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jeudi 4 juin 2026

7.40 - MON AVIS SUR LE FILM LE MOINE DE DOMINIK MOLL (2011)


 Vu le Film Le Moine de Dominik Moll (2011) avec Vincent Cassel Deborah François Joséphine Japy Sergi Lopez Catherine Mouchet Jordi Dauder


Avant les grands thrillers puissants qui ont cartonné, Dominik Moll s’est bien embourbé avec Le Moine. Ce thriller mystico-paranoïaque planté dans l’Espagne catholique du XVIIe siècle, c’est l’adaptation du roman éponyme de Matthew G. Lewis, écrit en 1796, un classique gothique qui manque plus que la Technonik pour être complet. Ombrageux, tordu, peu compréhensible si on n’est pas sensible aux arcanes religieux, et une réflexion sur la spiritualité de mauvaise aloi.

Dire que c’est chiant est un euphémisme. Madrid, XVIIe siècle. Ambrosio (Vincent Cassel), abandonné bébé aux portes d’un monastère capucin, grandit entre ces murs austères. Devenu moine, il devient le prédicateur star, admiré pour sa rigueur implacable et sa vertu inoxydable. Ses sermons font salle comble, les foules se pressent. Antonia (Joséphine Japy), jeune fille pure, en est fanatique.

Mais Satan ne dort jamais : un novice mystérieux, Valerio (Déborah François), arrive avec un masque qui cache un visage défiguré. Derrière, une femme, tentatrice envoyée par le Malin. Le moine, si sûr de lui, commence à craquer. Tentations de la chair, secrets enfouis, crimes, sorcellerie, tout le bazar gothique y passe.

Il y a aussi Elvire (Catherine Mouchet), la mère d’Antonia, et d’autres figures comme le débauché incarné par Sergi López. L’histoire suit la chute inexorable d’Ambrosio, de la sainteté à la damnation, avec des touches de surnaturel et de paranoïa religieuse. Moll essaie d’imiter le surréalisme et l’atmosphère gothique à souhait : couvents sombres, lumière crue du désert espagnol, ombres qui s’allongent. C’est visuellement soigné, la musique d’Alberto Iglesias est prenante, elle colle parfaitement à l’ambiance oppressante. Mais le reste... Le film se prend trop au sérieux, manque cruellement de suspense et de mise en scène inspirée. On peut le comparer au Nom de la Rose, mais du tout avec le même talent. Là où Umberto Eco et Annaud faisaient vibrer l’énigme et l’intelligence, ici c’est plat, lent, prévisible malgré les twists. Vincent Cassel en tête de pont ? Insupportable comme souvent avec son cabotinisme. Il en fait des tonnes, yeux exorbités, gesticulations, on sent le cabot qui force. Le reste du casting est tout aussi plat : Déborah François correcte en tentatrice mais sans étincelle, Joséphine Japy gentille mais fade, les seconds rôles (López, Mouchet, Geraldine Chaplin) font le job sans jamais enflammer.

Aucun charisme collectif, on suit des marionnettes dans un décor magnifique mais vide. Franchement, malgré la prod soignée et l’ambition, c’est un film raté. Moll, avant ses vrais succès, s’est noyé dans ce gothique trop littéral, trop lourd, qui veut être profond sur la foi et la chute mais finit par ennuyer ferme.

On sort en se disant que le roman devait être plus sauvage, plus scandaleux. Ici, c’est une version polie, chiadée mais sans tripes. La musique d’Iglesias sauve un peu l’atmosphère, sinon on aurait zappé depuis longtemps.

Un ratage ambitieux, quoi. Dommage, le potentiel était là. Bref, passez votre chemin si vous cherchez du thrill ou du vrai gothique qui claque. Le Moine, c’est beau à regarder mais chiant à mourir

Plus proche d’une messe interminable que d’un cauchemar éveillé.

NOTE : 7.40

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION



mardi 10 mars 2026

14.40 - MON AVIS SUR LE FILM RANGO DE GORE VERBINSKI (2011)


 Vu le Film d’Animation Rango de Gore Verbinski (2011) avec les voix de Johnny Depp Isla Fisher Ned Beatty Abigail Breslin Bill Nighy Alfred Molina ray Winstone Timothy Oliphant 

(Le personnage du Maire John Tortoise à la voix de Ned Beatty° 

Quatre hiboux mariachis racontent l'histoire de Rango, sur fond de musique mexicaine. 

Un caméléon domestique sans nom fan de théâtre, metteur en scène et improvisateur vit dans un terrarium, persuadé d'être un héros, mais un accident de voiture le projette brusquement dans la réalité, en plein désert de Mojave. Après avoir rencontré le responsable de l'accident, un vieux tatou qui cherchait simplement à traverser la route, il s'enfonce dans le désert à la recherche d'une ville où le tatou lui a conseillé d'aller. 

Il y a les westerns de Sergio Leone, ceux de Raoul Walsh, de John Sturges et bien sûr de John Ford… et désormais il y a Rango. Avec ce film d’animation sorti en 2011, Gore Verbinski signe sans doute le plus bel hommage moderne au western. Un hommage fait avec amour, humour et une précision presque maniaque dans les références. 

Car dès les premières minutes, le ton est donné : ce lézard un peu mythomane qui se rêve héros de théâtre ressemble étrangement à un certain Clint Eastwood… même en reptile. Et les bandits que l’on croise dans ce désert pourraient sortir tout droit d’un film de Leone : on croit reconnaître les silhouettes de Lee Van Cleef, de Eli Wallach ou de Lee Marvin. Les références pleuvent tout au long du film et c’est franchement jouissif tant elles sont précises et savoureuses. 

L’histoire commence comme une ballade absurde dans le désert. Rango, un lézard domestique un peu acteur dans l’âme, se retrouve perdu au milieu de nulle part après un accident de voiture. Perdu dans le désert depuis trop longtemps, comme dirait Jean Patrick Capdevielle dans sa chanson, notre héros échoue finalement dans la petite ville poussiéreuse de Dirt. 

Et là, on entre en plein western. Cercueils qui traînent, buissons secs qui roulent dans la rue, poussière omniprésente, trognes patibulaires et regards en coin… Verbinski recrée tout l’imaginaire du Far West, mais avec un humour grinçant. Dans cette ville, l’eau est plus précieuse que l’or et elle est contrôlée par un maire manipulateur et corrompu, incarné par une tortue inquiétante. 

Rango, menteur professionnel mais comédien enthousiaste, improvise alors un personnage de pistolero invincible. À force de raconter ses exploits imaginaires, il finit par être nommé shérif de la ville. Le problème, évidemment, c’est qu’il va devoir prouver qu’il est réellement ce héros qu’il prétend être. Le voilà donc embarqué malgré lui dans une aventure où il devra affronter bandits, serpents et complots autour de l’eau potable. 

Ce qui rend le film remarquable, c’est l’équilibre entre parodie et respect du genre. Le Far West est montré comme un monde hostile : la mort est partout, les habitants ont des visages fatigués, les rues sont envahies par la poussière et les squelettes semblent presque faire partie du décor. Verbinski n’idéalise pas cet Ouest mythique ; au contraire, il le regarde avec un œil ironique et parfois critique. 

La mise en scène est d’une richesse étonnante pour un film d’animation. Verbinski filme son désert comme un véritable western, avec des cadrages larges, des duels silencieux et des entrées de personnages dignes des classiques du genre. La caméra glisse dans les rues de Dirt comme dans un décor de Ford ou de Leone, mais avec un humour visuel qui rappelle parfois les cartoons les plus inventifs. 

Techniquement, le film est impressionnant. L’animation signée par le studio Industrial Light & Magic donne aux personnages une texture presque poussiéreuse, comme s’ils avaient réellement vécu dans ce désert brûlant. Les visages sont pleins de rides, de cicatrices et de détails. On est très loin de l’animation lisse habituelle : ici, chaque personnage semble avoir vécu mille aventures. 

Le casting vocal est également une réussite. Johnny Depp prête sa voix à Rango avec une énergie théâtrale parfaite pour ce personnage mythomane et attachant. À ses côtés, Isla Fisher donne du tempérament à Beans, tandis que Bill Nighy incarne un serpent terrifiant nommé Rattlesnake Jake, véritable incarnation du pistolero mythique. 

Mais au-delà des références et de la technique, Rango raconte surtout la naissance d’un héros. Un héros improbable, un peu menteur, un peu trouillard, mais qui finit par comprendre que les légendes ne valent que si l’on ose les vivre. 

Et c’est peut-être là que le film devient le plus beau : derrière l’humour et les clins d’œil, Verbinski parle du pouvoir des histoires et de ces personnages qui deviennent des mythes parce qu’ils osent affronter la poussière du monde. 

Au finalnotre lézard ne lézarde pas. Comme Lucky Luke, il pourra repartir vers de nouvelles aventures après avoir remis un peu d’ordre dans cette ville perdue au milieu du désert. 

Un western animé brillant, drôle, malin et amoureux du genre. Bref, un vrai film de western… simplement joué par des reptiles. 🦎🤠 

NOTE : 14.40

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION (VOIX)



vendredi 17 octobre 2025

13.00 - MON AVIS SUR LE FILM MR POPPER ET SES PINGOUINS DE MARK WATERS (2011)


 Vu le Film Mr Popper est ses Pingouins de Mark Waters (2011) avec Jim Carrey Carla Cugino Ophelia Luvibond Angela Lansbury Madeline Carroll Philip Baker Hall Henry Kelemen Clark Cregg 

Monsieur Popper est un grand agent immobilier de Manhattan. Il vit dans un appartement luxueux sur Park Avenue et il est sur le point de s'allier à une prestigieuse compagnie. 

Mr. Popper et ses Pingouins (2011), réalisé par Mark Watersappartient à cette veine de comédies familiales  le scénario ne brille pas par son originalitémais  l’énergie d’un acteur suffit à tout emporter. Et quand cet acteur s’appelle Jim Carrey, la comédie devient tempête. Waters, cinéaste efficace du divertissement (Freaky FridayMean Girls), orchestre ici un film tout public, sans génie mais plein de vie,  Carrey fait la différence à chaque plan. 

L’histoire suit Tom Popper, homme d’affaires new-yorkais à la vie bien réglée, qui hérite de six pingouins laissés par son père explorateurCes créatures envahissent son appartement luxueux et bouleversent son existence. Ce désordre glacé va le transformer : d’homme d’affaires cynique, il devient père attentionnéretrouvant un lien sincère avec ses enfants et son ex-femme Amanda (la toujours rayonnante Carla Guginogracieuse et naturelle, un peu dans le même registre que dans La Nuit au musée). 

Le film fonctionne avant tout grâce à Jim Carrey, qui retrouve ici son génie comique d’antan. Ses grimaces, ses regards, ses postures improbables — tout son corps parle. Carrey n’a rien perdu de son sens du rythmeni de sa capacité à transformer une situation ordinaire en moment de pur burlesque. Mais il ajoute ici une vraie émotion : son Popper maladroit, ému et débordé par ses pingouinsfinit par attendrir. On sent derrière la folie le cœur d’un homme blessé, un clown triste que l’amour familial va guérir. 

Les pingouinseuxsont bluffants : animés à la perfection, dotés de mimiques et de comportements distinctsils deviennent presque de véritables partenaires de jeu. Mark Waters s’en sort bien pour les intégrer au décor, alternant gags visuels et moments d’attendrissement, le tout sans lourdeur. Le rythme est soutenu, les situations s’enchaînent sans faiblir, et le jeune spectateur comme l’adulte consentant y trouve son compte. 

On retrouve aussi avec plaisir Angela Lansbury, dans l’un de ses derniers rôles au cinéma. Est une femme d’affaires élégante et déterminéeque Popper doit convaincre dans le cadre de son travail immobilier. Sa présencepleine de charme et d’autorité bienveillanteapporte une touche de raffinement et une chaleur presque théâtrale au film. 

Certes, le scénario reste très classique : la rédemption d’un homme enfermé dans la réussite, qui redécouvre la tendresse grâce à un capharnaüm animalier. La mise en scène n’a rien de spectaculaire non plus — Waters filme droit, propre, fonctionnel. Mais peu importe. Car lorsque le génie Carrey s’en mêle, tout s’anime : le film prend des allures de ballet comique,  la banquise devient piste de danse. 

Le résultatc’est un excellent divertissement familialdrôle, tendre, sans prétention mais parfaitement rythmé. Les gags font mouche, les effets spéciaux sont réussis, et la morale — simple mais juste — touche sans appuyer. Jim Carrey, véritable ouragan comique, rappelle à quel point il est unique : un acteur capable de transformer une production banale en feu d’artifice de fantaisie. 

Et puisqu’il recevra en 2026 un César d’Honneur pour l’ensemble de sa carrièreMr. Popper et ses Pingouins prend aujourd’hui une valeur particulière : celle d’un film qui, sous ses airs de simple comédie pour enfants, capture encore une fois l’essence du phénomène Carrey — un acteur total, entre la folie et la grâce. 

NOTE : 13.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION