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jeudi 18 juin 2026

12.90 - MON AVIS SUR LE FILM LE SHERIF EST EN PRISON DE MEL BROOKS (1974)


 Vu le Film Le Shérif est en prison de Mel Brooks (1974) avec Cleavon Little Gene Wildel Harvey Korman Madeline Kahn Slim Pickens Burton Gilliam Mel Brooks John Hillerman


Afin de s'approprier des terrains à bas prix, deux notables nomment un jeune Noir shérif d'une bourgade très raciste. Ce dernier débarque dans la petite ville de l'ouest où il sera shérif, et où des promoteurs rapaces convoitent les terres des habitants

Considéré à juste titre comme l'un des meilleurs films de Mel Brooks, Le Shérif est en prison aurait sans doute donné des boutons à John Wayne. Ici, les shérifs, les bandits, les notables, les racistes de tous bords et même les mythes fondateurs du western passent à la moulinette d'un humour aussi féroce qu'irrévérencieux.

L'histoire est simple : afin de faire fuir les habitants d'une petite ville du Far West située sur le tracé d'un futur chemin de fer, un politicien véreux décide de leur imposer un shérif noir, Bart, incarné par Cleavon Little. L'idée est qu'une population rongée par ses préjugés raciaux se débarrassera elle-même de son nouveau représentant de la loi. C'était sans compter sur l'intelligence du bonhomme, aidé par Jim, un vieux pistolero alcoolique interprété par Gene Wilder.

Alors oui, la réalité est souvent plus belle que celle du film, mais quand ce sont des légendes, Mel Brooks adore taper là où ça fait mal. Et il tape fort. Le western américain, ses héros virils, ses cow-boys invincibles, ses citoyens respectables et même Hollywood lui-même en prennent pour leur grade.

Le plus étonnant reste que Brooks ose, en 1974, placer un shérif noir au centre de son récit et faire du racisme son principal sujet de moquerie. Le film n'est jamais tendre avec ses personnages. Les habitants de Rock Ridge sont souvent plus stupides que les Dalton les plus idiots. Quant aux bandits qui menacent la ville, ils sont aussi bêtes qu'Averell et presque aussi méchants que Joe.

Comme souvent chez Brooks, toutes les vannes ne font pas mouche. Certaines tombent à plat, d'autres paraissent aujourd'hui datées. Mais celles qui atteignent leur cible vous font encore mal à la prostate cinquante ans plus tard. Son sens de l'absurde, son goût du non-sens et sa capacité à dynamiter les conventions restent impressionnants.

Le film accumule les situations délirantes : bagarres générales, dialogues absurdes, détournements des clichés du western, sans oublier ce final complètement fou où le film explose littéralement les limites de son propre décor. Brooks refuse de s'enterrer dans les sables mouvants des conventions, à la différence du fameux chemin de fer qui motive toute l'intrigue.

Cleavon Little est parfait dans le rôle de Bart. Charismatique, malin, élégant, il porte le film sur ses épaules sans jamais perdre son sang-froid face à une galerie de crétins finis. Gene Wilder lui offre un partenaire idéal avec son flegme habituel. Autour d'eux gravitent Harvey Korman, Madeline Kahn et une troupe de seconds rôles qui semblent s'amuser autant que le spectateur.

On peut toujours discuter du caractère inégal de certaines séquences, mais l'énergie du film emporte tout sur son passage. Brooks n'a jamais cherché la subtilité ; il préfère la charge de cavalerie. Quand il attaque, il ne fait pas de prisonniers.

Derrière les gags et les énormités, il y a pourtant une vraie colère contre la bêtise humaine et les préjugés. C'est peut-être ce qui permet au film de traverser les décennies sans perdre toute sa force.

Alors rions de bon cœur avec ce Lonesome Cowboy complètement déjanté. Le film a vieilli par endroits, mais son insolence demeure intacte. Et quand c'est drôle, c'est drôle. Tout simplement.

NOTE : 12.90

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