Vu le Film Le Grand Frisson de Mel Brooks (1973) avec Mel Brooks Madeline Kahn Cloris Leachman Harvey Korman Ron Carey Howard Morris Rudy del Lukas Dick Van Patten
Le docteur Richard H. Thorndyke (Mel Brooks), célèbre prix Nobel de psychiatrie, est nommé à la direction d'un asile psychiatrique de Los Angeles dont le directeur est mort de manière mystérieuse. L'éminent psychiatre découvre peu à peu les patients et les médecins qui semblent lui cacher quelque chose.
Victime d'une machination lors d'un congrès à San Francisco, Thorndyke devra faire face à ses crises d'anxiété aiguës pour prouver son innocence.
Avant les ZAZ il y avait le génie de Mel Brooks qui fête ses 100 ans ce mois-ci. Le bonhomme nous a toujours plongés dans l’absurde des films policiers hitchcokiens qui nous donnent des frissons. Sauf qu’ici, pas de frissons : des barres de rire. Comme il sait tellement bien le faire avec des dialogues aux petits oignons bien grillés.
Et le roi n’a pas fait les choses à moitié. On suit le Dr Richard H. Thorndyke, joué par Brooks lui-même, ce psy new-yorkais un peu nerveux qui débarque à l’Institut de Psychiatrie pour diriger l’établissement. Dès l’aéroport, le ton est donné : valises qui explosent, regards suspects, musique qui monte… on est déjà dans le délire hitchcockien revisité à la sauce Brooks.
Très vite, Thorndyke se retrouve au cœur d’un complot. L’ancien directeur est mort dans des circonstances louches, les infirmiers sont louches, les patients encore plus. Cloris Leachman, sublime en infirmière sadique aux allures de Mrs. Danvers dopée aux amphètes, vole la moitié des scènes. Harvey Korman en méchant calculateur et Madeline Kahn en chanteuse de cabaret à la voix de crécelle hystérique complètent un casting parfait. Chaque visage est une caricature vivante, chaque réplique un missile.
Le film balance les clins d’œil : la douche de Psychose, le vertige de Sueurs froides, les oiseaux d’Hitchcock évidemment. Et quelle scène ! Les oiseaux qui attaquent Thorndyke dans un parc, c’est du pur génie burlesque. Des centaines de mouettes en plastique qui lui foncent dessus pendant qu’il hurle comme un gamin. Peut-être que cela a un peu vieilli, mais que nenni ! Laissons les oiseaux nous donner un peu de plaisir de rire un peu. Je me marre encore à chaque visionnage.
L’histoire avance comme un train fou. Thorndyke tombe amoureux de Victoria (Madeline Kahn), tente de résoudre le meurtre, se fait piéger, s’enfuit, se déguise en vieux juif hassidique, chante des chansons ridicules, se bat contre son propre vertige sur un balcon. Tout est prétexte à l’absurde. Les dialogues fusent, les situations s’enchaînent sans temps mort. On passe du thriller psychologique au vaudeville en trois plans.
Brooks ne se moque pas seulement d’Hitchcock, il se moque de tout : des psys, des hôpitaux, des complots, de Hollywood, de lui-même. Il joue le héros anxieux avec un timing comique implacable. Chaque geste, chaque regard en coin est calibré pour faire mal au ventre de rire. Et la bande-son ! La musique qui parodie Bernard Herrmann est tellement bien faite qu’on se demande si on regarde une parodie ou un vrai film du maître.
Franchement, Le Grand Frisson reste une masterclass de burlesque. Une comédie aux multiples situations délirantes qui tient encore la route en 2026. Pas besoin d’effets spéciaux modernes quand on a du génie pur, des acteurs en feu et un scénario qui ne respire que pour la vanne. Mel Brooks ne cherche pas la subtilité, il cherche le fou rire. Et il l’obtient à chaque fois.
Si vous ne l’avez pas vu depuis longtemps, replongez-y. Si vous ne l’avez jamais vu, foncez. C’est du concentré de joie bête et intelligente à la fois. Du Brooks dans le texte, du pur plaisir hitchcockien sans le stress. Juste des barres. Des barres et des barres. Et encore des barres quand les oiseaux arrivent.
Merci Mel. Pour tout ça. Et joyeux centenaire, maître. Tu nous fais toujours le même effet : on sort du film avec mal aux joues et l’envie de tout revoir. Le Grand Frisson, c’est ça : un monument comique qui ne prend jamais la grosse tête et qui continue à nous faire hurler de rire.
NOTE : 12.90
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Mel Brooks
- Scénario : Mel Brooks, Ron Clarke, Rudy De Luca, Barry Levinson
- Musique : John Morris
- Photographie : Paul Lohmann
- Montage : John C. Howard (en)
- Production : Mel Brooks
- Société de production : 20th Century Fox
- Pays de production :
États-Unis
- Mel Brooks (VF : Jacques Fabbri) : Dr Richard Harpo Thorndyke
- Cloris Leachman (VF : Lita Recio) : l'infirmière Charlotte Diesel
- Harvey Korman (VF : Bernard Dhéran) : Dr Charles Montague (Dr Charles Montaigu en VF)
- Madeline Kahn : Victoria Brisbane
- Ron Carey (VF : Pierre Trabaud) : Brophy
- Howard Morris (VF : Philippe Dumat) : Professeur Lilloman
- Dick Van Patten (VF : Jacques Ciron) : Dr Wentworth
- Rudy De Luca : "Croc d'acier"
- Jack Riley : Le réceptionniste de l'hôtel
- Barry Levinson : Le garçon d'étage
- Frank Campanella : Le barman
- Robert Ridgely : Flasher

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