son patron une demande de confirmation. La réponse ne tarde pas "Jamais fait une telle promesse, Faites au mieux".Il rappelle Saltzman et lui propose de lui vendre un modèle pour 4 500 livres Sterling. Or,il n'est pas question pour le producteur de dépenser un penny pour utiliser dans le film des produits existants. Saltzman organise une rencontre avec les responsables des effets spéciaux Ken Adam et John Stears à l'usine de Feltham. Lorsque les deux hommes expliquent aux ingénieurs et techniciens de la marque les modifications qu'ils comptent apporter (siège éjectable, mitraillettes , bouclier, plaques rotatives,jets d'huiles) l'incrédulité fait place à l'amusement puis au refus pur et simple. Sur le chemin du retour, Adam et Stears, décus envisagent de contacter Bentley, Jensen ou Chevrolet. Mais ils se rendent à l'évidence : James Bond doit conduire une Aston Martin. A force d'insister, John Stears parviendra à convaincre Steven Heggie et une collaboration s'instaurera, donnant ce spectaculaire résultat à l'écran.

Source : "The most famous car in the world" de Dave Worrall




mardi 14 octobre 2014

FRANKENHEIMER VOLE UN PLAN AU PENTAGONE : (le saviez-vous secrets de tournage)

Le Tournage de 7 jours en Mai de John Frankenheimer (l'histoire de coup d'état militaire aux Etats-Unis) s'est déroulé en 1963 dans divers endroits. Certains lieux étaient bien ceux dans lesquels se déroulait le scénario (l'aéroport Dulles, la Maison Blanche), d'autres étaient des décors (une base secrète du Texas reconstituée dans les environs de Yuma par exemple. "Mais raconte Kirk Douglas (acteur et producteur du film), il nous fallait un plan extrêmement important pour ajouter à l'authenticité : Le pentagone. Malheureusement , toute espèce de tournage y était interdite.

Pourtant,il le fallait. Nous dûmes voler le plan. La caméra fut dissimulée dans une remorque garée dans la rue en face du Pentagone. Je m'avançai à grand pas vers l'entrée, vêtu de mon uniforme de colonel. Le garde de faction me salua. Je le saluai aussi. Le garde me jeta bien un regard étrange, mais c'était un soldat discipliné, et il n'allait pas poser de questions à un officier supérieur. Le plan figure dans le film. Il est tout de qu'il y a de plus authentique."

Source : "Le fils du chiffonnier" de Kirk Douglas.

lundi 6 octobre 2014

TOURNAGE GASTRONOMIQUE CHEZ HITCHCOCK (le saviez-vous secrets de tournage)



Durant le tournage de l'Etau d'Alfred Hitchcock, aux studios Universal, Philippe Noiret se retrouve dans un décor constituant le restaurant parisien "Pierre" (en compagnie de Frédérick Stafford et Michel Piccoli).

"Il y avait un gros plan, où je devais manger et boire, aussi. Hitchcock m'avait-il demandé de ne pas trop manger la matin, car on risquait de refaire la prise plusieurs fois.

Et puis, à la fin de la prise, ça été ce mot "Cut" et lui qui s'adresse à moi : "Mister Noiret", je me suis dit merde : "Merde !" comme en classe on se dit "Oh là ! là qu'est ce que j'ai fait ? et lui "How was the paté ? (rires).

C'était un homme très délicat, il m'avait amené de ses réserves personnelles du pâté de canard qu'il faisait venir d'Amiens et comme il ne voulait pas que pendant ce dîner d'affaires, on boive un très grand vin, il l'avait fait transvaser dans des bouteilles de Côtes-du-Rhône.

Source : "Philippe Noiret" de Dominique Maillet

dimanche 5 octobre 2014

LES RHUMATISMES DE RICHELIEU : (Le saviez-vous secret de tournages)


En 1973,Jean-Pierre Cassel joue le rôle de Louis XIII dans les 3 Mousquetaires de Richard Lester. Sur le tournage en Espagne,il sympathise avec Charlton Heston qui interprète Richelieu.

"Après Ben-Hur, Le Cid et Moïse,il pouvait apparaître asse loin de l'idée qu'on pouvait se faire du Cardinal. Mais il avait porté un grand soin à l'étude de son personnage. Il avait examiné les peintures  le représentant, et il s'était rapproché le plus possible physiquement de son modèle grâce à un maquillage très poussé avec perruque, faux nez etc... Il s'était plongé dans de nombreux ouvrages  le concernant, et il s'avait tout de lui. Il avait découvert que l'action du film se déroulait après que Richelieu eut fait le siège de La Rochelle. Considérant qu'il avait passé une grande partie de con temps en armure, dans un climat humide,il lui paraissait évident que son éminence devait être percluse de rhumatismes. Aussi demanda t-il à son metteur en scène s'il ne lui paraissait pas judicieux de jouer le cardinale en claudiquant légèrement. Je crois que je me rappellerai toute ma vie de ma tête que fit Richard Lester quand il lui fit part de son idée."

Source : "A mes amours" de Jean Pierre Cassel


vendredi 3 octobre 2014

PIERRE RICHARD EN PRISON ! (Le saviez-vous, secrets de tournage)

En Mai 1978,Gérard Oury tourne une scène importante de La Carapate à la prison de Fresnes : l'avocat Pierre Richard vient y rencontrer son client, condamné à mort (Victor Lanoux) et se fait accompagner par Christian Bouillette (le gardien -chef) jusqu'à sa cellule.

L'équipe a comme public les gardiens et les détenus qui se rendent au parloir.

"Nous avons monté un travelling long,compliqué avec plusieurs places d'arrêt et pour les comédiens,une tartine de texte à débiter, se souvient Gérard Oury. La caméra précède Pierre Richard et Christian Bouillette. Et là, soudain,plus rien ne fonctionne : le chariot-travelling déraille, la caméra déconne, le point est flou, et comme toujours dans ce cas là, énervés, les comédiens se mettent à leur tour à bafouiller. Nous appelons cela le plan maudit,il y en a dans chaque film.

Je reprends deux, cinq,quinze fois sous l'oeil lassé de nos spectateurs. A la 20ème prise,enfin ça colle, et je demande à ma scripte de tirer la dernière. Dans le hall de la prison, tout se remet en branle. C'est alors que regagnant sa cellule,un détenu qui a assisté au tournage, s'arrête près de Pierre Richard, lui tape sur l'épaule : "Eh bien mon vieux, je préfère être à ma place qu'à la tienne".

Source : "Mémoires d'éléphants" de Gérard Oury


jeudi 2 octobre 2014

LA PASTA PARTY DE KLAUS KINSKI (Le saviez-vous ? Secrets de tournage)


Jean louis Trintignant se souvient de son partenaire Klaus Kinski sur le tournage du Grand Silence de Sergio Corbucci.

"Comme il arrivait deux jours après moi à Cortinna d'Ampezzo, je suis allé le chercher à la gare avec un chauffeur de la production. Il est arrivé avec une énorme quantité de bagages; le chauffeur croulait sous le poids des valises. Alors Kinski l'a insulté, puis giflé. Le chauffeur ne pouvait pas se défendre. il a alors laissé tomber les valises a poursuivi Kinski qui criait "Ne me frappez pas, je suis un lâche !" Il fut abject ! chaque jour, comme nous tournions dans la neige, un membre de l'équipe amenait des pâtes et les faisait cuire pour tout le monde. Kinski, à la surprise de tous,annonça que les pâtes du lendemain, c'est lui qui les ferait ! Et il est arrivé avec 2 kilos de pâtes et a commencé à les faire cuire. Puis il en a goûté une ou deux, a allumé une cigarette,il a fait une grimace et à éteint son mégot dans le plat. Il affichait sa volonté de se rendre antipathique. Tout le monde sur le tournage l'a détesté.

Source : "La passion tranquille" de Jean Louis Trintignant et André Asséo.