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jeudi 30 juillet 2026

10.00 - MON AVIS SUR LE FILM CEUX QUI COMPTENT DE JEAN BAPTISTE LEONETTI (2026)

 


Vu le Film Ceux qui Comptent de Jean Baptiste Léonetti (2026) avec Sandrine Kiberlain Pierre Lottin Louise Labèque Alexis Rosenstiehl Alma Ngoc Melissa Izquierdo Kevin Marvinio


Voilà exactement le type de film qui vous prend par la main en vous disant : « Allez, maintenant tu vas pleurer. » Le problème, c'est que l'émotion ne se décrète pas. Elle se construit. Et ici, tout paraît fabriqué.

Le film suit Rose (Sandrine Kiberlain), une mère célibataire qui élève seule ses trois adolescents. Lorsqu'elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer grave, elle choisit de cacher sa maladie à ses enfants. Ces derniers, en pleine révolte contre le monde qui les entoure et plus souvent occupés à faire les idiots qu'à construire leur avenir, croisent la route de Jean (Pierre Lottin), un homme qui, malgré un emploi régulier, survit dans une roulotte sans chauffage. Tous vont peu à peu se retrouver liés dans une histoire où la solidarité est censée l'emporter sur les difficultés du quotidien.

Sur le papier, pourquoi pas. Encore faut-il avoir quelque chose à raconter.

Car pour faire ce genre de cinéma social teinté de fantaisie, celui que savent si bien réussir Éric Toledano et Olivier Nakache, il faut un scénario solide, des personnages vivants et une véritable humanité. Ici, les ficelles sont tellement grosses qu'on les voit dès les premières minutes. Chaque situation semble écrite pour provoquer une émotion programmée. On coche les cases les unes après les autres sans jamais réussir à surprendre.

Les adolescents passent leur temps à jouer les petits rebelles en faisant les idiots, tandis que le récit accumule les clichés jusqu'à l'épuisement. Tout cela ressemble au discours de la gauche du cinéma bien-pensante : chacun porte sa croix, chacun souffre, chacun est victime du système. À force d'empiler les symboles, le film finit surtout par devenir pesant.

Et le plus gênant, c'est qu'on a parfois l'impression que les comédiens eux-mêmes n'y croient pas totalement. Sandrine Kiberlain, pourtant capable de grandes compositions, paraît ici en pilotage automatique. Son personnage manque de chair et l'émotion ne passe jamais vraiment.

Quant à Pierre Lottin, il confirme une impression qui revient de plus en plus souvent chez moi. Oui, il a du talent. Personne ne peut lui enlever. Mais il finit par jouer toujours la même partition. Même accent, même attitude, mêmes regards, mêmes intonations. J'ai davantage l'impression de voir Pierre Lottin que Jean. À force, cela tourne au procédé. Il aurait sans doute été parfait à l'époque de la Nouvelle Vague où ce naturel un peu brut faisait partie du style. Aujourd'hui, j'attends davantage d'un acteur : qu'il compose un personnage plutôt qu'il ne se contente d'être lui-même.

Le scénario, lui, reste très bancal. Beaucoup de situations sonnent faux, certains personnages sont à peine esquissés et d'autres frisent le ridicule, notamment l'assistante sociale, caricaturale du début à la fin. On peine à croire à ce que l'on voit, tant tout semble écrit pour démontrer une idée plutôt que raconter une histoire.

Au final, on se retrouve devant un énième film français peu inspiré, à la narration approximative, rempli de bons sentiments et d'émotions faciles. Complaisant, dégoulinant de bonnes intentions, aussi superficiel que son titre.

On dit souvent que l'enfer est pavé de bonnes intentions.

Le cinéma aussi.

NOTE : 10.00

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION

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