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jeudi 11 juin 2026

13.10 - MON AVIS SUR LE FILM SACRE ROBIN DES BOIS DE MEL BROOKS (1993)

 


Vu Le film Sacré Robin des Bois de Mel Brooks (1993) avec Cary Elwes Richard Lewis Robert Rees Amy Yasbeck Dave Chapelle Isaac Hayes Mark Blankfield Mel Brooks Dave de Luise Dom de Luis Tracey Ullman


Robin des Bois est fait prisonnier pendant les croisades. Il s'évade et rentre en Angleterre. À son arrivée, il trouve un pays en proie aux répressions du Prince Jean, le frère du Roi Richard parti en guerre et dont on est sans nouvelles. Avec à ses côtés Petit Jean, Will Scarlet, Mirette et le fils d'Al-Ergie, Atchoo (dont le nom est phonétiquement similaire à un éternuement, auquel on répond « à vos souhaits »), il va tout mettre en œuvre pour déjouer les plans du Prince Jean et du shérif de Rottengham.

Avec Mel Brooks, il faut toujours s'attendre à ce que les légendes passent à la moulinette. Et avec Sacré Robin des Bois, le maître de la parodie s'attaque à l'un des héros les plus populaires de l'imaginaire collectif. Autant dire que l'habitant de la forêt de Sherwood n'allait pas sortir indemne de l'aventure. Pourtant, derrière les gags à répétition et les situations absurdes, Brooks ne détruit jamais réellement le mythe : il s'amuse avec lui, le taquine, le détourne et, au fond, lui rend un hommage sincère.

L'histoire reprend les grandes lignes de la légende. Robin des Bois (Cary Elwes), de retour des Croisades, découvre que son royaume est tombé sous la coupe du tyrannique prince Jean (Richard Lewis) et du shérif de Rottingham (Roger Rees), plus incompétent que véritablement menaçant. Aidé de son fidèle compagnon Sire Azeem (Dave Chappelle), il rejoint les joyeux compagnons de Sherwood afin de rendre aux pauvres ce qui leur a été volé et de conquérir le cœur de la belle Marianne (Amy Yasbeck).

Mais ici, rien ne se passe comme prévu. Robin en collant n'est plus un fantasme : c'est une réalité, sexy en diable. Marianne succombe presque aussi vite que Blanche-Neige devant ses sept nains, surtout lorsqu'elle lui plante une flèche en plein centre de la cible. Dès lors, le film ne cesse d'enchaîner les détournements les plus improbables.

Les gags se multiplient à une vitesse folle. Certains reposent sur les références à Robin des Bois, d'autres sur le cinéma hollywoodien des années 90, et il est vrai qu'il vaut mieux avoir quelques bases cinéphiles pour savourer certaines piques. Mais même lorsqu'une référence nous échappe, l'énergie comique reste intacte.

Ce qui fait la force du film, c'est son refus absolu de la retenue. Mel Brooks fonce tête baissée dans le ridicule et prouve une nouvelle fois que cela ne tue pas, bien au contraire. Chaque scène cherche le rire, parfois avec finesse, parfois avec une énorme massue, mais toujours avec une générosité communicative.

Cary Elwes est parfait dans le rôle. Beau gosse assumé, héroïque juste ce qu'il faut, il accepte de devenir le jouet des blagues sans jamais perdre son charisme. Face à lui, Amy Yasbeck joue une Marianne aussi charmante que complètement déjantée. Roger Rees compose un shérif mémorable, tandis que Richard Lewis transforme le prince Jean en véritable catastrophe ambulante.

Le film regorge également de petites trouvailles visuelles, de dialogues absurdes et de répliques qui tombent exactement au bon moment. Certaines sont devenues cultes, notamment ce fabuleux : « Contrairement à mon prédécesseur, je ne danse pas avec les loups ». Une phrase qui résume parfaitement l'esprit du film : se moquer de tout, y compris du cinéma contemporain.

Bien sûr, certains trouveront cela lourd. Il faut reconnaître que Brooks ne fait jamais dans la demi-mesure. Quand une blague arrive, elle entre par la porte, les fenêtres et parfois même par la cheminée. Mais c'est précisément ce qui fait son charme.

Ce n'est sans doute pas le fin du fin de Mel Brooks. D'autres films de sa carrière sont plus inspirés ou plus corrosifs. Pourtant, Sacré Robin des Bois possède cette fraîcheur et cette envie permanente de faire rire qui le rendent immédiatement sympathique.

La centaine de minutes passe à toute allure tant le film déborde d'idées. Certaines tombent à plat, beaucoup font mouche, mais l'ensemble dégage une bonne humeur irrésistible. On sent des acteurs qui prennent un plaisir immense à jouer les idiots et un réalisateur qui s'amuse comme un enfant dans un magasin de jouets.

Parodie stupide, féroce, délirante et totalement assumée, Sacré Robin des Bois reste une déclaration d'amour déguisée à la légende de Sherwood. Mel Brooks transforme les archers en clowns, les tyrans en imbéciles et les héros en mannequins en collants, mais sans jamais perdre son affection pour ses personnages.

Alors oui, prenons du plaisir, oublions toute logique et éclatons-nous la rate. Parce que lorsqu'un film est aussi généreux dans son absurdité, il serait presque criminel de lui résister.

Glandiose, en effet !!!

NOTE 13.10

FICHE TECHNIQUE


DISTRIBUTION


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