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samedi 25 juillet 2026

14.00 - MON AVIS SUR LE FILM UN VIOLON SUR LE TOIT DE NORMAN JEWISON (1971)


 Vu le film Un Violon sous le Toit de Norman Jewison (1971) avec Chaim Topor Norma Crane Leonard Frey Mooly Picon Paul Mann Rosalind Harris Paul Michael Glaser Michele Marsh


« Ah si j'étais riche... » Ah si j'étais riche, je m'achèterais une maison... et un violon. Et surtout, je donnerais du bonheur aux spectateurs. Rien qu'avec cette chanson, le pari est déjà gagné.

Je vais être honnête, pendant des années j'ai laissé ce film de côté. Avant même de le voir, j'avais le sentiment qu'il n'était tout simplement pas fait pour moi. Une histoire centrée sur une communauté juive, un shtetl perdu dans l'Ukraine du début du XXe siècle, avec des traditions religieuses, des chants et des danses qui ne faisaient absolument pas partie de ma culture. Je pensais assister à une longue comédie musicale un peu austère. Quelle erreur !

Dès les premières minutes, Norman Jewison réussit un véritable tour de force. Il nous ouvre les portes du village d'Anatevka et nous invite à partager le quotidien de ses habitants comme si nous en faisions partie. On ne regarde plus un film, on y entre.

Et puis arrive Chaim Topol. Dès qu'il entonne le mythique « Ah si j'étais riche », impossible de résister. On chantonne avec lui, on tape du pied, on est presque prêt à se lever de son fauteuil pour rejoindre la danse. Cette scène résume à elle seule toute la magie du cinéma : quelques notes, un immense acteur et tout un public qui oublie le monde extérieur.

Topol est absolument extraordinaire dans le rôle de Tevye. Avec son regard malicieux, son humour, sa tendresse et ses interrogations permanentes adressées à Dieu, il compose un personnage profondément humain. C'est un père de famille qui tente de préserver ses traditions tout en voyant ses filles choisir leur propre destinée. Il fait rire, il émeut et il bouleverse sans jamais en faire trop.

À ses côtés, Norma Crane incarne avec beaucoup de douceur Golde, son épouse, tandis que les trois filles, Tzeitel, Hodel et Chava, vont chacune remettre en question les traditions familiales en suivant leur cœur. Leonard Frey apporte beaucoup de sympathie au personnage de Motel, Paul Michael Glaser est un Perchik passionné et idéaliste, et Rosalind Harris, Michele Marsh ainsi que Neva Small donnent chacune une personnalité bien différente aux filles de Tevye.

Ce qui m'a le plus surpris, c'est que derrière cette grande comédie musicale se cache une histoire profondément universelle. Le véritable sujet n'est pas seulement la religion. C'est le choc des générations. Des parents qui veulent transmettre leurs valeurs, des enfants qui aspirent à choisir leur propre vie, leurs propres amours, leur propre avenir. Un conflit vieux comme le monde et qui reste toujours aussi actuel.

Un bon récipient à chaleur humaine... quand, cependant, on oublie bien entendu les arrière-plans... et le coût astronomique de cette production ! Car oui, le film est spectaculaire sans jamais devenir tape-à-l'œil. Chaque décor, chaque costume, chaque mouvement de foule semble avoir été pensé avec une précision remarquable. Norman Jewison signe une mise en scène d'une élégance rare qui laisse respirer les personnages et leurs émotions.

Les numéros musicaux ne sont jamais de simples parenthèses. Ils racontent quelque chose. Ils prolongent les sentiments, les espoirs ou les peines des personnages. Même lorsqu'ils sont joyeux, une certaine mélancolie n'est jamais très loin. Et c'est précisément ce mélange qui rend le film si bouleversant.

Pour que j'aime une comédie musicale, il me faut trois choses : premièrement, que l'histoire soit intéressante. Deuxièmement, que le film ne laisse jamais cette histoire s'échapper derrière les chansons. Troisièmement, que les chansons me plaisent. Un Violon sur le Toit coche toutes les cases avec une facilité déconcertante.

Impossible également de rester insensible au contexte historique. Adapté de la célèbre comédie musicale de Broadway, elle-même inspirée des récits du grand écrivain yiddish Cholem Aleikhem, le film nous plonge dans la vie des communautés juives de l'Empire russe au début du XXe siècle, confrontées aux discriminations, aux violences et aux expulsions. Norman Jewison ne transforme jamais cette tragédie en simple décor. Elle accompagne les personnages jusqu'au déchirant dernier acte, où chacun doit quitter la terre qui l'a vu naître.

Le film est triste. Les chansons sont souvent tristes. Le destin de ces familles est triste. Et pourtant, jamais le film ne sombre dans le désespoir. Bien au contraire. Notre emballement pour ces personnages, notre attachement à cette famille, nous donnent envie de croire qu'une vie meilleure est possible, même si rien n'est gagné d'avance.

Voilà sans doute la plus belle réussite de Un Violon sur le Toit. Il parle d'une communauté bien précise, mais touche à quelque chose de profondément universel : la famille, la transmission, l'amour, la tolérance, le déracinement et l'espérance.

Je suis monté sur le toit avec ce violoniste sans vraiment savoir où il allait me conduire. J'en suis redescendu le cœur rempli d'émotion, avec cette chanson dans la tête et un immense sourire aux lèvres.

Alors laissez-vous emballer... et devenez riches d'amour du prochain.

NOTE : 14.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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