Vu le Astérix et Obélix Mission Cléopâtre de Alain Chabat (2002) avec Christian Clavier Gérard Depardieu Monica Belluci Jamel Debouzze Noémie Lenoir Gérard Darmon Idéfix Isabelle Nanty Chantal Lauby Claude Rich Bernard Farcy ....
Adapté de la bande dessinée Astérix et Cléopâtre de René Goscinny et Albert Uderzo, publiée en 1963, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est sorti il y a seulement 24 ans, et son succès de plus de 14 millions de spectateurs me fait aujourd’hui doucement rigoler quand on nous annonce qu’un film est un triomphe avec deux millions d’entrées !
Mais le plus drôle reste le film lui-même, écrit et réalisé par Alain Chabat, qui s’est manifestement demandé : « Est-ce que je respecte Goscinny et Uderzo ou est-ce que je mets le feu à la marmite ? »
Eh bien… il fait les deux !
Chabat est tombé dedans quand il était petit, mais pas dans la potion magique : dans la marmite de l’humour, et il en ressort avec des vannes qui partent à cent à l’heure, façon Coyote ou Speedy Gonzales.
Le résultat est un Astérix complètement iconoclaste, bourré de jeux de mots, de références, de clins d’œil et de délires qui s’enchaînent parfois plus vite qu’on ne peut les attraper.
Tout n’est pas drôle, évidemment, mais quand ça l’est, nos culottes en prennent un coup !
L’histoire reste pourtant bien celle de la BD : Cléopâtre met au défi César de construire un palais en trois mois pour prouver la grandeur du peuple égyptien.
Numérobis (Jamel Debbouze), architecte aussi sympathique que catastrophique, appelle donc les Gaulois à la rescousse.
Astérix (Christian Clavier) et Obélix (Gérard Depardieu) débarquent en Égypte avec Panoramix (Claude Rich), et derrière cette histoire fidèle, Chabat installe son propre univers.
Astérix et son gros compère — non, je ne suis pas gros ! — sont parfois moins au premier plan que dans l’album, mais cela permet surtout à toute une galerie de personnages de venir voler la vedette.
Clavier et Depardieu sont probablement les meilleurs Astérix et Obélix que l’on pouvait espérer.
Claude Rich compose un Panoramix dont l’œil pétille comme celui d’un vieux sage qui sait très bien qu’il est entouré de guignols.
Et Jamel Debbouze trouve avec Numérobis un rôle qui lui va comme un gant.
Quant à Monica Bellucci, en Cléopâtre, difficile de ne pas être perturbé par sa beauté… même Astérix semble avoir du mal à suivre la conversation.
Et puis il y a les références, innombrables et parfois complètement improbables.
Otis (Édouard Baer) invente l’ascenseur dans le palais, parce qu’il n’y avait décidément aucune raison de monter les escaliers comme tout le monde.
Itinéris (Isabelle Nanty) débarque en syndicaliste qui ne se laisse pas faire : SFR n’avait qu’à bien se tenir !
Barbe-Rouge (Bernard Farcy) chante son fameux hommage à Hugues Aufray : « C’est un fameux mât, fin comme un oiseau, hissez haut ! »
Et quand il lance à son équipage « Je suis le roi du monde », le Titanic n’est évidemment jamais très loin.
Caius Céplus (Dieudonné) va même chercher du côté de L’Empire contre-attaque, preuve que Chabat ne connaît pas de frontières quand il s’agit de faire le con.
Et la scène de Cyrano pour Obélix, avec son nez qui semble avoir pris toute la place disponible sur son visage, est évidemment un autre sommet du détournement.
Chabat mélange ainsi Goscinny, Uderzo, Les Nuls, la télévision, le cinéma, la publicité, les expressions populaires et son propre humour dans un gigantesque chaudron.
Cela aurait pu donner un grand n’importe quoi.
Mais justement, c’est un grand n’importe quoi parfaitement contrôlé par Chabat.
Les jeunes qui découvrent aujourd’hui certaines références doivent parfois se demander pourquoi les adultes rient, mais c’est aussi ce qui fait le charme du film : chacun peut y trouver son niveau de lecture.
Et derrière cette avalanche de conneries, il y a surtout un véritable respect pour l’esprit de Goscinny et Uderzo.
Chabat ne cherche pas à refaire la BD à l’identique : il la fait passer dans son propre univers.
Et ça fonctionne.
Le ciel ne nous tombe pas sur la tête, la potion est bonne, les Romains prennent des baffes et les jeux de mots pleuvent.
Avec Chabat aux commandes, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre est une potion magique par Toutatis !
Et 24 ans après, le chaudron n’a toujours pas refroidi.
NOTE : 15.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Alain Chabat
- Scénario : Alain Chabat, d'après la bande dessinée Astérix et Cléopâtre de René Goscinny et Albert Uderzo
- Musique : Philippe Chany
- Direction artistique : Laurent Ott
- Décors : Hoang Thanh At
- Costumes : Philippe Guillotel, Tanino Liberatore et Florence Sadaune
- Photographie : Laurent Dailland
- Son : Thierry Lebon, Hanna Makowska, Jérôme Wiciak
- Montage : Stéphane Pereira
- Affiche et logo : Julien Pelgrand
- Production : Claude Berri
- Production déléguée : Pierre Grunstein et Sarim Fassi-Fihri
- Production associée : Thomas Langmann, Dieter Meyer et Roland Pellegrino
- Coproduction : Alain Chabat
- Sociétés de production[] : Chez Wam, La Petite Reine, Katharina, Renn Productions, KC Medien, TF1 Films Productions, Canal+ et CNC
- Société de distribution : Pathé Films
- Budget : 50,3 millions d'euros[]
- Christian Clavier : Astérix
- Gérard Depardieu : Obélix
- Jamel Debbouze : Numérobis
- Monica Bellucci : Cléopâtre
- Gérard Darmon : Amonbofis
- Alain Chabat : Jules César
- Claude Rich : Panoramix
- Édouard Baer : Otis
- Dieudonné : Caius Céplus
- Isabelle Nanty : Itinéris[]
- Édouard Montoute : Nexusis (Tournevis) le sbire d'Amonbofis
- Jean Benguigui : Malococsis
- Pierre Tchernia : Caius Gaspachoandalus et le narrateur
- Chantal Lauby : Cartapus
- Jean-Paul Rouve : Caius Antivirus
- Noémie Lenoir : Guimieukis
- Marina Foïs : Sucettalanis
- Bernard Farcy : le capitaine Barbe-Rouge
- Michel Crémadès : Triple-Patte
- Mouss Diouf : Baba la vigie des pirates
- Sophie Noël : la fille de Barbe-Rouge
- Emma de Caunes : la secrétaire de César
- Alex Berger : Caius Tchounus Mogulus
- Victor Loukianenko : Brutus
- Zinedine Soualem : Feudartifis
- Dominique Besnehard : le goûteur
- Pierre-François Martin-Laval : le lanceur à la catapulte
- Pascal Vincent : le légionnaire à la catapulte
- Maurice Barthélemy : le légionnaire Couloirdebus
- Philippe Chany : Maori Mataf (un pirate)
- Fatou N'Diaye : Exlibris
- Monia Meflahi : Myosotis
- Louis Leterrier : Ouhécharlis
- Joël Cantona : un légionnaire en Gaule
- Cyril Raffaelli : un légionnaire en Gaule
- Claude Berri : le peintre
- Mathieu Kassovitz : le physionomiste
- Thierry Lemaire : un ouvrier ZZ Top
- Momo Debbouze : le vendeur de sphinx
- Jean-Pierre Bacri : le commentateur du reportage sur la langouste
- Larbi Idrissi : le client du brocanteur à qui Astérix emprunte le char dans la poursuite
- Jean-Pierre Lazzerini et Xavier Maly : les légionnaires laconiques
- Thierry Desroses : le garde qui arrête les Gaulois lors de leur repas / Numérobis pour la réplique « Et c'est qui le lion maintenant ? » (voix)
- Lucien Jean-Baptiste : le gardien de cellule des Gaulois (voix)
- Serge Faliu : un maître de chantier avec une trompette (voix)
- Med Hondo : un maître de chantier (voix)
- Omar Sy : un peintre de hiéroglyphes (scène coupée)
- Fred Testot : un peintre de hiéroglyphes (scène coupée)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire