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samedi 20 juin 2026

13.30 - MON AVIS SUR LE FILM CHERIE JE ME SENS RAJEUNIR DE HOWARD HAWKS (952)

 


Vu le Film Chérie je me Sens Rajeunir de Howard Hawks (1952) avec Cary Grant Marilyn Monroe Ginger Rogers Charles Coburn Hugh Marlowe Henri Lefondal Harry Carey Jr Kathleen Freeman


Barnaby Fulton est un chimiste très préoccupé par une formule qu'il ne trouve pas : cela a des incidences sur ses soirées avec sa femme Edwina.


Au laboratoire, un des chimpanzés, ayant un âge correspondant à 84 de nos années, se comporte comme un tout jeune animal. Il s'agit en effet d'une expérience sur l'âge en général et le rajeunissement en particulier. L'espoir est grand quant à cette prochaine découverte, surtout pour le directeur Oxley, 70 ans, manifestement impressionné lorsque le chimpanzé en question, un mâle, s'approche très excité de la cage où se trouve une femelle. Comme l'espoir est grand de retrouver les forces de la jeunesse, Oxley se propose même comme premier cobaye humain.


Chéri, je me sens rajeunir de Howard Hawks, c’est déjà un paradoxe délicieux : le réalisateur des gunfights et des gangsters de Scarface qui se met soudain à jouer avec des éprouvettes comme un enfant trop curieux dans un laboratoire laissé ouvert. Et ça donne une comédie légère, presque insouciante, mais où tout repose sur une idée simple et complètement folle : et si on pouvait trafiquer le temps comme une expérience de chimie de cuisine ?


Au centre, Barnaby Fulton, chimiste de génie… donc forcément quelqu’un de dangereux sans s’en rendre compte. Cary Grant lui donne ce mélange unique de sérieux impeccable et de lâcher-prise total, comme si l’homme avait signé pour un cours de science et s’était retrouvé dans une fête foraine. Il travaille sur une formule de rajeunissement, évidemment testée sur un chimpanzé déjà en pleine crise existentielle — animal qui semble comprendre la situation mieux que les humains du film.


Et là, on entre dans le vrai moteur du délire Hawks : l’expérience marche trop bien. Barnaby se retrouve pris dans un engrenage où le corps rajeunit mais l’esprit s’accroche, ou l’inverse selon les scènes, et tout devient glissant. Le film n’explique rien comme un manuel, il laisse plutôt la catastrophe se dérouler avec une élégance presque théâtrale, comme une pièce où les portes claquent toutes seules et où les identités se perdent entre deux couloirs.


Autour de lui, Ginger Rogers apporte une présence solide, très droite, presque lucide face à ce laboratoire qui devient une poudrière. Elle regarde Barnaby comme on regarde quelqu’un qui a eu une bonne idée… jusqu’à la deuxième étape. Et puis il y a cette apparition de Marilyn Monroe, secrétaire lumineuse, presque irréelle, qui traverse le film comme une étincelle de cinéma pur : quelques scènes, mais assez pour déséquilibrer l’écran.


Le chimpanzé, lui, est presque un miroir du film. Excité, incontrôlable, déjà dans une autre logique du monde, il annonce tout ce qui va arriver aux humains : la perte de contrôle joyeuse. Parce que ce film, au fond, c’est ça — une expérience scientifique qui devient une expérience humaine ratée mais hilarante.


Et forcément, tout dérape. Barnaby rajeunit, les quiproquos s’empilent, les corps ne correspondent plus aux esprits, et le film se met à ressembler à une machine comique parfaitement huilée. On ne sait plus qui est adulte, qui est enfant, qui pense vraiment ou qui improvise. Même une simple fontaine d’eau devient un déclencheur de chaos, comme si la physique elle-même participait à la blague.


Ce n’est pas une comédie “parfaite” au sens académique. Ce n’est pas un monument scénaristique. Mais ce n’est pas son objectif. Hawks ne cherche pas à impressionner, il cherche à faire tenir ensemble un délire organisé où tout repose sur le timing, les regards, et la liberté totale des acteurs. Et là-dessus, Cary Grant est en roue libre contrôlée, avec ce génie rare : rester élégant même quand il est en train de s’effondrer dans le burlesque.


On pourrait presque résumer le film ainsi : une expérience scientifique sur le rajeunissement qui finit surtout par rajeunir le cinéma lui-même, en le ramenant à quelque chose de plus simple, plus joueur, plus instinctif. Et franchement, entre une démonstration de chimie sérieuse et Cary Grant en enfant perdu dans un laboratoire qui explose doucement, le choix est vite réglé.

NOTE : 13.30

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

Acteurs non crédités 

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