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jeudi 4 juin 2026

15.30 - MON AVIS SUR LE FILM LES PRODUCTEURS DE MEL BROOKS (1968)

 


Vu le Film Les Producteurs de Mel Brooks (1968) avec Gene Wilder Zero Mostel Dick Shawn Kenneth Mars Estelle Winwood Christopher Hewett Lee Meredith Andréa Voustinas


Le film suit un producteur véreux qui manipule un comptable et tous deux cherchent à monter une comédie musicale désastreuse à Broadway pour échapper au fisc. Le titre du spectacle : Le Printemps d'Hitler.

Dès les premières minutes on sent que Mel Brooks est en transe totale. C’est son premier long-métrage réalisé et il balance déjà tout ce qu’il a dans le ventre : un humour noir, méchant, politique, sexuel, absurde, qui tape là où ça fait mal… mais qui fait hurler de rire.

L’idée de base ? Un producteur de Broadway véreux, Max Bialystock (l’immense Zero Mostel qui bouffe littéralement l’écran), complètement fauché et prêt à tout. Il embobine un petit comptable névrosé, Leo Bloom (Gene Wilder dans un état de grâce comique permanent), pour monter la pire comédie musicale de l’histoire : Le Printemps d’Hitler.

L’objectif ? Faire un bide monumental, ramasser l’argent des investisseurs et se barrer aux îles avec le pactole. Sauf que… tout va foirer dans le sens le plus génial possible.

Le film est inspiré de l’intrigue d’Un Américain à Rome, mais Brooks en fait un truc complètement déjanté, unique. On est en 1967, il ose un spectacle nazi chantant et dansant, avec des chorégraphies ridicules, des uniformes SS pailletés et un Hitler qui se la joue star de music-hall.

C’est culotté, borderline, et pourtant tellement juste dans son absurdité. Et cette scène mythique du soir de première… Bordel. Le rideau se lève, les premiers numéros passent, c’est un suicide artistique. Les spectateurs, outrés, commencent à quitter la salle. Max et Leo, dans leur loge, sont au paradis : leur plan marche à la perfection ! Ils trinquent, ils dansent presque. Puis d’un coup… un rire fuse. Puis un autre. Puis toute la salle explose. Le Printemps d’Hitler devient un triomphe involontaire. Les deux producteurs passent du rire aux larmes en trente secondes. C’est du génie pur de timing comique.


Zero Mostel est monstrueux. Il hurle, il transpire, il séduit des vieilles dames riches avec un mélange de charme crade et de désespoir hilarant. Gene Wilder, lui, est le parfait contrepoint : fragile, paniqué, avec cette voix qui monte dans les aigus quand il pète un câble. Leur duo est électrique.

Et Dick Shawn en Hitler cabot, avec sa gestuelle de rocker nazi… inoubliable. Chaque seconde il en fait trop, et c’est exactement ce qu’il faut.Mel Brooks distille ses références folles partout : le shérif de Blazing Saddles qui finit en taule ici aussi, les dialogues qui claquent comme des gifles (“Je veux tout faire avant de devenir vieux et impuissant… non, je veux tout faire pendant que je suis encore jeune et impuissant !”), l’humour juif qui se moque de tout, même (surtout) des pires horreurs de l’Histoire pour mieux les ridiculiser.

Le film a connu un destin dingue : d’abord un succès modéré au cinéma, puis un triomphe absolu à Broadway avec la comédie musicale, et même à Paris on l’a vu revenir plusieurs fois en version française ou anglaise depuis 60 ans.

Preuve que l’humour de Brooks traverse les époques sans jamais vieillir.Les Producteurs, c’est du pur Mel Brooks à son sommet : méchant, vulgaire, intelligent, barré, et finalement profondément humain. On rit jaune, on rit noir, on rit aux larmes.

Et on ressort avec une seule envie : le revoir tout de suite.

Chef-d’œuvre. Point.

NOTE : 15.30

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


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