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jeudi 18 juin 2026

15.80 - MON AVIS SUR LE FILM RIVIERE SANS RETOUR DE OTTO PREMINGER (1954)


 Vu le Film Rivière san Retour de Otto Preminger (1954) avec Robert Mitchum Marilyn Monroe Tommy Rettig Rory Calhoun Murvyn Vye Douglas Spencer Tex Driscoll Dick Johnstone


En 1875, Matt Calder, un ancien repris de justice veuf, vient chercher Mark, son fils âgé de neuf ans, dans un camp de chercheurs d'or. C'est Kay, une chanteuse de saloon, qui avait pris l'enfant sous son aile.

Voilà le genre de film d'aventure qu'on ne fait plus. Du vrai cinéma spectaculaire, tourné dans des décors réels, où les acteurs semblent réellement affronter les éléments et où chaque rapide paraît prêt à engloutir les héros. Ici, pas d'effets numériques pour remplacer la nature : la rivière rugit, gronde, menace et devient le véritable cœur du film.

L'histoire nous emmène dans le Grand Ouest américain. Matt Calder (Robert Mitchum), ancien chercheur d'or, retrouve son jeune fils Mark après plusieurs années d'absence. À peine réunis, ils croisent la route de Kay Weston (Marilyn Monroe), chanteuse de saloon abandonnée par son compagnon Harry Weston (Rory Calhoun), joueur professionnel aussi séduisant qu'égoïste. Lorsque ce dernier leur vole leur cheval et leur fusil pour poursuivre son rêve de fortune, Matt, son fils et Kay n'ont d'autre choix que de descendre une rivière sauvage et dangereuse afin de survivre et de le retrouver.

J'ai dû découvrir ce film adolescent dans mon patronage, et c'est exactement le genre d'œuvre qui nous faisait rêver. Des forêts immenses, des montagnes majestueuses, des chercheurs d'or, des trappeurs, des fusillades, des rapides vertigineux et des héros plus grands que nature. Le cinéma d'aventure dans ce qu'il a de plus pur.

Et puis il y a le glamour. D'un côté Robert Mitchum, solide comme une charpente, taillé dans le bois brut, incarnation parfaite du pionnier capable d'affronter n'importe quelle tempête. De l'autre, la plus belle blonde du cinéma, Marilyn Monroe, qui va complètement désorienter notre pauvre Mitchum. Mais franchement, on ne va pas le plaindre.

Ce qui frappe aujourd'hui encore, c'est l'intelligence d'Otto Preminger. Lui qui n'était pas un spécialiste du western comprend parfaitement les codes du genre. Il sait doser l'action, le suspense, l'émotion et le romanesque avec une efficacité remarquable. Le film ne connaît pratiquement aucun temps mort et avance au rythme du courant qui emporte ses personnages.

Mais si Mitchum et Monroe sont devenus des légendes, la véritable star du film reste à mes yeux la rivière elle-même. Rarement un torrent aura été filmé avec une telle puissance. Chaque rapide devient une scène d'action, chaque cascade un obstacle presque insurmontable. La nature n'est pas un décor, elle est un personnage à part entière, probablement le plus important du récit.

Et comment ne pas évoquer les chansons qui ponctuent le métrage ? "The River of No Return", "I'm Gonna File My Claim", "Down in the Meadow" et surtout l'inoubliable "One Silver Dollar" chanté par Marilyn dans le saloon font désormais partie de la légende du cinéma. Monroe y révèle une présence incroyable, aussi sublime en robe de cabaret qu'en jean moulant, aussi naturelle face à ses partenaires que lorsqu'elle prend une guitare pour interpréter ces magnifiques chansons.

Son personnage apporte une sensibilité et une douceur qui contrebalancent parfaitement la rudesse du monde qui l'entoure. Elle n'est jamais réduite à son image de star ; elle existe pleinement dans l'histoire et trouve un excellent équilibre avec Mitchum, dont la sobriété et la puissance tranquille font merveille.

Revu aujourd'hui, Rivière sans retour conserve toute sa fraîcheur. Son format Scope sublime les paysages, son rythme demeure entraînant, son casting est idéal et son souffle d'aventure reste intact. C'est un film qui rappelle une époque où le cinéma savait nous faire voyager, rêver et nous donner envie de partir vers des horizons inconnus.

Du grand spectacle, du grand romantisme, de grandes vedettes et une rivière entrée dans la légende. Bref, du grand cinéma.

NOTE : 15.80

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