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jeudi 17 septembre 2026

16.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE SIXIEME SENS DE MICHAEL MAN (1986)

 


Vu le Film Le Sixième Sens de Michael Mann (1986) avec William Petersen Brian Cox Tom Noonan Kim Greist Joan Allen Dennis Farina Stephen Lang Elizabeth Ryal Chris Elliott


À quoi tient le succès d’un film ? Voilà une question que l’on peut se poser devant Le Sixième Sens de Michael Mann, l’un des meilleurs réalisateurs lorsqu’il s’agit de mettre en scène ce type d’univers. Adapté du roman Dragon Rouge de Thomas Harris, le film ne rapportera pourtant qu’environ 8 millions de dollars pour un budget de 14 millions, alors qu’il possède déjà un personnage qui va devenir l’un des plus célèbres du cinéma : Hannibal Lecter.

Michael Mann, bien avant Heat, nous plonge dans une ambiance poisseuse, froide et anxiogène qui correspond parfaitement au cinéma des années 80 et à sa manière de filmer les hommes confrontés à leurs propres démons. Et pourtant, quelques années plus tard, le même Hannibal Lecter donnera naissance à un film mythique, Le Silence des Agneaux, avec Anthony Hopkins dans un rôle qui, comme celui de Brian Cox ici, n’occupe finalement pas énormément de temps à l’écran, mais dont la présence marque profondément le récit. Le film deviendra un carton mondial, donnera des suites et même des séries, tandis que Dragon Rouge sera ensuite adapté une nouvelle fois au cinéma.

J’adore Le Sixième Sens justement pour cette atmosphère particulièrement poisseuse, où l’on sent que le danger peut surgir à chaque instant. Les scènes avec Lecter sont malheureusement trop courtes à mon goût, mais elles sont essentielles pour comprendre le personnage et son incroyable pouvoir de manipulation, que les films suivants développeront beaucoup plus largement. Brian Cox est formidable de froideur et, franchement, il ne donne pas vraiment envie de partager son déjeuner avec lui. Moins spectaculaire que Hopkins, certes, mais absolument pas moins efficace.

Du côté du tueur en série, Francis Dollarhyde, surnommé le Dragon Rouge, est forcément moins impressionnant que son maître Lecter, et j’ai trouvé certaines de ses scènes un peu trop longues. Elles sont anxiogènes, parfois franchement malsaines, mais cette tension finit par s’étirer un peu trop.

Mais le véritable cœur du film reste pour moi Jack Crawford, interprété par William Petersen, un personnage qui possède, comme souvent chez Michael Mann, de nombreuses failles. Crawford doit affronter un tueur qu’il poursuit tout en étant rattrapé par son passé avec Lecter, et cette relation compliquée laisse des traces qui ne sont jamais vraiment effacées. Petersen nous offre une prestation formidable et donne à son personnage une puissance rare, avec cette fragilité intérieure qui rend Crawford beaucoup plus humain qu’un simple policier lancé à la poursuite d’un monstre.

Petersen était déjà impressionnant dans Police fédérale Los Angeles, autre grand film de Michael Mann, avant de devenir une star mondiale grâce à Les Experts. On retrouve ici ce qui faisait déjà sa force : un personnage qui semble solide en apparence mais dont on comprend rapidement que quelque chose se fissure à l’intérieur.

Et c’est peut-être là que Michael Mann est le plus intéressant, lorsqu’il ne se contente pas de raconter une chasse au tueur mais s’intéresse à ceux qui s’approchent tellement du mal qu’ils finissent forcément par se demander où se trouve la frontière entre eux et leur adversaire. Quand on affronte le mal de si près, est-ce qu’on est encore vraiment différent de lui ?

Le Sixième Sens reste donc pour moi un très bon polar, d’une rare virtuosité, avec une ambiance qui lui donne une identité particulière et un Brian Cox qui mériterait presque que l’on parle davantage de lui que de son futur successeur. Un film finalement peu connu du grand public mais qui mérite largement d’être redécouvert. Bon, il faudra quand même penser à lâcher la main griffée de votre compagne ou compagnon pendant certaines scènes, parce qu’on ne sait jamais ce qui peut sortir de l’écran.

NOTE : 16.90

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