Pages

lundi 8 juin 2026

13.30 - MON AVIS SUR LE FILM ANGLES D'ATTAQUE DE PETER TRAVIS (2008)


 Vu le Film Angles d'Attaque de Pete Travis (2008) avec William Hurt Dennis Quaid Matthew Fox Forrest Whitaker Edgar Ramirez Saïd Taghmaoui Sigourney Weaver Zor Saldana


La productrice de télévision Rex Brooks (Sigourney Weaver) dirige plusieurs cadreurs et journalistes de la chaîne GNN alors que le président des États-Unis Ashton arrive. Lorsque le maire de Salamanque termine son discours et que le président est à la tribune, il est abattu de deux coups de feu. Une explosion a lieu à distance quelques instants après. Quelques minutes plus tard, la tribune est détruite par une autre explosion, qui laisse pour morte une journaliste de GNN, Angie Jones (Zoe Saldaña).

Si l'histoire en elle-même ne casse pas trois pattes à un canard, même WC, c'est la mise en scène qui nous éclate dans Angles d'attaque de Peter Travis. Le film prend comme point de départ un attentat contre le président américain Ashton, incarné par William Hurt, lors d'un sommet international à Salamanque, en Espagne. Sur le papier, cela ressemble à un thriller politique parmi tant d'autres. Dans les faits, c'est beaucoup plus malin que ça.

L'idée du film tient dans sa construction. Peter Travis raconte le même événement à travers sept points de vue différents. D'abord celui des agents des services secrets, avec Thomas Barnes (Dennis Quaid), vétéran marqué par une précédente tentative d'assassinat. Puis viennent les journalistes chargés de couvrir l'événement, les policiers, les terroristes, un proche du président dont la loyauté va être remise en question, et même un touriste américain interprété par Forrest Whitaker, caméra au poing, qui filme tout sans vraiment comprendre qu'il détient peut-être la clé de l'affaire.

Chaque segment nous ramène quelques minutes avant l'attentat. On revoit les mêmes scènes, les mêmes visages, les mêmes mouvements de foule. Mais à chaque retour en arrière, la caméra nous montre ce que l'on ne voyait pas auparavant. Un geste anodin prend soudain de l'importance, un personnage secondaire devient central, un détail oublié change complètement notre perception des événements. C'est là que réside la véritable force du film.

Le procédé pourrait devenir répétitif, mais Peter Travis parvient à maintenir la tension. On avance par couches successives, comme un puzzle dont les pièces s'assemblent progressivement. Ce n'est pas tant l'attentat qui importe que la manière dont on nous le raconte.

Après, soyons honnêtes, des attentats de ce type au cinéma, on en a vu beaucoup. Le scénario ne révolutionne pas le genre et certaines révélations sentent un peu la facilité. On est loin des labyrinthes politiques d'Oliver Stone ou des questionnements plus complexes qu'un Clint Eastwood aurait pu apporter au sujet. Clint n'est pas là pour faire le ménage, et Oliver Stone n'est pas là pour nous pondre une théorie fumeuse.

Le film préfère l'efficacité à la réflexion. Il court, il accélère, il rebondit d'un personnage à l'autre sans perdre de temps. On aurait aimé davantage d'explications sur le pourquoi du comment, sur les motivations profondes des terroristes ou sur certains rouages de la conspiration. Mais peut-être que ce n'était tout simplement pas le but recherché.

Le casting fait le travail avec professionnalisme. Dennis Quaid apporte sa solidité habituelle, Forrest Whitaker donne une vraie humanité à son personnage de simple touriste embarqué malgré lui dans une histoire qui le dépasse, tandis que William Hurt impose une présence présidentielle crédible malgré un temps de présence limité.

Angles d'attaque est un thriller efficace qui doit presque tout à sa construction narrative. Sans cette idée des sept regards croisés, il serait probablement un film d'action politique assez banal. Avec elle, il devient un divertissement nerveux et malin qui accroche le spectateur jusqu'au bout.

On passe un bon moment, même si l'on ressort avec quelques questions sans réponse. Mais pendant 90 minutes, la mécanique fonctionne à plein régime, et c'est déjà beaucoup.

NOTE : 13.30

FICHE TECHNIQUE



DISTRIBUTION

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire