Je continue mon chemin des #CinémademaVie, avec un cinéma particulier dans mes souvenirs. Il était une fois un petit ado (moi) qui, à l'âge de 13 ans, en mars 1970, s'est retrouvé devant une porte en fer qui était, dans mon imaginaire, celle d'une prison. Il s'agissait des #OrphelinsdAuteuil, à Paris, au 16 rue Fontaine.
On ne m'avait pas prévenu, mais ma mère, hospitalisée pour de graves problèmes de santé, et comme mon grand frère avait quitté la maison, il ne restait plus que moi et mon frère de 10 ans. Le mieux, c'était donc cet établissement, où j'ai passé trois mois. Comme tout ado, dès qu'on nous enferme, on s'imagine plein de choses, et il fallait aussi des moments d'évasion.
Ces moments d'évasion, tous ces adolescents avaient le droit de les vivre dans une salle de cinéma attenante au foyer.
Et ce cinéma, c'était le #AuteuilBonCinéma, situé au 40 rue Fontaine (aujourd'hui rue La Fontaine). Créé par le Père Daniel Brottier, directeur de l'Œuvre des Orphelins-Apprentis d'Auteuil, le cinéma « Auteuil-Bon Cinéma » a été inauguré le 2 octobre 1927.
Précédemment, quelques projections épisodiques de films avaient été organisées dès l'année 1924, dans le but de distraire les garçons de 13 à 18 ans hébergés dans cette institution catholique.
Au fil du temps, les projections s'élargissent aux bienfaiteurs, aux familles des enfants et aux voisins du quartier, et les séances deviennent bimensuelles puis hebdomadaires en 1926.
Très sollicitée pour l'ouverture d'une salle de cinéma pérenne où voir des films en toute sécurité morale, l’Œuvre décide de créer un « Bon Cinéma », ouvert à tous, dans un vaste local d'une ancienne chapelle désaffectée pouvant accueillir 580 spectateurs.
Tous les dimanches, deux séances sont organisées : une matinée à 15 h 30 et une soirée à 20 h 30. (Nous, on y allait le matin, le week-end, surtout pour les internes qui ne sortaient pas, ce qui était mon cas.)
Devant le succès rencontré, d'autres séances sont par la suite proposées le jeudi et le samedi.
L'« Auteuil-Bon Cinéma » poursuivra son activité jusqu'au mois de juin 1977, année de sa fermeture pour raisons économiques, ne pouvant plus faire face à la concurrence des salles commerciales parisiennes...
Personnellement, je me souviens d'une séance, celle du film #Hibernatus avec Louis de Funès (pourquoi, mystère).
J'y suis resté trois mois et, à la rentrée, je retrouvais mon collège.
Voilà une pépite de la vie cinématographique.
(source Ciné Façades)

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