Vu le Film OSS 117 Rio ne répond plus de Michel Hazavanicius (2009) avec Jean Dujardin Alex Lutz ReeHm Kherici Louise Monot Moon Daily Rudiger Vogler Walter Shnorkell
Lancé sur les traces d'un microfilm compromettant pour l'État français, le plus célèbre de nos agents va devoir faire équipe avec la plus séduisante des lieutenants-colonels du « Mossad » pour capturer un nazi maître chanteur. Des plages ensoleillées de Rio aux luxuriantes forêts amazoniennes, des plus profondes grottes secrètes au sommet du Christ du Corcovado, c'est une nouvelle aventure qui commence.
OSS 117 : Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius, c’est une bombe comique qui explose encore en pleine figure dix-sept ans après. Jean Dujardin y est grand, très grand, absolument parfait en Hubert Bonisseur de La Bath.
Il incarne ce balourd gominé, sûr de lui, un peu raciste, un peu homophobe, avec un naturel et un timing qui font mouche à chaque réplique. Loin du gentleman froid et professionnel des romans de Jean Bruce, ici Hubert est un abruti majestueux, persuadé d’être l’élite française, et Dujardin le joue avec un génie comique rare.
On est en 1967. Après Le Caire, Hubert profite de la vie à Gstaad quand le service l’envoie à Rio pour récupérer un microfilm compromettant : une liste de collabos français entre les mains d’un vieux nazi, Von Zimmel. Sur place, il croise Dolorès du Mossad (Louise Monot, parfaite), un fils hippie complètement perché (Alex Lutz génial), la sensuelle Carlotta (Reem Kherici), et un Américain de la CIA braillard. Le scénario part en vrille entre orgies psychédéliques, bal nazi, favellas et le Christ Rédempteur. Hazanavicius respecte tout : casting impeccable, personnages fidèles à leur folie, ton irrévérencieux assumé.Le film ose encore ce qu’on n’ose plus aujourd’hui.
Hubert balance des réflexions politiquement incorrectes avec un sourire candide, à la manière Charlie Hebdo. Pas pour choquer bêtement, mais pour rire de tout sans filtre. Dans notre époque coincée, ça fait un bien fou. On se marre des préjugés, des clichés, de l’arrogance française et de l’hypocrisie ambiante.
Références au genre ? Le film en est bourré. Il rend hommage à L’Homme de Rio (poursuites folles et gamins des favellas), Le Magnifique (scènes piscine pur Belmondo), Matt Helm (ambiance groovy et chansons), et Au service secret de Sa Majesté (costumes, élégance Bond revisitée).
Du pastiche brillant, jamais lourd, toujours malin. Ma scène préférée reste celle de l’hôpital : Hubert et le vieux nazi en chemise de nuit, cul à l’air, qui courent dans les couloirs avec leurs perfusions. Absurde, visuel, hilarant.
Deux vieux cons qui se coursent presque nus, Dujardin y est monstrueux de présence physique comique.
Hazanavicius signe une suite encore plus déjantée, plus belle, plus drôle que le premier. Les décors, la photo, la musique, tout est au top. Dujardin porte le film sur ses épaules larges et son cerveau de moineau avec une maestria rare.
On rit du début à la fin, on applaudit les chorégraphies, les clins d’œil, l’absurdité assumée.
Bref, Rio ne répond plus est un chef-d’œuvre de comédie française.
Un bijou irrévérencieux qui n’a pas pris une ride. Si tu ne l’as pas vu, fonce. Et si tu l’as vu, revois-le. Dujardin est grand. Très grand. Point final.
NOTE : 15.10
FICHE TECHNIQUE
- Réalisation : Michel Hazanavicius, assisté de Pascal Deux
- Scénario et dialogues : Michel Hazanavicius et Jean-François Halin, d'après les romans de Jean Bruce
- Musique : Ludovic Bource
- Montage : Reynald Bertrand
- Photographie : Guillaume Schiffman
- Costumes : Charlotte David
- Décors : Maamar Ech-Cheikh
- Son : Gérard Lamps et Nadine Muse
- Effets visuels : Laurent Brett
- Storyboard : Pierre-Emmanuel Chatiliez
- Production : Éric et Nicolas Altmayer, Clara Machado
- Sociétés de production : Mandarin Films, Gaumont et M6 Films
- Société de distribution : Gaumont (France)
- Budget : 22 millions d'euros
DISTRIBUTION
- Jean Dujardin : Hubert Bonisseur de La Bath / OSS 117
- Louise Monot : Dolorès Koulechov
- Rüdiger Vogler : Von Zimmel
- Alex Lutz : Heinrich / Friedrich Von Zimmel
- Reem Kherici : Carlotta / Fräulein Frieda
- Pierre Bellemare : Armand Lesignac
- Ken Samuels : William « Bill » Trumendous
- Serge Hazanavicius : Staman
- Laurent Capelluto : Kutner
- Cirillo Luna : le hippie à la pomme d'amour
- Moon Dailly : la comtesse
- Walter Shnorkell : Fayolle
- Philippe Hérisson : Mayeux
- Nicky Marbot : Castaing
- Christelle Cornil : Mlle Ledentu
- Vincent Haquin : Blue Devil
- Alexandre Goncalves : Blue Devil
- Adriana Sallès : Maria-João, l'infirmière
- Joseph Chanet : le Chinois à la CIA
- Patrick Vo : le pilote chinois
- Franck Beckmann : un Allemand dans l'ascenseur
- Jean-Claude Tran : un Chinois à l'hôtel
- Yin Bing : un Chinois à l'hôtel
- Jean-Louis Barcelona : Pichard
- Guillaume Schiffman : le militaire israélien
- Ludovic Bource : le chef d'orchestre
- Laurent Larrieu : un homme de main de Von Zimmel

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