Vu le Film Alien le 8ème Passager de Ridley Scott (1979) avec Sigourney Weaver Tom Skerrit Yaphet Kotto Harry Dean Stanton Veronica Cartwright John Hurt Ian Holm Veronica Cartwright (Alien) Helen Horton (voix Maman) et le chat Jones est joué par 4 chats
Il y aura toujours un avant et un après Alien, le huitième passager. Comme 2001 : l'Odyssée de l'espace, ce film a changé à jamais notre façon de regarder la science-fiction. À l'époque où Ridley Scott faisait du très grand cinéma, il signe ici un chef-d'œuvre absolu qui, plus de quarante ans après sa sortie, continue de terroriser les spectateurs comme au premier jour.
Le Nostromo n'a rien d'un vaisseau de héros. C'est un cargo spatial, un camionneur de l'espace, bardé d'instruments de contrôle, de tuyaux, de machines et d'écrans. Tout est dirigé par "Maman", l'ordinateur de bord. Une "Maman" qui ose réveiller les sept membres de l'équipage de leur hibernation... sans même leur avoir préparé le café. Pas très sympa. Mais surtout, elle oublie un léger détail : leur raconter la vérité. Car de retour vers la Terre... il n'y en aura tout simplement pas.
Au début, nous, spectateurs, on se dit qu'il s'agit d'un banal incident. Une bielle qui a coulé, un pneu qui a crevé, un problème technique comme un autre. On s'attend presque à entendre : « Houston, on a un problème », avant de voir débarquer Tom Hanks ou Bruce Willis pour sauver tout le monde. Sauf que Ridley Scott ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier... même pour faire une omelette.
Il prend son temps. Un temps précieux. Aujourd'hui, beaucoup de réalisateurs auraient déjà montré le monstre au bout de cinq minutes. Scott, lui, construit sa peur pierre après pierre. Il nous fait déambuler dans les entrailles du Nostromo, de droite à gauche, de long en large, de haut en bas... enfin, pas trop haut, parce que la hauteur, ce n'est pas vraiment ça dans le vaisseau. Chaque couloir semble interminable, chaque vapeur cache peut-être quelque chose, chaque bruit métallique devient inquiétant. On cherche la panne signalée par "Maman", mais la véritable panne, c'est l'humanité elle-même, manipulée par une machine qui sait parfaitement où elle les conduit.
Lorsque Dallas (Tom Skerritt), Kane (John Hurt) et Lambert (Veronica Cartwright) explorent le mystérieux planétoïde LV-426, le film change lentement de visage. L'épave extraterrestre, le gigantesque "Space Jockey", puis cette immense salle remplie d'œufs imaginés par H. R. Giger plongent immédiatement dans un univers organique, malsain, presque cauchemardesque.
Ces œufs n'ont rien d'accueillant. Ni à Pâques, ni à Noël. Mieux vaut ne jamais les mettre dans un panier. L'un d'eux s'ouvre, une créature arachnoïde surgit et s'accroche au visage de Kane comme une sangsue. Et, évidemment, la meilleure idée que trouve l'équipage est de le ramener à bord. À partir de cet instant, nous savons qu'ils viennent de signer leur arrêt de mort.
Commence alors ce que peu de films sont capables de provoquer : la véritable angoisse. Celle qui vous fait lacérer les accoudoirs de votre fauteuil. Celle qui fait battre votre cœur un peu trop vite. Celle qui donne presque envie de détourner les yeux... ou de vomir devant cette créature dont le sang est un acide capable de traverser plusieurs ponts du vaisseau.
Puis vient LA scène.
Le repas.
Un moment de calme apparent, presque familial, qui explose en quelques secondes. Kane est pris de convulsions, l'équipage ne comprend rien... jusqu'à ce que l'horreur jaillisse littéralement de sa poitrine. Comme un œuf qui éclot. Cette séquence reste, encore aujourd'hui, l'un des plus grands traumatismes de toute l'histoire du cinéma.
À cet instant précis, Scott nous immobilise définitivement dans la terreur.
Ils n'étaient plus sept.
Ils sont désormais huit.
Et le dernier passager n'a pas de billet.
Le plus extraordinaire est que Ridley Scott montre très peu son monstre. Il préfère suggérer que démontrer. Une ombre. Une mâchoire. Une queue. Une silhouette qui semble se fondre dans les décors biomécaniques. L'Alien est partout sans être visible. Où est-il passé ? Dans quel conduit ? Dans quel plafond ? Derrière quelle porte ?
Comme dans un jeu télévisé particulièrement cruel, les membres de l'équipage disparaissent les uns après les autres. Brett (Harry Dean Stanton), Parker (Yaphet Kotto), Dallas, Lambert, Ash (Ian Holm)... chacun croit pouvoir lui échapper, mais personne ne semble avoir la moindre chance.
Et lorsque l'on découvre qu'Ash n'est pas celui qu'il prétend être, Ridley Scott ajoute une nouvelle couche de paranoïa à un film qui en débordait déjà.
Au milieu de ce chaos se révèle celle que personne n'attendait vraiment comme héroïne : Ripley.
Sigourney Weaver, quasiment inconnue à l'époque, devient grâce à ce film une immense star. Son interprétation est remarquable parce qu'elle reste profondément humaine. Elle n'est ni une super-héroïne ni une guerrière invincible. Elle réfléchit, doute, résiste et survit avec une intelligence qui la rend immédiatement crédible.
Et au fait... ils n'étaient pas sept. Ni même huit.
Ils étaient neuf.
Car il ne faut surtout pas oublier Jones, le chat du Nostromo, sans doute le seul membre de l'équipage qu'ALF n'avait pas encore trouvé !
Visuellement, Alien reste une leçon de cinéma. Les décors industriels de Ron Cobb, les concepts de Chris Foss, les visions cauchemardesques de H. R. Giger, la photographie de Derek Vanlint et la musique inquiétante de Jerry Goldsmith composent un univers unique, sale, crédible et étouffant. Rien n'a vieilli. Tout semble encore fonctionner aujourd'hui.
On oublie souvent qu'une partie de l'idée trouve son origine dans Dark Star de John Carpenter, comédie de science-fiction dont Dan O'Bannon, scénariste d'Alien, avait participé à l'écriture avant d'en développer une version horrifique. Ce qui était une plaisanterie cosmique devient ici un cauchemar absolu.
Pendant près de deux heures, Ridley Scott ne nous laisse jamais respirer. Ce huis clos fantastique nous fait passer par toutes les émotions... sauf le calme. Il invente une nouvelle forme de peur, où le silence devient aussi dangereux que le monstre lui-même.
En sortant de la salle, on ne regarde plus jamais un couloir sombre de la même façon. On ne voit plus un œuf comme avant non plus. Et surtout, on comprend que, dans l'espace, on n'est plus jamais vraiment seul.
Une bébête qui monte... qui monte... va désormais accompagner toutes vos angoisses.
Un monument du cinéma. Un chef-d'œuvre intemporel. Et sans doute l'un des plus grands films fantastiques et de science-fiction jamais réalisés.
Un billet pour le Nostromo ? Pourquoi pas... tant qu'on ne sert pas les œufs du chef. J'ai comme l'impression que le menu essaie de vous manger avant le dessert.
NOTE : 15.30
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Ridley Scott[1],[10]
- Scénario : Dan O'Bannon, d'après une histoire de Dan O'Bannon et Ronald Shusett
- Musique : Jerry Goldsmith[]
- Direction artistique : Roger Christian et Leslie Dilley[]
- Décors : Michael Seymour[]
- Costumes : John Mollo[]
- Son : Andy King, Derrick Leather, Ray Merrin, Bill Rowe, Jim Shields
- Montage : Terry Rawlings[] et Peter Weatherley, David Crowther pour la version director's cut
- Production : Gordon Carroll, David Giler et Walter Hill[]
- Production déléguée : Ronald Shusett[]
- Production associée : Ivor Powell[]
- Sociétés de production :
- Sociétés de distribution : 20th Century Fox (États-Unis, France, Royaume-Uni)[] ; UFD (France)[]
- Budget : 10,7 millions de $[] ; 11 millions de $[
DISTRIBUTION
- Tom Skerritt (VF : Jean Roche) : le capitaine Arthur Koblenz Dallas, commandant de bord du Nostromo[]
- Sigourney Weaver (VF : Tania Torrens) : le lieutenant Ellen Louise RipleY]
- Yaphet Kotto (VF : Georges Aminel) : le chef-ingénieur Dennis Monroe Parker[]
- Veronica Cartwright (VF : Monique Thierry) : la navigatrice Joan Marie Lambert[]
- Harry Dean Stanton (VF : Alain Dorval) : le technicien Samuel Elias Brett[]
- John Hurt (VF : Bernard Murat) : l'officier en second Gilbert Ward « Thomas » Kane[]
- Ian Holm (VF : Jacques Thébault) : l'officier scientifique Ash (en)
- Bolaji Badejo (et les cascadeurs Eddie Powell et Roy Scammell (en), non crédités) : l'Alien
- Helen Horton (VF : Perrette Pradier) : « Maman », l'ordinateur de bord (voix)
- Sources et légende : Version française (VF) sur RS Doublage[] et sur le carton de doublage.
- Le chat Jones est interprété par quatre chats différents[].

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